Trahison, choc, mystère.

Éloïse préparait le souper, quand un bruit sec retentit à la porte.

Vous êtes Éloïse? lança une silhouette inconnue, à la fois timide et pressante.

Oui, et vous êtes? demanda Éloïse, les mains encore couvertes de farine.

Je suis la maîtresse de votre mari, affirma soudain la femme, le visage pâle comme un tableau surréaliste.

Olivier? répéta Éloïse, incrédule.

Olivier, corrigea la visiteuse, un sourire énigmatique se dessinant sur ses lèvres.

Et vous vous aimez, tous les deux? Et je vous empêche dêtre heureux? lança Éloïse dun ton moqueur, la voix se réverbérant comme dans un couloir sans fin.

Questce quil vous a dit? Que nos enfants sont trop jeunes, quil ne peut les abandonner? demanda la mystérieuse femme.

Non Il a dit quil fallait attendre attendre que que votre père ne soit plus sécria la nouvelle venue, sa phrase se dédoublant comme un écho.

Éloïse resta figée, le cœur battant comme un métronome dérangé. Elle ne comprenait pas pourquoi son père serait impliqué dans ce drame.

Alors quelle ouvrait la porte, une pensée étrange traversa son esprit :

Cest curieux, ce sonnerie qui semble être connue de tout le voisinage, murmura-t-elle, comme si le monde entier était un théâtre silencieux.

Une jeune femme dun âge proche du sien lobservait, les yeux brillants dune curiosité presque enfantine.

Bonjour! Vous vous appelez Éloïse? senquit la visiteuse dune voix qui semblait sortir dun souvenir lointain.

Éloïse, et vous? répondit-elle, cherchant un visage familier dans le vide.

Vous ne pouvez pas me connaître. Je suis une bonne amie dOlivier.

Olivier?

Olivier

Vraiment? Vous lappelez ainsi, avec tant de tendresse Cest habituel. Honnêtement, je ne mattendais pas à ce quon vienne frapper ainsi Dhabitude on sonne, pas on sinvite. Donc comment doisje madresser à vous?

On mappelle Gisèle Vous voyez, cest une affaire

Ne vous inquiétez pas, Gisèle! Vous avez une liaison avec mon mari, et je suis le nuage qui obscurcit votre bonheur ?

Doù vient votre certitude?

Vous nêtes pas la première à me dire cela Mais je vous assure que je ne retiens pas mon mari, vous pouvez le récupérer dès aujourdhui Questce quil vous a raconté? Que nos enfants sont petits, quil ne peut me laisser dans cette situation?

Non, les garçons sont déjà grands, ils sont à luniversité

Alors quoi? Que je suis tombée malade et quil doit rester avec moi par devoir? Je suis parfaitement en santé.

Non, il ne ma jamais parlé de ça.

Quelles alternatives avonsnous? Quon le licencie, que la société interdise le divorce? Il se moque de tout, son patron ne voit que les chiffres.

Vous ne dites rien de vrai Il a dit quil fallait attendre, attendre attendre que votre père ne soit plus

Éloïse resta muette. Son père, Antoine, navait pas encore soixantedix ans, il veillait toujours sur luimême, rarement malade, et il navait rien à faire de lau-delà.

Vous vous embrouillez

Non, Olivier a dit que dès que Antoine partira vers les cieux, il vous quittera immédiatement

Pourquoi pas plus tôt? Il se soucie de mon père? Non, mon père ne leffraiera jamais.

En fait, il le respecte profondément. Mais il tient à ce que, dès que le vieil Antoine ne sera plus, vous emménagerez dans son appartement.

Quoi? Il ose! Mon père se porte à merveille, et je ne quitterai jamais mon logis! Cest ma propriété, je ne le donnerai pas à Olivier!

Mais alors, il a dit que cet appartement deviendrait le sien, et que vous prendriez la maison de campagne, la voiture, le garage

Vraiment? Pourquoi navezvous pas attendu le moment propice et être venue aujourdhui?

Vous voyez, je ne suis plus jeune, je veux profiter pleinement de mon bonheur, avec ou sans le logement dOlivier. Nous pourrions vivre chez moi.

Raisonnable. Que voulezvous de moi?

Laisser Olivier venir à moi rien dautre.

Emmenezle

Comment?

Simplement je ne le retiens pas. Je ne lai jamais retenu, même si je laimais jadis, espérant quil se calme, puis, naïvement, je pensais que les enfants avaient besoin dun père. Je nai rien remarqué de suspect, et jai cru que ses escapades étaient terminées. Je me suis trompée.

Vous avez été trompée, évidemment Alors vous le libérez? Honnêtement?

Bien sûr Vous pouvez même récupérer ses affaires dès maintenant.

Non, je ne peux pas les porter, Olivier les emportera quand il le voudra Vous devez simplement le laisser partir.

Ne vous inquiétez pas, je le libère aujourdhui même! Demain, je déposerai la requête de divorce, et je partagerai les biens équitablement, comme le juge le décidera Mais je ne promets pas lappartement ; il mappartient, hérité de ma grandmère, et les travaux ont été payés par mes parents. Tous les reçus sont rangés, mon père est très méticuleux Vous avez votre propre logement, nestce pas?

Oui, ne craignez rien, Olivier ne restera pas dehors.

Je nai pas peur, Olivier sait toujours comment sadapter.

Au revoir, Éloïse

Adieu, Gisèle. Jespère que nos chemins ne se croiseront plus.

Gisèle séloigna, et Éloïse commença à rassembler les effets dOlivier. Elle nallait pas se disputer, mais elle savait comment le pousser hors de la maison Il croirait pouvoir revenir à tout instant, comme autrefois, mais ce nétait plus le cas.

«Il attendra que mon père ne soit plus, et je lui rendrai lappartement Quelle absurdité! Tout ce temps, jai fermé les yeux sur ses escapades, et maintenant il croit pouvoir tout faire, tout, cher Olivier, suffit Va chez Gisèle et visy longtemps», songeait-elle en pliant les vêtements dOlivier dans des sacs de voyage.

Olivier, rentrant du travail, ne remarqua rien danormal chez sa femme, si ce nest quelle refusait le souper. Cela ne le troublait pas vraiment; il comptait simplement se promener le soir comme dhabitude, puis revenir comme si rien ne sétait produit.

Ma chère, merci pour ce délicieux repas Je vais faire une petite promenade, peutêtre

«Voilà, va, va!» pensa Éloïse.

Bien sûr, mon cher, la promenade du soir est saine à notre âge.

Questce que vous voulez dire par «âge»? soffusqua Olivier, qui se croyait encore plein de vigueur.

Tu as déjà cinquante ans, mon vieux!

Quoi? Je suis encore

Mon cher, pourquoi me raconter ça? Tu nes plus ce que tu étais.

Éloïse, tu exagères

Tu as des cheveux gris, une calvitie qui pousse

Quoi? Je suis encore jeune!

Tu te berces dillusions, regarde la vérité en face Tu vieillis, mon cher, tout comme moi.

Tu ne rajeunis pas, je suis encore beau, les femmes le remarquent.

Ah? Mais récemment, même dans le bus, on te cède la place Tu las déjà dit!

Quand ça? Je ne men souviens plus

Je men souviens. Les filles moffraient leur siège dès que je passais

Elles ont dit quoi?

«Prenez place, monsieur, vous avez lair fatigué»

Tu confonds tout, Éloïse Ce nest pas vrai.

Ce nest pas vrai? Tu as des problèmes de mémoire? À notre âge, il faut prendre des pilules.

Tu te moques de moi! Je suis encore

Exactement, je suis encore capable de séduire nimporte quel jeune homme.

Vraiment? Nous dormons depuis un an dans des chambres séparées

Et alors?

Rien de spécial, cest juste que les problèmes commencent à votre âge. Mon frère Pierre, lui, va bien, même sil a le même âge que toi. Il me dit souvent quil sennuie sans moi.

Qui parle?

Pierre Quand tu es parti dans lautre chambre, jai pensé quil fallait faire quelque chose. Ce nest plus une question dâge, je suis toujours jeune Cest alors que jai rencontré Pierre

Quel âge? Qui est Pierre?

Mon cher, tout est confus Cela fait un an que ton absence se fait sentir On pourrait même te qualifier de voisin Mais je nai pas besoin de cela Malgré tout, je te plains Alors va te promener, clarifie tes pensées, reviens, et nous déciderons de notre avenir.

Tu me plains? Tu

Je ne veux pas Tu veux sortir, alors sors.

Éloïse, je pars! Une femme qui me traite de vieux ne doit pas rester à mes côtés! Cela métouffe Rassemble mes affaires, et ne compte pas sur mon pardon Jaurais pu pardonner ton Pierre, mais pas le fait que tu me blesses.

Mon cher, les affaires sont prêtes Si jai oublié quelque chose, appelle-moi, je les ramènerai Bonne route Le destin ne te laissera peutêtre jamais voir mon père rejoindre les cieux.

Et alors?

Rien du tout, évidemment Je te le dis, vasy, mon amour, vas! Jespère que tu ne topposeras pas au divorce.

Moi? Pourquoi? Ne compte pas sur le fait que je te donne tout.

Et je ne compte pas du tout! Comment pourraisje blesser quelquun qui ne se souvient de rien?

Nathalie

Par exemple, oublier que cet appartement ne lui appartient pas.

Lappartement? Celuici?

Celuici, celuici

On ne le partagera pas?

Non, évidemment Cest un héritage de ma grandmère, les factures sont toutes archivées, mon père est très méticuleux Mais tu as ton propre logement.

Jai mon logement, ne tinquiète pas, Olivier ne restera pas sans toit.

Je nai pas peur, Olivier sadapte toujours.

Au revoir, Éloïse

Adieu, Gisèle. Puissionsnous ne plus jamais nous revoir.

Gisèle séloigna, et Éloïse rassembla les effets dOlivier. Elle ne voulait pas se disputer, mais elle savait comment le pousser hors du foyer Il croirait revenir à tout instant, comme avant, mais ce nétait plus possible.

«Il attendra que mon père ne soit plus, et je lui rendrai lappartement Quelle idée! Toutes ces années, jai fermé les yeux sur ses escapades, et maintenant il pense pouvoir tout faire Va vivre chez Gisèle, reste longtemps», méditaitelle en glissant les vêtements dOlivier dans des valises.

Olivier, rentrant du travail, ne remarqua rien danormal, sauf le refus de souper. Cela ne le perturbait pas; il prévoyait de faire sa promenade nocturne, puis de rentrer comme si de rien nétait.

Chérie, merci pour ce bon dîner Je vais me balader, peutêtre un peu.

«Voilà, va, va!», pensa Éloïse.

Bien sûr, mon vieux, à notre âge, il faut bien se promener le soir.

Questce que tu veux dire par «âge»? soffusqua Olivier, se sentant encore jeune.

Tu as déjà cinquante ans, mon cher!

Quoi? Je suis encore

Tu as des cheveux qui blanchissent

Je suis encore jeune!

Tu te berces dillusions, regarde la vérité dans les yeux Tu vieilliras, comme moi.

Tu ne rajeunis pas, je suis encore beau, les femmes le remarquent.

Ah! Mais récemment, même dans le bus, on te cède la place Tu las déjà dit!

Quand ça? Je ne men souviens plus

Je men souviens. Les filles me laissent leur siège dès que je passe

Elles ont dit quoi?

«Prenez place, monsieur, vous avez lair fatigué»

Tu confonds tout, Éloïse Ce nest pas vrai.

Ce nest pas vrai? Tu as des problèmes de mémoire? À notre âge, il faut des pilules.

Tu te moques de moi! Je suis encore

Exactement, je peux encore séduire nimporte quel jeune homme.

Vraiment? Nous dormons depuis un an dans des chambres séparées

Et alors?

Rien de spécial, les difficultés arrivent à votre âge. Mon frère Pierre se porte bien, même sil a le même âge que toi. Il me dit souvent quil sennuie sans moi.

Qui parle?

Pierre Quand tu es parti, jai pensé quil fallait agir. Ce nest plus une question dâge, je suis toujours jeune Cest alors que jai rencontré Pierre

Quel âge? Qui est Pierre?

Mon cher, tout est confus Cela fait un an que ton absence se fait sentir On pourrait même dire que tu es mon voisin Mais je nai pas besoin de ça Malgré tout, je te plains Alors, va te promener, clarifie tes pensées, reviens, et nous déciderons de notre futur.

Tu me plains? Tu

Je ne veux pas Tu veux sortir, alors sors.

Éloïse, je pars! Une femme qui me traite de vieux ne doit pas rester à mes côtés! Cela métouffe Rassemble mes affaires, et ne compte pas sur mon pardon Jaurais pu pardonner ton Pierre, mais pas le fait que tu me blesses.

Mon cher, les affaires sont prêtes Si jai oublié quelque chose, appellemoi, je les ramènerai Bonne route Le destin ne te laissera peutêtre jamais voir mon père rejoindre les cieux.

Et alors?

Rien du tout, évidemment Je te le dis, vasy, mon amour, vas! Jespère que tu ne topposeras pas au divorce.

Moi? Pourquoi? Ne compte pas sur le fait que je te donne tout.

Et je ne compte pas du tout! Comment pourraisje blesser quelquun qui ne se souvient de rien?

Nathalie

Par exemple, oublier que cet appartement ne lui appartient pas.

Lappartement? Celuici?

Celuici, celuici

On ne le partagera pas?

Non, évidemment Cest un héritage de ma grandmère, les factures sont toutes archivées, mon père est très méticuleux Mais tu as ton propre logement.

Jai mon logement, ne tinquiète pas, Olivier ne restera pas sans toit.

Je nai pas peur, Olivier sadapte toujours.Et alors quil séloignait, le ciel se transforma en un gigantesque sablier où les grains détoiles sécoulaient lentement, emportant les souvenirs dÉloïse dans une douce mélodie doubli.

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