Une amie a organisé sa fête d’anniversaire dans notre maison de campagne sans me demander la permiss…

Il y a six ans, mon mari et moi avons fait lacquisition dune charmante maison de campagne située non loin de Lyon. Nous avons réalisé tous les travaux de rénovation nous-mêmes, aménagé le jardin avec soin et nous avons tenté dy passer chaque week-end, ou du moins une fois toutes les deux semaines.

Nous navons pas vraiment créé un grand potager, seulement quelques rangées de concombres, tomates, herbes aromatiques, oignons, courgettes et poivrons : lessentiel mais en quantité raisonnable.

La maison possédait déjà des framboisiers, des groseilliers de différentes variétés et de nombreux pieds de cassis. Il y avait également un joli coin avec des fraisiers. Japportais souvent des fruits frais au bureau pour les partager avec mes collègues, ce qui les ravissait toujours.

Cette année, une nouvelle collègue, prénommée Élodie, a été mutée de Paris dans notre service. Elle paraissait très affable et courtoise. Un jour, je lui fis goûter quelques-unes de mes fraises. Elle sest aussitôt extasiée sur leur saveur exquise et ma demandé doù elles venaient, à quoi ressemblait notre maison de campagne. Je lui ai tout décrit avec enthousiasme.

Quelques jours plus tard, Élodie est venue me voir pour me demander, très sérieusement, les clés de notre maison de campagne : sa fille voulait y emmener ses propres enfants pendant deux semaines, pour profiter de lair pur de la campagne. Elle insista sur le fait que, de toute façon, nous ny serions pas avant une semaine au moins, et que sa fille était en congé maternité une occasion parfaite pour souffler loin de lagitation lyonnaise.

Jai immédiatement refusé. Élodie a paru vexée, mais na pas insisté.

Deux semaines plus tard, une autre collègue du même service, Sophie, ma abordée à la pause café pour me demander ladresse exacte de notre maison de campagne. Étonnée, je lui ai demandé pourquoi elle en avait besoin.

Elle ma expliqué quÉlodie avait invité plusieurs collègues, dont elle-même, à une fête danniversaire prévue dans notre maison de campagne chacun devant sy rendre par ses propres moyens.

Jétais stupéfaite.

Je me suis approchée dÉlodie pour éclaircir la situation.

Que se passe-t-il ? lui ai-je demandé dun ton ferme.
Avec un sourire candide, elle a répondu : Ce nest rien, voyons ! On ne fera que célébrer mon anniversaire dans votre maison. Ce nest quune journée, personne ny logera. Ça ne te dérange pas, tout de même ?

Si, cela me dérange. Je tiens à mon travail, à mon jardin, à mes parterres de fleurs, à mes arbustes à ma maison. Qui sait ce que des étrangers pourraient abîmer ?

En plus, elle ne mavait ni conviée, ni même demandé la permission au préalable.

Jai refusé catégoriquement. Élodie en a pris ombrage.

Mais jassume. Depuis des années, joffre spontanément les fruits de mon jardin à mes collègues, mais aucun na jamais osé faire preuve dautant daudace ou dimpolitesse.

Cette histoire ma appris quoffrir nouvre pas tous les droits. Lhospitalité se nourrit de respect et la confiance, elle, se mérite.

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