Scandale dans la maison des Duval
Cest la fin du monde ! seffondra Lydia Duval, coinçant son mouchoir immaculé au coin de lœil, avec un soupir tellement dramatique quÉtienne, son mari, se leva de son fauteuil, tout affolé.
Ma petite Lydie, quoi donc ? Tes gouttes ?!
Oh, laisse tomber tes gouttes, Étienne ! Tu comprends donc rien ?! Cest la honte ! La honte ! Notre famille est la risée de tout le quartier ! Regarde-la ! Même pas un brin de repentir !
Lunique héritière de la grande famille Duval ne ressemblait en rien à une pécheresse rongée par les remords. Point de cendre sur les cheveux ni de perles de larmes fumant du mascara, mains en prière. Non, rien à signaler.
Élisabeth Duval, jambes interminables et divinement allongées sur la rambarde de la terrasse jambes officiellement déclarées « réplique exacte » de celles de feu mamie Mireille, étoile de lOpéra de Paris dégustait des cerises tout en bombant le torse. Elle choisissait une cerise sur le grand plateau en faïence posé devant elle, la portait à la bouche, puis envoyait la noyau valser dans les bégonias avec une précision olympique. De quoi donner une attaque à sa mère à chaque projectile.
Élisabeth ! Ça suffit tout de suite ! On doit avoir une discussion sérieuse et toi tu tu
Lydia fit claquer ses mains dindignation et fila prendre ses fameuses gouttes homéopathiques.
Lise, ma chérie, tu plaisantes jespère ? Étienne, optimiste comme jamais, lança un regard désespéré à sa fille avant daller consoler madame.
Pas du tout, papa ! Cest sérieux. Et si tu peux transmettre à maman que ses mariages arrangés, cest non davance. Je népouserai JAMAIS Maxime, faut pas rêver.
Tu vas lui briser le cœur !
Nexagère pas, papa !
Tu ne veux pas y réfléchir encore ?
Non. Jai déjà décliné loffre, cet après-midi même. On a discuté, cest réglé. Si tu nas pas compris la première fois : non, il ny aura PAS de mariage.
Malheur à moi
Des gémissements théâtraux en provenance du salon précipitèrent Étienne auprès de son épouse, tandis que Lise piochait une nouvelle cerise, imperturbable.
Mais mon Dieu, quest-ce que je vais dire aux amis ?! Cest la catastrophe ! Le restaurant est réservé, les invitations sont envoyées !
Maman, je tavais dit de ne pas les envoyer ! chanta Lise sans lever la voix. Tu tes emballée, maintenant tu assumes !
Mais cest dur, ça ! Jai voulu bien faire !
Et cest raté. Comme toujours, hein, maman ? ironisa Lise en sétirant. Figure-toi que, manque de bol, jai mes propres projets de vie, tu vois le souci ?
Élisabeth ! la voix de Lydia faillit se briser, terminant sur un énième sanglot. Comment oses-tu ?
Oh, trois fois rien, tinquiète ! Lise se leva, empila les tasses froides et, pour clouer le bec maternel, ajouta nonchalamment : Je maîtrise le lavage de trois tasses, tu sais. Même sans en casser une.
La cuisine avala Lise, laissant Lydia repasser en mode tragédienne.
Une copie de ta mère, je te jure ! lança-t-elle, exaspérée, à son mari. Les mêmes manières, exactement ! Mais quelle punition divine ai-je mérité là ?
Sa belle-mère, la fameuse Régine Duval, ex-première dame du ballet et star des dîners en ville, Lydia, ne lavait jamais vraiment digérée. Elle sétait mariée ni trop jeune ni ingénue, bourrée de certitudes et de convictions que la belle-doche se devait de respecter. Ce que Régine, philosophe, nenvisageait pas une seconde : pas question de changer sa façon dêtre sous prétexte que quelquun de neuf débarquait dans la maison.
Lydie, chérie, sympa ton parfum ! murmurait-elle sans détour à son oreille, se pinçant le nez en douce.
Cest mes nouveaux effluves ! levait les sourcils Lydia, piquée dans son orgueil. Ça vous gêne ?
Pas mauvais, mais pas la peine de vider tout le flacon à chaque passage. Une goutte sur le poignet, ça suffisait.
Lydia, qui effectivement exagérait côté fragrances, en boudait pendant des jours.
Mais quest-ce que je lui ai fait, à celle-là ? gémissait-elle à Étienne. Pourquoi elle me cherche ?
Lydie, maman est comme ça avec tout le monde. Cest sa signature.
Eh bien quelle la change, sinon je men occupe ! Et arrête de mappeler chérie !
Inutile de dire que Régine ne risquait pas damender son style. Ses petites piques et remarques à lacide étaient légendaires. Cela fit naître quelques tiraillements familiaux et même une vague fraîcheur entre Étienne et sa mère Jusquà ce quun soir, au théâtre, Lydia se fasse complimenter (ou pas) :
Oh Lydia, tu es devenue une vraie dame ! Leffet Régine, sans aucun doute ! Quelle allure ! Cest formidable, cette copie conforme !
Comparée à sa belle-mère, Lydia crut sétrangler dindignation avant de rougir de fierté. Après tout, Régine incarnait le chic à la française. Lydia, femme avisée, comprit vite la leçon et décida de garder ses distances, polie mais sur ses gardes. À la naissance de Lise, tout sadoucit. Régine la vénérait déjà ; vieille lionne mondaine reconvertie en mamie gâteau, elle soccupa de sa petite-fille avec bonheur dès que cela était possible.
Dans cette noble maison des Duval, chacun exerçait un métier artistique, sauf Lydia, héroïque dentiste. La paix régna Lise grandit chouchoutée, dorlotée. Son père et sa grand-mère la gâtaient sans retenue, Lydia restait la sévère du lot, mais ne rêvait que dune chose : une belle vie pour sa fille, meilleure que la sienne.
Sur son passé, Lydia avait fait une croix. Même Étienne nen connaissait que la version allégée. Il comprit rapidement quil ne valait mieux pas fouiller, et elle lui en savait gré. Coupant tout lien avec ses souvenirs, Lydia sétait enfermée dans le présent.
Sa propre mère restait taboue. Les raisons étaient lourdes. Elle se souvenait juste du médaillon autour de son cou, renfermant la photo dun petit garçon frisé, son fils disparu alors quil navait que deux ans. Lhistoire ? Confiée à sa grand-mère qui était partie acheter du lait en laissant les fenêtres grandes ouvertes par canicule un drame, un accident bête, la tragédie, bref. Lydia ne sen remit jamais.
Après le drame, son mariage vola en éclats aussi vite quun miroir lors dune brise dhiver : chacun suivit son chemin après trois ans de vie commune sans miracle, pas même celui dun bébé. Lydia emballa sa vie dans une valise et partit de Lyon, sa ville de jeunesse, ne se sentant plus que lombre delle-même.
Jusquau jour où Étienne déboula dans son cabinet, une joue gonflée à faire pâlir un hamster.
Cest douloureux depuis longtemps ?
Une semaine Je crève, docteur.
Mais pourquoi attendre comme un enfant, franchement ? Un adulte comme vous qui pige rien, ça me dépasse ! lui lança Lydia, sans filoutage.
Vous avez raison, je suis perdu lui répondit-il en esquissant un sourire daventurier, malgré la douleur.
Lydia fut troublée ; elle mélangea même ses instruments, sacrilège. Étienne en profita pour détourner pudiquement le regard. Les gestes de Lydia, pour la première fois depuis laccident, retrouvèrent leur douceur.
Plus dun an, Étienne la raccompagna chaque soir. Silence dor, regards en coin : le roman de leur histoire sécrivait sans mots. Quand il demanda sa main, elle hésita.
Je suis bien avec toi Mais suis-je capable de te rendre heureux ?
Pourquoi en doutes-tu ?
Je ne veux pas denfants.
Pourquoi ?
Je te le dirai, mais pas en détails, séclaircit Lydia. Pondère, réfléchis. Prends conseil chez ta mère. On dirait que tu lui fais confiance
Mais Étienne, déjà grand garçon, préféra éviter les avis maternels. Régine, elle, nétait pas du genre à fourrer son grain de sel dans toutes les histoires de cœur, sauf peut-être beaucoup plus tard, pour le plaisir. Elle plaisantait dailleurs qu’à la retraite, elle était devenue impossible, ce qui, pour une étoile du ballet, voulait surtout dire des petits drames joués devant la cheminée.
Étienne raconta néanmoins tout à Régine, qui écouta son café à la main, cigarette équilibrée au bord dune assiette en porcelaine fine. À la fin de son récit, elle lui demanda :
Tu laimes ?
Oui.
Alors arrête de gamberger. Lamour, mon fils, cest le seul vrai trésor. Peu importe le prix, cest jamais assez cher. Et figure-toi quun vrai trésor, ça pèse lourd. Tu croiras pas en avoir la force, et pourtant cest tout ce qui te porte.
Tu crois ?
Jen suis sûre.
Ainsi fut scellée lapprobation maternelle. Étienne présenta Lydia à Régine, qui lui offrit la joue pour un baiser, puis lemmena choisir une robe chez sa couturière attitrée. Peu après, elle confia à Lydia une petite boîte à bijoux ayant appartenu au grand-père Duval :
Voici les joyaux de la famille, Lydia.
Ah non, il nen est pas question !
Il en est précisément question. Tes des nôtres, je tinterdis de ne pas les porter. Mais avec classe, hein, pas façon Bourse au marché !
Quoi, encore ?
Ma grand-mère disait : Faire son marché en diamants, cest dun mauvais goût ! Sauf aux Puces de Saint-Ouen, là cest permis, histoire de rendre jalouses les poissonnières. Enfin, sois maligne !
Et Lydia, à sa grande surprise, se surprit à rire chose quelle croyait oubliée.
Régine léduqua, Lydia râla mais au fond était reconnaissante. À lannonce de sa grossesse, sans surprise, cest Régine à qui Lydia confia la primeur :
Tas une mine verdâtre. Tu couves quoi, Lydia ? hasarda Régine, revenue dune croisière en compagnie dun nouvel amour.
Étienne absent, Régine questionna et Lydia fila senfermer dans la salle de bains. Régine fit le calcul rapide.
Tu vas accoucher chez Sophie, la meilleure obstétricienne de Paris, point. Tas peur ?
Je ne sais pas si je tiendrai.
Lydia, fais pas la bécasse : remercies-en qui tu veux, mais vas-y ! Tant que je pourrai veiller sur vous, je le ferai. Capiche ?
Oui Merci
Garde donc tes remerciements pour plus tard, quand je serai une vieille peau insupportable ! Daccord ?
Oui
Voilà, parfait !
Élisabeth Duval naquit pile au rendez-vous, tonitruante et parfaitement en forme. Régine la réceptionna à la maternité, repliant la dentelle du lange, avant de sexclamer :
Une fabrication maison de haute qualité, Lydia ! Bravo !
Pour Lydia, Régine se transforma en fée du logis : la star du ballet troquait ses manteaux hors de prix pour attraper bassines deau savonneuse et décrasser les langes de la petite à lancienne. Ensuite, elle lavait, chantonnait des berceuses et bécotait les pieds roses de sa petite-fille comme une grand-mère toute classique :
Mon trésor ! Ma merveille ! Pourvu que tu sois toujours en bonne santé !
Les chamailleries furent vite oubliées.
Lydia eut enfin sa sérénité : une famille, une maison, une paix relative.
Bien sûr, elle noubliait jamais son petit Paul, et Étienne, deux fois par an, lamenait discrètement à Lyon, mais elle nentrait jamais en ville ni ne retrouvait sa mère juste un court pèlerinage à la périphérie, en apnée, le temps de repartir.
Rien ne changea, jusquau jour où Lise, dix ans, et Lydia reçut une lettre de sa propre mère.
Régine fut la seule à laquelle Lydia confia ce bout de papier angoissant.
Vas-y. Oublier, tu ny arriveras pas. Pardonner, peut-être pas non plus. Mais cest ta mère. Rappelle-toi tout le bon davant. On est tous humains, on fait tous des bêtises, parfois irréparables. Moi, toi Cest dur, Lydia. Mais ce nest pas elle qui a besoin de ce face-à-face, cest toi. Sinon tu traîneras la peur toute ta vie. Et Lise ten voudra tôt ou tard. Je te soutiendrai, quoi que tu décides. Réfléchis.
Le lendemain, Lydia embrassa Étienne, confia Lise à Régine et partit pour Lyon.
Lentretien fut bref. Sa mère, à moitié consciente, eut juste le temps de lui serrer la main et murmurer : « Pardon. »
Quelques jours plus tard, de retour à Paris, Régine laccueillit avec un sobre :
Bravo. Fallait le faire.
La paix, enfin ? Pas tout à fait. Lydia continuait de vivre dans une angoisse poisseuse, rationnelle ou non, au point quÉtienne sinquiéta franchement :
Tu surprotèges Lise, ma Lydie. Elle a besoin damis, dair, de loisir. Papa, maman, mamie, ça ne suffit plus à son âge.
Je ne comprends pas
Arrête de la surveiller dix fois par jour, chérie. Redonne-lui un peu de liberté.
Toi, tes bien tranquille pour en parler ! Si quelque chose arrivait ?! Je ne tiendrais pas… Pas encore une fois !
Pourquoi une perte ? Pourquoi ce scénario catastrophe ?!
Parce que rien nest certain ! Tout peut basculer dun coup ! Et ensuite on fait quoi ? On se mord les doigts ? On sombre ? Super solution !
Étienne jeta léponge. Il adorait sa femme, mais là, elle empoisonnait la vie de toute la famille.
Cest encore Régine qui débloqua la situation.
Inscrivez Lise à la danse.
Sérieusement, maman ? Déjà les cours, les ateliers, les leçons de piano
On zappe tout ça ! Place à la danse, mais en duo.
Cest si crucial ?
Absolument.
Daccord, tenté pour la nouveauté !
Cest ainsi que Lise découvrit les joies du cha-cha et… Maxime.
Lui, rondouillard et maladroit, trimballé à la salle de danse par sa grand-mère, forma, à la surprise générale, un duo avec la nouvelle.
Quils sentraînent, va. Il faut bien quils soccupent, même si ça promet rien ! ricanaient les profs, loin de deviner que Lise nétait pas née pour jouer les potiches sur le banc.
Trois ans plus tard, premier trophée, puis avalanches de concours. Maxime, désormais grand et élégant, passait son temps à toiser son ex-toute-petite partenaire. Même les juges étaient convaincus quils filaient le parfait amour.
Lise samusait à brouiller les pistes, tout en ignorant que Lydia, de son côté, planifiait activement son avenir.
Elle lapprit juste après le bac :
Ça y est, jai choisi. Jirai en médecine.
Lise, élève brillante, avait pris le temps de peser chaque voie. Mais voilà que Lydia souriait dun air suspect.
Ma chérie, on sétait fait dautres idées pour toi, tu sais.
Ah bon ? Jai dit autre chose ?!
Tu nes pas bavarde, mais jai causé avec les parents de Maxime.
Et ?
Il nous reste trois mois pour nous organiser. Un mariage en automne, quelle merveille ! Je vais parler à ta grand-mère, elle saura dégoter une salle de rêve grâce à ses relations.
Un mariage ? Lise plissa les yeux Et qui se marie ? Maxime ?
Quelle question ! Bien sûr ! Vous êtes une si belle paire, sur scène comme dans la vie ! Nest-ce pas fabuleux ?
Tu as songé à me demander mon avis, au moins ?
Il me semblait que tout était décidé, chérie.
Ne mappelle pas chérie ! coupa Lise, cinglante.
Elle attrapa son sac, claqua la porte et fila chez sa grand-mère.
Régine, lapidaire :
Quespérais-tu ? Lise nest pas une poupée que tu habilles et envoies à la mairie. Tu as oublié avec qui tu as affaire, ma pauvre !
Cest ma fille ! Je veux son bonheur ! Maxime laime !
Mais elle ? Son opinion ne compte donc pas ?
Je sais bien mieux quelle ce qui est bon ! Elle est perdue !
Mais non. Elle veut être chirurgienne. Cest noble, non ? Quest-ce qui te gêne ?
Tout ! Daccord pour les études Mais quelle se marie dabord ! Je dormirai mieux !
Et en quoi cela te calmerait, franchement ?
Elle aura un mari, un protecteur ! Maxime est adorable. Depuis quils dansent ensemble, je dors tranquille en sachant quelle sera entre de bonnes mains.
Je comprends ton souci, admit Régine , mais je ne comprends pas ton obstination à lui bâtir une prison dorée. Ce serait ta décision, pas la sienne. Tu le sais bien.
Cette discussion est vaine. Le mariage aura lieu.
On verra bien ! persifla Régine. Tu ignores un brin la trempe de ta fille.
Lise ne tarda pas à prouver quelle en avait, de la trempe : elle sinstalla chez sa grand-mère, vexant prodigieusement sa mère qui, par orgueil, coupa totalement les ponts, manquant même lannonce de son admission brillante à la fac, que seul Étienne put lui rapporter.
Lydie, tu ne crois pas quil est temps de faire la paix ? Mieux vaut pleurer dans les bras dune fille vivante et en bonne santé que sur son oreiller la nuit ! Pourquoi continuer comme ça ? Jétais hier chez elles. Lise a pris de tes nouvelles. Elle sinquiète, tu sais.
Forcément ! Ben voyons ! Comme si ça la touchait vraiment !
Lydie ! Étienne, cette fois, haussa le ton. Cest trop ! Ta fille, cest toi en version jeune ! Tu as tant espéré sa venue, tu voulais le bonheur Quest-ce qui tarrive pour la repousser ainsi ? Je te vois souffrir ! Dis-moi pourquoi ! Je ne comprends pas !
Mais moi non plus je ne comprends pas ! sécria Lydia. Je ne sais pas quoi faire ! Je me suis embrouillée, je ne sais plus revenir en arrière Je Étienne, tu as raison, je ne respire plus sans elle Cest lobscurité, comme autrefois, après Paul
Arrête, Lydia ! Étienne la secoua gentiment. Lise est VIVANTE ! Elle tattend ! Va la voir ! Et cesse de croire que tout dépend de toi dans cette vie ! Lâche un peu prise ! Quelle vive, pas quelle soit ta rose de cristal sous cloche et cadenas !
Le sermon dÉtienne ou le sens de lamour maternel, allez savoir, mais Lydia suivit ses conseils.
Réconciliation eu lieu. Ce qui sest dit dans la chambre de Régine, nul ne le saura jamais ; juste des traces de larmes et de baisers qui trahissaient le retour de la complicité.
Mais le sort, jamais rassasié, décida que cet équilibre méritait bien un nouveau rebondissement.
Élisabeth Duval, en salle durgence, on a un appendicite qui vient darriver !
Parfait, enfin non, mauvais choix de mots ! Jarrive, jarrive !
Lise termina son café, sétira et se dirigea vers le bloc. Son service touchait à sa fin, pas question de bouder la moindre opération.
Toi ?!
Moi, Maxime tenta un sourire avant de grimacer de douleur.
Eh bien, tu me fais confiance ?
À toi ? Allez, quand tu veux !
Même sans testament, ni larmes, ni drame ?
Lise, tu es bête !
Plus quil ne faut
Trois ans plus tard, Lise poussera le portillon du jardin familial, déposera son fils sur le sentier menant à la porte :
Allez ! Montre à mamie comme tu cavales ! Maman, vite, attrape-le !
Le petit Paulon sélancera en riant dans les bras ouverts de sa grand-mère.
Mon trésor en or ! Comme je suis heureuse de te voir !
Bonjour maman ! Mamie est là ?
Ah, bien sûr ! Lydia enlace son petit-fils avec entrain Partie à Biarritz ! Nouveau coup de foudre !
Mamie, quelle star ! Qui est-ce ?
Un peintre, je crois. Ou sculpteur Enfin, tu lui demanderas toi-même quand elle reviendra ! Et Maxime ?
Gare la voiture.
Parfait ! Le rôti est prêt, papa sort la tarte du four. Filez vous laver les mains, à table ! Moi, jendors Paulon et jarrive.
Tu parles ! Tu finiras à chanter près de lui pendant des heures !
Et alors ? Lydia sourit, embrassant son trésor.
Cest parfait maman !