Lorsque jai fait mes adieux à mon frère à la gare de Lyon, ma mère était très émue, craignant que ce soit la dernière fois quils se voient sur cette terre, compte tenu de son âge avancé. Avec le souhait profond de retrouver mon frère et ma sœur une ultime fois, je me suis lancé sur la route. Je suis dabord passé rendre visite à mon oncle, puis nous avons pris la direction de la ville où résidait ma tante. Mon oncle, François, a plaisanté sur mon mariage à venir, prévu dans six mois, et je lai invité en riant. Il ma prévenue de faire attention, à cause dune tache de naissance Le temps était splendide.
À larrivée, nous avons été accueillis chaleureusement par ma tante Céline et son mari. Le lendemain matin, ma petite cousine Éloïse a suggéré que nous profitions de la mer à Cannes. Après quelques baignades, nous sommes rentrées pour le déjeuner. Éloïse, fatiguée, voulait se reposer, mais elle a changé davis et ma convaincue de retourner à la plage puis daller au cinéma. Lorsque nous sommes sorties de leau turquoise, deux jeunes hommes se sont approchés de nous et ont demandé comment rejoindre la rue Jean Jaurès. Éloïse leur a indiqué le chemin, tandis que le second jeune homme ma dévisagée avec intérêt et demanda soudain : « Excusez-moi, vous appelez-vous Camille ? »
Surprise, jai haussé les sourcils, et il a ajouté rapidement : « Vous vivez à Paris et avez une amie prénommée Chloé. Elle est ma sœur. Je vous ai reconnue grâce à ses photos, et jétais curieux den savoir plus. » Cest alors que jai remarqué la tache de naissance sur son bras. Nous avons décidé daller ensemble au cinéma puis de flâner près du vieux port au coucher du soleil. En nous quittant, le jeune homme ma confié quil terminait un séjour professionnel à Nice et quils repartaient le lendemain. Il me demanda la permission de me téléphoner, et je lui ai donné mon numéro. Dix jours plus tard, il me retrouva, avec ma mère, à laéroport de Roissy. Et six mois plus tard, nous nous sommes mariés.
Quoi quil arrive, les chemins de la vie sont imprévisibles : il faut oser souvrir aux rencontres, car parfois, le hasard nous offre le bonheur auquel on ne sattendait plus.