Un homme au caractère difficile

Un homme difficile

Mon Dieu, Paul ! Tu es vraiment un homme compliqué, tu sais ! Avec toi, tout est si ardu… Pourquoi ne pas simplement faire comme je le demande, hein ?

La jeune femme qui adressait ses reproches à son mari était dune beauté saisissante. Non, mieux que cela elle était raffinée et éblouissante ! Des jambes interminables, des yeux bleu nuit, et cette silhouette aux proportions si harmonieuses que tous les hommes se retournaient sur son passage, dès quelle apparaissait dans les allées du parc voisin de lhôtel.

Son époux, lui, était tout le contraire de séduisant. Plus petit dune bonne tête, trapu comme un petit tonneau, les bras trop longs, les jambes trop courtes et déjà une calvitie naissante. Ce nétait que ses yeux qui attiraient la lumière : vifs, intelligents, ils semblaient deviner les âmes. Ce contraste frappant donnait à ce couple une aura étrange : une belle capricieuse et lhomme qui la comprenait mieux que quiconque.

On aurait dit Héphaïstos et Aphrodite, à ceci près que le mari, au lieu dun marteau de forgeron, portait presque toujours un enfant dans les bras.

La petite fille avait hérité du visage de son père, de sorte que nul ne pouvait douter de leur lien. De sa mère, elle navait gardé que la couleur des yeux et lopulente chevelure cuivrée, indomptable et bouclée à souhait. Sa mère avait bien vite renoncé à lidée de la discipliner. Ainsi, la fillette, âgée de cinq ans, courait à travers lhôtel comme un éclair roux, se retournant de temps à autre pour vérifier si son père suivait.

Claire, si tu tiens tant à faire cette excursion, vas-y. À mon avis, Camille est encore un peu jeune pour samuser à ce genre de promenade. Le trajet est long, et il fait une chaleur insupportable. Elle va pleurer, sagacer, et tu en perdras tout le plaisir. Tu le sais bien !

Et toi alors ? Paul ! Je suis venue ici avec mon mari ! Tout le monde dans lhôtel me sollicite sans cesse. Ce nest pas ton problème ? Ça test égal, peut-être ?!

La voix de Claire monta soudain dans les aigus, et Camille serra son père un peu plus fort, enfouissant son nez dans son cou.

Allons ma chérie, tu sais bien que je suis terriblement jaloux ! répondit Paul avec un sourire énigmatique, caressant la tête de sa fille. Voyons, choisissons autre chose. Une balade en voilier ? De la plongée sous-marine ? Quest-ce qui te ferait plaisir ?

Je veux voir les pyramides ! trancha Claire en tournant la tête. Faîtes ce que vous voulez, moi jy vais seule !

La dispute, parfaitement orchestrée, laissa Paul sans autre option que de hausser les épaules alors que Claire, direction piscine, oubliait mari et enfant.

Il sétait habitué à ces caprices. Leur existence ressemblait à celle de tant de couples quils côtoyaient : lui, un homme occupé et aisé, elle, une femme jeune et belle, se laissant aimer.

Comment Paul était-il devenu « un mari à la mode » ? Il lignorait lui-même. Il navait jamais eu de chance avec les femmes, et ce nétait pas quune question dapparence. Le problème, cest que Paul ne savait pas dialoguer avec elles, sauf sur le plan professionnel. Là, il était prévenant, poli, plein dhumour. Mais dès quil tombait amoureux, tout sembrouillait. Il ne savait plus quoi faire de ses mains, quels mots dire, comment attirer lattention de celle qui lui plaisait. À force, il avait fini par se résigner à vivre seul, se consacrant tout entier à son entreprise et à ses visites auprès de sa mère, qui habitait à la campagne, persuadé que son destin était de rester célibataire.

Les rares rencontres que sa mère appelait « pour la santé, pas pour lamour » suffisaient à combler sa solitude.

Tout aurait pu continuer ainsi, si Simone Dufresne, la mère de Paul, navait pas décidé quil était grand temps pour son fils de fonder une famille.

Paul ! Jai assez admiré ta sagesse. Jamais tu ne te marieras à ce rythme ! Nous devons engager une entremetteuse !

Une entremetteuse ?! sétouffa Paul, assis avec sa tasse de thé et la confiture de framboises maison, sur la véranda du vaste pavillon familial.

Pauvre veste soupira pensive Simone, scrutant son fils. Tu es un homme remarquable, Paul ! Intelligent, éduqué Mais qui en profite ? Sauf moi, personne ! Ça ne tourne pas rond. Tu as réussi là où tant dautres rêvent seulement, mais tu nes pas heureux. Je le vois. Tu regardes les enfants de ta cousine Elise avec tant de tendresse. Elise est un vrai moulin à paroles, mais comme mère, elle est admirable, il faut le reconnaître. Je les aime comme mes propres petits-enfants, mais mon rêve cest de voir mes véritables petits-enfants. Non, mieux : je veux te voir porter ton propre enfant. Alors, là tu sauras ce quest le bonheur. Je le sais. Ton père aussi le savait. Tout ce luxe, cest éphémère, Paul Les maisons finissent toujours par disparaître, mais la vie, elle, demeure. Parce quelle est intelligence, émotion, mémoire. Tu comprends ?

Je comprends Maman. Mais pourquoi une entremetteuse ?

Parce que tu ne trouveras jamais personne tout seul ! Et il me faut te le dire franchement. Tu as du mal avec les femmes, cest mon erreur ; je nai pas su tapprendre ce quil fallait, alors cest à moi de réparer. Et vu que je suis aussi peu douée que toi dans ce domaine, jirais voir une professionnelle. Allez, écris !

Quoi ?

Ce que tu veux ! Fais la liste de la femme que tu voudrais.

Paul se résigna. Ce soir-là, ils discutèrent jusquà la nuit tombée. Sa mère, persévérante, lui tira des confidences quil nosait savouer à lui-même. Les rêves cachés et les craintes prirent forme sur le papier, et Paul, étonné, relut ce portrait idéal.

Une telle femme, ça nexiste pas.

Nous verrons. coupa Simone, emportant la feuille.

Effectivement, elle lui trouva la perle rare. Claire correspondait en tout point à ce quil avait décrit, du moins à lextérieur. Pour lâme, ce fut une autre histoire, à découvrir en mariage.

Il fallut peu de temps à Paul pour réaliser que son union nétait quun contrat. Et il apprit que nombre de gens de son milieu vivaient de la sorte. Claire navait jamais cuisiné de dauble pour lui ; elle se focalisait uniquement sur elle-même. Leur grande maison achetée après le mariage les accueillait, mais dans des chambres séparées Claire invoquait le ronflement de Paul comme une offense à son sommeil. Ronflait-il vraiment ? Il nen savait rien. Mais pour celle quil aimait, il se serait sacrifié.

Claire ne désirait guère denfant, mais comprenant que cétait une partie du contrat, elle réclama deux ans de répit.

Je suis jeune, laisse-moi découvrir le monde. Tu le feras pour moi, non mon amour ?

Paul accepta. Ils voyagèrent, menèrent la vie mondaine et finirent par se supporter, presque.

La naissance de Camille les réconcilia momentanément. Paul, comblé, rentrait le soir pour profiter de sa fille. Le seul regret était de constater à quel point Claire était une mère distante.

Je ne nourrirai pas au sein ! Et me faire opérer pour retrouver ma poitrine, non merci ! Prends une nourrice ou donne-lui du lait en poudre. Tu as bien grandi avec, ta mère me la dit. Tu es parfait, alors je ne vois pas où est le problème !

Ni la mère de Claire, ni Paul ne purent la convaincre. Camille tétait allègrement son biberon, et Paul chercha une nounou.

Je vais devenir folle à force ! Rester enfermée toute la journée avec un bébé qui hurle, cest lenfer ! Toi, tu pars travailler, tu vis, moi je suis prisonnière ! Tu veux vraiment que je sombre dans la dépression ?

La mère de Claire, Hélène, apprenant la recherche de nounou, sy opposa.

Pourquoi donc ? Je comprends, ta mère est prise par ses cours, mais moi je peux être présente pour ma seule petite-fille. À quoi bon une étrangère à la maison ?

Paul accepta avec soulagement. Ce fut dailleurs le premier désaccord sérieux avec sa femme.

Ta mère ici ? Pour quelle mapprenne à vivre ? Tu te moques de moi ? Jespérais de laide, pas ça Paul ! Pourquoi es-tu si difficile à vivre ? Tu ne maimes donc plus ?

Je taime, mais jaime aussi notre fille ! Même si tu ten occupes à peine, elle a besoin damour ! Quau moins une personne soit là pour elle en dehors de moi !

Claire fit mine de réfléchir, puis décida que la paix valait mieux que la dispute, dautant quavoir une mère présente lui offrirait la liberté quelle désirait.

Hélène vint sinstaller chez eux, et Camille eut ainsi un monde à elle, après son père. Elle connaissait sa mère, supportait dix protocolaires minutes sur ses genoux lors des visites mondaines, puis filait vers son père ou sa grand-mère ; là, elle ne se posait jamais la question dêtre aimée.

La vie filait ainsi. Camille grandit. On linscrivit dabord à lécole de danse, puis dans une crèche privée où Hélène la déposait le matin. Elle avait déjà vu la moitié du monde avec ses parents et ne sétonnait plus des avions et des hôtels, tant quelle était avec ceux qui ne lui refusaient rien.

Ce voyage-là fut ordinaire, jusquau moment où Camille eut de la fièvre et se plaignit de maux de tête.

Eh bien voilà, les vacances sont fichues ! sagaça Claire, arpentant la chambre en attendant le médecin que Paul avait fait appeler.

Tu plaisantes, Claire ? Notre fille est malade !

Cest un simple rhume ! Tu naurais pas dû lui donner autant de glaces, je tavais prévenu ! Tu cèdes à tous ses caprices, voilà le résultat ! Père de lannée, vraiment ! Ten es fier ?

Attendons le médecin.

Le ton de Paul força Claire à se calmer.

Le médecin, après examen, rassura le couple.

Juste un peu de fatigue. Il lui faut du repos et de bonnes nuits.

Paul acquiesça mais, dès le médecin parti, il ordonna à Claire de préparer les valises.

Nous rentrons en France.

Quoi ? Pourquoi ? sexclama Claire au bord des larmes. Le médecin a dit quil ny a rien de grave, Paul !

Son avis nest pas une vérité sacrée. Camille ne devrait pas avoir de telles migraines à son âge. Et elle exprime elle-même ce quelle ressent. Pas de discussion : nous rentrons. Prépare-toi.

En clinique à Paris, le diagnostic de Paul savéra fondé. Leur vie sarrêta un moment, le temps de mesurer ce qui venait de leur arriver.

Une clinique, puis une autre, et encore une autre. Létat de Camille ne saggravait pas, cétait déjà un miracle. Paul laissa affaires et entreprise pour rester à son chevet, ne quittant la clinique que pour se laver et changer de vêtements. Claire restait aussi, mais les médecins comprenaient vite que la belle femme, souriante, nétait quune façade. Elle ne savait rien de sa fille, répondait au hasard, cachant ses larmes. Tout le monde croyait à son chagrin et reportait les questions sur Paul.

La vérité était tout autre.

Claire nétait pas inquiète. Les médecins faisaient leur possible, elle le voyait, elle comprenait aussi quelle ne pouvait rien faire de plus. Mais le manque de liberté lui pesait. Les odeurs dhôpital la révulsaient, même dans cette meilleure clinique que Paul pouvait offrir.

Elle perdit patience lorsquelle sut que Paul vendait la maison.

Pourquoi, Paul ? Tu nas plus assez dargent ?

Non.

Le ton était dune telle simplicité et fermeté quelle resta sans voix.

Mais enfin, tu avais…

Beaucoup dargent ? Cest la raison pour laquelle tu es restée avec moi ? Oui, jen avais. Mais tout partira : la maison, lentreprise, tout ce quil faudra. Je donnerai tout pour la santé de notre fille. Il lui faut une opération à létranger, et ça coûte très cher. Lessentiel, cest elle.

Et moi ? Que vais-je devenir ? pleurait Claire, devinant ce que Paul allait dire. Elle était fantasque, difficile, incontrôlable, mais pas idiote.

Toi ? Je vois bien ton malaise, tu sais. Je toffre ta liberté. Je te laisserai suffisamment dargent, la voiture, lappartement à Paris. Vis comme il te plaît. Mais viens au moins deux fois par semaine voir Camille à lhôpital, et quand nous partirons pour la clinique à Genève, tu viendras avec nous. Quelle que tu sois, tu es sa mère. Montre au moins un peu dintérêt, cest le minimum ! Fais semblant au moins, que tu nes pas indifférente à elle !

Paul, pour la première fois, perdit son calme. Il avait peur comme il ne lavait jamais été une peur qui le paralysait. Tout ce qui donnait un sens à sa vie reposait à quelques mètres de là, dans la chambre silencieuse, tenant son ours en peluche contre elle, le bras orné dune perfusion. Et il savait : la seule chose qui le reliait encore à Claire, cétait leur enfant.

Assez ! Va te rafraîchir et ne viens pas effrayer Camille ! Elle a besoin de sérénité, compris ? Tu auras tout ce que tu veux, mais à présent tu devras le mériter. Agis maintenant, Claire, et ne moblige pas à répéter.

Quest-ce qui avait donc changé chez cet homme petit et trapu que Claire avait toujours regardé de haut ? Si on le lui avait demandé, elle naurait su répondre. Il semblait à présent avoir grandi, sêtre élargi, évoquant un rocher solide contre lequel pourraient se briser toutes les tempêtes. Pour ceux qui étaient protégés par ce roc, il ny avait rien à craindre.

Elle séloigna dans le couloir, cherchant à se reprendre, et ne vit pas Paul ouvrir la porte de la chambre tandis que la petite tête rousse bougeait sur loreiller.

Papa ?

Hélène, assise près de Camille, se leva, tripotant nerveusement le livre quelle lisait, et sortit dans le couloir.

Paul, si tu acceptes Je voudrais rester

Pourquoi demander mon autorisation, Hélène ? Vous êtes chez vous ici, répondit-il doucement en serrant sa belle-mère. Merci ! Je ne sais pas comment jaurais fait sans vous.

Jai honte, Paul si honte. Cest moi qui ai raté Claire. Elle était si intelligente, si douce, elle savait toujours parler et agir pour plaire. Aujourdhui pourtant Il me semble que je nai rien vu venir. Comment ai-je pu la perdre ?

Si on savait toujours, on se protègerait Je nai pas été meilleur Peut-être quil nest pas trop tard pour Camille. Serez-vous toujours là pour elle ?

Il le faut, Paul… Oui, il le faut… Bon, pas de lamentations ! Camille nen raterait pas une miette, et ce serait la fin de notre tranquillité ! Je vais lui faire faire la sieste. Va donc lui acheter une glace, elle na presque pas touché son déjeuner. Oh, et ne tranche rien trop vite Laisse le temps à Claire. Je veux croire quelle peut changer…

Quelques mois plus tard, Camille subit lopération. Simone laissa son travail pour accompagner son fils et sa petite-fille.

Six mois après, Camille rentra chez elle avec son père et ses grands-mères. Claire, elle, demeura quelque part en Europe.

Deux ans de rééducation Lespérance, tantôt vive, tantôt fragile, nourrit Paul et ses proches jusquau jour où le médecin enleva ses lunettes, se frotta le nez et sourit à Paul :

Vous avez réussi

La vie reprit alors sa course sur un autre sentier, plus déterminé.

Claire revint dans la vie de sa fille pour son quinzième anniversaire. Toujours aussi belle, impeccable, elle embrassa Hélène, salua Paul et savança vers le groupe dadolescents qui lançaient des vivats à Camille.

Ma puce

Les yeux, aussi bleus que ceux de Claire, se plissèrent, scrutant le visage maternel.

Maman

Claire, précipitée, tenta des explications inutiles, mais Camille linterrompit.

Doucement, ce nest ni le moment, ni lendroit. Plus tard, on en discutera.

Mais je voulais

Je sais. Ça attendra.

Camille, laisse-moi

Bien. Suis-moi.

La jeune fille entraîna sa mère dans le bureau de son père, ouvrit lourdement le rideau, sinstalla sur le rebord de la fenêtre et, haussant les épaules, déclara :

Je técoute.

Mon Dieu, ce que tu ressembles à ton père

Quoi, maman, je suis aussi difficile que lui ?

Ce nest pas ce que je voulais dire.

Eh bien, moi, si. Oui. Mais tu sais ce quil ma appris, ce “père difficile” ? À pardonner. À ne pas garder de rancœur. Je ne sais pas si jy arriverai. Mais je suis bien sa fille : je finis ce que jai commencé. Même si je ne suis pas sûre que, cette fois, jen aurai la force. Jai peu de souvenirs de toi, pas vraiment envie de renouer. Je nai jamais eu besoin de toi. Jai mon père, mes deux grands-mères, tout ce quune fille doit savoir, elles me lont appris. Je ne ressens pas le besoin de tavoir près de moi. Mais, pour papa, je donne une chance. Je te donne loccasion de devenir humaine, maman.

Et avant, jétais quoi ?

Ce que tu voulais. Un mannequin, un joli emballage, un monstre froid Cest trop dur à entendre ? Quespérais-tu ? Jétais petite, mais je me souviens avoir dormi à lhôpital en tenant la main de papa, bercée par grand-mère Hélène. Je me rappelle quon ma rasée, que grand-mère Simone ma offert un affreux chapeau rose, et quon a ri ensemble comme jamais. Tu nétais pas là. Je me souviens de ma première rentrée des classes, avec un an de retard, de la difficulté, des devoirs faits avec les grands-mères car papa était débordé. Je me rappelle la tutu cousue par Hélène et la “couronne de cygne”, la danse improvisée à la maison, lovation quon ma faite. Jamais, même à lOpéra, je nen entendrai de pareille. Et puis, Simone ma offert tout un matériel à dessin, on peignait jusquà laube Jai compris que jaimais ça. Tu vois ce tableau ? Je lai offert à papa pour son anniversaire. Il a obtenu le premier prix à lexposition, mais toi, tu nétais jamais là

Mais je suis là aujourdhui

Pourquoi ? Pourquoi je ne te crois pas ? demanda Camille, traçant des cercles sur la vitre. Son père regardait de dehors. Elle lui fit signe, se tourna vers sa mère. Tu ignores pourquoi ? Moi non plus. Donc je ne vais pas y penser tout de suite. Essaie. Si tu prouves que jai encore besoin dune mère, je réfléchirai à te pardonner. En attendant Installe-toi. Le gâteau sera servi dans une heure. Je dois rejoindre les invités. Excuse-moi.

Camille sauta à terre, remit le rideau en place et, sur le seuil, se retourna.

Dis, maman, je suis vraiment difficile ?

Claire la regardait sans un mot, de peur de voir senvoler un espoir fragile.

Tant mieux alors ! Ça veut dire que je ressemble à papa. Et cest la meilleure des choses. Merci, maman. Je crois que je commence à réfléchir.

La flamme rousse de ses boucles disparut derrière la porte. Claire sapprocha de la fenêtre, posant les doigts là où Camille venait décrire sur la vitre.

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