Un verre de lait

Le verre de lait

La vie nest pas toujours facile, pas seulement pour les personnes démunies, mais aussi pour celles qui se tiennent à leurs côtés. Ce nest pas moi qui dirais le contraire. Cela fait huit ans que je travaille comme assistant social à Paris, et jai eu le temps de men rendre compte. Avec le temps, jai fondu, je cours partout, jai dû apprendre à être sec et à avoir la répartie cinglante, surtout quand quelquun ose critiquer mon métier. « Qui es-tu pour te permettre de discuter de mes affaires ? » disais-je parfois, et mon regard perçant sous mes mèches rousses en dissuadait plus dun de revenir à la charge. Certains étaient prêts à détaler sans vraiment savoir pourquoi ni vers où. Depuis, on ma surnommé Vincent la Peste.

Au fil des années, j’ai fait les courses pour mes bénéficiaires, nettoyé leur logement au besoin, et jai su trouver le mot juste pour chacun. Une seule fois il y a eu un accroc, quand un vieux monsieur esseulé a voulu moffrir une tablette de chocolat. On na pas le droit daccepter de cadeaux, et je nai jamais rien pris à personne, mais cette fois, jai failli flancher comment refuser ? Je lai ramenée chez moi, mais nai pas pu en manger une seule bouchée, incapable davaler. Alors, je lai donnée au petit gars du voisin, et la fois suivante, jai poliment refusé un nouveau présent. Le papy a porté plainte auprès du service social : « Le chocolat ne suffit plus, elle attend lenveloppe ! » On a voulu me mettre à la porte, mais je nai pas protesté : « Virez-moi, cest pas grave. Je suis un homme, pas un paillasson ! » Mais on ma gardé, et plusieurs de mes bénéficiaires ont pris ma défense, dont notamment Camille Dubois. Je laimais bien déjà, mais depuis ce jour, elle est devenue pour moi comme une sœur, la sœur que je nai jamais eue.

Nos destins se ressemblent vraiment : la malchance, toujours. Tous deux orphelins tôt. Camille est handicapée depuis lenfance, alors que je nai rien à signaler physiquement, mais ce quon ne voit pas, cest peut-être pire. Jai lâme écorchée, craintive, toujours sur le point de pleurer, même Camille ne peut pas comprendre. Seule la même blessure nous rapproche : pas denfants. Si jai fini par faire mon deuil, Camille garde espoir. Parfois, elle me remonte même le moral, notamment depuis quelle sentraîne à la chorale du centre de rééducation, en vue dun spectacle. Au début, elle rechignait : même labbé Luc, qui venait régulièrement lui rendre visite avec une prière et quelques douceurs, la dissuadait dy participer. Il trouvait sa passion pour la broderie plus appropriée. Pourtant, ses doigts maladroits ne lempêchent pas daller au bout des choses : après les nappes et mouchoirs, elle a brodé une robe de lin de splendides motifs colorés, de volutes écarlates et doiseaux verts. Sa robe a même remporté le premier prix dun concours artisanal régional, et à la clôture de lexposition, elle a été vendue avec laccord de Camille, bien sûr. Quand elle a reçu un joli virement sur son compte, elle ma appelé en larmes : cétait la première fois quelle gagnait de largent, elle ne savait quen faire.

« Ne ten fais pas, on trouvera bien quoi acheter ! » ai-je ri, puis jai ajouté plus sérieusement : « On reprendra le tissu pour de nouvelles robes, de quoi travailler deux ans Ces derniers temps, tes idées sont bizarres. Tu penses à des choses pas à broder, hein ? »

Camille na rien dit, mais elle en a gardé une blessure. Car elle rêve sérieusement de mariage comme dans les films où les amoureux échangent des secrets. Mais pour elle, ce nest quun rêve. Après son succès, le centre la appelée pour intégrer latelier danse avec un partenaire afin de préparer un duo.

« Cest une blague ? » sest-elle exclamée en raccrochant. Ça semblait trop beau pour être vrai.

Ils ont insisté. « Essayez au moins ! » lançait la directrice, Madame Marguerite Lefevre, de son accent bourru. « Vous êtes lauréate maintenant, il est temps denrichir votre palette ! Lassistante sociale pourra vous accompagner. »

« Je danserai avec qui ? »

« Avec un autre comme vous Il ny a pas de laissés-pour-compte en France ! Chacun peut trouver une activité à sa mesure ! »

Camille a soupiré, sest laissée entraîner. Le lendemain, le chauffeur un type moustachu à la coupe militaire est arrivé. Elle voulait garder sa coiffure impeccable on nenlève pas son couvre-chef, cest trop risqué ! Dans le bus se trouvait déjà son futur partenaire, Louis. Elle lui a timidement serré la main. La main dun homme, cest différent.

Au centre, le chauffeur et moi avons aidé Camille jusquen salle, alors que Louis maîtrisait parfaitement sa chaise.

Les premières répétitions étaient catastrophiques. Gênés, trempés de sueur, ils essayaient de suivre la musique, honteux devant la chorégraphe une grande et fine demoiselle aussi vive quune libellule devant Louis et la fringante Madame Lefevre. Ensuite, semaine après semaine, deux fois par semaine, Camille na plus manqué une seule séance, et moi non plus.

Pendant tout lautomne et tout lhiver, elle délaissa la broderie, ne vivant plus que pour la danse. Même aujourdhui, elle attendait que je vienne la chercher, et je naffichais pas vraiment denthousiasme. Elle na pas manqué de me taquiner :

Alors, Vincent, pourquoi tu fais cette tête denterrement ?

Je ne vois pas de quoi tu parles ai-je esquivé.

Remarquant mon humeur, elle a changé de sujet :

On na que quarante ans, on peut encore fonder une famille, non ?

Tu recommences Jai déjà tenté, sept ans de mariage à me faire supporter, et il est parti. Je ne le blâme même pas. Je le méritais, à trop courir après les hommes jeune. Dommage pour mes parents, ils nauront pas eu de petits-enfants.

Tu devrais retenter, moi je le ferais à ta place !

Et encaisser encore des reproches ?

Si tu ne veux pas dun mari, adopte alors ! Aujourdhui, la science fait des miracles.

Tu penses quavec ce que je gagne, jen aurais les moyens ? Tout ça coûte bien cher !

Jai entendu quon pouvait avoir ça gratuitement aujourdhui

Bon, on verra plus tard Tu mets quoi, toi ?

Même pas le temps de finir, hein Le pull rose et la jupe grise !

Tu devrais porter ta robe de spectacle, il faut thabituer, non ?

Je ferai ça à la générale, sinon elle sera toute sale dans le bus !

À la veille de la générale, la répétition séternisa. De retour chez elle, je lai aidée à se déshabiller, linstaller dans sa baignoire, la laver tout en lécoutant parler sans sarrêter elle était si heureuse, cen était contagieux.

Plus tard, en robe de chambre à la cuisine, je lui ai servi le thé et placé devant elle des bonbons et des biscuits. Elle ny toucha pas, préférant me demander :

Alors, toi, comment cétait, la première fois ?

Quoi, la première fois ?

Avec un homme, a-t-elle murmuré en rougissant.

Tu veux dire je ne me souviens pas

Allez, ne mens pas. Tu as été marié, et puis il y a eu Nicolas.

Il y a eu, cest vrai. Deux mois après le divorce puis il est reparti, trop jeune pour moi. Tu nas donc rien à envier !

Moi, je crois que Louis sintéresse à moi, dit-elle soudain, fière. Il me regarde drôlement !

Les bruns aiment les blondes, cest vieux comme le monde. Tu perds ton temps à te faire des idées

Tu ne veux vraiment pas en parler ?

Pas la peine. Bois ton thé et va te reposer, tu as mauvaise mine !

Camille sest tue, et jai vu dans ses yeux quelle était prise au piège de ces sentiments dont je mefforçais de la protéger. Alors je me suis vite éclipsé, en lui rappelant depuis le seuil :

Je ferme la porte, jarrive demain midi. Tu veux quoi comme courses ?

Tu sais ce quil me faut ! a-t-elle grogné les yeux fermés.

Essaie surtout de bien dormir, la générale est demain !

Elle na pas répondu, et je me suis dit à haute voix : « Voilà ce que ça fait, la danse ! On devient fou à rêver ! »

Une fois dehors, je me suis promis de lui trouver quelquun. Ils sont loin dêtre aussi désarmés quon le croit ! Elle a commencé à me jalouser pour Nicolas… Jaurais mieux fait de me taire.

En rentrant, Camille sest sentie coupable de sa rudesse. Mais moi, je nai même pas pris le temps de lécouter vraiment… Qui dautre pourrait comprendre son cœur ? « Si seulement je savais écrire des poèmes… »

Les pensées de Louis revenaient sans cesse : ses yeux marron où elle se noyait, ses mains fortes. Elle avait eu peur au début, mais plus maintenant. Cest quon la félicitait pour sa ténacité : « Bravo ! », disait la chorégraphe, ce qui la comblait.

Elle connaissait la chorégraphie par cœur, sétait habituée à Louis, à moi dans la salle, même à lélectricien en orange qui bricolait en coulisses.

En pensant à la générale du lendemain, Camille redoutait léchec, mais plus encore laprès-spectacle, la peur de ne jamais revoir Louis, de ne pas pouvoir linviter chez elle, de nêtre quune répétitrice anonyme. Alors elle voulait que tout soit parfait demain.

Le matin, elle déploya sa robe de spectacle : violette, ornée de strass et de paillettes, soyeuse et lumineuse. Elle simagina dedans, puis seffraya dimaginer la suite. Lessentiel, cétait de suivre la musique, Louis, ne rien rater, pour quon ne puisse pas dire : « Quattendre delle »

Elle aurait pu rêvasser plus longtemps, mais la clé tourna dans la porte.

Alors, la vedette, prête pour la générale ? ai-je demandé, mi-moqueur.

Prête, je crois, mais jai le trac !

Cest bon signe, au moins tu nes pas un bloc de glace. Allez, on y va.

On mit du temps à se préparer et demandèrent au chauffeur de venir plus tôt, Camille tenait à être la première à enfiler sa robe. Mais en arrivant au centre culturel, la gêne redoubla tout le monde semblait fixer Louis, en costume noir et nœud papillon, et surtout accompagné dune femme.

En coulisses, Louis vint vers Camille, lembrassa sur la joue et lui glissa : « Ne tinquiète pas, tout se passera bien ! »

Elle sentit sa joue senflammer, aurait voulu y presser la main. Mais, toute troublée, elle referma les yeux, une main sur son épaule. Elle ouvrit : la compagne de Louis était là, appuyée sur sa canne.

Ne vous faites aucun souci, ça va aller, murmura-t-elle.

Vous êtes… ? demanda Camille, déjà inquiète.

Louis approcha, presque devinant sa question :

Camille, je vous présente ma femme, Sylvie.

Elle hocha la tête poliment tout en voyant lalliance sur la main de Louis un détail quelle navait jamais remarqué. À ce moment-là, tous ses espoirs senvolèrent, son souffle lui manqua

Quand on la ranima, elle erra du regard avant de basculer à nouveau.

Que sest-il passé ? demanda dune voix rauque Marguerite Lefevre, semblant plus desséchée que jamais.

Il faut la ramener chez elle, dit fermement Vincent. Elle nen peut plus, ça ne se voit pas ?

Il lui faut surtout un médecin ! Et ensuite, sur scène ! On na pas travaillé six mois pour rien !

Soit à cause de ces mots, soit delle-même, Camille ouvrit finalement les yeux, mais continua de refuser de parler. Même dans le bus, elle resta muette, sauf pour me demander près de chez elle :

Où est Louis ?

Il répète, il dansera sa chorégraphie habituelle. Toi, tu fais la demoiselle en détresse Voilà ce qui arrive avec les rêveries, comme te le disait labbé Luc !

Camille sen formalisa.

Une fois chez elle, le chauffeur maidant à la transporter sur son lit, elle resta en robe de spectacle, recroquevillée.

Cest fini, alors ? jubile le chauffeur, pour la première fois souriant.

Oui, cest fini Merci et au revoir ! lui ai-je lancé avant de masseoir près delle. Tu veux bien me dire maintenant ce qui sest passé ?

Elle attendit, pleura, puis murmura distinctement :

Louis il est marié

Jai failli rire, pensant à tout ce que je métais imaginé de grave.

Tu timaginais quoi, quil était pour toi ?

Mêle-toi de tes affaires, va-ten !

Je suis resté là, mais elle a insisté :

Va-ten, ne reviens plus jamais. Je me débrouillerai. Tu nes quune peste !

Si elle lavait dit méchamment, jaurais compris, mais son ton était celui dhabitude. Jaurais aimé me raisonner, me dire « ny fais pas attention », mais ces mots « peste » mont fait énormément de peine. Était-ce possible quelle me rejette après tant dannées ? Personne na jamais été là pour elle comme moi. Les autres assistants font ce quil faut, puis sen vont. Moi, je venais à ses côtés même les week-ends, je partageais films, repas, lessives. Parfois je dormais sur son canapé. Et voilà quen retour, elle me traite de peste !

Merci, Camille, vraiment ai-je soufflé, amer.

Jai pris lair détaché, mais en rentrant chez moi, jen avais les jambes qui tremblaient. « Demain, je demande ma mutation. Ou je quitte tout ! On me propose de revenir à la crèche, après tout, jy ai bossé avant Personne là-bas ne mappelait peste ! »

Chez moi, impossible de cuisiner, jai avalé un bout de gâteau avec mon thé et me suis effondré sur le canapé, épuisé par la répétition générale. Je sombrais doucement quand soudain, le téléphone sonna. Cétait labbé Luc. Panique : la nuit était tombée.

Vincent, il faut venir au plus vite chez Camille, il faut lemmener à lhôpital

Jeus un haut-le-cœur je venais de lui laisser la porte ouverte. Il avait dû arriver quelque chose de sérieux. Je me précipitai dehors, et en croisant une ambulance, je priai que ce ne soit pas pour elle. Devant chez elle : voiture de police, labbé, quelques voisines.

Camille, que sest-il passé ? demandai-je à Luc, qui paraissait gigantesque sous sa calotte noire.

On dirait une intoxication Elle ma appelé en me disant quelle allait très mal, sans expliquer. Je suis arrivé, elle était inconsciente, à côté de boîtes de médicaments. Jai prévenu tout de suite.

Un lieutenant massif, en uniforme trop étroit, arriva :

Vous êtes qui ?

Son assistante sociale Je moccupe delle. Qua-t-elle ?

Elle a essayé den finir !

Impossible, elle vit comme un ange !

Quelquun ly a poussée, voilà. On enquêtera Vous avez les clés ?

Oui, tenez

Il faut vérifier lappartement, couper lélectricité, puis sceller la porte. Et il me faudra votre témoignage au commissariat.

Mais, il y a une heure, elle allait bien

On verra. On comparera tout à ce quelle dira, si elle sen sort.

Jentrai avec lui et les voisines.

Coupez même le frigo !

Mais les produits vont tourner ! protestai-je.

Mettez-les au balcon.

Je trouvai aussi son portable.

Je peux au moins lui porter son téléphone ?

On ne touche plus à rien !

Jobéis, et le commissaire scella la porte. Avant de partir, je remerciai labbé Luc. Au commissariat, jexpliquai tout. Le policier lut mon rapport, sourit :

Cest donc pour une peine de cœur ?

Pour quoi dautre, Seigneur !

Alors, inutile de sinquiéter plus. Rentrez chez vous.

Au lieu de rentrer, je filai à lhôpital. À laccueil, la standardiste confirma dun ton indifférent :

La jeune femme intoxiquée ? Elle est au service réa, lavage destomac. Elle a repris connaissance.

Cest une chance ! Puis-je la voir ?

Impossible. Avec le passage en chambre, peut-être dans trois jours, mais avec la grippe, cest peu probable. Vous êtes de la famille ?

Non, juste une amie.

Tant mieux, on pensait quelle navait personne. Laissons sa chaise roulante ici, lhôpital a tout ce quil faut.

Je repartis moins inquiet, mais chez moi, la solitude était plus dure que jamais, personne à qui parler. Le téléphone resta muet. Jappelai mon service pour garder Camille comme bénéficiaire.

Elle reste officiellement sous ta responsabilité, tinquiète, ma rassuré la chef.

Pendant des jours, je pris de ses nouvelles chaque matin, mais Camille restait silencieuse. Au bout du quatrième jour, une infirmière laissa un message :

Vincent ? La clinique. Je suis linfirmière de Camille Dubois. Elle demande que vous veniez sous sa fenêtre ; impossible de la voir en chambre (section deux à gauche, troisième fenêtre à lentrée). Venez à 13h.

Je peux lui apporter quelque chose ?

Rien. Confinement. Même pas des fleurs pour la Saint-Valentin !

Rien du tout ?!

Non ! articula linfirmière.

Après une matinée de visites, je suis venu devant lhôpital, sous la fenêtre désignée. Elle est apparue, amaigrie et blafarde, mais ses yeux pétillaient. Bouche contre le carreau, elle a tenté de me parler sans succès. Après un moment, elle montra un papier : « PARDON ». Jagitai la main, fâché quelle insiste sur le pardon, alors quau fond, je nen veux même pas, tant jétais heureux de la revoir sourire. Quand elle fit signe de partir, je me sentis soulagé dun poids immense. Je lai saluée, ai lancé un geste « appelle-moi ! », et me suis éloigné, ému.

En descendant sur les trottoirs inondés du soleil de mars, je réalisai combien tout semblait soudain brillant, partout le printemps sannonçait, le dôme doré de léglise luisant au loin. Mon cœur en fut réchauffé, dissipant les derniers nuages. « Plus de raison de ten faire », pensai-je en retenant mes larmes de joie et je souris en me disant : « Quelle peste, cette Camille, vraiment, une vraie chipie ! » mais la vie aurait été bien fade sans elle.

Le soir venu, jai laissé la fenêtre entrouverte, espérant capter un souffle printanier qui chasserait jusquau fond de mon petit appartement la fatigue et la solitude. Un éclat de rire denfant monta de la cour, mêlé à la senteur des jardins : soudain, jai compris ce quavait dit Camille, plus tôt, sur la possibilité de fonder une famille, fût-elle dun autre genre. Une famille de cœurs cabossés, de rêveurs qui se soutiennent, tout simplement parce quils lont décidé.

Tout à coup, le téléphone vibra un message sur lécran : « Demain, tu memmènes du lait chaud à lhôpital ? Je naime pas le thé ici. » Un clin dœil, dessus, dessiné en emoji.

Lespace dun instant, jai eu les larmes aux yeux, mais au lieu de meffondrer, jai éclaté de rire. « Entendu, chipie, je tapporte tout un thermos ! » Et peut-être, qui sait, une histoire, une chanson, ou juste une oreille attentive.

Demain serait un autre jour et il commencerait par un verre de lait partagé, promesse muette de recommencer, de continuer à aimer à leur façon tordue, maladroite, mais vraie. Parce quau fond, la tendresse trouve toujours son chemin même pour les pestes.

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