Vous auriez dû me refaire la déco, pas filer en vacances !
Ma belle-mère boude parce quon est partis en vacances et quon na pas financé la rénovation de son appartement. Pourtant, son chez-soi est nickel, impeccable cette histoire de travaux, cest un caprice pur et simple. Elle nous prend pour ses mécènes alors quelle pourrait très bien sen charger toute seule.
Avec mon mari, on est plutôt du genre à compter les centimes. On continue à rembourser notre prêt immobilier et on élève deux ados surexcités qui dévalisent le frigo. Après tant dannées à serrer la ceinture, cet été, on a enfin pu soffrir des vraies vacances.
Avant ça, les vacances, cétait pique-nique dans la forêt ou camping rouillé au bord dun étang de la Creuse. Nos enfants navaient jamais rien vu, alors on sest lancé : on a acheté un séjour pour toute la famille à Rome. Il a fallu fermer le robinet à dépenses, mais ça en valait la chandelle.
Dès notre mariage, ma belle-mère, Françoise, a bien précisé : « Je ne ferai pas la nounou. » Message reçu cinq sur cinq. Pas une seule fois je ne lui ai demandé de garder les petits. Résultat, tous les week-ends et vacances, cest mes parents qui se transformaient en gardiens de zoo, pendant quon bossait. Je ne lui en ai jamais voulu franchement, élever déjà deux enfants, cest un challenge olympique. Quà cela ne tienne, Françoise est à la retraite et surtout, elle profite ! Piscine municipale, visites de musées, randos avec les copines retraitées, elle ne tient pas en place.
Sur le seul point où ça coince : le portefeuille. Ses hobbies et folies, il fallait quon les parraine quitte à ce que ça plombe notre budget à nous. Le prêt, le loyer, les fournitures scolaires ? Rien à faire, priorité à Françoise ! Tous les dimanches, elle filait à son fils une liste de choses à bricoler ou réparer. Cette année, elle a carrément perdu le Nord : « Je veux refaire la peinture ! » Ben voyons On a tous des envies, mais parfois, il faut savoir attendre, non ? Surtout quil y a cinq ans, on a déjà tout refait ; chez elle, cest comme dans un magazine.
Sauf quelle nétait pas au courant pour notre voyage en Italie. On navait pas prévu de lui en parler, juste fermer la porte, et basta. Ce quon a fait.
Mais voilà : pendant notre absence, elle débarque chez nous. Trouve porte close, appelle mon mari. Il lui dit quon est à Rome. Silence radio. À notre retour, cétait le chaos version provençale.
Vous auriez pu prévenir ! Et avec quel argent vous partez ? Vous auriez mieux fait de refaire mon salon que daller bronzer !
Dhabitude, mon mari, Denis, se tait devant sa mère. Mais là, il a remis les pendules à lheure : notre argent, ce nest pas tombé du ciel, et elle na rien à dire là-dessus.
Depuis, Françoise fait la tête et coupe les ponts. Même pas un appel pour ses petits-enfants. En revanche, le reste de la famille nous bombarde de coups de fil indignés : « Vous êtes trop égoïstes ! » Ah, la famille…
Mais je vous le dis sans complexe : Denis et moi, aucun remords. Mes parents nous soutiennent ils savent quon doit vivre tant quon est jeunes ! Surtout pour un caprice déco de belle-maman. On met les voiles, et advienne que pourra.