J’ai tout investi dans son rêve, mais je deviens un simple figurant lors de la fête de sa vie…

Jai investi chaque centime dans son rêve, et pourtant je suis devenu un intrus au banquet de la vie

Il arrive que lon bâtisse des châteaux pour ceux qui nattendent que la dernière pierre posée pour nous jeter dehors. Voici lhistoire étrange dAmaury un avertissement sévère que mêler amour et affaires, cest jouer à un jeu dangereux, surtout si lun aime et lautre se sert.

Scène 1 : Dernière station au bout du rêve
Quartier du XVIe, devantures étincelantes et parfum entêtant de peinture fraîche. Amaury, un trentenaire à la salopette tâchée, caresse dun chiffon la grande baie vitrée dune nouvelle boutique. Son sourire à la fois épuisé et fier ne ment pas. Il nest pas quun simple ouvrier. Il est aussi celui qui a vendu son scooter, chaque souvenir et chaque euro pour quadvienne ce rêve.

Soudain, sapprochent Adélaïde élégante, enveloppée de soie grise et sa mère, au regard plus froid qu’un matin de janvier à Lyon.

Scène 2 : Félicité en trompe-lœil
Amaury se tourne vers sa bien-aimée, et ses yeux vacillent de lumière :

« Tout est prêt, ma belle. Jusquà la dernière moulure, comme tu l’avais imaginé. Demain, cest enfin louverture ! »

Scène 3 : Leau glacée
La mère dAdélaïde fait un pas en avant, sa moue acide piquant lair :

« “Nous” ? Ne sois pas ridicule, » siffle-t-elle. « Tu nes quun prestataire, et ta tâche sarrête ici. Ramasse ta boîte à outils et file, avant que les vrais invités narrivent. »

Scène 4 : Au goût de trahison
Amaury reste figé, son cœur suspendu dans le silence. Il cherche Adélaïde du regard, espérant, dun mot, quelle repoussera sa mère.

« Elle est sérieuse ? Adélaïde, jai mis toutes mes économies là-dedans ! Pour nous ! »

Mais Adélaïde baisse les yeux, puis relève la tête, le regard lisse et lointain, méconnaissable :

« Allons Amaury Sois lucide. Tu ne colles pas du tout à limage de la marque. Maman a raison, il faut avancer, toi et moi ce nest plus ça. »

Scène 5 : Le point de rupture
Tout seffondre brutalement autour dAmaury, mais dans le fracas, un calme glacial le traverse. Il glisse la main dans sa poche et sort une petite télécommande chromée, presque irréelle.

« Vous oubliez que cest moi qui ai installé tout le système de sécurité et délectricité, » souffle-t-il, le pouce suspendu au-dessus du bouton rouge.

Final du rêve :

La mère dAdélaïde ricane, sûre delle :

« Que comptes-tu faire ? Couper le courant ? On appellera un électricien, et dans une heure tout sera réglé. »

Amaury la fixe de toute sa lassitude :

« Non. Ce que vous ne comprenez pas, cest que jai breveté ce système. Cette boutique est un bâtiment intelligent. Le code source appartient à ma société, et comme aucun avenant na été signé pour la cession des droits »

Il appuie résolument.

Un claquement net. Les volets blindés tombent, engloutissant la lumière, enfermant vitrines et clients potentiels dans un cocon dacier. Les serrures électroniques vibrent, le magasin se mue en coffre-fort.

« Quest-ce que tu fais ?! » hurle Adélaïde, secouant la poignée. « Linauguration buffet commence dans une heure ! Ouvre immédiatement ! »

Amaury glisse calmement la télécommande dans sa poche, attrape sa caisse à outils.

« Si je ne cadre pas avec votre image, alors mes inventions non plus. Demain vous recevrez la facture dusage de mes brevets, par mon avocat. Dici là profitez des ténèbres. Pas de fête ce soir. »

Alors, sans un mot de plus, il quitte la scène, ignorant leurs cris qui peinent à filtrer à travers le rideau de fer. De puissantes silhouettes en smoking se rassemblent déjà au seuil, confus devant ce bloc gris, qui, il y a cinq minutes, était le rêve éclatant dAdélaïde.

Moralité : Ne sous-estime jamais celui qui a posé la première pierre de ton empire. Sans lui, ton palais nest quun vulgaire tas dobjets hors de prix.

Et vous, auriez-vous fait pareil à la place dAmaury ? Partagez votre ressenti !

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