La nouvelle de la naissance de sa fille surprit Étienne Leblanc alors quil se trouvait dans le bureau du dépôt forestier, justement le jour de la paye. Les ouvriers, une fois leurs francs encaissés, sen allaient déjà, leurs seaux vides résonnant sous le bras, tandis quÉtienne, lui, restait près du portail, serrant dans sa main ses quelques billets froissés.
Sacré nom dun chien, marmonna-t-il entre ses dents, en crachant avec colère sur les copeaux. Javais pourtant bien dit à Marie : je veux un garçon ! Et voilà quelle me donne une fille
La colère et lamertume envers sa femme, Marie, lenvahirent alors si violemment quil neut même plus envie de rentrer chez lui, dans cette maison vide où, dorénavant, aucun éclat de rire ne résonnerait. Tandis que Marie, avec leur nouveau-née, restait à la maternité de Chalon-sur-Saône, Étienne empaqueta ses quelques affaires dans un vieux sac de toile, y glissa du linge de rechange, un bout de baguette, puis partit chez sa mère, de lautre côté de la rivière Douix, dans le petit village de Saint-Laurent, à une dizaine de kilomètres de là.
Deux semaines plus tard, Marie, fatiguée mais heureuse davoir mis au monde son premier enfant, revint dans une maison désertée. Elle regarda la pièce étrangement rangée (signe quÉtienne avait eu la décence de nettoyer avant de partir), posa le nourrisson emmailloté sur le lit, puis seffondra, la tête dans les bras, silencieusement secouée de larmes. Sa petite fille, un minuscule paquet à la nuque ridée sommeillait doucement, ses lèvres suçant le vide. Marie, le cœur serré, pensa avec douleur : « Qui aurait cru, mon sang, que ta venue nous séparerait ? »
Étienne était un homme massif, la mâchoire carrée, le caractère trempé quon appelait, au village, une forte tête. Il nacceptait aucune contradiction, chaque mot de travers était pour lui une insulte personnelle. Et il sétait mis en tête quil lui fallait un fils, un héritier. Dans sa famille, il était le dernier né après deux sœurs, alors il croyait que sa descendance ne tiendrait quà lui, Étienne Leblanc. Et voilà quon lui donnait une fille. Une bouche de plus à nourrir, inutile à ses yeux.
Sa mère, Eugénie, tenta bien dintercéder auprès de son fils. Mais il était ferme : « Tant que cette gamine vivra sous mon toit, je ne reviens pas. » Tant et si bien que ces dix kilomètres devinrent un fossé infranchissable pour Marie.
Remise sur pied, Marie se jeta corps et âme dans le travail. À lépoque, autour de 1957, le congé maternité était une chimère : il fallait soccuper de la maison, aller aider à la ferme du village. Cherchant à amadouer son mari, elle appela leur fille Léontine un prénom fort, à consonance presque masculine. Lenfant, pourtant, se montra étonnamment robuste et docile : elle ne pleurait que rarement, nétait jamais capricieuse. Très vite, elle se dressa dans son berceau, puis, à à peine un an, on ne la tenait plus : elle galopait dans la maison, montait sur son cheval à bascule bricolé par le voisin. Elle parlait, courait, et devenait incontrôlable, au grand amusement de la grand-mère qui disait : « Impossible de suivre cette petite tornade ! »
À la crèche, Léontine simposa demblée. Vive, débrouillarde, forte elle tenait tête à tous les garçons du quartier. À trois ans, elle rabrouait déjà les grands qui voulaient lui arracher sa pelle. Elle nallait pas dans les bras de nimporte qui, nécoutait pas toujours, défendait le potager armée dune baguette de saule contre les vaches du voisin. Doù tenait-elle un tel courage ?
Pendant ce temps, Étienne se consolait auprès dune veuve du village voisin, Claudine Martin, déjà mère de deux enfants. Dabord il traînait chez elle par désoeuvrement, mais la rusée Claudine savait lattirer. Bientôt, il sattacha à elle : plantureuse, toujours admirative, jamais une parole de travers.
Je te ferai un enfant, Étienne murmurait-elle, tout émue. Un garçon, cest promis.
Donne-moi un fils, cest tout ce que je veux ! grognait Étienne, la voix moins sévère cependant.
Mais le temps passait, Claudine ne tombait pas enceinte. Ou elle ny arrivait pas. Cela assombrit Étienne : cela faisait deux ans, rien ny faisait. Élever les enfants dun autre ? Il voulait les siens.
Puis la rumeur latteignit : on disait que sa fille Léontine était « un vrai garçon ». Forte, juste, débrouillarde. Plus vaillante que quiconque.
La mère dÉtienne insista : « Va voir ta fille, cest ton sang. » Il naurait pas accepté si, chez Claudine, il nétait pas tombé sur un sachet de racines séchées et quelques herbes suspectes. Il soupçonna de la magie : Claudine fréquentait la guérisseuse du village…
Ce soir-là, il fit sa valise, claqua la porte si fort que les vitres tremblèrent, et partit. Claudine cria que ses herbes, cétait « pour la santé ». Il ne lécouta pas.
Presque quatre ans plus tard, Étienne franchit enfin le seuil de sa maison. Il découvrit sa fille pour la première fois. Toute menue, espiègle, jupe en coton délavée, elle le fixait, méfiante, sans esquisser un geste vers le pain dépice quil tendait.
Quest-ce quelle me dévisage comme ça ! bougonna Étienne, mal à laise sous ce regard denfant. Il lança à Marie, dun ton accusateur :
Marie, heureuse mais tremblante, leva aussitôt les bras :
Allons, Étienne ! Je nai fait que parler de toi en bien, dans lespoir que tu nous reviendrais. Nous ne sommes pas des étrangers…
Marie laimait malgré sa rudesse non, sa cruauté parfois. Taciturne, perpétuellement mécontent, Étienne montrait sa colère dun coup de poing sur la table. Parfois, même plus.
Léontine avait cinq ans. Elle comprenait déjà beaucoup. Aux regards noirs de son père, elle se raidissait, secouait le poing :
Méchant papa ! Je vais me fâcher si tu continues !
Son petit poing était ridicule… mais exaspérait Étienne, qui lisait dans ses yeux le défi quil narrivait pas à sautoriser lui-même.
Il sadoucit un peu après la naissance dun fils, appelé Paul. Léontine, dès lenfance, assura la charge de son frère : elle le portait sur son dos, le nourrissait à la cuillère, le surveillait à la place de la mère. On ne pouvait pas employer la nourrice, alors elle faisait tout.
Étienne se montrait satisfait, mais son contentement restait boudeur. Il régnait par la parole et par lordre.
Marie, apeurée, lui obéissait, pourvu quil ne lève pas la main.
Léontine, sept ans et déterminée, tapait du pied :
Je vais prévenir le gendarme du village si tu touches à maman !
Étienne en fulminait. Un jour, il voulut la corriger à la baguette de noisetier. Léontine encaissa, sans pleurer ni se plaindre, mordant le tablier de sa mère. Il crut lavoir domptée. Mais le lendemain, Léontine ramena effectivement le garde-champêtre.
Marie, terrifiée, tenta de calmer le jeu :
Monsieur lagent, tous les parents grondent leurs enfants à la campagne… Étienne travaille sans relâche, il nourrit la famille…
Le garde-champêtre, bonnet sur la tête, sessuya le front en sueur :
Prenez garde, Madame Marie. Ces histoires-là peuvent remonter à la mairie. Pour cette fois, ce nest quun avertissement.
Étienne baissa les yeux, joua la comédie du père peiné. Le gendarme repartit.
Dès lors, il traita Léontine avec plus de précaution. Pas par peur, mais par méfiance. Parfois, il la traitait de « petite bête sauvage ».
Marie, croyant la paix revenue, tomba enceinte dune fille, qui fut nommée Éléonore. Étienne, à la naissance, jeta à peine un regard au bébé et sortit. Éléonore grandit sous la surveillance de sa sœur. Dès son retour de lécole, Léontine sattelait aux tâches, soccupait de sa petite sœur, puis étudiait.
Étienne, constatant que laînée était devenue indispensable à la maison, ne disait plus rien. Il se souvenait de lhistoire du gendarme…
Ainsi Léontine grandit, forte, indépendante. À ses quinze ans, après le certificat détudes, elle annonça à la tablée quelle partirait à Dijon pour étudier. Étienne en devint écarlate.
Et tu vas vivre de quoi, hein ? Tu comptes sur la charité de ta mère ? On ta nourrie, blanchie, cest pas assez ?
Léontine, solide, déterminée, nen fut pas ébranlée :
Jirai quand même. J’ai besoin dapprendre un métier.
Tu nauras pas un sou de moi ! tonna Étienne.
Je ne te demande rien, papa. Occupe-toi plutôt des petits…
Quoi ?! hurla-t-il.
Remontant sa ceinture, il voulut la corriger ; Léontine, dun bond, se saisit du tisonnier, face à son père, la mâchoire serrée.
Tapproche pas, ou cest toi qui auras mal !
Marie sinterposa, sanglotant. Étienne, croisant le regard dur de sa fille, recula, jura, et sortit.
Pars, souffla Marie en larmes. Pars étudier, ma fille…
Tu ferais mieux de divorcer, maman !
On ne divorce pas comme ça à la campagne ! sécria Marie.
Et nous, comment vit-on ? Comme des domestiques ? persista Léontine.
Cest la vie ici. On vit ensemble, on se dispute, puis on se réconcilie. Étienne, cest un bosseur, il ramène largent…
Si jamais il recommence, écris-moi. Je saurai le faire taire.
Ma pauvre fille, on ne fait pas ça à son propre père…
Mais lui alors ? Il commande comme un chef, et toi tu te taires, cest ça ta vie ?
Cest comme ça quest la vie…
Je ne me prosternerai pas devant lui, dit Léontine en préparant ses affaires.
Le jour du départ, Marie glissa en cachette quelques billets dans la paume de sa fille.
Pour démarrer. Ce sont les miens, jai fait des économies.
Merci, maman. Je noublierai jamais ce que tu fais pour moi.
Arrivée à Dijon, la ville lengloutit dans son tumulte et ses odeurs de diesel. Elle entra à lInstitut technique mécanique presque sans réfléchir ; elle était attirée par les machines, rêvait de travailler dans un atelier. Les examens furent faciles, grâce à son acharnement scolaire malgré la charge familiale.
À la cité universitaire, son destin croisa celui de sa colocataire : Solange rieuse, frisée, venue dun bourg du Jura. Solange cherchait à tout prix un mari, plus que la réussite scolaire.
Regarde un peu ces jeunes gens de notre promo ! sexclamait-elle. Surtout François, le grand brun on dit que son père est chef datelier !
Je ne suis pas venue pour ça, rétorquait Léontine en préparant ses cours.
Tu es bien la seule !, riait Solange.
Léontine, elle, enchaînait formation et petits boulots : elle faisait le ménage dans une entreprise de tissage pour arrondir ses fins de mois. Pas question de dépendre de Marie.
Solange soupirait :
Quand dors-tu seulement ? Tu bosses, tu aides et tu mexpliques les maths… Léontine, tu es une force de la nature !
Simplement habituée…
Un professeur, Monsieur Antoine Maréchal, attira vite leur attention. Jeune, élégant, les cheveux bruns, lunettes discrètes. La moitié des étudiants étaient ses aînés, il semblait vulnérable :
Bonjour à tous… Je mappelle Antoine Maréchal…
Antoine, cest mignon ! sesclaffa une voix du fond.
Le groupe était bruyant. Solange souffla :
Comment va-t-il tenir face à eux ?
Léontine observait. Enfin, elle se leva, la voix étonnamment ferme :
Ça suffit ! Respectez un peu ! Je veux mon diplôme, moi. Vous, si ça ne vous plaît pas, dehors !
Le silence retomba. Le professeur, reconnaissant, la remercia dun regard.
Solange taquina ensuite Léontine :
Tu limpressionnes, jen suis sûre…
Arrête tes bêtises, conclut Léontine.
Antoine Maréchal fut lui aussi marqué par la jeune femme au regard déterminé et à la droiture inébranlable.
Léontine rentrait rarement au village, seulement pour les récoltes ou Noël. Paul était devenu adolescent, rêvait de passer son permis poids lourd. Éléonore imitait leur mère, douce et effacée.
Les retrouvailles avec É tienne étaient froides et distantes. Elle aidait, laissait parfois un billet. Il la taquinait sur ses tenues « de bourgeoise », mais Léontine restait stoïque.
Sur la fin de ses études, Solange épousa finalement son fameux François et organisa une noce délirante. Léontine offrit de son aide, tout en se demandant ce que serait son futur à elle. En Bourgogne, à vingt ans, on avait déjà deux enfants. Mais elle restait seule : les garçons lui semblaient ternes, ennuyeux ou bien trop portés sur le vin.
Le destin fit alors son œuvre. Pierre Roche, étudiant dans une section voisine, grand et tranquille, discret à lexcès, observait Léontine depuis longtemps. Un soir de bal, poussé par Solange, il linvita à danser.
On danse ? proposa-t-il timidement.
Pourquoi pas ? répondit-elle, surprise.
Leur histoire naquit ainsi. Pierre était tout le contraire dÉtienne : calme, fiable, tendre. Il devint ouvrier meunier, apportait son salaire, était fidèle.
Veux-tu mépouser ? demanda-t-il au bout de trois mois.
Léontine hésita, puis sourit enfin :
Tu me promets de ne jamais quitter le navire ?
Jamais, répondit Pierre.
Le mariage fut modeste, en sortant du conservatoire. Ils vécurent en HLM, puis vinrent au monde la petite Amandine.
Mais le bonheur fut court. Pierre, à la naissance de leur fille, sombra dans la passivité ; le silence devint indifférence, il traînait au bistrot, laissait peu dargent. Léontine ne sentit pas le vent tourner : « Je ne suis pas esclave ! Jai bien le droit de souffler ! »
Elle repensa aux mots de sa mère : « Cest ça la vie. On endure. » Non ! Léontine voulait autre chose.
Pierre, tu changes ou je pars.
Il se contenta de hausser les épaules, imbibé :
Tu crois aller où, avec un bébé ?
Je vais te le montrer, répondit Léontine, qui demanda le divorce le lendemain.
Solange écarquillait les yeux :
Mais tu es folle ! Comment vas-tu ten sortir ?
Jy arriverai !
Et elle sen sortit : Léontine travailla à lusine, mit Amandine à la crèche, géra tout de front. Pierre payait une pension dérisoire, mais elle se débrouilla.
Paul, son frère, la rejoint en ville, sinstallant chez elle, ébahi devant son autonomie.
Tu en fais, des choses ! Même pas fatiguée ?
On ne se fatigue pas à être libre, répondit-elle.
Solange divorça aussi son François était resté léternel fils à maman. Elle pleurait chez Léontine :
Finalement, tu avais raison : la sécurité, ce nest pas largent. Cest lhumain. Jaurais voulu tomber sur un, comme ton Maréchal…
Qui donc ? sétonna Léontine.
Ton professeur de mécanique ! On ma dit quil avait divorcé. Il habite en ville, il est libre…
Léontine navait pas repensé à lui depuis des années, mais ce nom réveilla en elle une douce émotion.
Un soir, elle croisa Antoine Maréchal, par hasard, dans une brasserie. Il lisait seul. Ils échangèrent : elle parla de sa fille, de ses épreuves, de ses rêves ; lui raconta sa vie, son divorce, un fils étudiant, les week-ends quil passait à retaper une maison à la campagne.
Pourquoi es-tu seule ? demanda-t-il.
Comme ça… La vie.
Moi aussi, je suis seul… Mais tu sais, aujourdhui, je me dis que jai bien de la chance de tavoir retrouvée.
Il la raccompagna. Elle frissonnait intérieurement, lui tenait la main, plus légère quelle ne lavait été depuis des années. Antoine la rappela et lui proposa de venir voir sa maison en construction, entourée de vignes et de tiédeur. Elle y alla un dimanche, laissant Amandine à Solange.
La maison était modeste, entourée de plates-bandes sauvages. Antoine décrivait ses projets, le jardin, la maison. Brusquement, un fourgon fit irruption. Deux hommes, menaçants, franchirent la barrière.
Reste ici, murmura Antoine.
Non, je viens.
Ils entraînèrent Antoine dehors, brandissant un pied-de-biche, exigeant des matériaux. Léontine surgit, armée dune hache laissée près du poêle.
Touchez-le, et je vous démolis ! cria-t-elle.
Les individus, déconcertés par une telle détermination, prirent la fuite.
Antoine, encore pâle, la regarda avec admiration.
Tu es extraordinaire, Léontine…
À partir de là, ils ne se quittèrent plus. Rapidement, Antoine la demanda en mariage.
Je ne suis pas riche, cela prendra du temps. Mais je taime, toi et ta fille. On sera heureux.
Pour la première fois depuis longtemps, Léontine pleura, démotion.
Ils se marièrent discrètement, entourés des proches : Solange et son garçon, Paul et sa femme, Éléonore. Marie, même Étienne, accepta de venir :
Viens, Étienne, cest le mariage de notre fille. Pas tous les jours…
Au repas, Étienne observa son gendre avec attention. Antoine savança :
Merci pour Léontine, Monsieur Leblanc. Je veillerai sur elle.
Étienne grimaça, puis, soudain, lâcha quelques mots jamais prononcés :
Prends soin delle. Elle a du caractère, mais cest une bonne fille. Comme sa mère.
Léontine, stupéfaite, sentit une chaleur nouvelle en elle.
Le soir, elle embrassa Marie :
Venez nous voir, maintenant. Notre maison est ouverte.
Marie pleurait de joie. Étienne, maladroit, caressa la tête dAmandine :
Travaille bien à lécole, ma grande.
Je te le promets, Papy.
Le bus repartit. Léontine prit la main dAntoine. En chemin, elle soupira :
On rentre à la maison ?
On rentre.
Des années passèrent. La maison dAntoine fut terminée, un jardin plein de pommiers et de rosiers longeait la terrasse. Amandine termina ses études, rêva de devenir infirmière. Paul devint conducteur de bus, Éléonore cultiva son potager à la ferme. Marie vint souvent, tissant des liens privilégiés avec sa petite-fille. Même Étienne se rapprocha : il venait prendre le café, deviser avec Antoine sous la pergola.
Un soir dautomne, Léontine, Antoine et Amandine étaient assis sur la terrasse, le ciel teinté docre.
Maman, es-tu heureuse ? demanda Amandine.
Léontine observa son mari, sa fille, la maison, le jardin, puis, se souvenant de son enfance difficile, répondit en souriant :
Oui, je suis heureuse.
Antoine lenlaça.
Moi aussi, murmura-t-il.
Amandine descendit jouer au fond du jardin, laissant ses parents savourer la douceur du crépuscule. Une brise légère agitait les feuilles, la lumière dorée baignait le village.
La vie navait pas été tendre, mais Léontine savait désormais que la force véritable, cétait doser être soi, de se relever sans cesse, et dapprendre à sentourer de ceux qui nous regardent avec respect et amour. En fin de compte, ce nétait pas la naissance qui comptait, ni les rêves déçus, mais le chemin parcouru pour se trouver et saffirmer dans un monde parfois dur.
Parce que le respect de soi finit toujours par imposer celui des autres.