Quand la douleur parle
Ma chérie, Jeanne, je comprends tout, tu sais bien Mais nous navons pas le choix, il va falloir le faire. Nous navons pas dautre solution, nous serons obligées de vendre la maison. Après le partage, il ne restera assez dargent que pour un appartement dans un autre quartier. Moi aussi, jaurais préféré rester ici, mais ce nest pas possible. Camille tenait les mains de sa fille, essuyant tantôt ses propres larmes, tantôt celles de Jeanne.
Le changement leur coûtait terriblement.
Camille et son mari, François, avaient partagé près de dix-sept ans de vie commune. Ils avaient connu des hauts et des bas, certes, mais ils saimaient, et la moindre dispute ne durait jamais plus que quelques minutes, séteignant aussitôt. Camille, élevée par sa grand-mère, avait intégré dès lenfance la leçon principale que celle-ci avait cherché à lui transmettre à propos de la famille : « Il faut que la maison soit chaleureuse ! Que lhomme nait jamais envie daller chercher ailleurs, quil sache quici il sera compris, consolé, accepté. Que tout le monde sy sente bien : le mari, les enfants, les invités, même les animaux. Le bonheur pour tous, sans exception ! »
Petite, Camille hochait la tête sans comprendre, ressentant seulement que sa grand-mère voulait lui livrer le secret de sa propre vie, transmettre lexpérience de son foyer. Sa famille était exactement comme ça. Jusquau jour où son mari mourut en sauvant leur fils et leur belle-fille de la noyade, tout près de leur maison de campagne. Une rivière, bien calme en apparence, mais dont seuls les locaux connaissaient les dangers : tourbillons et remous traîtres, à éviter en dehors des endroits sûrs. Marie-Louise sétait beaucoup reproché de ne pas sêtre renseignée davantage, persuadée que si elle avait posé les bonnes questions aux voisins, ses enfants elle considérait vraiment sa belle-fille comme sa fille et son mari seraient encore vivants. Camille, des années durant, sétait efforcée de la rassurer en lui répétant quelle nétait coupable de rien, mais sa grand-mère navait jamais voulu lécouter.
Lorsque Marie-Louise sétait retrouvée seule avec sa petite-fille, elle avait relégué son chagrin au second plan, consciente quune fillette avait besoin de vivre, de joie plus que de deuil éternel. Elle ne se permettait de pleurer quà de rares occasions, lors des visites au cimetière, où elle se laissait aller à la peine accumulée depuis la dernière fois. Là, elle parlait longuement à ses chers disparus, lui racontait la vie de Camille, et promettait à chaque fois de tout faire pour que la petite soit heureuse.
Grâce à elle, Camille grandit dans un foyer doux et réconfortant, reçut une belle éducation, se maria, et Marie-Louise eut même le bonheur de bercer son arrière-petite-fille Jeanne, avant de s’éteindre, emportée par la maladie. Camille, orpheline et veuve, se retrouva alors sans plus de famille.
Ce nest quaprès que Camille comprit que sa grand-mère avait raison sur lessentiel du foyer, à savoir la chaleur et lharmonie, mais omettait tout de même certaines nuances. Le cocon familial, oui, mais pas à tout prix
Avec François, les occasions de vraies disputes avaient toujours été rares, et le plus souvent, il ny en avait quune, terriblement banale sa belle-mère.
Claire, la mère de François, était ce quon appelle une Maman avec un grand M. Pour elle, son opinion était la seule, comme une évidence.
François avait été son sixième enfant, mais le seul à avoir survécu. Toute la tendresse quelle put offrir, elle la prodigua à son fils unique.
Il laimait, sa mère, et cest sûrement pour cela quil ne parvenait pas à sopposer à elle, même sil essayait parfois, tout comme lavait tenté son père. Leur tactique, à lui et à son père, consistait à écouter sagement, hocher la tête, puis agir sans rien dire à leur façon.
Quand il rencontra Camille, François repoussa aussi longtemps que possible le moment fatidique de la présentation familiale, conscient de ce qui en découlerait. Avec la grand-mère de Camille, ce fut bien plus simple et précoce. Il nexpliqua ses raisons à Camille que lorsquelle, vexée, le confronta :
Tu me caches, ou quoi ? Je ne suis pas assez bien pour rencontrer tes parents ? François, pourquoi on parle déjà de mariage si ta famille ne sait même pas qui je suis ? Ta grand-mère, tu lui dis que je suis tout pour toi, tu fais des plans, tu minclus dans ta vie, et eux, jamais vus !
François soupira, embrassa sa fiancée :
Jai juste peur que tu tenfuies, cest tout.
Andouille ! Cest toi que jépouse, pas ta famille !
Quelle naïveté, avec du recul !
Claire, la future belle-mère, la jaugea du regard ce soir-là, haussa les épaules et demanda simplement :
Tes parents faisaient quoi ?
Maman enseignait à la fac de médecine, papa était médecin. Je ne les ai pas connus très longtemps, ils sont morts quand javais cinq ans. Cest ma grand-mère qui ma élevée.
Daccord !
Et puis, silence. Pas un mot de plus toute la soirée. Après quelques années, Camille adopta la même stratégie que son mari : la distance polie. Cela naidait pas grand-chose, mais elle navait pas la force de se battre à chaque repas. Voyant son mari pris entre deux feux, elle le supplia un jour de limiter les visites à lessentiel :
Pardon
Tout se compliqua davantage après le décès du père de François. Son cancer lemporta en un mois, et Claire fit bien comprendre à son fils quil devait soccuper delle désormais. François comprit parfaitement. Dès lors, il passait chaque soirée chez sa mère, ne rentrant que tard dans la nuit. Ce manège aurait continué si Jeanne, leur fille de trois ans, ne sétait rebellée et avait commencé à bouder son père, manifestant clairement son chagrin.
Elle souffre, François. Tu ne la vois quasiment plus, sauf les week-ends Camille comprenait que la situation pesait à son mari, mais il fallait agir avant que les liens père-fille ne prennent trop de distance.
La colère de Camille monta. Après tout, Claire était une femme adulte en parfaite santé, toujours active, allant souvent au théâtre ou à des vernissages, embarquant son fils avec elle. Quelle exige laide de François, passe encore, mais priver lenfant de son père ? Pour ses propres soirées vides, Camille aurait fait leffort encore un moment ; pour Jeanne, non.
François, il faut décider, tu es nécessaire à ton enfant. Et moi aussi jai besoin de toi. dit Camille en létreignant. Tu me manques
Il y eut un affrontement, puis François réussit à imposer de ne voir sa mère que deux fois par semaine. Avec le temps, Claire fit mine de sy résigner.
Un jour, alors que Jeanne était encore petite, son institutrice leur demanda de représenter leur famille sous forme de personnages de conte de fées. Les enfants pouvaient finir le dessin chez eux. Après le dîner, Jeanne se mit à la tâche, sérieuse, la langue sortie de concentration. Quand Camille, ayant fini la vaisselle, jeta un œil sur le cahier à dessins, elle sexclama et appela François :
Viens voir, François, tu vas rire !
François, découvrant le dessin, seffondra sur le canapé, plié de rire. Jeanne, vexée, ne comprenait pas ce qui les faisait tant rigoler, alors quelle sétait donné du mal et éclata en sanglots :
Vous êtes méchants ! Je me suis appliquée !
Pourtant, elle narrivait pas à voir ce qui clochait. Son père était dessiné en preux chevalier, sa mère en fée, son grand-père en druide des bois, son arrière-grand-mère en pommier porteur de pommes dor, et sa grand-mère Claire, majestueuse dragon à trois têtes ! Les flammes quelle aurait voulu lui faire cracher étaient bâclées, son crayon jaune ayant lâché au plus mauvais moment. Elle en aurait parlé à sa mère si celle-ci ne lavait pas déjà surprise.
Jeanne naimait pas sa grand-mère Claire. Aux rares occasions où celle-ci passait la porte, la fillette aurait voulu la chasser et fermer à clé derrière elle. Impossible pour elle de comprendre les tensions entre adultes, mais elle sentait avec sa sensibilité infaillible denfant que Claire rejetait sa mère, cherchait à la blesser par petites piques. Toujours polie, jamais de dispute, mais maman pleurait invariablement après le départ de Claire. Jeanne avait même un jour tenté de repousser sa grand-mère hors de la maison ; son père lavait empêchée.
Votre fille est extrêmement mal élevée, François ! Enfin, pouvais-je mattendre à autre chose ?! Ce soir-là, Claire fit un véritable scandale.
Claire cessa peu à peu de venir, même pour les fêtes. Son fils jugea que cétait mieux ainsi. On allait désormais rendre visite à Claire chez elle, rarement, et Jeanne cherchait toujours un prétexte pour ne pas y aller. Plus elle grandissait, plus la présence intransigeante de sa grand-mère la glaçait. Elle se sentit réellement étouffée, surtout après la disparition de son père.
François eut une crise cardiaque, foudroyante, au bureau. Il avait quarante-quatre ans.
Cest au travail que Camille reçut lappel. Sous le choc, elle sévanouit, sécroulant tout contre la vitrine de bijoux, brisant la devanture, affolant toutes ses employées. Elles appelèrent les secours, puis, en lattendant, lui retirèrent les éclats de verre des cheveux, lui faisant boire de la tisane.
Le temps sarrêta. Camille nétait plus que lombre delle-même. Elle narrivait pas à se rassembler, incapable de faire quoi que ce soit. Les amis de François prirent tout en main. Elle ne sut longtemps qui avait fait quoi, juste que Jeanne fut nourrie, la maison en ordre, et quon lui glissait une tasse de thé ou de bouillon dans la main, quelle reposait aussitôt pleine.
Deux semaines après les funérailles, Camille fit un rêve.
Mamie ! Mon Dieu, que tu mas manqué ! cria Camille en tentant dembrasser Marie-Louise, qui ne se laissa pas faire et la regarda durement.
Mais quest-ce que tu fais ?
Quoi, mamie ?
Où est Jeanne ?
Comment ça ? Elle doit dormir, dans sa chambre
Viens ! Toujours hors datteinte, Marie-Louise emmena Camille dans la chambre de Jeanne :
Tu dis quelle dort ? La petite, roulée en boule sous sa couette, pleurait. Camille, réveille-toi !
Sursautant, Camille ouvrit les yeux. Un instant, elle crut rêver encore, car le sanglot de sa fille résonnait dans la maison. Lorsquelle comprit, elle bondit.
Ma douce, ne pleure pas ! Camille se coucha près de Jeanne, lenlaçant. Je suis là, je serai toujours là !
Jeanne, tremblante, se blottit contre elle.
« Merci, mamie Comment ai-je pu oublier ? Tu ne mas jamais laissée, jamais Je te promets Je me reprends »
Au matin, Camille se leva discrètement. Jeanne fut éveillée par lodeur des crêpes dorées et la vanille, qui embaumait toute la maison. Emmitouflée, elle arriva à la cuisine.
Maman ?
Bonjour ma chérie ! Camille se retourna ; Jeanne constata quelle narborait plus le foulard noir quelle gardait même la nuit. Va te laver, on déjeune, puis je temmène à lécole.
Cest déjà lheure ?
Oui, mon cœur. Papa taurait voulu heureuse, entourée de joie. Il taimait tant Un sanglot étrangla Camille mais elle reprit vite le dessus. Et il maimait aussi. Puisquil le voulait, alors il en sera ainsi. Allez, prépare-toi sinon je vais être en retard au travail.
Ils reprirent petit à petit leur routine. Camille reprit le travail, Jeanne alla à lécole, mais désormais, elle veillait davantage sur sa mère, rangeant la maison ou préparant un petit repas.
Quelques mois plus tard, Jeanne reçut sa carte didentité, quelles fêtèrent en achetant un gâteau.
Regarde, papa ! Je suis grande, maintenant ! Jeanne agita son document devant le portrait de François dans le salon. Tu dirais que je reste une petite fille
Camille étreignit sa fille en silence.
Une semaine plus tard, Claire débarquait chez elles en soirée.
Bonsoir Camille ! Nous devons parler.
Elles ne sétaient pas vues depuis lenterrement. Ce jour-là, Claire était venue, sétait penchée vers sa belle-fille et avait murmuré :
Cest ta faute ! Sans toi, il serait encore là ! Toujours à réclamer, à exiger, voilà pourquoi il est parti si vite Cest ta faute !
Denis, lami de François, avait pris Camille par le bras pour lemmener dehors alors quelle seffondrait :
Nécoute pas ça, Camille. Personne ne choisit. Cest la vie qui décide, rien dautre. François vous aimait plus que tout
Camille fondit en larmes sur son épaule, épuisée.
Assise à la table de la cuisine ce soir-là, Claire affichait un air fermé, plus fatigué quaccusateur, les traits tirés, les mains tremblantes posées sur la table.
Du thé ?
Non merci ! Je suis venue pour discuter de la maison.
Camille crut mal entendre.
Pardon ?
Cette maison, elle lavait faite construire avec François, suivie le chantier enceinte de Jeanne, surveillant de près les ouvriers et chaque détail, au point dagacer François qui plaisantait toujours.
Le souvenir de leur installation était gravé à tout jamais.
Chérie, ces rideaux sont aussi roses que les précédents, non ?
Pas du tout ! Regarde la nuance.
Leur complicité lemportait toujours.
Et voilà quon lui demandait de partir.
Je ne te laisserai pas faire ! Claire maîtrisa enfin sa colère et posa calmement les mains sur la table. Tu vas devoir vendre. Jexige ma part.
Quelle part ?
Celle qui me revient par la loi. Tu me donneras chaque euro.
Jeanne, entrée à limproviste, balbutia :
Pars ! La petite, debout sur le seuil, les poings serrés.
Quoi ?
Jai dit : pars ! Et ne reviens jamais.
Quel manque de respect ! Jaurais dû my attendre ! Qui ta ainsi élevée ?
Mon père ! répondit Jeanne, la voix vibrante.
Ce serait plutôt ta mère
Ne dites plus jamais de mal de ma mère ! Vous croyez que je ne comprends rien parce que je suis une enfant ? Jai tout compris. Partez, et ne revenez plus.
Camille, enfin, enlaça sa fille et lemmena hors de la cuisine.
Merci, ma chérie. Va dans ta chambre, je gère.
Jeanne repartit. Camille respira profondément avant de revenir à la cuisine.
Cest ça, tu montes la petite contre moi ! Cest révoltant !
Je nai rien fait, cest votre attitude qui parle pour vous.
Claire sapprêta à riposter, mais Camille larrêta, sèchement, pour la première fois :
Ça suffit ! Jeanne a raison. Vous nêtes pas la bienvenue ici. Jirai voir un notaire, vous toucherez ce qui vous revient. Après, plus de contact.
Ne rêve pas ! prononça Claire.
Je ne rêve pas. Je vais le faire. Vous me faites pitié Sa voix se radoucit alors, elle eut soudain de la peine pour cette femme vidée par la douleur. Vous resterez seule
Ce ne sont pas tes affaires ! sexclama Claire, attrapant son sac, quittant la maison précipitamment.
Jeanne, ayant tout entendu, entra dans la cuisine, y retrouva sa mère, la tête dans les bras.
Maman ?
Oui, ma belle…
Est-ce quon doit vraiment partir ?
Je ne sais pas. On verra. Mais pourquoi es-tu rentrée si tôt ? Tu avais encore deux heures de cours, tu ne mas pas prévenue ?
Le cours de maths a été annulé, et cest la maman de Lucas qui ma ramenée. Je ne voulais pas tennuyer.
Daccord Tu as beaucoup de devoirs ?
Leur conversation reprit son cours, lorage passé.
Maman, pourquoi les gens ne saiment pas ? Pourquoi sont-ils parfois si méchants entre eux ?
Assises sur le canapé, serrées lune contre lautre, elles regardaient un film sans vraiment le suivre, simplement pour être ensemble et discuter.
Il y a tant de raisons, tu penses à ta grand-mère ?
Oui. Pourquoi elle te rejette, pourquoi elle ne maime pas non plus ?
Moi, je comprends pourquoi. Je ne lui plaisais pas dès le début, je ne pouvais pas
Pourquoi ?
Elle a toujours cru que je venais lui prendre son fils.
Et cétait vrai ?
Non, voyons. Je voulais juste fonder une famille. Je ne prenais rien, jajoutais Toi. Jespérais même donner plus. Les parents veulent souvent des petits-enfants.
Mais elle ne voulait pas de moi non plus ?
Pas tout à fait. Elle était heureuse à ta naissance. Attends Camille quitta la pièce et revint avec un bonnet brodé et un plaid crocheté. Elle a fait ça pour toi.
Jeanne les manipula, fascinée.
Cest magnifique Elle a mis des heures, tu as vu le détail ? Elle sest appliquée Cest impossible de fabriquer pareille merveille sans amour, tu comprends ? On ne crée ça que lorsquon attend un bébé avec bonheur.
Jeanne réfléchissait.
Pourquoi alors tant de froideur aujourdhui ?
Je ne sais pas Cest la solitude, la douleur. On ne sen sort pas toujours ; la tristesse vous engloutit, on voit tout en noir. Ne lui en veux pas. Ce quelle fait en ce moment cest la douleur qui parle. Aie de la compassion. Nous, au moins, nous sommes ensemble, elle na plus personne.
Jeanne caressa le plaid doucement.
Le lendemain, Camille appela Denis qui lui recommanda un notaire. Après rendez-vous, elle comprit quelle allait devoir vendre la maison, faute de moyens. Toutes leurs économies y étaient passées.
Discutant avec Jeanne le soir, elle se mit à chercher un logement plus petit.
Mais Jeanne avait son propre plan. Le matin, elle fit semblant de partir à lécole et prit le chemin de chez sa grand-mère.
Que fais-tu ici ? demanda Claire, ouvrant la porte.
En silence, Jeanne lui tendit le bonnet et la couverture.
Quest-ce que cest ? La voix de Claire vacilla à peine.
Cest magnifique. Je sais que tu las fait pour moi.
Entre
Le soir venu, Jeanne rejoignit Camille, absorbée par des annonces immobilières.
Maman !
Mmm ? Camille, plongée dans lécran.
On ne va pas déménager.
Pardon ?
Jai dit : on ne partira pas. Jai parlé avec grand-mère.
Tu as fait quoi ?
Je suis allée la voir et jai discuté. Elle va renoncer à sa part.
Je ne comprends pas
Je lui ai expliqué que je ne voulais pas quelle reste seule. Je lui ai dit quelle pouvait soit rester campée sur sa décision, et alors je naurais plus de grand-mère, ou bien elle accepte de nous laisser la maison et on pourra se retrouver de temps en temps.
Et alors ?
Eh bien Jeanne déposa un paquet devant Camille.
Camille louvrit et sexclama :
Cest splendide !
Oui. Je porterai cette robe à mon bal de fin dannée, elle mira parfaitement.
Une robe longue, en fine dentelle, semblait tissée de flocons de neige. Camille, ébahie, reconnu le travail dune dentellière hors pair.
Jeanne, sais-tu combien de temps il a fallu pour créer ça ?
Oui, maman Je le sais. Elle a beaucoup de chagrin, elle te regrette, elle regrette papa. Elle a pleuré, maman.
Elle a pleuré ? Claire ?
Oui
Camille, émue, neut aucun mot. Le silence prit place, jusquà ce que retentisse le téléphone qui chargeait dans le salon.
Allô, Claire ?
Bonjour Camille. Jeanne ta dit pour notre conversation ?
Elle vient de tout me raconter.
Tu sais donc que je renonce à la maison.
Merci, et aussi pour la robe. Cest magnifique. Vous avez des mains en or.
Nexagère pas ! Demain, rendez-vous chez le notaire à 13h, je tenverrai ladresse. Je signerai la renonciation. Et, Camille
Oui ?
Jeanne est une fille très bien élevée.
Camille resta un moment à écouter la tonalité avant de reposer le téléphone, puis retrouva Jeanne pour la serrer fort dans ses bras.