Juste continuer à vivre
Marine, petite fille espiègle aux deux nattes ébouriffées, court sur la grande véranda ensoleillée de la maison de campagne familiale, en lisière de Dijon. Ses yeux pétillent de joie et ses joues rosissent à force de courir et rire. Lorsquelle aperçoit le meilleur ami de son frère, tranquillement en train de chausser ses baskets, elle sarrête net, le souffle court, puis se précipite vers lui.
Sans hésiter une seconde, Marine attrape la main du jeune homme de ses petits doigts chauds. Elle lève la tête vers lui, les yeux pleins dune affection sincère, et éclate dun rire cristallin:
Je ne te lâcherai jamais! Quand je serai grande, je tépouserai, cest promis! Mais tu dois mattendre!
Surpris, le jeune homme la regarde, ses sourcils se haussant dabord, puis son visage sadoucit en un tendre sourire. Il contemple cette tornade de joie, amusé et ému.
Je tattendrai, Marine, répond-il en plaisantant avec une tendresse contenue.
Il pose délicatement sa grande main sur sa tête, ébouriffant ses mèches soyeuses. Les nattes de Marine se désordonnent davantage, ce qui la fait plisser les yeux un instant avant de sourire encore plus fort, sans lâcher sa prise.
Mais dici là, continue-t-il, en se penchant pour se mettre à sa hauteur, il faut que tu sois sage, que tu travailles bien à lécole et que tu obéisses à tes parents. Pour être digne dêtre ma fiancée.
Sa voix na rien dautoritaire; elle est pleine de cette bienveillance que certains adultes gardent pour les enfants. Marine semble réfléchir sérieusement, puis hoche vigoureusement la tête, attachée à son rêve denfant:
Daccord! Je deviendrai la meilleure, tu verras!
Dehors, lair sent la chaleur et la liberté de lété. Leurs rires senvolent dans la lumière dorée comme les promesses naïves de lenfance, totalement convaincues que lavenir sera exactement comme elles limaginent
*****
Marine est assise dans sa chambre, feuilletant sans conviction son manuel de maths. Le soleil couchant laisse entrer une lumière orangée dans la maison désormais silencieuse. De lautre côté du couloir, elle capte la voix de son frère, Nicolas, qui discute au téléphone dun ton animé.
Elle se penche pour mieux entendre. Bientôt, le nom de Damien traverse la porte, et le cœur de Marine se met à tambouriner plus fort. Elle retient son souffle, attentive. Son frère évoque un rendez-vous, un salon de thé, son sourire Aucun doute: on parle de la nouvelle petite amie de Damien.
Sans même réfléchir, Marine bondit sur ses pieds et sapproche furtivement de la porte de la chambre de Nicolas. Collée à la surface froide, elle tente de saisir chaque mot. Un pincement déchirant serre son cœur, mais elle refuse de sy abandonner: Cest peut-être une erreur Cest sûrement rien sefforce-t-elle de croire.
Quand Nicolas sort enfin dans le couloir, Marine se redresse aussitôt, prise en flagrant délit.
Damien a une nouvelle copine? lance-t-elle brutalement, la voix tremblante malgré ses efforts pour paraître désinvolte.
Nicolas sarrête, la scrute longuement, puis soupire. Pas dirritation dans ses yeux, juste une lassitude pleine de compréhension fraternelle. Il sait depuis longtemps que sa sœur regarde son ami dun œil particulier, quelle sanime à la moindre allusion à Damien, quelle dévore en secret ses photos sur les réseaux sociaux.
Encore? soupire-t-il, appuyé à lembrasure de la porte. Marine, tu as seize ans. Tu devrais grandir un peu, non? Ce nest quun attachement de petite sœur.
Marine lève brusquement le menton; une flamme déterminée sallume dans ses yeux. Elle croise les bras, mimant la résistance bornée.
Jamais! proteste-t-elle vivement, ses boucles blondes volant autour de son visage. Tu ne comprends pas! Il va maimer, tu verras! Ce nest pas une amourette denfance, cest un vrai sentiment, cest tout!
Sa voix se fait ferme, presque provocatrice, mais au fond delle-même, elle voudrait sen convaincre vraiment. Elle repense aux regards furtifs de Damien, à ses rares sourires, à ses gestes maladroits: elle collectionne tous ces souvenirs, espérant quun jour ils deviendront réciproques.
Nicolas se tait, ne sachant comment la raisonner. Il voit la conviction dans ses yeux, sent la tension dans ses lèvres et comprend aussitôt: aucun argument rationnel ne suffira. Pour Marine, cette naïve passion nest plus un simple caprice; cest devenu le centre de son univers
*****
Un rayon de soleil traverse les rideaux et réchauffe la chambre de sa pâleur dorée. Marine déboule dans le séjour comme portée par le vent, le visage si lumineux quil semble effacer la grisaille du matin. Ses yeux brillent, son large sourire plisse ses joues.
Haletante après avoir gravi lescalier, elle bondit auprès de son frère qui, attablé devant son café, fait défiler les actualités sur sa tablette.
Il ma demandé dêtre sa copine! lâche-t-elle, bousculée par lenthousiasme. Sa voix tinte comme une clochette, ses mains se serrent sur la table pour canaliser lémotion. Tu te rends compte? Il ma offert un coffret à bijoux gravé pour mon anniversaire, et il ma dit quil pouvait enfin avouer ce quil ressentait Maintenant que jai dix-huit ans, Damien maime!
Elle ne tient plus en place, ramène nerveusement une mèche derrière son oreille, cherchant à sassurer que sa coiffure na pas souffert du tumulte. Joie pure et fulgurante irradient toute la pièce.
Nicolas lève les yeux de sa tablette, puis pose sa tasse avec lenteur. Son sourire na rien de forcé; il attendait ce moment depuis longtemps, pour sa sœur mais aussi pour son meilleur ami. Les six derniers mois, Damien ne parlait que delle, glanant des informations sur ce quelle aime, sur ses sorties, sattardant à rêver de projets communs.
Elle est extraordinaire, répétait-il, les yeux vagues, belle, intelligente, gentille Jai hâte quelle ait dix-huit ans. Tu men voudrais si on se mettait ensemble?
Nicolas répondait toujours la même chose: Si elle est heureuse avec toi, alors tu as ma bénédiction. Il navait jamais eu à douter de la sincérité et de la loyauté de Damien. En voyant la joie de Marine, il est persuadé quelle a fait le bon choix.
Eh bien, félicitations, souffle Nicolas en la serrant dans ses bras. Je suis sincèrement content pour vous deux.
Marine se blottit contre son frère, lincroyable réalité lui donnant presque le vertige. Le monde semble devenu plus lumineux, enveloppé de bonheur. Dans un coin de la pièce, on entend le doux ronronnement du vieux chat, couché sur le rebord de la fenêtre, comme un accompagnement dissimulé au nouvel élan de leur vie
******
Marine seffondre sur une chaise de plastique, quelque part dans un couloir froid de lhôpital de Dijon. Les murs ont la couleur fade de la résignation, la lumière est grise. Tout dans ce décor dégage une impression dattente morne. Marine regarde droit devant elle, immobile; son regard va au-delà du lino, des médecins pressés, des silhouettes inconnues. Elle nest déjà plus là.
Ses mains sont inertes, sa robe froissée la gêne, ses cheveux dhabitude si soignés tombent sur ses épaules, emmêlés. On dirait une poupée brisée, privée de chaleur et dénergie. Les souvenirs dhier repassent en boucle: avec Damien, ils dessinaient encore les plans de la salle de mariage, discutaient des rubans pour la décoration, plaisantaient, projetaient Tout sest arrêté. Un chauffard, trois voitures détruites, tout sest effondré. Aucun survivant. Ni Damien, ni les deux autres passagers, ni lautomobiliste fautif. Une seconde: la vie a basculé, lavenir sest transformé en éclats.
Des pas résonnent à travers le couloir déserté. Nicolas arrive, livide, les yeux rougis par le manque de larmes. Il saccroupit doucement pour la prendre dans ses bras, ses gestes hésitent tant la douleur le submerge.
Marine? il murmure, de peur deffriter encore la fragile construction de la réalité. Ma Marine, parle-moi Je ten prie.
Elle tourne la tête, ses yeux vides mais dune profondeur qui lui brise le cœur. Elle le regarde comme si elle voyait à travers lui quelque chose dinaccessible, de perdu.
De quoi tu veux parler? dit-elle dune voix blanche, comme détachée de sa propre vie.
Nicolas tente de trouver les mots qui ne blessent pas.
Ce que tu veux. Dis-toi ce que tu ressens Laisse sortir ta peine, sil te plaît! Pleure, Marine. Ne reste pas enfermée.
Marine hoche la tête, sans parvenir à verser une seule larme. Elle contemple ses mains sans comprendre pourquoi elles ne tremblent pas.
Je ne peux pas, murmure-t-elle enfin, les épaules effondrées et la voix dune douceur sinistre. Les larmes ne viennent pas. Je nai plus envie de vivre non plus.
Un silence lourd sabat sur le couloir. Nicolas ferme les yeux: il ne doit pas craquer. Dans ce désarroi, il doit rester là pour elle, devenir ce roc inébranlable dont elle a désespérément besoin.
À partir de là, Marine senferme dans un mutisme total. Nicolas tente de la ramener à la réalité, lui parle, la touche doucement, mais rien ny fait. Les médecins passent, vérifient son état, sans résultat. Elle reste assise, la tête dans le vide, comme si le monde entier nexistait plus.
Un infirmier, bouleversé, finit par lui faire une injection: la torpeur lenvahit peu à peu, rendant son corps lourd, ses pensées floues. Elle sombre dans un sommeil angoissé, sans répit, sans paix.
À son réveil, Marine nest plus à lhôpital mais dans sa chambre à elle, à Dijon. Elle reconnaît la photo sur la table de nuit, la bibliothèque, les rideaux fleuris tout lui paraît à la fois familier et étranger.
Tournant la tête, elle aperçoit Nicolas, assis sur le canapé, lair épuisé, mal rasé, les yeux rougis. Sa mère, revenant précipitamment dun déplacement professionnel, murmure quelques mots. Son visage est creusé par la fatigue, mais sa voix se veut rassurante.
jai peur pour elle, souffle Nicolas, pensant que Marine dort encore. Depuis quelle est petite, il ny a que lui qui comptait, personne dautre. Comment va-t-elle sen sortir?
Le temps apaise tout, tente la mère, sans réelle conviction. Elle sait que Marine vivait pour Damien, son rire, sa voix, leurs rêves. Toute sa vie était tissée de ce fil. On sera là pour elle, ajoute-t-elle, plus déterminée, tentant de se convaincre elle-même.
Marine les écoute, mais reste immobile, incapable de réagir. Elle feint de dormir, submergée par le vide intérieur. Les mots de réconfort ne la touchent plus; toute douleur semble avoir gelé, inerte en elle.
Nicolas sattarde quelques minutes, puis quitte la pièce, lair grave. La mère sassoit à son chevet, caresse distraitement la main de sa fille, espérant transmettre un peu de sa propre force. Un silence douloureux se pose sur eux, scandé parfois par le tic-tac de lhorloge, par la respiration difficile de Marine
*****
Neuf jours. Quarante jours. Le temps ne sétire même plus, il simmobilise, poisseux. Marine ne quitte presque plus le rebord de la fenêtre de sa chambre, les genoux repliés contre son torse, le regard vide tourné vers la petite cour déserte.
Son regard accroche le vieux banc sous lérable du jardin. Cest là, une soirée de septembre, que Damien avait posé un genou au sol, balbutiant, tremblant, incapable de terminer ses phrases, lanneau glissant des doigts, et elle qui avait ri, acceptant à linstant, avant même quil ait pu finir. Elle se souvient de tout.
Aujourdhui, le banc na plus de sens. Larbre a perdu ses feuilles, la cour sest vidée lhiver sest imposé sans quelle y prête attention. Pour elle, le temps sest figé au moment précis où on lui a annoncé laccident.
Marine, viens manger un peu? demande doucement sa mère, sapprochant avec précaution, une main posée sur son épaule. Ses doigts sont froids, comme si la tristesse lhabitait également.
Je nai pas faim, murmure Marine, sans détourner le regard. Sa voix, dune neutralité parfaite, fait mal à entendre.
Tu dois manger, sa mère essaie de rester ferme, mais sa voix tremble. Tu nas rien avalé hier non plus. Il faut que tu reprennes des forces.
Pour qui? tourne-t-elle enfin la tête vers elle, son regard toujours aussi vide. Je ne dois rien à personne.
Un instant, la mère semble ébranlée, sans réponse. Elle souffle, baisse les épaules, séclipse. Impuissante.
Au seuil de la porte, elle jette un dernier regard à sa fille, qui sest de nouveau enfouie dans sa mutisme, puis elle séloigne. Dans le couloir, Nicolas lattend, et dun regard, il montre quil a tout vu, tout entendu.
Jai parlé au médecin, murmure la mère, tordant son tablier. Il nous faut vraiment de laide. On ny arrivera pas seuls.
Nicolas hoche la tête. Il le sait depuis longtemps, mais ladmettre le déchire. Voir Marine comme ça, comme lombre delle-même, cest insupportable. Il se raidit pour ne pas céder à la colère contre la cruauté du sort.
Jappelle le docteur Simon, tranche-t-il. Elle avait dit quelle nous aiderait si ça empirait.
Sa mère acquiesce, le regard perdu vers la chambre où Marine est figée, faisant désormais partie du paysage immobile.
La nuit tombée, la lune éclaire la chambre dune pâleur glacée. Usée, Marine quitte enfin son poste à la fenêtre. Ses membres sont lourds, chaque geste lépuise. Elle senroule dans la couette, ferme les yeux, priant que le sommeil vienne sans douleur. Mais le rêve prend une toute autre forme.
Elle voit Damien, là, devant elle, comme vivant. Il sourit, porte son pull gris préféré, mais son visage est grave.
Marine, dit-il, sa voix forte et claire. Regarde-toi. Quest-ce que tu fais là?
Elle voudrait répondre, mais les mots restent coincés.
Tu tes vue? Tu ne peux pas continuer comme ça.
Marine tente de le toucher son image seffrite dans lair.
Je ne peux pas vivre sans toi souffle-t-elle, de larmes brûlant ses joues.
Tu peux, répond-il avec fermeté. Tu as toujours été forte. Tu dois vivre, comprends? Continuer à avancer.
Il sapproche, effleure sa joue de sa main chaude, ou du moins en a-t-elle limpression.
Il y a tant à vivre devant toi. Il y aura des jours lumineux, dautres plus durs Cest la vie. Tu ne dois pas renoncer. Je ne tabandonne pas. Je serai là, là-haut, parmi les étoiles. Et si tu as besoin de moi, tu nas quà mappeler. Jentendrai.
Elle sanglote, désirant le retenir, mais déjà son image sévanouit.
Ne ten va pas! supplie-t-elle. Je ten prie!
Il nest déjà plus là, seul un mot persiste, semblable à une brise:
Vis, Marine. Promets-le-moi.
Elle ouvre les yeux dun coup; la chambre est la même, la lune froide sur le sol, la couette mouillée de larmes, un tumulte démotions la submerge.
Alors Marine hurle, un cri déchirant la nuit. Ses parents et Nicolas accourent aussitôt.
Ma chérie, quest-ce quil se passe? sinquiète sa mère en lentourant de ses bras.
Tu as mal? Où? interroge Nicolas, désemparé.
Mais Marine seffondre sans pouvoir parler, secouée de sanglots. Lombre de Damien, ses paroles, son regard aimant, tout lui revient.
Promets-moi, résonne encore sa voix en elle.
Entre deux hoquets, elle murmure:
Je te le promets
Sa mère la serre fort, la berce comme un bébé, Nicolas pose la main sur son épaule. Aucun mot ne peut soulager la souffrance, mais ils sont là, simplement.
Marine, le visage collé contre sa mère, se demande comment vivre maintenant. Comment respirer, manger, sourire? Mais quelque part, une pensée fragile naît en elle: sil croit en elle, sil lui demande de vivre alors elle doit essayer, rien que pour lui.
*****
Un soir gris, la famille se retrouve dans le salon. Le thé posé sur la table refroidit, personne na vraiment la tête à ça. Mais une décision doit être prise.
Je pense quon devrait déménager, dit doucement Nicolas, en fixant Marine. Ici, chaque rue est un souvenir, chaque pas un retour à la douleur.
Marine, repliée dans un fauteuil, écoute. Elle ne contredit pas, regarde le rideau de pluie brouiller la vue sur les façades familières. Son visage est pâle, mais la torpeur de ces derniers jours semble salléger.
Ce sera plus facile ailleurs, renchérit la mère en lui touchant la main. Tout recommencer, retrouver un peu dair, de nouveaux repères.
Marine tourne doucement la tête. Sa voix est basse, mais vivante:
Où ça?
Jai une piste à Lyon, répond Nicolas. Un ami veut maider à minstaller, jaurai un poste là-bas. On prendra un appartement en attendant.
Sa mère opine:
Tu trouveras bien luniversité qui te plaît aussi. On arrangera tout. Ce qui compte, cest que tu te sentes mieux.
Marine réfléchit. Les scènes dautrefois défilent: rires avec Damien sur le banc sous la fenêtre, promenades main dans la main, bouquets de pivoines devant le lycée. Tout, ici, porte la marque de son amour disparu.
Daccord. On part, souffle-t-elle enfin.
Ces mots lui coûtent énormément; ils sont mêlés dangoisse et despoir. Mais pour la première fois depuis des semaines, cest elle qui prend une décision.
Les semaines suivantes sont consacrées aux préparatifs, cartons, tris, souvenirs difficiles à emballer. Marine reste à lécart, observant sa famille sactiver, tenant parfois dans ses mains une gourmandise, un ticket de cinéma, un dessin de Damien, comme un trésor égaré.
Le jour du départ, elle sarrête sur le balcon, jetant un dernier regard à la cour silencieuse. La nostalgie la serre, mais elle refuse de sombrer. Tu peux y arriver. Tu le dois.
Lyon les accueille sous un ciel lourd. Le nouvel appartement est lumineux. Marine contemple la rue inconnue, les visages hâtifs, le tumulte citadin. Tout est différent, mais tout est possible. Ici, aucune mémoire ne la blesse: cest une page blanche.
Les premiers jours sont difficiles. Marine se réveille souvent avec limpression dêtre étrangère à sa propre existence. Elle pleure parfois la nuit, rêve de Damien qui la réconforte.
Peu à peu, pourtant, elle découvre des petits riens: des tulipes dans un square voisin, un café où un serveur se souvient de son prénom, un sourire chez la boulangère. Des détails minuscules, mais essentiels.
Elle noubliera jamais Damien, jamais. Mais elle comprend peu à peu: continuer à vivre, ce nest pas renier son amour. Cest honorer sa promesse, respecter sa volonté.
Marine suit des cours, aide sa mère, marche avec Nicolas dans les rues de Lyon. Chaque jour reste un défi, mais chaque éclat de nouveauté est une victoire. Au fond delle, une certitude fragile éclot: il veille sur elle.
Et il est fier delle.
Car elle tient bon.
Parce quelle vit.