Une collègue a tenté de me refiler ses rapports : j’ai transmis sa demande au chef en disant « Aidez Marie, elle n’arrive pas à gérer »

Tu ne devineras jamais ce qui mest arrivé au boulot avec une collègue, Chloé. Ça fait un an et demi quelle est dans notre service une femme sympa, toujours soignée, super consciencieuse, maman de deux enfants. Au début, cétait vraiment des petits services : « Oh, je suis bloquée à la pharmacie, tu peux répondre à mon appel ? », « Je dois récupérer mon fils plus tôt à la crèche, aide-moi à mettre mon rapport dans le logiciel, cest juste deux clics ». Franchement, dans notre équipe, on sentraide sans problème et je trouvais normal de filer un coup de main.

Mais tu vois, il y a une différence entre sentraider et faire le boulot des autres. Au bout de quelques mois, ses fameux « deux clics » sont devenus, je te jure, des tâches entières ! Chloé menvoyait des messages vers 17h avec le petit mot : « Tu restes jusquà 18h de toute façon, mon petit est malade. » Et là, cest la pression psychologique classique : elle joue sur la culpabilité et les bonnes intentions, surtout chez nous où la maman est presque sacrée, donc impossible de refuser sans passer pour une horrible personne. Je commençais à me sentir vidé.

Chloé cultivait limage de la femme qui lutte sur tous les fronts, super-héroïne du quotidien. Mais, la réalité, cest quon a le même salaire 2 800 euros par mois sauf que moi, mes soirées restent à moi, alors quune partie de son travail finissait sur mon bureau. La première fois que jai dit non, gentiment en expliquant que jétais déjà débordée, elle ma balancé direct : « Tu nas pas denfants, tu ne peux pas comprendre ce que cest dêtre écartelé comme ça. » Voilà, le piège : elle tenlève le droit dêtre fatigué, et ton problème serait « moins légitime ».

Le point culminant, cétait à la fin du trimestre. Il fallait rendre les tableaux de vente hyper minutieux, ça demande de la concentration. À 16h45, je reçois un mail de Chloé avec des données brutes et ce message : « La fête à la crèche a été avancée, je dois filer. Fais-le stp, tes la pro, ça te prendra 15 minutes et moi, je ne sais pas où mettre mon petit Demain, je te remercie ! » Là, jai compris : si jaccepte, je renonce à mon temps libre pendant des mois ! Dire non frontalement, cétait risquer de déclencher plaintes et conflits, alors jai décidé daborder ça différemment en ramenant le sujet dans le cadre professionnel.

Jai pas répondu direct à Chloé. Jai transféré son mail à notre chef de service, Monsieur Laurent Dubois. Pas dagressivité, juste : « Bonjour Monsieur Dubois, je vous transfère le message de Chloé. Elle doit confier son travail à ses collègues à cause de sa situation familiale et narrive pas à gérer la charge pendant les horaires officiels. Merci daider Chloé : peut-être réétudier son volume de tâches ou la mettre en temps partiel, comme ça elle pourra soccuper tranquillement de sa famille sans que le département soit débordé. Aujourdhui, je suis déjà surchargée et je ne peux pas prendre en charge son dossier sans sacrifier la qualité. »

Je tavoue, en cliquant sur « envoyer », javais les boules ! Je me disais : « et si on me traite de rapporteuse », « elle va me détester ». Mais franchement, jen avais assez de bosser à sa place.

La réaction a été immédiate. Monsieur Dubois ne savait pas que je faisais une partie du boulot de Chloé, pour lui tout semblait nickel. Le lendemain matin, Chloé a été appelée dans son bureau. Je ne sais pas ce quils se sont dit, mais elle est sortie rouge écarlate et hyper calme. Depuis, plus une seule demande pour rattraper ou finir ses missions.

On ma dit : « Il faut être solidaire, les enfants cest sacré en France ! » Oui, mais bon, la solidarité ne doit pas devenir de lexploitation. Une collègue en difficulté, elle va voir le chef, demande du télétravail, un horaire adaptable ou pose des congés, elle ne surchargera pas ses collègues en douce.

Ce nétait pas de la vengeance, juste une façon de poser des limites. Tu sais, en entreprise, si tu acceptes toujours, ça veut dire que tout te va. Mais là, le flot de demandes de Chloé sest arrêté. Maintenant, nos relations sont formelles et polies, et le service marche comme avant. Chloé, finalement, gère très bien quand elle ne tente pas de filer ses tâches !

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