Une magnifique réflexion… les mots nous manquent

Une réflexion bouleversante les mots manquent

Dans la lumière tremblante dun matin sur Paris, une femme, qui ne vivait plus que dans les querelles avec son mari, fut terrassée par une crise cardiaque. Allongée entre la vie et la mort, elle vit apparaître devant elle un ange vêtu de blanc. Sa voix douce, mais ferme, résonna: après avoir pesé ses gestes bons et mauvais, il lui annonça quelle ne pouvait pas encore entrer au paradis. Mais il lui offrait quelques jours de retour sur Terre, une dernière chance daccomplir les bonnes actions laissées inachevées. Émue, elle acquiesça.

La femme rentra dans leur petit appartement de Montmartre, là où la distance entre elle et son mari, Étienne, semblait irréparable. Le silence régnait. Depuis des mois, Étienne dormait sur le canapé; elle ne cuisinait plus pour lui, et ne restait que la tension. À travers la buée des souvenirs, elle pensa:

Je devrais faire la paix avec lui Il repasse sa chemise de travail, je pourrais lui faire une petite surprise.

Dès quÉtienne quitta lappartement pour la journée, elle se mit à laver et repasser toutes ses affaires. Elle se lança ensuite dans la préparation de son plat favori: un bœuf bourguignon mijoté, quelle servit avec soin sur la table, entre des bougies et des pivoines fraîches. Sur le vieux canapé de velours, elle déposa un mot :

«Je pense que tu dormirais mieux dans le lit que nous partagions. Dans ce lit où, il fut un temps, sont nés nos enfants, entre deux étreintes, dans la chaleur de la nuit et la tendresse dantan. Lamour ne nous a pas quittés; il attend patiemment notre retour. Si tu trouves le courage de pardonner mes fautes, retrouvons-nous là-bas.»

Ta femme, Eugénie.

En écrivant: «Si tu trouves le courage de pardonner toutes mes erreurs», Eugénie trembla. Elle pensa, la gorge serrée :

Suis-je folle? Pourquoi devrais-je mexcuser? Cest lui qui a apporté sa colère à la maison après avoir été licencié de lusine. Jai tenu nos finances, supporté ses humeurs. Il sest mis à boire, isolé dans son fauteuil, à faire taire les enfants qui ne demandaient quà rire. Il criait, je suppliais pour que tout change. Cest lui qui a détruit notre bonheur Et cest moi qui devrais demander pardon?

Furieuse, elle froissa la lettre. À cet instant, la voix céleste murmurant:

Encore quelques pas vers le bien, et tu trouveras le paradis. Ou sinon, tu ne passeras jamais la porte.

Égarée entre doutes et regrets, elle resta un moment, puis reprit la plume, le cœur tremblant. Cette fois, elle versa toute sa douceur sur le papier:

«Je nai rien compris à lépoque. Je nai pas vu ta peur lorsque tu as perdu ton emploi après tant dannées stables. Tu devais être terrifié. Je repense à tes rêves de retraite, à ce que nous voulions bâtir ensemble. Plutôt que tobliger à conduire un taxi contre ton gré, jaurais pu tépauler à réaliser tes rêves.

Je revois la nuit où jai détruit tes lettres damour, brûlé tes toiles. Cela me rendait folle de te voir enfermé, dilapidant nos euros en pinceaux et poèmes pour moi. Jaurais dû taider à exposer tes œuvres; elles étaient si belles. Moi aussi, javais peur. Je ne me sentais apaisée quavec ton salaire dusine. Aveuglée, javais oublié ta souffrance.

Pardonne-moi, mon amour. Je te le promets, à partir daujourdhui, tout changera. Je taime.»

Ta femme.

Le soir venu, Étienne poussa la porte: une odeur de cuisine flottait, la lueur des bougies dansait. Sa musique préférée jouait en fond. Il découvrit le mot sur le canapé, prit le temps de tout lire. Eugénie sortit de la cuisine avec le plat fumant: elle découvrit Étienne, en larmes, les épaules secouées comme un enfant. Elle posa le plat, le serra contre son cœur. Les mots étaient inutiles. Ils pleurèrent ensemble, avant quil ne la prenne dans ses bras pour la porter jusquau lit conjugal. Ils firent lamour avec la fougue de leur jeunesse retrouvée.

Ils savourèrent le dîner sous les éclats de rire, revisitant les souvenirs denfance de leurs enfants. Plus tard, Eugénie, rangeant la cuisine, aperçut une silhouette lumineuse dans le jardin. Elle courut dehors, les yeux mouillés.

Ange, je ten supplie, laisse-moi encore du temps. Je veux laider à recommencer à peindre, reconstruire ce que jai détruit. Jure-moi quil sera heureux bientôt, alors seulement jirai avec toi.

Lange lui posa la main sur lépaule et répondit:

Je nai plus besoin de temmener. Tu es déjà au paradis. Tu las gagné, Eugénie. Mais noublie pas lenfer dont tu reviens. Le paradis est parfois bien plus proche quon ne limagine.

Une voix résonna alors derrière elle, venue de la maison:

Ma chérie, viens te coucher, il fait froid. Demain, une nouvelle journée commence.

Eugénie eut un sourire de gratitude:

Oui Merci, mon Dieu, demain sera un nouveau jour.

Une réflexion pour chacun de nous:

Toi qui te plains de ce que tu nas pas, as-tu songé à tout ce que tu offres?
Toi qui souffres, as-tu pensé à la souffrance que tu peux infliger?
Toi qui accuses les autres dignorance as-tu remis en cause ta propre sagesse?
Toi qui condamnes les erreurs vois-tu tes propres fautes?
Toi qui dis être un véritable ami es-tu honnête avec toi-même?
Toi qui te lamentes du manque sais-tu tout ce que tu possèdes déjà?
Toi qui critiques le monde as-tu fait quelque chose pour laméliorer?
Toi qui rêves du paradis que fais-tu pour apaiser lenfer autour de toi?
Toi qui te dis humble es-tu véritablement modeste?
Toi qui condamnes le mal diffuses-tu le bien?
Toi qui pleures lindifférence offres-tu assez damour?
Toi qui crains la pauvreté sais-tu profiter justement de ce que tu as?
Toi que blessent les épines plantes-tu des roses?
Toi qui redoutes lombre saisis-tu loccasion dallumer la lumière?
Toi qui ne penses quà toi tinquiètes-tu des autres?
Toi qui te sens insignifiant essayes-tu de grandir?
Toi qui as peur de la solitude donnes-tu de ta présence à quelquun?
Toi qui redoutes la maladie prends-tu soin de ta santé?
Toi qui désires la paix fais-tu leffort de réconcilier?

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