Dans un fossé enneigé près de la nationale, des chiots nouveau-nés abandonnés : il ne leur restait que quelques heures à vivre

Journal intime, 7 mars

Je narrive pas à détacher mes pensées de ce que jai vécu aujourdhui. Près du périphérique de Lyon, dans un creux formé dans la neige, quelquun a abandonné des chiots nouveau-nés. Jose à peine imaginer combien dheures il leur restait à vivre dans ces conditions glaciales.

Lorsque jai vu la photo partagée ce matin sur les réseaux sociaux, mon cœur sest serré. On y voyait ces pauvres petites boules de poils agrippées les unes aux autres, essayant de survivre à tout prix en se tenant chaud. Le printemps semble approcher selon mon calendrier, mais lhiver ne veut décidément pas nous quitter. En ville, il faisait encore 7°C ce matin, mais le froid mordait encore plus hors de Lyon, sur la route, où le thermomètre descendait facilement à 10°C, voire moins. Je nose imaginer combien de temps ces chiots auraient pu tenir entassés dans ce trou glacé.

Leur abri de fortune navait pas plus de vingt centimètres de profondeur. Sous leur minuscule chaleur, la neige avait commencé à fondre, preuve quils étaient là depuis de longues heures. Mais le destin, heureusement, sen est mêlé. Louis, le patron du garage qui longe la route, les a trouvés et na pu se résoudre à les laisser mourir de froid. Il les a aussitôt ramenés à lintérieur. Il ma avoué quil sétait senti complètement désemparé, ne sachant pas quoi faire ensuite, mais lessentiel est là : il ne les a pas abandonnés à leur sort. Pour cela, je remercie Louis du fond du cœur.

Les chiots sont minuscules, si fragiles. Cinq petites vies en suspens : trois mâles et deux femelles, du moins cest ce que nous pensons. Leur âge ? Deux, peut-être trois semaines tout au plus. Impossible de les amener dans un refuge : ils sont trop jeunes pour les vaccins, que lon ne fait jamais avant deux mois. Et personne parmi les bénévoles contactés par Louis navait la possibilité de les accueillir.

Les envoyer en refuge maintenant serait sans doute les condamner. Leurs organismes fragiles risqueraient de ne pas résister à la moindre maladie. Hélas, ce nest pas la première fois que lon fait face à une telle situation, et lexpérience nous la bien appris. Même les familles daccueil équipées pour les soins médicaux ne pouvaient pas les prendre : les derniers pensionnaires, Nino et Joséphine, venaient tout juste de guérir dune infection.

Cette nuit, les petits ont dormi dans latelier de Louis. En regardant les enregistrements des caméras, Louis a découvert que cest une femme qui, en pleine nuit, avait lâché les chiots sur la neige, avant de repartir comme si de rien nétait. Jai du mal à croire quon puisse agir ainsi avec autant de froideur.

Quont pu ressentir ces petits êtres, séparés de leur mère comme des bébés, et condamnés sans égard à affronter le froid ? Je ne peux que me répéter en moi-même : que Dieu juge cette personne.

Désormais, je veux croire que lon parviendra à leur trouver de véritables familles où ils recevront non seulement la chaleur dont ils ont besoin, mais aussi lamour quils méritent. Nous ferons tout pour leur offrir une seconde chance. Parce quils le valent, tout simplement.

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