Blague
Camille ! Camille ! Laisse-moi copier, sil te plaît !
Le chuchotement dÉlodie résonna dans toute la classe, et Madame Martin releva la tête de son carnet dappel.
Dupuis ! Un peu de calme, non ? Fais ton travail toute seule !
Mais Madame Martin, cest trop dur ! protesta Élodie, jamais à court de réplique.
Et qui ta dit que la vie doit être facile ? Et puis, Élodie, Camille a un autre sujet, il nest pas le même que le tien. Donc, inutile de tadresser à elle.
Comment ça ? Mais elle est au premier rang !
Justement, répondit Madame Martin en souriant malicieusement, mimant la voix dÉlodie. Je lui ai donné un sujet spécial.
Mais cest injuste ! Élodie se renfrogna sur son cahier, mais chercha aussitôt un autre plan « de secours ».
Personne ne vit Camille se crisper à sa table, osant à peine lever les yeux ou retourner une page de peur dattirer lattention.
Tout le monde savait que Camille était la « bouée de sauvetage » de la classe. Quelle tête ! Les profs la savaient, alors tout le monde profitait delle, sans vergogne. Et surtout, si jamais elle osait dire non, elle sattirerait des rancœurs.
Mais Camille nétait pas du genre à être méchante. Elle laissait copier, bien sûr, mais suivant le conseil de sa mère, elle le faisait avec discrétion pour éviter tout reproche des professeurs.
Ma petite Camille, tu es très gentille, je le sais. Mais tu dois aussi penser à ton avenir. Si tu veux intégrer le lycée que tu vises, il te faut un bon dossier. Ne le mets pas en péril pour des camarades qui ne veulent pas apprendre deux règles, répétait sa mère.
Les mots de sa mère étaient plein de bon sens, mais Camille soupirait en silence. Si seulement elle savait comme il est difficile dêtre la première de la classe parmi des élèves qui nen ont rien à faire
Camille était arrivée dans cette école lorsque sa mère avait quitté son père. Il y avait eu quantité de raisons, mais lune nétait pas négligeable : un petit frère qui grandissait chez le nouveau couple de son père, alors même que ses parents étaient encore ensemble.
Personne navait jugé bon de lui expliquer. Les grandes personnes réglaient leurs affaires, Camille dessinait seule dans sa chambre, coloriant chaque page de noir, sans une seule trace de lumière.
Cest sa grand-mère paternelle qui, la première, salarma en découvrant ses dessins.
Mais quest-ce que vous faites ? Regardez dans quel état vous lavez mise, cette enfant
Malgré le divorce, la grand-mère prit instinctivement le parti de la mère de Camille.
Elle tient tout de son père ! Un coureur, comme son père la été avec moi. Cest dans la nature Mauvaise nature hélas… Sauf que le mien revenait toujours, lui au moins, et sans enfants cachés.
Et vous lui avez pardonné ?
Que voulez-vous, Anne ? Je laimais Et je savais quil maimait aussi. Sinon, il ne serait pas toujours revenu.
Cétait difficile ?
Pire que ça. À vrai dire, je ne lai jamais totalement pardonné. Jai survécu, cest tout. Aujourdhui je me demande bien pourquoi. Mais tu sais, remercie le destin. Ton mari a eu un enfant ailleurs, au moins tu nauras pas le cœur de le reprendre. Je te vois, Anne, tu es comme moi Tu aurais pardonné, non ?
Je ne sais pas Ça fait si mal
Je comprends. Mais pense à Camille, coincée entre vous deux. Elle na rien fait, cette petite Mon fils ne veut pas ladmettre. Mais toi, tu es une femme intelligente. Cest dommage que vous vous sépariez. Pense à elle, Anne
Oui Vous avez raison. Nous sommes les seuls responsables
Et la mère de Camille fit alors ce quon nattendait pas delle : elle sassit devant sa fille et lui expliqua, du haut de ses six ans, les choses telles quelles étaient.
Camille, papa et moi nallons plus vivre ensemble, sous le même toit.
Pourquoi ?
Parce que nous divorçons. Toi et moi, on restera ensemble, et tu verras papa les week-ends ou quand il aura du temps. Pleure pas, ma chérie ! Regarde-moi. Papa restera toujours ton papa, cest promis.
Mais toi ? les larmes de Camille coulaient, furieuses. Les adultes sont vraiment bizarres ! Pourquoi font-ils toujours ce quils veulent !
Je ne te quitterai jamais.
Cest là que sa mère comprit la vraie peur de Camille. Celle qui la rendait sombre et mutique devant ses cahiers colorés de noir.
Il fallut longtemps pour lapaiser, pour expliquer et faire partir ce spectre. Ce ne fut pas facile, mais petit à petit, la vie reprit son cours. Camille voyait son père, pas autant quelle laurait voulu, mais suffisamment pour réaliser que ce nest pas elle quon avait abandonnée, mais la mère. Le père choya toujours Camille, sarrangea avec Anne pour quelle ne souffre pas du divorce. Il lemmenait à la mer avec sa nouvelle famille, elle jouait avec son frère, et sentendait même bien avec la nouvelle compagne de son père, Claire. Claire était gentille, aimait les enfants et ne sétait jamais opposée à Camille.
Et pourtant, ce qui sétait passé avait laissé des traces. Parfois, Camille se demandait si son père était parti parce quil manquait quelque chose. Il vivait bien avec Claire, élevait son fils, voulait dautres enfants. Pourquoi avait-il refusé délever, elle, Camille ? Était-elle une mauvaise fille ?
Sa mère et sa grand-mère lui répétaient quelle était aimée, mais le doute, tel un vilain ver, revenait ronger son cœur, surtout quand elle avait besoin dassurance.
Au début, ça ne se voyait pas. Ce nest pas grave davoir les genoux qui tremblent quand on récite un poème à la rentrée, devant toute lécole, en CP
Durant une semaine, Camille répétait son poème avec sa mère, le mimant devant le miroir, sûre delle. En maternelle, on lui donnait les rôles les plus difficiles dans les spectacles, elle était fiable.
Mais ce jour-là, rien ne marcha. Micro à la main, cherchant sa famille du regard, Camille oublia tout. Les larmes coulaient, elle fut incapable de prononcer un mot.
Madame Martin, la directrice, sapprocha, lui caressa la joue, sécha les larmes :
Tu me le diras plus tard, daccord ?
Camille acquiesça à peine.
Madame Martin tint parole. Après le cours, elle attendit Camille sur le perron.
Te voilà ! Tu me le dis, ce poème ? Je veux vraiment lentendre.
Petite victoire sans importance, une récitation hors délai Mais pour Camille, cétait lessentiel. Elle se redressa, lâcha la main de sa mère et déclama le poème, faisant applaudir les adultes autour.
Bravo ! Je savais que tu en étais capable !
Mais Je ny suis pas arrivée les yeux de Camille pleuraient à nouveau.
Comment ça ? Bien sûr que si ! Tu las dit, devant tout le monde. Ce nest pas important si cétait plus tard ou pas. Tu es formidable, Camille ! Cest moi, la directrice qui te le dis !
Daccord je crois
Ce moment resta gravé en elle. Et des années plus tard, quand Madame Martin devint sa prof principale, Camille sen réjouit, sachant que cette femme serait toujours là pour la soutenir.
Madame Martin veillait sur la petite.
Elle est très fine, votre fille ! Douée, délicate, mais fragile Il faudrait peut-être songer à linscrire dans un établissement où les maths sont à lhonneur, elle a de vraies compétences. Ici bon, cest un collège ordinaire, Anne. Les enfants ne sont pas passionnés, ils ne cherchent pas à aller plus loin quon le leur demande. Camille fait tout pour ne pas se faire remarquer, mais cest comme si elle étouffait sous des couches de couvertures. Vous comprenez ?
Anne comprenait, mais ne pouvait rien y changer pour le moment. Le collège dont parlait Madame Martin était loin. Chez son père, un autre bébé allait naître. Sa grand-mère était malade. Anne cumulait deux emplois pour payer un appartement plus grand dans son petit F2 hérité après le divorce, elle et Camille se sentaient à létroit.
Patiente un peu, ma chérie. Je vais régler certaines choses, et on parlera école. Daccord ? disait Anne, éreintée, en serrant sa fille contre elle sur le canapé.
Ne tinquiète pas, maman. Je patienterai
Et le collège, ça va ?
Moyen ! répondait Camille dun ton vif, en pensant intérieurement que ça nallait pas du tout.
Moyen ? Moyen ça ne va pas ! plaisantait Anne en chatouillant sa fille. Raconte-moi tout en détail, allez !
Fou-rire général. Finalement, Camille racontait tout à sa mère.
Personne ne lembêtait ouvertement. Mais dans son dos, on murmurait :
Encore Camille qui frime ! Vous avez entendu sa réponse en histoire ? Elle ruine la moyenne ! Pourquoi répondre comme ça, elle ne pouvait pas faire simple ?
Ces critiques restaient dans lombre, jusquau jour où tout explosa.
Camille ! Dix minutes ! Sinon cest mort pour moi ! chuchotement anxieux dÉlodie, forçant Camille à lui tendre à contrecœur un brouillon.
Madame Martin, occupée par un message, ne remarqua rien.
Son voisin, Paul, glissa son cahier pour quelle voie lénoncé de la version dÉlodie.
Merci ! chuchota Camille, désignant discrètement une erreur.
Pas besoin dexpliquer plus à Paul ; ils se comprenaient sans mots depuis lécole primaire. Deux chiffres sur le brouillon, un signe de tête, Paul corrige.
Le brouillon passa à Élodie, la paix revint jusquà la sonnerie.
Après, lenfer.
Ça va pas, non ? On dirait une statue ! Cest la fin du trimestre, il me manque tout, et toi tu me lâches ? Élodie criait, tapant le côté de la table de Camille.
Tu nes pas juste ! répliqua Camille, calme seulement en apparence.
Pourquoi devait-elle tout à tout le monde ?
« Ma parole, cest quoi cette histoire ? » aurait dit sa grand-mère, qui remplaçait toute insulte par cette expression. Un jour, elle avait interdit à Camille tout vocabulaire grossier.
Tu es une jeune fille, pas un docker ! Un peu de tenue !
Mais toi, Mamie, tu râles aussi parfois…
Moi, je ne suis plus cotée ! riait la vieille dame. À mon âge, on m’autorise des cigarettes et un mot de travers. Mais toi, tu dois rester raffinée, tu comprends ? Ce nest pas joli, jinsiste. On pardonne la gouaille à la vieille garde, mais pas à ton âge. Si tu veux plaire
Pourquoi ? Les garçons le font bien !
Ce nest pas pareil ! Et retiens bien : on ne se marie pas avec son meilleur copain ! Il sera ton ami, mais il épousera une autre. Compris ?
Oui Mamie. Tu crois que maman et papa, cétait pareil ?
Peut-être. Demande-leur. Mais retiens, en amour, il faut un peu de mystère. Les invectives, ce nest pas du tout du charme.
Mais alors, Mamie, cest quoi ?
Ce nest vraiment pas glamour, Camille ! Ninsiste pas !
Je vois, tu redeviens féminine ?
Exactement ! Il faut parfois se le rappeler
Cette fois, Camille avait envie denvoyer balader Élodie avec un mot dur, mais quelque chose retenait sa langue.
Lâche-la, Élodie, tu vas pas ty mettre ! fit Paul en rangeant sa physique Cest pas toujours à elle de faire pour les autres !
Entre amis, on sépaule ! rétorqua Élodie en frappant de nouveau.
Nimporte quoi ! Camille finit par semporter. De quoi tu parles ? Paul travaille seul ! Jaide juste parfois. Ça suffit maintenant !
Camille attrapa son sac, bouscula Élodie, et sortit en courant, évitant de pleurer devant toute la classe suspendue à cette scène.
Élodie ne chercha pas à la rattraper, murmurant entre ses dents :
On te connaît, Camille Martin. On verra la suite Tu devrais redescendre un peu.
Elles restèrent plusieurs jours sans sadresser la parole. Élodie coupa tout contact et la classe attendait la suite, à la fois curieuse et inquiète des représailles dÉlodie, passée maîtresse en petites vengeances.
Mais cette fois, elle surprit tout le monde.
Camille, arrête de faire la tête ! Ça fait deux semaines, tu bouillonnes toute seule ! Allez, trêve ! offrit Élodie, sourire radieux.
Je ne fais pas la tête.
Ça va, ça va ! Fin de lhistoire. Tu fais quoi pour le Nouvel An ? Tu restes chez toi ou tu pars ?
Plus de rancune dans la voix, Camille se détendit. Tant mieux, pensa-t-elle, cest fini.
Grave erreur ! Camille aurait dû se méfier.
Quand elle trouva un mot étrange dans son sac, elle ne pensa même pas à relier ça à Élodie.
« Camille, tu me plais beaucoup. Paul »
Lécriture ressemblait beaucoup à celle de Paul, son voisin. Comment aurait-elle pu deviner quÉlodie avait repéré, lors de ses tours à travers les copies avec Mme Leroux, professeur de français, un élève dont lécriture imitait bien celle de Paul ? Après « opération commando », grâce à deux copines de lautre classe, la fausse lettre atterrit dans le sac de Camille.
Là, tu vas moins rire, Camille Martin Élodie glissa la lettre dans le sac, tout sourire.
Dans les vestiaires, cest calme. Camille répète ses passes au volley, les amies dÉlodie la « retiennent ».
Plus fort, Camille ! Tu peux mieux faire !
Aucune ne montre rien quand Camille découvre le billet.
Mais quest-ce que cest ? Camille ! Sérieux ? Les filles, matez ça ! Paul est dingue de Camille ! Élodie attrape le mot, danse dans le vestiaire, brandissant la lettre. Bon, prochain plan !
Rends-moi ça, Élodie !
Mais non, tinquiète ! Mieux ! Paul, Paul ! Élodie court cogner au vestiaire des garçons.
Le cœur de Camille sarrête. Seul son journal intime et sa mère savaient quelle aimait bien Paul.
Maman, cest grave ?
Pourquoi ?
Cest trop tôt
Mais lamour ne connaît pas lâge, tu sais. Tu crois que cest de lamour ?
Peut-être pas. Comment tu appellerais ça ?
De lattirance. Le début, les prémices de lamour.
Tu peux expliquer ?
Imagine que tu es sur le seuil dune porte. Tu laisses juste passer un rayon de lumière. De lautre côté, il y a la joie, le bonheur, la douleur, parfois la haine même.
Pourquoi la haine, maman ?
Parce quaimer, cest aussi souffrir. Lamour est complexe, il te fait ressentir tout, tous les extrêmes. Mais sans lui On nexiste pas vraiment. Depuis toujours, on cherche juste une main qui serre la nôtre. On veut quon nous comprenne, accepte. Et rien nest moins facile. Trouver cette personne, cest difficile. Et lui ouvrir la porte, plus encore. Mais tu sais quoi, mon amour ?
Quoi ?
Jamais, jamais je nai ressenti de plus beau que ces prémices. Sauf le jour où je tai eue.
Donc, cest bien ?
Cest magnifique, Camille. Si tu es prudente.
Je le serai, Maman ! Tu le connais, ce garçon ?
Oui
Ce secret-là, Camille le protégeait farouchement.
Élodie saisit laffaire. À la façon dont Camille froissa la lettre, au coup dœil furtif vers la porte, elle comprit tout. Si Camille navait pas été perturbée par les cris dÉlodie, elle aurait compris que Paul navait pas pu glisser ce mot, jouant avec elle au volley.
Les garçons sortirent du vestiaire, morts de rire en découvrant la scène : Élodie gesticulant avec la fausse déclaration, Camille blême dans un coin.
Que se passe-t-il ici ?
Madame Martin apparut soudain. Silence dans la salle. On savait que cétait grave ; Madame Martin ne ménageait jamais la morale à son groupe de septième B.
Madame Martin, breaking news ! Élodie embrassa le billet, le leva : Tili-tili-testo ! Voici les mariés !
Élodie, quest-ce que tu racontes ? les yeux de la prof se durcirent. Quas-tu ?
Un mot, Madame ! Paul a écrit à Camille quil laimait !
Un début de ricanement, étouffé :
Assez ! Silence ! Madame Martin se tourne vers Camille. Camille ?
Soudain, Camille se souvint de ce matin de CP, la larme à lœil, et le regard ferme et bienveillant de Madame.
Tu nas rien à craindre, vas-y, je le sais.
Comme un déclic, elle quitta le mur, fit deux pas, se posta devant la prof, à la fois inquiète et douce, exactement comme sa mère.
Élodie a pris mon billet. Je ne voulais pas quil soit lu.
Je comprends. Paul ? la prof tourne les yeux vers les garçons. Et là, surprise.
Oui, cest moi qui ai écrit.
Paul repoussa les plaisanteries des autres, se planta devant Élodie et récupéra la lettre.
Ce nest pas correct de lire les lettres des autres, Élodie.
Tu mens ! Élodie comprenait que son histoire ne ferait ricaner personne, quil ny aurait pas de lynchage, que Camille sortirait grandie.
Ce quÉlodie navait pas compris, cest que Camille ne marchait tête haute que par peur la peur du jugement, du rejet.
Mais là, un changement sopéra, et la fierté de Camille était autre. Plus légère. Sous ses omoplates, un frisson nouveau. On ne fait pas pousser des ailes ! Cest idiot ! Les gens ne volent pas Mais alors, pourquoi cette sensation denvol ?
Élodie ? la prof sévère.
Cétait pour rire, cétait une blague Il ment, il ment ! maugréa-t-elle, prête à craquer.
Rend-la, Paul reprit la lettre, la glissa dans la main de Camille. Cest pour toi. Nen montre plus les mots que je tadresse, daccord ? Madame Martin, on a rédaction, aujourdhui ? Mme Leroux la promis Je ne suis pas prêt !
Très bien. Tu es honnête, au moins ! La rédaction aura un autre sujet, beaucoup plus à propos. Allez, en cours ! Dépêchez-vous, la sonnerie a déjà retenti
La septième B décampa, ne se souciant plus dÉlodie, furieuse, ni même de Camille et Paul, échangeant un sourire discret, ni de la petite lettre blanche, froissée puis serrée dans le poing de Camille.
Cette lettre, elle la colla précieusement dans son journal. Elle la garderait comme un trésor jusquau jour où, lors de son mariage, elle offrirait à Paul son cahier vieilli.
Tiens, mon mari !
Quest-ce que cest, ma femme ?
Notre histoire, son début
Tu me fais assez confiance pour lire tout ce qui est écrit, là ?
Tu sais déjà.
Pas tout
Quel secret reste-t-il alors ? Camille se serre contre Paul, sourde aux cris de « Vive les mariés ! » de la salle.
Te souviens-tu ? Tu mas parlé de lamour, du seuil, de la porte ?
Oui !
Tu as franchi cette porte ?
Dans le tumulte, Camille lui répond si bas que seul lui entendra :
Plus que ça : jai fermé la porte derrière moi. Je ne suis plus amoureuse de toi.
Paul, surpris :
Quoi ?!
Maintenant, je taime, tout simplement ! Tu comprends ?
Oui, maintenant, je comprends. Tu veux un baiser ?
Oui, jen veux, Paul !