Écoute un peu ce qui sest passé chez les Delacroix, tu vas rire ou peut-être pleurer, va savoir.
Cest la fin ! soupire dramatiquement Anne-Claire en tapotant le coin de son œil avec son mouchoir dun blanc immaculé. Le soupir est tellement poignant que son mari, Gérard, sursaute.
Anne-Claire, quoi ? Tes gouttes ?
Laisse donc tes histoires de gouttes tranquilles, Gérard ! Tu ne comprends pas ? Quelle honte, mais quelle honte ! Toute la famille Delacroix est couverte dopprobre ! Regarde-la donc. Même pas un remord, aucune honte !
Et tu sais qui attire tous les regards cest la petite dernière, lunique héritière de la dynastie. Chloé Delacroix. Pas un cheveu en bataille, pas lombre dune larme, rien du tout. Même pas la posture de la pécheresse repentante.
Chloé est installée sur le balcon, jambes étendues et superbes (daprès Anne-Claire, elle a exactement les jambes de feu sa grand-mère, étoile du ballet à lOpéra Garnier véridique), en train de croquer des cerises. Elle en prend une sur le grand plat en faïence peint, la porte à ses lèvres, puis dun geste précis, envoie le noyau dans les massifs. À chaque fois, la mère pousse un petit cri de désespoir.
Chloé ! Arrête immédiatement ! Quest-ce donc que tu te permets ? On a une conversation sérieuse et toi, tu tu
Anne-Claire se lamente, secoue les bras et séclipse, histoire de prendre ses fameuses « gouttes ».
Chloé, ma chérie, tu plaisantes au moins ? Gérard la regarde avec cette lueur despoir, avant de suivre sa femme.
Non, papa. Je ne plaisante pas. Et sil te plaît, fais passer le message à maman : toutes ses tentatives de poursuivre ce mariage arrangé sont vouées à léchec. Je népouserai pas Mathieu, quelle ne se fasse pas dillusions.
Tu vas lui briser le cœur, tu ten rends compte ?
Arrête le drame, papa.
Tu ne veux pas y réfléchir encore ?
Jai déjà dit non. On a discuté aujourdhui, et cest réglé. Si tu nas pas compris la première fois, je te le répète : pas de mariage.
Un sanglot fuse du salon, Gérard accourt, et Chloé reprend une cerise, tranquille.
Mon Dieu, comment vais-je annoncer ça à tout le monde ?! Catastrophe ! Le restaurant est réservé, les invitations envoyées !
Maman, je ne tai jamais demandé de les envoyer, fredonne Chloé. Fallait réfléchir avant, maintenant, tu assumes.
Cest cruel, Chloé ! Je voulais ton bonheur pourtant !
Eh bien voilà, maman, comme toujours ! Je trace ma propre route, et cest difficile à accepter, hein ?
Chloé ! Anne-Claire repart en sanglots. Tu exagères !
Je ne fais rien dextraordinaire, maman, dit Chloé en ramassant les tasses de thé froid. Je sais ce que tu vas dire, allez, je peux laver trois tasses sans les casser.
Et Chloé file à la cuisine, tandis quAnne-Claire range son mouchoir.
Elle a le caractère de ta mère balance Anne-Claire à Gérard, effondrée. La même intonation ! Quest-ce que jai fait au bon Dieu ?
La belle-mère, linoubliable Geneviève, Anne-Claire ne pouvait pas la sentir au début. Marie pas vraiment jeune, elle pensait avoir assez de sagesse pour se faire respecter. Hélas, Geneviève nentendait rien à changer son style simplement pour une nouvelle venue dans la famille.
Anne-Claire, chère, quel parfum ! minaude-t-elle en coinçant son nez dès quAnne-Claire entre dans la pièce.
Ce sont mes nouveaux parfums. Ça vous déplaît ?
Ce nest pas si mal, mais attention à ne pas finir le flacon dune traite. Un peu sur le poignet suffit !
Anne-Claire, qui a la main lourde sur le parfum, boude et se plaint à Gérard.
Pourquoi elle men veut comme ça ?
Maman est comme ça avec tout le monde, cest sa façon.
Quelle change de façon ou je ne réponds plus de rien ! Et arrête de mappeler “chérie” !
Bien entendu, Geneviève ne changera pas. Ses remarques, parfois cinglantes, tapent autant sur les nerfs dAnne-Claire que sur ceux de Gérard qui séloignera un temps de sa mère. Jusquau jour où, au théâtre, Anne-Claire reçoit un compliment ambigu :
Vous êtes devenue une vraie dame, Anne-Claire. Voilà linfluence de Geneviève ! Une sacrée personnalité, quelle classe ! Heureuse celle qui lui ressemble.
Comparer à Geneviève, bof, mais le compliment, ça lui plaît. Et oui, la grand-mère est vraiment lexemple du chic Anne-Claire retient ça, et laisse couler. Après la naissance de Chloé, tout sapaise. Geneviève adore sa petite-fille et vient aussi souvent que possible.
Dans cette famille plutôt artistique sauf Anne-Claire, dentiste tout roule. Chloé grandit entourée d’amour, choyée par sa grand-mère et son papa. Sa mère est stricte, mais veut juste quelle soit plus heureuse quelle ne la été.
Anne-Claire na jamais rien raconté sur son passé, pas même à Gérard, qui sait vaguement ce quil faut savoir mais ne demande pas de détails. À la maison, elle ne parle jamais de sa propre mère. Des raisons très graves, mais elle préfère ne pas remuer le passé. En pendentif, elle garde la photo dun petit garçon aux boucles brunes. Elle nouvre jamais le médaillon. Elle ne peut pas. Chloé ignore tout
Le drame dAnne-Claire ? Son fils, Paul, à deux ans. Confié à sa grand-mère, il senvole accident tragique. La perte la brise. Impossible manger, dormir, penser. Se reproche de navoir pas pris de congé, dêtre allée passer cet examen à la fac. Quand elle revient, sa vie sécroule.
Avec le père de Paul, un chercheur souvent en vadrouille, elle divorce vite. La vie en commun naurait tenu que sur un fil Elle referme la porte sur sa ville denfance, emportant juste une valise. Depuis le drame, elle se sent vieille, desséchée de lintérieur Comme si la douleur avait tout brûlé et quil ne resta que des cendres.
Et puis Gérard est entré dans sa vie.
Il débarque avec une rage de dents, la joue gonflée.
Ça fait longtemps ?
Une semaine
Franchement, à votre âge, il faut voir un dentiste plus tôt ! râle Anne-Claire.
Cest vrai, je ne comprends jamais rien Gérard sourit malgré la douleur.
Dans son sourire, un je-ne-sais-quoi qui la trouble, elle en oublie ses instruments, et elle rougit, chose assez rare pour elle. Gérard ferme presque les yeux pour ne pas trop la gêner.
Elle travaille, concentrée, et ses gestes se font plus doux, pour la première fois depuis la perte de Paul.
Un an durant, Gérard vient la chercher après le travail. Peur de mots inutiles mais ils se comprennent sans rien dire. Il lui propose le mariage, elle hésite.
Je suis bien avec toi, mais je doute de pouvoir te rendre heureux
Pourquoi ?
Je ne veux pas denfants.
Pourquoi ?
Je texpliquerai, mais sans les détails. Quand tu sauras tout, réfléchis. Si tu ne reviens pas demain, je comprendrai. Demande conseil à ta mère, tu ladores, pas vrai ?
Mais Gérard na jamais eu besoin de lavis de sa mère, qui nest pas du genre à simposer dans la vie de son fiston, sauf avec Anne-Claire, bien des années plus tard. Entre-temps, Geneviève tout en élégance, veuve et remariée puis redevenue célibataire, lui a dit toute la vérité.
Tu laimes ?
Oui.
Alors, ne tattarde pas. Lamour, cest un trésor rare. Quel que soit le prix, ce sera toujours peu. Et sache quil peut peser lourd, si vrai quon croit ne pas le porter. Mais crois-moi, on trouve la force.
Tu crois ?
Jen suis sûre.
Gérard présente Anne-Claire à Geneviève, qui offre une boîte à bijoux ayant appartenu à son propre grand-père.
Tiens, ce sont les joyaux des Delacroix.
Oh non, vraiment, cest trop !
Si, tu fais partie de la famille maintenant. Tu prendras ce que tu veux, mais sache que ce ne sont pas des bibelots. Il faut savoir les porter à bon escient.
Comment ça ?
Ma grand-mère disait : afficher ses diamants au marché, cest le comble du mauvais goût. Sauf à Marseille, là-bas cest permis, histoire de rendre folles les poissonnières de jalousie !
Anne-Claire, à sa grande surprise, retrouve le sourire.
Geneviève la forme, Anne-Claire râle, mais au fond, lui est reconnaissante. Quand elle apprend sa grossesse, la première à qui elle lannonce, cest Geneviève, pas Gérard.
Tu as mauvaise mine, Anne-Claire, tu as un souci ? débarque la belle-mère, revenue dun voyage.
Gérard nest pas là, et après mille questions, Anne-Claire file senfermer aux toilettes. Belle-maman en déduit la bonne nouvelle.
Tu accoucheras chez Sophie, cest la meilleure. Je peux te la confier, pas de souci. Pourquoi tu as peur ?
Je ne sais pas si je vais tenir
Anne-Claire, je ne vais pas tourner autour du pot. Ne fais pas lidiote ! Remercie le ciel et vas-y. Je ne te lâcherai pas une seconde, crois-moi !
Merci
Mets tes mercis de côté. Quand je deviendrai une vieille emmerdeuse, tu me le ressortiras.
Chloé Delacroix est née, pile à lheure, avec des cris à réveiller tout le 15ème. Geneviève laccueille en riant :
Travail dorfèvre, Anne-Claire !
Et elle tient parole. Personne de plus dévouée. Quimporte la réputation de reine de la mode de Paris, elle arrive, enlève sa fourrure, attrape la bassine, prépare leau savonneuse on dit que cest mieux que la lessive et frotte les langes. Ensuite, elle savonne Chloé, croque ses petits pieds roses et sextasie :
Mon trésor, ma merveille ! Que tu sois toujours en bonne santé !
Disputes oubliées, la paix règne.
Anne-Claire trouve enfin ce quelle cherche : foyer, famille, tranquillité ou à peu près.
Paul ? Bien sûr quelle ne loublie jamais. Deux fois par an, Gérard lemmène sur la tombe, mais jamais elle ne sest résolue à repasser à Lyon, ni à revoir sa mère. Ils logent dans un petit hôtel en banlieue. Anne-Claire compte les minutes, hâte de repartir.
Jusquau jour où Chloé fête ses dix ans, et quAnne-Claire reçoit une lettre de sa propre mère.
Seule Geneviève lit ce mot, car Anne-Claire le lui confie, en quête de conseil.
Vas-y. Tu noublieras pas, tu ne pardonneras sans doute pas non plus. Mais cest ta mère. Replonge dans tes souvenirs denfant. Il y a forcément du bon. Parle à limage de ta maman davant, quand tu étais petite comme Chloé. Ne crois pas que nous sommes infaillibles, nous faisons tous des erreurs, parfois irrémédiables. Toi, moi, tout le monde Je ne te demande pas de tout pardonner sur-le-champ. Mais ce nest pas pour elle, cest pour toi que ce face-à-face compte. Sinon tu porteras ça toute ta vie. Et ça, ni toi, ni Chloé ne le méritez. Je pense à vous deux, pas à elle. Quoi que tu décides, je te soutiens. Réfléchis.
Le lendemain, Anne-Claire prend Chloé par la main, la confie à Geneviève, et part à Lyon.
Lentrevue avec sa mère dure à peine quelques minutes. Juste le temps dune pression de main : « Pardonne-moi ! »
Anne-Claire revient au bout de quelques jours, Geneviève lui rendant Chloé avec un franc sourire :
Tu as bien fait.
Tout semble en place, la paix enfin. Mais Anne-Claire narrive pas à profiter de ce calme. Les angoisses, les peurs, lempêchent davancer au point que Gérard sen inquiète.
Tu deviens trop protectrice avec Chloé, Anne-Claire. Elle grandit, elle a besoin damis, de loisirs, de sa vie autour delle. Nous et Geneviève, cest génial, mais il faut quelle vole de ses propres ailes.
Tu veux quoi, au juste ?
Que tu cesses de surveiller tous ses faits et gestes. Un peu despace lui ferait du bien.
Ah tu trouves ?! Facile à dire, cest pas ta fille ! Ça test bien égal ?
Mais enfin, quest-ce que tu racontes ?
Ce que je constate ! Chloé nest quune enfant ! Il peut tout arriver ! Je ne survivrais pas à une autre perte ! Tu comprends ça ?!
Mais il ny a pas de raison quil arrive malheur !
Tout peut arriver, à tout instant ! Et là, quoi ? On regrette, on sombre ? À quoi bon ?!
Gérard est bluffé, il aime sa femme mais ne sait plus quoi faire face à cette angoisse qui pollue la maison.
Cest encore Geneviève qui sort la solution :
Mets Chloé à la danse.
Pourquoi donc ? Elle a déjà mille activités !
On laisse tout tomber, la danse, cest tout ce qui compte. En couple, si possible.
Sérieusement ?
Oui.
Daccord, je teste.
Voilà comment Chloé se retrouve à faire du rock acrobatique, et elle y rencontre Mathieu.
Un grand dadais tout gauche, amené par sa grand-mère également. Les profs les mettent ensemble : « On verra bien s’ils font quelque chose de leurs deux mains gauches »
Trois ans plus tard, premier trophée, puis ils squattent les championnats.
Mathieu sest transformé, Chloé est rayonnante, on les voit complices et tout le monde croit à une histoire damour.
Chloé, malicieuse, laisse planer le doute. Sans savoir que sa mère, elle, a déjà tout ficelé pour les années à venir.
Elle découvre les plans de sa mère à la remise du bac.
Ça y est, jai choisi. Je minscris en médecine.
Forte à lécole, Chloé a pris du temps pour réfléchir.
Ma chérie, nous pensions ah dautres projets pour toi Anne-Claire sourit, un sourire si forcé que Chloé frissonne.
Lesquels ? Jai dit quelque chose ?
Non, tu ne parles pas beaucoup. Mais jai discuté avec Mathieu et ses parents
Ben alors ?
On a trois mois pour tout organiser. Un mariage à lautomne, cest si beau ! Je vais demander à ta grand-mère, on trouvera un château ou quelque chose de fabuleux, elle a le carnet dadresses quil faut.
Un mariage ? Chloé plisse les yeux. Qui doit se marier ? Mathieu ?
Ma grande ! Évidemment, vous irez à merveille ensemble sur le parquet, et dans la vie ! Cest le rêve !
Tu ne penses pas demander mon avis ? balance Chloé, étranglée dironie.
Je croyais que tout était convenu, ma chérie.
Ne mappelle pas ma chérie ! lâche Chloé sèchement.
Elle attrape son sac et claque la porte. Ce soir-là, Anne-Claire découvre que sa fille a décidé daller vivre chez Geneviève.
Geneviève, elle, reste stoïque.
Qu’espérais-tu ? Chloé nest pas une poupée à marier ! Tu espérais quoi ? Juste lui enfiler une robe, un voile, et hop, devant le maire ? Tu es intelligente, Anne-Claire ! Je ne te reconnais plus !
Je veux juste son bonheur ! Mathieu laime !
Mais elle, elle laime ? Tu tes posé la question ?
Je sais ce qui est bon pour elle ! Elle ne sait pas ce quelle veut, cest tout !
Détrompe-toi. Chloé veut devenir chirurgienne. Plutôt noble comme ambition, non ? Quest-ce qui te gêne ?
Tout ! Quelle fasse ses études, daccord. Mais dabord, quelle se marie, comme ça je serai rassurée !
Rassurée comment ?
Si elle a un mari, elle sera protégée ! Mathieu est quelquun de bien, depuis quils dansent ensemble je dors la nuit, je sais quil veillera sur elle.
Que tu tinquiètes pour ta fille, je comprends Mais la mettre en cage, cest quoi cette idée ? Ce nest pas son choix, cest le tien !
Basta ! Il y aura un mariage.
On verra ça ! Geneviève ricane doucement. Tu ne connais pas vraiment ta fille.
Et en effet, Chloé prend son envol. Elle sinstalle chez sa grand-mère, froisse profondément sa mère. Anne-Claire ne répond plus au téléphone, ne vient plus la voir, et lorsquelle apprend par Gérard que Chloé a réussi son concours et entre bien en fac de médecine, elle reste de marbre.
Anne-Claire, franchement, il serait temps de calmer le jeu. Pleurer chaque nuit sur loreiller de ta fille, ce nest pas mieux que de lavoir, en chair et en os, vivante à tes côtés ! Pourquoi tu tinfliges ça ? Hier, chez elles, Chloé a demandé de tes nouvelles, inquiète pour toi.
Bien sûr Dis que je lui manque !
Anne-Claire ! et là, Gérard hausse la voix comme jamais. Ça va trop loin ! Tu voulais tellement cet enfant, ta chair, ton sang, et là tu lécartes, alors que tu laimes plus que tout ? Pourquoi souffrir comme ça ? Je ne comprends pas !
Mais moi non plus ! seffondre Anne-Claire. Jai tout gâché et je ne sais plus comment réparer. Tu avais raison. Je ne respire pas sans elle Cest une douleur immense, tout est noir comme à la mort de Paul
Stop ! Gérard la secoue. Chloé est là, vivante ! Elle tattend ! Allez, on y va.
Où ?
Je temmène chez elle et arrête de croire que tout repose sur toi ! Laisse ta fille sépanouir, ce nest pas une rose sous globe quon enferme avec des chaînes !
Est-ce la colère de Gérard, ou simplement la nécessité ? En tout cas, Anne-Claire écoute.
La réconciliation a lieu. On na jamais su ce que mère et fille se sont dit ce soir-là, dans la chambre de Geneviève, mais à la tête enfarinée et les yeux rouges, on sent bien qu’elles se sont comprises.
Mais la vie, tu le sais, nen reste pas là.
Alors que Chloé poursuit ses rêves avec détermination, la vie lui a réservé une surprise Un jour à lhôpital, la chef débarque :
Dr Delacroix, une urgence. Appendicite.
Jarrive, enfin, façon de parler
Chloé termine son café, sétire et file en salle dop.
Toi ?!
Oui Mathieu grimace sur la table dexamen.
Je prends soin de toi ?
Je te fais confiance !
Sans plainte, sans testament ?
Chloé, tes la meilleure !
Ça, on verra !
Et trois ans plus tard, Chloé pousse la grille de la maison familiale tenant par la main son fils.
Allez, montre à mamie comment tu cavales ! Maman, attrape-le !
Petit Paul, en hurlant de rire, court vers Anne-Claire qui ouvre ses bras.
Mon trésor ! Comme je suis heureuse de te voir !
Maman, salut ! Geneviève est là ?
Ah, non, figure-toi, elle est repartie sur la Côte dAzur. Un nouvel amoureux !
Super mamie ! Cest qui ?
Un artiste, je crois, sculpteur ou peintre, bref, tu la connais. Elle ten dira plus au retour. Et Mathieu ?
Il gare la voiture.
Parfait ! Le rôti est prêt, papa sort la tarte du four. Lavez-vous les mains, on passe à table ! Je couche Paul, puis jarrive.
Ah ça ! Tu vas encore rester chanter près de lui.
Et cest grave ? Anne-Claire embrasse son petit-fils.
Non, maman. Cest parfait, comme ça !