Quand la douleur parle
– Ma chérie, Léonie, je comprends parfaitement, mais nous navons pas dautre choix. Nous sommes obligées. Il va falloir vendre la maison. Après la vente et le partage, il ne restera assez dargent que pour acheter un appartement, dans un autre quartier. Moi aussi, jaurais aimé rester ici, mais ce nest pas possible… Ma mère, Camille, tenait mes mains, alternant entre sécher ses larmes et les miennes.
Se résoudre à tous ces changements nous coûtait beaucoup.
Camille et mon père, Laurent, avaient vécu ensemble près de dix-sept ans. Bien sûr, tout navait pas toujours été simple, mais ils saimaient, et chaque dispute se terminait aussi vite quelle avait commencé, sans jamais vraiment prendre racine. Ma mère, élevée par sa grand-mère Simone, avait adopté, presque enfant, une maxime que sa aïeule tenait à lui transmettre sur le foyer : “Il doit toujours faire bon à la maison ! Pour que lhomme ne cherche pas ailleurs ce quil ne trouve pas chez toi : compréhension, réconfort, acceptation. Il faut que tous sy sentent bien : ton mari, les enfants, les invités, et même les animaux. Pas dexception !”
Camille hochait la tête alors sans rien comprendre, ressentant seulement à quel point sa grand-mère voulait lui confier ce qui lui avait permis davancer dans la vie. Son foyer avait été à cette image, jusquà la disparition de son mari qui avait sauvé leur fils et sa belle-fille de la noyade, près de la vieille maison de campagne familiale, au bord dune rivière dont seuls les locaux connaissaient les dangers cachés sous ses airs innocents. Simone sétait battue des années contre la culpabilité, persuadée quelle aurait pu empêcher le drame si elle avait mieux questionné les voisins, sétait mieux informée… Camille, elle, avait toujours tenté de lui faire comprendre quelle ny était pour rien, mais sa grand-mère restait sourde.
Simone avait mis son deuil en veilleuse en prenant soin de sa petite-fille. Ce nétait pas le moment de seffondrer, la fillette avait besoin de vie, de joie, pas dun tombeau muet. Ce n’est quau cimetière, quelques fois lan, que Simone sautorisait alors à pleurer, puis racontait longuement, les nouvelles de Camille et, inlassablement, jurait de tout faire pour que lenfant soit heureuse.
Simone avait réussi : elle lui avait offert un foyer chaleureux, une bonne éducation, lavait menée jusquau mariage, avait même eu la joie de pouponner une arrière-petite-fille avant que la maladie ne lemporte, la laissant complètement seule dans la vie.
Bien plus tard, Camille comprit que Simone navait raison que partiellement sur la question du foyer : oui, il doit y faire bon vivre… mais pas à nimporte quel prix.
Les raisons de se disputer entre Camille et Laurent nétaient pas nombreuses. À vrai dire, presque toujours la même, aussi banal que cela puisse paraître : la belle-mère.
Hélène, la mère de Laurent, était de ces femmes quon appelle “la Mère”, la vraie majuscule. Elle pensait que son avis était lunique vérité : point. Laurent, dernier de six, était aussi le seul à avoir survécu. Toute la tendresse, tout lamour quelle avait à offrir dans ses propres codes elle les avait déversés sur son fils.
Laurent aimait sa mère, et cest sûrement pour cela quil nosait jamais daffronter vraiment, pas même en tentant. Il avait choisi, comme son père, découter en silence les sermons maternels, dopiner… puis de faire à sa manière.
Lorsquil rencontra Camille, il repoussa autant que possible le moment de la présenter à sa famille, sachant ce qui risquait dadvenir. Il rencontra Simone bien assez tôt cependant, mais ne donna pas dexplication, jusquau jour où Camille, vexée, demanda :
– Tu me caches ? Je ne mérite pas de rencontrer tes parents ? On discute mariage devant ma grand-mère, mais ta famille ne me connaît même pas ?
Laurent soupira, embrassa Camille et avoua :
– Jai peur que tu décides de me quitter…
– Idiot ! Cest toi que jépouse, pas ta famille !
Si seulement elle avait su comme elle était naïve alors…
Le jour de la rencontre, Hélène la jaugea dun regard, secoua la tête et demanda :
– Ma petite, que faisaient vos parents ?
– Ma mère enseignait à la faculté de médecine, mon père était médecin, mais je les ai très peu connus… Ils sont morts quand javais cinq ans. Cest ma grand-mère qui ma élevée.
– Je vois.
Plus un mot dHélène ce soir-là. Après quelques années de vie commune, Camille adopta la même stratégie que Laurent et son beau-père, mais cela naidait guère. Elle voyait son mari déchiré à essayer de maintenir la paix, elle-même tentant darrondir les angles, dapaiser les conflits. Au bout dun moment, elle se sentit lasse et demanda à Laurent de limiter les visites à lessentiel. Il acquiesça, fatigué.
Les choses empirèrent après la mort de son beau-père. Laurent passait désormais tous ses soirs auprès de sa mère, ne rentrant quà minuit. Cela aurait sans doute continué longtemps si ma fille, Léonie, alors âgée de trois ans, navait pas commencé à rejeter son père, se sentant délaissée.
– Elle a besoin de toi, Laurent. Elle te voit à peine, juste les week-ends… Camille comprenait la difficulté de la situation pour son mari, mais il était temps dagir avant que lenfant ne se coupe totalement de son père.
Elle était en colère, dailleurs. Cela faisait plus dun an, et pour une femme certes adulte, mais en bonne santé, toujours active, qui fréquentait assidûment le théâtre et les expositions tout en exigeant la compagnie de son fils… Camille pouvait saccommoder de ses soirées seules, mais pas au prix de labsence de papa pour Léonie.
– Tu dois prendre une décision… Tu nous manques, à elle, à moi… Camille se serra contre Laurent. Je suis si seule…
Le conflit fut explosif, mais Laurent obtint le droit de ne passer quune partie de ses soirées chez sa mère. Hélène finit par sy faire. Officiellement du moins.
Un jour, à la maternelle, Léonie avait eu pour consigne de dessiner sa famille sous forme de personnages de conte. Incapable de terminer pendant la classe, elle rapporta son dessin à la maison. Après le dîner, elle sy mit, sa langue entre les dents. Quand Camille jeta un œil dans lalbum, elle appela Laurent en riant :
– Viens voir, le déluge arrive !
Laurent éclata de rire devant le dessin. Léonie, vexée, ne comprenait pas pourquoi ses parents riaient autant. Elle fondit en larmes :
– Je me suis appliquée ! Quest-ce qui est drôle ?
Elle avait dessiné son père en chevalier, sa mère en fée, le grand-père en lutin, son arrière-grand-mère en pommier doré. Et la grand-mère… Un superbe dragon à trois têtes ! Elle avait galéré à dessiner les trois têtes ! Mais ce nétait pas ça qui lénervait le plus, cétait les flammes, pas bien colorées son crayon jaune avait cassé au pire moment.
Léonie naimait pas du tout sa grand-mère Hélène. Quand Hélène venait, rarement, cétait un vrai supplice, elle voulait même la mettre dehors. En grandissant, elle devina malgré tout la réelle animosité quHélène nourrissait envers sa mère, et combien cette hostilité la faisait souffrir. Une fois, Léonie tenta de pousser sa grand-mère à lextérieur, déclenchant lire dHélène qui, outrée, lança à Laurent :
– Votre fille est très mal élevée, enfin ! De quoi sétonner ?
Depuis, elle ne venait presque plus. Laurent estima que cétait mieux ainsi. Parfois, ils allaient eux-mêmes rendre visite à Hélène, mais Léonie fuyait ces rencontres. Plus elle grandissait, plus elle étouffait sous la domination froide de sa grand-mère. Elle en comprit toute la portée à la disparition de son père.
Laurent fut emporté subitement. Personne, au bureau, neut le temps de réagir. Une crise cardiaque fulgurante. Quarante-quatre ans…
Lorsque Camille lapprit (elle travaillait alors dans une bijouterie parisienne), elle sévanouit, brisant une vitrine en tombant. Ses collègues la réconfortèrent tant bien que mal, la veillant, la sustentant de bouillon ou de thé à la moindre occasion.
Camille vivait limpression que le monde sétait figé. Incapable de penser, de soccuper de quoi que ce soit, elle laissait les amis de Laurent prendre tout en charge. Elle ne se souvenait pas qui venait, ni quand ; elle savait seulement que Léonie était nourrie, la maison en ordre, et elle-même sous surveillance bienveillante.
Peu après la cérémonie, Camille rêva de sa grand-mère Simone.
– Mamie ! Oh, tu mas tellement manqué ! Camille voulut la serrer, mais Simone la repoussa dun regard grave.
– Que fais-tu là ?
– De quoi parles-tu, mamie ?
– Et Léonie, où est-elle ?
– Elle dort… Je crois…
– Allons voir ! Sans la laisser la toucher, Simone la guida jusquà la chambre de Léonie, où la fillette pleurait, enfouie sous la couette. Tu dormais, dis-tu ? Camille, réveille-toi !
Brusquement, Camille ouvrit les yeux, tremblante. Un instant, elle crut rêver encore, car les pleurs de sa fille semblaient irréels… Mais non, il s’agissait bien dun sanglot bien vivant ! Elle courut retrouver Léonie.
– Ma chérie, ne pleure pas ! Camille se coucha à côté, lenveloppant. Je suis là Je serai toujours là.
Léonie, secouée, se blottit tout contre elle.
« Merci, Mamie… Comment ai-je pu oublier, alors que tu as toujours été là… Je vais men sortir. Je te le jure ! »
Le lendemain matin, Camille se leva sans bruit et se dirigea à la cuisine. Lodeur de ses fameuses crêpes, parfumées à la vanille, réveilla bientôt Léonie qui débarqua, emmitouflée dans sa couverture.
– Maman ?
– Bonjour, ma puce. Camille, sans bande noire au bras pour la première fois, répondit en souriant. Va te laver, on va déjeuner, je temmène à lécole.
– Cest déjà lheure ?
Camille éteignit le feu, prit Léonie dans ses bras.
– Oui, mon amour. Papa aurait voulu quon vive, pas quon senferme à pleurer toute la journée. Il tenait tellement à ce que tu sois heureuse, lui qui taimait tant… Elle eut du mal à finir, la gorge serrée. Il aimait aussi ta maman ! Alors on va aller de lavant, daccord ? File ! Sinon, je vais être en retard pour le travail.
Avec beaucoup de précaution, elles commencèrent à reconstruire leur vie. Camille reprit son poste, Léonie retournait à lécole, avec le souci daider sa maman en plus. Chaque soir, Camille trouvait la maison rangée, parfois même un dîner préparé par sa fille.
Quelques mois plus tard, Léonie reçut sa carte d’identité, un petit événement quelles fêtèrent en soffrant un fraisier.
– Regarde papa, je deviens grande ! Léonie brandit sa carte devant le portrait de Laurent suspendu au salon. Tu me tirerais la natte en me disant que je reste petite…
Camille létreignit en silence.
Une semaine plus tard, Hélène se présenta chez elles, le visage fermé.
– Bonsoir, Camille. Il faut quon parle.
Elles ne sétaient pas revues depuis la journée où Camille avait dû dire adieu à son mari. Ce jour-là, Hélène savança vers sa belle-fille et, à voix basse, prononça :
– Cest ta faute. Si tu navais pas été là, il serait encore vivant ! Prendre, toujours prendre… ça ne mène à rien ! Voilà pourquoi il est parti si tôt… ta faute !
Denis, un ami de Laurent, avait rattrapé Camille, lemmenant à lécart.
– Nécoute pas ! Camille, regarde-moi… La vie est ainsi faite. On a le temps quon a. Laurent vous aimait, toi et Léonie, plus que tout…
Camille seffondra, épuisée par trois jours de veillée et de larmes.
Denis laida à sasseoir sur le banc devant léglise. Elle y resta jusquà la fin de la cérémonie. En passant, Hélène la gratifia dune insulte sans souci pour sa petite-fille, assise à ses côtés.
Ce soir-là, Hélène lui faisait face, sans rage, juste fatiguée, le corps tremblant, les traits tirés.
– Un peu de thé ?
– Non. Je suis venue régler la question de la maison.
Camille crut mal entendre.
– Pardon ?
Cette maison, elles lavaient bâtie pierre par pierre. Enceinte de Léonie, Camille surveillait les ouvriers, sassurant de chaque détail. Laurent riait :
– Avec toi, on na pas intérêt à bâcler ! Dans un mois, cest chez nous !
Leur emménagement fut un des souvenirs les plus précieux de Camille. Ce nid, cétait tout pour elle.
– Camille, ces rideaux sont pourtant semblables à lautre pièce…
– Tu ne comprends rien, ce nest pas la même teinte !
Ces disputes la rendaient folle, et attendrissaient Laurent.
Aujourdhui, on lui demandait de partir.
– Cest non ! Hélène, les mains enfin stables, les posa sur la table. Tu dois vendre la maison. Jexige ma part de lhéritage.
– Comment ça, votre part ?
– Celle que la loi maccorde. Et tu me donneras jusquau dernier centime.
Les deux femmes navaient pas vu Léonie arriver sur le seuil.
– Partez ! Léonie, les poings serrés, lançait fixement.
– Quoi ? Hélène la regarda, interloquée. Que dis-tu ?
– Jai dit : partez ! Ne revenez plus jamais ici.
– Tu te permets de me parler ainsi ? Je savais que tu étais mal élevée, mais à ce point… Doù te viens ça ?
– De papa ! La voix de Léonie retentit dans la maison.
– Non, tu tiens plutôt de ta mère…
– Ne vous avisez plus jamais de blesser ma mère ! Vous croyez que je suis petite, que je ne comprends rien ? Détrompez-vous. Allez-vous-en, et nous verrons comment ne plus vous croiser.
De la nervosité, Léonie avait vouvoyé sa grand-mère sans sen rendre compte.
Camille prit Léonie par lépaule et la fit sortir.
– Merci, ma chérie. Va dans ta chambre, je men occupe elle lembrassa et la pressa doucement dans le couloir.
Quand elle revint dans la cuisine :
– Quest-ce que tu as fait de mon image auprès de lenfant ? Je nen reviens pas !
– Je nai rien fait. Cest vous seule.
Hélène voulut protester, mais Camille larrêta sèchement, pour la première fois de leur histoire commune.
– Assez. Léonie a raison. Vous nêtes plus la bienvenue ici. Je consulterai un notaire, vous aurez votre part et, après, nous naurons plus rien à nous dire.
– Nespère pas !
– Je nespère rien. Je ferai ce quil faut. Vous me faites de la peine… soudain, la voix de Camille se teinta de pitié, en fixant la vieille femme usée. Vous allez rester seule…
– Cela ne te regarde pas ! cria Hélène en senfuyant.
Léonie entendit la porte claquer, puis rejoignit Camille à la cuisine, la tête dans ses bras.
– Maman ?
– Oui, ma chérie… Camille sessuya les larmes et sourit.
– Est-ce quelle est sérieuse ? On va devoir partir ?
– Je ne sais pas encore. On verra. Mais, dis-moi… pourquoi es-tu là ? Il te restait des cours, non ?
– Les maths ont été annulées, et la maman dAugustin ma ramenée. À quoi bon tappeler ?
– Bon… Ils ont donné des devoirs ?
Leur conversation dévia sur le train-train quotidien. Petit à petit, elles se réchauffèrent après la tempête apportée par Hélène.
– Pourquoi les gens se détestent, maman ? Pourquoi tant de colère, de haine ?
Elles étaient assises, blotties sur le canapé, la télé diffusant un film quelles ne regardaient pas, prétexte à confidences.
– Il y a tant de raisons possibles. Tu penses à ta grand-mère ?
– Oui. Pourquoi tant de haine envers toi, envers moi…
– Moi, je crois savoir : je ne lui ai jamais plu. Ce nétait pas possible.
– Pourquoi ?
– Parce quelle ma vue, dès le début, comme quelquun venu lui voler son fils.
– Et cétait vrai ?
– Bien sûr que non ! Je voulais seulement une famille… Je voulais donner, pas prendre. Je rêvais de toi… et même de plus. Mais je croyais à lépoque que les grands-parents désiraient des petits-enfants, non ?
– Mais elle na pas voulu de moi non plus.
– Ce nest pas exact. Elle était clairement heureuse de ta naissance. Attends. Camille sabsenta, puis revint tendre à Léonie un bonnet brodé et une couverture tricotée. Elle tavait confectionné ceci.
Léonie passa longtemps les doigts sur la broderie.
– Il faut du temps pour faire ça… Regarde les points… Et la couverture, cest au crochet ?
– Oui. Regarde comme cest délicat… Personne ne fait cela sans un peu damour dans le cœur. Elle lavait fait, preuve quelle attendait vraiment ta venue.
Léonie réfléchit.
– Pourquoi alors ce comportement aujourdhui ?
– Je nen sais rien, Léonie. Je crois que cest tout simplement la douleur, la solitude. Quand on a trop mal, on ne voit plus que le mal autour de soi. Ne lui en veux pas. Ce quelle fait… cest la douleur qui sexprime. Montre-lui un peu de compassion. Nous, on est ensemble, on se soutient ; elle, elle na plus personne.
Léonie caressa la couverture en silence.
Le lendemain, Camille appela Denis qui lui trouva un notaire. Elle comprit quelle serait forcée de vendre la maison les économies étaient parties dans les travaux.
Elle mit Léonie au courant. Celle-ci choisit une autre voie. Un matin, elle fit croire quelle partait à lécole, mais prit le bus pour chez sa grand-mère.
– Que fais-tu là ? Hélène ouvrit la porte.
Léonie, sans un mot, lui tendit le bonnet et la couverture.
– Quest-ce que cest ? La voix dHélène trembla soudain.
– Cest magnifique. Je sais que tu las fait pour moi.
– Entre…
Le soir, Léonie vint enlacer sa mère, absorbée par son ordinateur.
– Maman !
– Oui ? Camille pianotait, cherchant des appartements.
– On ne va pas déménager.
– Comment ça ?
– On ne va pas déménager. Jai parlé avec mamie.
Camille la fixa, éberluée.
– Tu as fait quoi ??
– Je suis allée la voir. Je lui ai dit que je ne voulais pas quelle reste seule. Je lui ai donné le choix : ou elle insiste, et alors moi, joublie que jai une grand-mère, ou elle renonce à la maison et jirai la voir, de temps à autre.
– Et quest-ce quelle a dit ?
– Tiens… Léonie posa un paquet devant elle.
Camille le déballa, bouche bée.
– Cest magnifique !
– Je vais le mettre pour le bal de fin dannée, il mira parfaitement.
Cétait une robe longue de dentelle, aussi fine que la neige. En lexaminant, Camille vit que cétait de la dentelle à laiguille.
– Léonie, tu sais le travail que ça demande ?!
– Oui, maman… Je le sais… Mamie souffre énormément, elle sennuie terriblement de papa. Elle a pleuré, maman…
– Elle a pleuré ? Hélène ?
– Oui…
Camille, émue, se tut. Puis elles perçurent la sonnerie du téléphone dans la pièce dà côté.
– Allô, Hélène.
– Bonsoir. Léonie ta parlé de notre conversation ?
– Elle vient de me raconter, merci… Merci pour la robe aussi, elle est splendide ! Vous avez des doigts dor !
– Nexagère pas ! Demain, treize heures, chez le notaire. Je tenvoie ladresse. Je signerai le renoncement à lhéritage. Et, Camille…
– Oui ?
– Tu peux être fière : Léonie est une fille formidable !
Camille garda le combiné dans la main un long moment, avant de se retourner et de serrer Léonie dans ses bras.