Trois ans de travaux sans aucune visite

Trois ans de travaux sans invités

Jai posé ma tasse sur le rebord de la fenêtre et, aussitôt, jai senti, sans le voir, quAmandine sétait figée dans le couloir. Je lui tournais le dos, mais il y avait dans lair cette suspension où lon pourrait se noyer.

Tu as mis la tasse sur le rebord, a-t-elle fini par dire, tout net. Ce nétait pas une question. Un constat.

Oui, Amandine. Jai posé la tasse sur le rebord.

Cest du bois verni, tu sais très bien que la chaleur marque le vernis.

Je sais.

Alors, pourquoi ?

Je me suis tourné. Quarante-huit ans, ni plus ni moins. Jétais en tee-shirt gris, debout dans lencadrement de la cuisine, mon niveau à la main, comme toujours le week-end. Certains ont leur téléphone, moi cétait ce niveau.

Parce que je nai nulle part ailleurs où la poser, ai-je répondu. La table est protégée par une bâche, la deuxième chaise est à lenvers. Le sol du couloir na pas fini de sécher, jai passé un primaire ce matin. Alors je bois mon thé, debout à la fenêtre. Ça fait trois ans, Amandine. Trois ans que je bois mon thé debout à la fenêtre.

Elle a regardé la tasse, puis moi, puis la tasse encore.

Je mettrai un dessous-de-verre.

Non, pas de dessous-de-verre.

Mais la trace va rester.

Eh bien, elle restera.

Jai plissé les yeux, ce que je fais toujours quand je ne saisis pas tout à fait si elle blague ou pas. Parfois, je nen suis plus certain moi-même.

Amandine, enfin

Stop, ma-t-elle coupé doucement, et ce mot est tombé dans le silence comme une pierre dans leau. Cest fini, François.

Jai mis du temps à comprendre. Jai demandé :

Fini quoi ?

Je prépare mes affaires.

Long silence. Dehors, une voiture a klaxonné, puis plus rien. Jai baissé la main, inconsciemment.

A cause du rebord de fenêtre ?

Non. Pas à cause de la fenêtre.

Elle a fini son thé, puis a bien reposé la tasse sur le bois verni. Délibérément, sans une once de regret.

Elle avait quarante-cinq ans. Comptable dans une petite entreprise, elle lisait chaque soir avant de dormir, gardait sur son bureau un mini-cactus prénommé Paul, et il y avait bien longtemps quelle ninvitait plus personne à la maison. Bien longtemps. Trois ans pour être précis.

Amandine est allée dans la chambre.

Trois ans plus tôt, quand on avait enfin signé pour cet appartement deux pièces, au cinquième étage dun immeuble en brique dun quartier calme de Nantes, elle était heureuse. Heureuse physiquement, simplement. Je me souviens de nos premiers pas, au milieu du papier peint défraîchi et du parquet usé. Par la fenêtre, les peupliers dautomne. Je métais dit : « Voilà. Notre chez-nous. »

Jétais différent à lépoque, ou du moins je men souviens ainsi. Je passais dune pièce à lautre avec mon mètre-ruban, notais dans un carnet, et il y avait dans mon regard létincelle de ceux qui savent où aller et sy attellent eux-mêmes.

Regarde, Amandine, lui disais-je en lui montrant ma feuille quadrillée pleine de croquis, on va ouvrir la cuisine sur le salon, tout en espace. Ici, des étagères intégrées, du sol au plafond. Tu vois ? Et là, spots lumineux avec variateur, comme ça on module lambiance.

Cest beau, disait-elle, et cétait sincère.

On va tout faire nous-mêmes, tranquillement, mais bien. Une fois, pour toute la vie.

Ce « pour toute la vie », jaurais dû lécouter plus attentivement. Derrière ce vœu, il y avait plus que léconomie dun entrepreneur.

Les six premiers mois, cétait laventure. La vie au milieu du chantier, je cuisinai sur une plaque électrique, faute de gaz. On dormait sur un matelas par terre, faute de lit. On mangeait dans des assiettes jetables, sans évier utilisable. Ce nétait pas confortable, mais ça restait supportable et vaguement romantique. A cette époque.

Puis, le sol sest mis à glisser, lentement, comme la terre sous nos fondations.

Je bricolais tous les week-ends, souvent les soirs après le boulot. Etant chef de chantier sur de gros projets immobiliers, je connaissais les matériaux et la technique mieux que beaucoup dartisans. Ça, ce nétait pas le problème. Le problème, cest que je narrivais jamais à marrêter.

Au début, Amandine ne sen rendait pas compte. Elle a perçu le premier changement huit mois plus tard, quand elle a bu un café avec Chloé, sa fidèle amie, qui lui a demandé :

Alors, cest quand la pendaison de crémaillère ? Tu mas promis une quiche maison !

Bientôt, a répondu Amandine. François dit quon finit avant Noël.

Noël est arrivé… et le salon résonnait des bruits de perceuse. Personne na été invité. On a mangé de la salade de pommes de terre à deux, sur la table protégée. Presque terminée, la cuisine, mais seulement presque.

François, lan prochain, on fait une vraie fête quand même ? a-t-elle proposé, versant le champagne.

Bien sûr, dis-je. Quand jaurai terminé le plafond, posé le parquet, on invitera tout le monde.

Le plafond du salon fut achevé en mars. Sauf quentre temps, javais repéré quil fallait reprendre la plomberie de la salle de bain : lartisan sétait planté, et ça me hantait. Puis, il y eut la fenêtre du balcon à refaire, la mousse expansive ayant mal pris, laissant un jeu de trois millimètres.

Mon mari fait la guerre aux trois millimètres, plaisantait Amandine à ses copines.

À force, ça sest prêté à rire. Moi aussi, parfois.

Le parquet fut posé en mai, à la belle saison. Elle maidait, passait laspirateur, me tendait les outils. Je travaillais, absorbé, vérifiant chaque planche au niveau et à la règle laser. Parfois, je démontais ce que je venais de fixer, la jonction nétant pas parfaite.

Mais ça ne se voit même pas, François, ma-t-elle dit un jour.

Moi, je le vois, ai-je répondu, sans relever la tête.

Cela la stoppée net, je lai senti. Pas vexée, juste stoppée.

En juin, parquet terminé. Superbe vraiment du chêne clair, une géométrie parfaite. Amandine la caressé de la main, en avouant :

Cest très beau.

Il manque juste la couche de vernis. Jai choisi un allemand, résistant, le top.

Tu le poses quand ?

La semaine prochaine.

La semaine suivante, jai constaté que la plinthe de langle bougeait dun demi-millimètre. Le vernis attendrait encore.

Cest ce même mois que Chloé a invité Amandine boire un thé sur la terrasse dun café. Amandine na rien répondu à la question : « Quand est-ce que je peux venir chez toi ? »

Bientôt, a-t-elle vaguement dit.

Quelque chose ne va pas ?

Non Cest juste Jai limpression quil ne finira jamais. Comme sil ne voulait pas finir. Tant quil y a des travaux, il y a une raison. Pour ne pas inviter. Pour ne pas installer les meubles. Pour ne pas vivre tout à fait.

Tu lui en as parlé ?

Oui, mais il me dit chaque fois « encore un petit effort et tout sera parfait ». Mais moi, je veux juste rentrer chez moi.

À la maison, ce même soir, je lui ai montré une infinité déchantillons de blanc pour les murs. Tous si proches, et pourtant si différents à la lumière du jour, expliquais-je. Mais elle avait juste lair fatigué.

Honnêtement, François, moi, ça mest égal.

Ce fut pour moi une étrangeté. Comment cela peut-il lui être égal ? Cest notre vie ici, tout de même ! Mais elle semblait ailleurs. Lassée. Elle ma demandé de choisir. Jai choisi, encore une fois. Toujours moi.

Peu à peu, je me suis rendu compte que mon avis comptait de plus en plus, le sien de moins en moins. Pas par volonté consciente, juste une pente douce : si elle exprimait un goût, je lécrasais darguments objectifs. Elle a cessé de dire « jaime bien ». Pour quoi faire ?

À lautomne de la deuxième année, mon vieux pote Valentin est passé par Nantes, de passage. Il voulait loger une nuit. Jai refusé : trop de bazar, ai-je inventé.

Dans la chambre, il ny avait plus le moindre chantier. Juste un lit, une armoire montée depuis huit mois. Mais jai eu honte : cétait pas « prêt ». Jen ai fait une affaire de principe, menti sans raison. Valentin a dormi à lhôtel.

Amandine na rien dit, mais je sentais quune fissure sétait creusée.

Cet hiver-là, sa mère est tombée malade. Rien de grave, mais Amandine laidait, parfois dormait chez elle. Je ne my suis pas opposé. Au fond, jétais surtout absorbé par la réfection de lencadrement du balcon.

Une fois, elle est rentrée plus tôt et ma trouvé accroupi, loupe à la main, examinant la jonction de la plinthe.

Quest-ce qui ne va pas ? demanda-t-elle, en enlevant son manteau.

Il y a un écart, répondis-je.

Tu as mangé ce soir ?

Je crois, ce matin peut-être.

Elle fit cuire des coquillettes, un œuf. Je mangeai en silence face à elle, au-dessus du catalogue de poignées de portes.

François, raconte-moi un truc. Pas sur les travaux. Un vrai truc de ta journée. Nimporte quoi.

Je nai rien su répondre. Ma vie se résumait à ces fichues finitions.

Après son départ, je me suis allongé en pensant à un autre moi, celui qui me racontait jadis les constellations, sur les routes de Bretagne. Où a-t-il disparu ?

Après trois ans, elle ne disait plus à ses amies « bientôt fini ». Ce nétait plus vrai. Les imperfections venaient relancer la boucle, sans contenu, année après année.

Elle sétait acheté une petite lampe de chevet à abat-jour en tissu. Elle voulait lire. Jai proposé les spots intégrés. Quand ? Plus tard, toujours plus tard.

Sa lampe changea de place sur le sol, dans le placard, puis elle la remit sur sa table malgré moi. Victoire minuscule, tragédie minuscule : dans un vrai foyer, ce nest ni lun ni lautre. Juste une lampe.

Au printemps, elle est partie quatre jours avec Chloé, dans un petit hôtel près de la mer. Elle est revenue différente. Apaisée, ébranlée.

Je vis dans un musée, murmura-t-elle un soir. Un musée parfait, mais mort.

Je ne savais que répondre. Psychologue ? Elle refusa. « Tu penses que ça sarrête au bricolage… »

Elle disait avoir besoin dair, dimperfections, de vraie vie. Dun couvre-lit fleuri, de lumière naturelle, de la forêt humide par la fenêtre ouverte.

À son retour, je lui ai fièrement montré la niche refaite dans la salle de bain. Tout était symétrique, ajusté. Elle ma regardé, a dit « Bravo », puis sest couchée.

Le dimanche daprès, je nai pas vu lheure passer à la cave. Je nai pas entendu lappel pour dîner. En sortant, la table était débarrassée, elle déjà en train de lire.

François tu es heureux ?

Pause.

Je crois, oui

Tu en es sûr ?

Pourquoi tu demandes ça ?

Parce quà chaque fois que je ten parle, tu me réponds « laisse-moi finir le cellier, après le balcon, ensuite ce sera vraiment fini ». Tu comprends que cest ta réponse à ma question sur le bonheur ?

Elle a fermé son livre, puis souhaité bonne nuit.

Je me suis alors souvenu de tout, au petit matin, en posant la tasse sur le rebord. Jai compris : il fallait un geste pour faire sortir ce « stop ».

Amandine a rangé ses affaires, sèchement, sans pleurs. Elle a pris ses livres préférés, ses cosmétiques, la lampe, ses papiers, la recharge du téléphone, et le petit cactus Paul. Moi, la présence dune plante ne me dérangeait pas : Paul ne laissait pas de traces.

Jétais debout, dans la porte de la chambre.

Amandine

Quoi ?

On peut parler ?

De quoi ?

De ce que tu fais là

Tu sais très bien.

Non, je ne comprends pas

À ce moment, je lai vraiment vue. Défaite, lasse et décidée. Depuis longtemps, je navais pas croisé ce regard-là chez elle.

François, on vit ici depuis trois ans.

Oui.

Et il ny a jamais eu un seul vrai dîner entre amis, pas une seule fois.

Mais lappartement nétait pas

Il ne sera jamais « fini ». Et tu le sais. Tu trouveras toujours un défaut. Cest bien ta nature. Mais moi, je nen peux plus. Vivre dans un chantier permanent, jen ai assez.

Bientôt

Non, cétait doux, mais ferme. Ce nest pas une question de temps, cest que je nai jamais eu le sentiment dhabiter ici. Jétais linvitée de ton chantier. Je marchais prudemment, rangeais mes affaires, taisais mes goûts, minterdisais dinviter. Je veux vivre maintenant. Avec des rayures au sol, des traces sur les rebords, des amis à table le dimanche, des manteaux sur les chaises. Tout ce quil y a dans une maison vivante. Et la nôtre, ça na jamais été ça.

Long silence.

Où tu vas ? a-t-il soufflé.

Chez maman. Pour linstant.

Et tu restes longtemps ?

Je ne sais pas.

Elle a refermé sa valise, pris Paul. Je lai regardée passer, descendre, prenant soin de ne pas abîmer le beau parquet.

Amandine

Oui ?

Je… Je ne pensais pas que cétait à ce point.

Si. Tu le savais.

La porte sest fermée en douceur. Comme tout, ici.

Je suis resté là, perdu, longtemps. Je me suis assis sur le canapé trois mois pour choisir le tissu, solide, qui ne peluche pas. Jai regardé autour. Tout était parfait : murs couleur crème, parquet sans faille, plafond tendu, rangements rationnels et sobres. La lumière venait de la bonne façon, sans créer dombre déplacée. La salle de bain dignement carrelée. Tout pour la vie rêvée.

Mais rien ne vibrait.

Sur les étagères, il restait quelques livres delle. Je ne me souvenais plus de la dernière fois où elle avait lu là, assise dans la lumière. Ni même de la dernière fois où elle avait ri.

Jai erré, la tasse encore sur le rebord. Il ny avait aucune trace, le thé froid depuis longtemps. Je lai lavée, essuyée, rangée.

Au lit, pour la première fois, tout habillé. Le plafond au-dessus de moi impeccable et mort.

Trois jours durant, jai tourné en rond, rien fait de concret. Au travail, jai inversé des plans, colères, excuses.

Au bout de trois jours, je lui ai écrit :

« Amandine, tu as un moment pour parler ? »

Une heure après, elle répondait : « Daccord ».

Jai appelé.

Salut, ai-je dit.

Salut.

Comment ça va ?

Bien chez maman.

Silence. Je nai jamais su commencer ces conversations, cétait toujours son domaine.

Jai beaucoup pensé

Jai deviné.

Tu sais, je crois que je suis passé à côté de quelque chose dimportant. Jai confondu le but et le moyen. Lappartement devait être un support à la vie, pas la finalité.

Elle sest tue.

Jaimerais que tu reviennes.

Long moment, puis sa voix :

Cest gentil. Mais je peux pas promettre.

Je veux quon essaie différemment. Je sais pas si jy arriverai. Mais je veux essayer.

Tu comprends que « essayer » ne suffit pas ?

Oui.

Que je peux pas reprendre comme avant ?

Oui Enfin, je crois. Mais… propose-moi du concret.

Jai réfléchi. Jai proposé un vrai rendez-vous, au-dehors : « On se voit en ville ? »

Au café, nous avons commandé deux expressos, assis sur des chaises bringuebalantes. Elle portait sa parka beige, fatiguée mais posée.

On a parlé de tout, puis elle ma demandé :

Est-ce que tu es daccord, dabord, de ne rien bricoler pendant un mois ?

Oui.

Ensuite, dimanche prochain, on invite Chloé et Pierre. On dresse la table, on mange, on rit, dans létat actuel. Promis.

Promis.

Enfin, si tu recommences à transformer chaque éraflure en drame, je te le dirai, et il faudra entendre.

Daccord.

Elle ma regardé longuement, comme pour vérifier si cétait faisable.

Daccord, a-t-elle fini par dire.

On est rentrés ensemble, à pied sous la pluie fine, sans se toucher, mais proches. Elle avait Paul dans la poche, moi son sac à la main. Devant limmeuble, elle a souri : « Belle façade »

Dans lascenseur, je nai rien dit. Elle a re-déposé Paul sur le rebord, sans dessous-de-pot.

Je nai rien dit non plus.

Elle est allée préparer le thé, la routine revenue avec une paisible banalité.

Sur la bibliothèque, le petit cœur en verre orange, tordu, quelle aimait tant, nétait pas à sa « bonne » place. Je ne lai pas déplacé.

Dimanche est venu. Chloé a débarqué, Pierre avec une bouteille de Bordeaux, Amandine a cuisiné un bœuf bourguignon promis il y a trois ans. Jai installé la table au salon. Les assiettes nétaient pas alignées. Jai failli rectifier, puis me suis retenu.

Le dîner fut joyeux, un peu bruyant. Pierre a renversé son vin, tache rouge sur la nappe. Mon cœur sest serré, jai regardé Amandine : elle m’a souri. Jai tamponné la tâche, simple, sans rien ajouter.

Après, on a traîné. En rangeant, jai dit :

La tâche partira.

Ou pas, a-t-elle répondu.

Tant pis.

Elle a souri. On a fini la vaisselle en silence, mais paisible. Dans le salon, restaient encore les tasses sur la nappe, la tâche de vin, le cœur en verre, Paul sur la fenêtre.

Ce soir-là, jai remarqué : elle avait ri, vraiment deux fois. Comme avant.

En passant, elle ma dit : « Tu viens ? »

Oui, tout de suite.

Je suis resté seul un instant. Jai observé la pièce, le désordre, le cactus. Éteint la lumière.

Dans la chambre, elle lisait déjà. Sa lampe était là, douce, sur la table. Je regardais le plafond toujours parfait.

Amandine ?

Oui ?

Tu mentends quand je parle de joints ou de niveaux ?

Elle a reposé son livre.

Oui.

Tu penses à quoi là ?

Elle a réfléchi :

Je me dis que, dans ces moments-là, tu es loin.

Cest vrai.

Elle a repris sa lecture.

Jai repensé que trois ans, cest long, que tout nest plus pareil, même si on joint les fissures. Comme dans le plâtre : la fissure reste dessous.

En mendormant, jai songé quau matin je remettrais Paul sur un dessous-de-pot. Histoire de ne pas abîmer la laque.

Jai entrouvert les yeux.

Le plafond, impeccable.

À côté, Amandine tournait doucement une page.

Jai refermé les yeux. Paul attendrait demain matin.

Et moi, je crois, je vais essayer de vivre, même avec les traces.

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