Aujourd’hui, en me replongeant dans mes souvenirs, je ne peux m’empêcher de penser à mon père, Jean Dupont. Il a été le pilier de ma vie, celui qui m’a élevée, m’a accompagnée et ma offert un soutien indéfectible. Juste après ma naissance, ma mère nous a quittés sans un mot ; mon père, marqué par cette blessure, na jamais voulu refaire sa vie, par crainte de revivre une telle souffrance. La vie lui a rarement fait des cadeaux, et très vite, jai ressenti le besoin de grandir vite pour le soutenir et laider dans sa quête de responsabilité.
Compter chaque centime était devenu notre quotidien, alors à quinze ans, jai pris mon courage à deux mains et cherché à gagner ma vie. Jécrivais des articles pour le journal local à Lyon, puis après trois ans deffort, jai trouvé un travail mieux rémunéré. Quelques années plus tard, jai décroché un poste dans un bureau de la ville, ce qui ma permis dêtre autonome et dassurer les besoins de mon père et les miens. Puis, un jour, mon père ma convoquée pour une discussion quil qualifiait de sérieuse. Un sentiment dinquiétude sest insinué en moi. Je suis entrée dans le salon et jy ai vu une femme, que mon père ma présentée comme ma mère.
À peine mavait-elle vue quelle sest effondrée en larmes, en suppliant mon pardon, et a tenté de me serrer dans ses bras. Mais je nai pas eu la force de répondre à son étreinte. Avec délicatesse, je me suis dégagée de ses bras et suis sortie sans prononcer le moindre mot, les laissant seuls. Jai choisi de laisser mon père régler cette situation comme il lentendait. Je ne peux pardonner à quelquun qui nous a lâchement abandonnés, mon père et moi, et na même pas pris la peine de me souhaiter un anniversaire toutes ces années Même aujourdhui, mon cœur reste fermé à son retour.