Papi n’est plus parmi nous

Il ny a plus de grand-père

Capucine venait tout juste de rentrer dun déplacement professionnel à Lyon. À peine la porte de son appartement parisien franchie, la valise encore en main, le téléphone sonna.

Cétait sa mère. La voix de Madeleine Lefèvre était tremblante, traînant comme de la brume sur la Seine. Mais Capucine, usée par le voyage, ny prêta quà moitié attention.

Capucine, ma chérie, tu es enfin rentrée ?

Salut Maman. Oui, ça y est. Je viens darriver. Tu vas bien ? Pourquoi cet appel ? Il y a un souci ?

Cest bien. Bien que tu sois à la maison

Il y avait dans le silence de Madeleine quelque chose de lourd et dindicible, comme un nuage gris au-dessus des toits de Paris. Capucine sentit dinstinct que sa mère voulait lui dire quelque chose dimportant mais restait suspendue à des mots invisibles.

« Elle va encore me raconter tous les ragots de limmeuble » pensa Capucine avec lassitude. Mais tout ce quelle désirait, là, tout de suite, c’était se jeter dans son lit, plonger dans loubli dun sommeil profond.

Dans le train de nuit, elle navait trouvé quun simulacre de repos : une bande de jeunes survoltés avait investi la voiture voisine, buvant, chantant en cœur toute la nuit, parfois même entonnant, avec un accent exagérément français :

« Auprès de ma blonde, Quil fait bon, fait bon, fait bon »

Dans un autre monde, cela laurait peut-être amusée. Mais là, elle aurait souhaité que toutes les guitares du monde perdent dun coup leurs cordes.

Maman, laisse-moi juste atterrir un peu. Je prends une douche, je me pose, et je te rappelle après, daccord ?

Je crains que tu nen aies pas loccasion, souffla Madeleine.

Capucine sentit soudain la pièce basculer.

Je nai pas compris Quest-ce que tu veux dire, Maman ?

Tu ne pourras pas te reposer Il ny a plus de grand-père, Capucine.

Les mots tombèrent comme un volet fermé. Capucine se laissa glisser sur le vieux canapé. Elle ne sattendait pas à ce coup de tonnerre.

Cest Madame Martin, la voisine de ton grand-père, qui ma appelée ce matin. Elle était venue lui apporter du lait. Jean Lefèvre gisait sur le seuil, la main sur le cœur, sans un souffle. Toute la nuit, sans doute Il va falloir descendre à la campagne, à Giverny, organiser les obsèques. Les voisins se sont proposés pour aider, mais Capucine, tu mécoutes ?

Un faible « Oui » parvint à franchir les lèvres sèches de Capucine.

Madame Martin a contacté la famille de ton grand-père, mais ils ont refusé de venir. Ils ont seulement dit quà défaut de legs, ça ne valait pas la peine de faire le trajet. Et la maison tu imagines bien, une vieille bâtisse de campagne, personne nen veut. Moi non plus, javoue, je nai aucune envie dy retourner. Jean ma dit un jour que je nétais plus la bienvenue, même pas pour ses funérailles tu te souviens, je lui ai promis. Alors, il ne reste que toi, chérie. Dis-moi que tu pourras y aller. Pour lui, pour la famille.

Capucine demeura silencieuse, fixant la vieille commode où traînait une lettre de son grand-père.

La dernière, à en croire le timbre postal, envoyée il y avait déjà un mois.

Elle ne lavait pas reçue avant de partir à Lyon encore un déplacement, le troisième en six mois, sans doute pas le dernier. Puisque, dans sa boîte, cétait toujours elle quon envoyait pour démarrer les nouveaux projets dans les autres villes : les collègues toujours absents pour maladie, enfants en bas âge, ou mille et unes autres raisons. Capucine seule, telle une feuille ballottée par le vent, sans attache.

Capucine la voix résonna à travers le combiné. Ça ferait si mauvaise figure que tout le village dise quon a oublié le vieux. Il avait son fichu caractère, certes, mais cétait quelquun. Et vous étiez restés proches, lui et toi. Dois-je annoncer à Madame Martin que tu viendras à Giverny ?

Oui, Maman, bien sûr que jirai mais

Capucine reposa la lettre sur la commode, tâtonnant dans un rêve brumeux.

Je ne comprends pas, comment Grand-père allait bien, non ? Au Nouvel An, il paraissait en pleine forme

Que veux-tu, Capucine Il avait son âge. Beaucoup ne vont même pas jusquà la retraite, et lui, il approchait ses quatre-vingt ans. On ne va pas se plaindre pour lui. Que la terre lui soit légère, murmura Madeleine.

Tout cela semblait irréel à Capucine, flottant comme une bulle. Elle aimait beaucoup son grand-père, leur lien unique, quand tous les autres sétaient éloignés. Entre Madeleine et Jean Lefèvre, cétait les vieilles rancunes. Jean navait jamais pardonné à Madeleine la mort dAntoine, son fils et père de Capucine : parti trop tôt, victime de ses sacrifices et dun cœur épuisé sur les chantiers, alors quil était instituteur de formation, mais la vie à Paris coûtant cher, lexigence de Madeleine, le crédit de la maison, la belle voiture tout ly avait poussé.

Le chagrin immense de Jean lorsque son fils sétait éteint : il avait hurlé de douleur, comme un loup triste. Cela avait laissé une brèche dans les relations familiales. Depuis, il ne parlait plus à sa belle-fille, ne gardant de liens quavec Capucine, son unique petite-fille.

Capucine et lui se parlaient à lancienne : à travers de longues lettres manuscrites, parce que Jean Lefèvre refusait tout ce qui, de près ou de loin, ressemblait à une technologie moderne. Pas dordinateur, ni smartphone, ni tablette, et encore moins de mails.

Les autres familles le jugeaient un peu décalé ou cinglé, comme les vieilles dames sur les bancs du village aimaient à le murmurer :

Il a perdu la tête Bah, faut le comprendre, dabord la femme partie, puis le fils Qui ne tournerait pas un peu fou ?

Surtout, ces derniers temps, il sétait mis à parler souvent, non pas aux voisins ni à lui-même, mais avec un chat invisible. Cétait le sujet du village : personne navait jamais vu ce chat.

Après avoir raccroché, Capucine seffondra sur son lit. Les larmes vinrent tard, comme on pleure un amour de jeunesse manqué. Elle avait tant voulu rendre visite à son grand-père ce printemps, mais Paris, le travail, les déplacements sétaient imposés. Le chef de service ne supportait aucun refus :

Légalement, Capucine, vous pouvez partir quand vous voulez. Mais, entre nous, vous ne trouverez jamais un meilleur poste ici, surtout à ce salaire

Et cétait vrai, mais à quel prix pour son âme ? Capucine rêvait parfois dune autre vie, du temps de répit.

*****

Le cimetière, à la sortie du village, sétendait sous le ciel gris de Giverny. Quelques chaises, du gravier et du silence, bercés par le martèlement des clous dans le cercueil, le bois verni recouvert de velours lie-de-vin. Les hommes baissaient le cercueil dans la fosse, chacun jetant une poignée de terre, des bouquets humides de pluie.

« Cest donc tout ? pensa Capucine, à demi songeuse. Il y avait un grand-père, il ny a plus de grand-père ? »

Restait encore le repas de funérailles, où lon boirait quelques verres de vin, trinquait, racontait quelques souvenirs. Un peu de vie qui persiste comme de la brume entre les interstices de la mémoire.

Les villageois, fidèles, serrèrent les mains de Capucine au moment de partir, chacun rentrant chez soi ou descendant au bar-tabac, la vie reprenant, imparfaite. Capucine se retrouva seule dans la maison du grand-père, la pierre fraîchement gravée sous les roses.

« Je nai pas eu le temps Jaurais aimé le revoir » soupira-t-elle.

Alors, pour soccuper, elle aéré la maison, récuré les vieux parquets qui sentaient la pomme, fait briller la vaisselle sans motif, ramené un peu de vie dans ces pièces silencieuses. Lair sentait la mélisse et lherbe mouillée.

La bâtisse de Giverny, vieille maison normande, était modeste mais accueillante, avec ses rideaux à volants et ses meubles qui semblaient remonter à des siècles. Capucine posa le téléphone sur la table près de la fenêtre, contempla le jardin : rien de particulier, une pelouse piétinée, quelques plates-bandes inoccupées cette année Jean Lefèvre navait rien planté, la terre était nue. Peut-être avait-il senti quil nétait plus temps.

Le verger, pourtant, séveillait sous le printemps les pommiers en fleurs, les buissons de cassis et de framboise, parfum maigre de lenfance. Que deviendrait ce jardin maintenant ?

Écrasée sur le banc devant larbre, Capucine téléphona à sa mère pour raconter : tout sétait bien passé, le grand-père reposait enfin.

Tu as bien fait, Capucine. Malgré son fichu caractère, il le méritait, soupira Madeleine.

Il était comme tout le monde, Maman. Cest la malchance qui a usé son cœur. Ne le blâme pas, il a juste aimé papa à la folie, cest tout.

Oh, laisse, je ne lui en veux pas, Capucine. Dis-moi plutôt, quand reviens-tu ? Tu ne vas pas rester toute seule là-bas ? Cela doit être lugubre

Non, pas tout de suite. Jai pris quelques jours de congé. Je compte rester, me reposer de Paris. Et puis, il faut attendre les neuf jours. Tu veux venir ?

A Giverny ? Non, laisse tomber Jai mon potager à la maison, tu sais que cest la saison des tomates !

Soit, Maman. Mais je te rappelle que la tombe de Papa est ici aussi, et tu nas jamais mis les pieds depuis lenterrement.

Javais prévenu Jean quil fallait enterrer Antoine en ville, pas au village. Enfin, bref, je dois te laisser, la série commence, sexcusa brusquement Madeleine. Tu mappelles, hein, si tu as besoin.

Capucine sourit en coin. Cétait typique de sa mère, disparaître dans le quotidien dès que les mots se tarissaient.

Restée seule, Capucine se fit un thé à la menthe avec les herbes séchées retrouvées dans le placard, but à petits coups, puis se glissa dans le vieux lit sous la couette fanée.

Mais avant de sendormir, elle reprit la lettre de son grand-père, relue déjà plusieurs fois depuis son retour. Cette lettre lui laissait, chaque fois, un sentiment étrange et doux-amer ; plus que jamais, Jean Lefèvre y parlait dun chat mystérieux.

Mais Capucine navait jamais vu de chat. Son grand-père, dailleurs, naimait guère les animaux.

Elle relut :

« Figure-toi, ma petite Capucine, que ce Chernois adore le lait ! On ma dit quil ne faut pas en donner aux chats adultes, mais lui, il a englouti la moitié du pot ! Il faudra que je demande encore à Madame Martin de mapporter du lait demain. Elle va être surprise, car dhabitude, trois litres ça men fait pour la semaine, et là, le pot vide déjà ! Mais Chernois, il est insatiable, et puis, il me fuit toujours. Je ne fais que lentrevoir, il se glisse, tout noir, vers le hangar. Son regard, je le sens dans mon dos Peut-être quensemble, on arrivera à lattraper, quand tu viendras. Les gens ont dû le maltraiter, il a peur des humains depuis toujours »

Cela tenait du conte : il ny avait pas le moindre chat, ni dans la maison, ni dans le jardin, et Capucine, depuis son arrivée, navait rien vu dautre quun rouge-gorge. Pourtant, létrange sensation dun regard derrière elle, comme lécrivait son grand-père, subsistait, tapie comme un fil invisible.

« Demain, jirai demander à Madame Martin ce quelle sait de ce Chernois » pensa-t-elle.

*****

Le matin pointa sous les volets. Les premiers rayons dorés, un air de moisson, la rumeur de la campagne les moineaux bavards, le chant lointain des coqs qui se répondent dans la brume.

Capucine ouvrit la fenêtre, laissa le vent porter à elle le parfum de la Normandie, se perdit un instant dans ses souvenirs denfance : les cabanes, les bricolages avec son grand-père, et le projet du jour : demander à Madame Martin pour le chat.

Quel chat ? demanda Madame Martin, interloquée sous son fichu fleuri.

À vrai dire, je nen sais rien, soupira Capucine. Le Chernois Cest tout ce dont il parle dans sa lettre. Mais jamais il ne men avait parlé avant, ni en avril, ni aux fêtes.

Ah ! Mais oui, maintenant que tu le dis fit Madame Martin, se frappant la tête. Il a commencé à bavarder tout seul, enfin, avec un soi-disant chat, il y a un mois. Je lentendais souvent le supplier de se montrer, mais je nai jamais rien vu, ni derrière la haie, ni sous le banc. Il lui racontait toute sa vie, appelait « Chernois » par-ci, « Chernois » par-là. Dailleurs, tout le pays la entendu à force. Mais personne na jamais vu de chat ici, Capucine. Ni dans la maison, ni dehors. Et tu sais, ma petite, il ny a même pas de chats noirs dans le village !

Capucine rentra, la tête plongée dans ses pensées.

« Étrange, vraiment étrange Mais Grand-père na jamais perdu lesprit, jen suis sûre. Il y a peut-être des secrets que je ne connais pas. »

Et pendant quelle frottait la terrasse, elle se demandait : sil y avait eu un chat, où avait-il filé ?

Quelque part, tapi sous la glycine, un chat noir, vrai ou rêvé, lobservait. Depuis quelques temps, ce Chernois suivait la jeune femme quil avait reconnue entre tous les humains venus dire adieu à Jean Lefèvre. Il ne savait pourquoi, mais il se sentait attiré vers elle.

Il la surveillait, de loin.

Car, de tous les humains, il craignait leurs mains maladroites et cruelles, depuis les cailloux et les coups reçus tout petit. Toujours un errant, il avait trouvé au crépuscule de sa vie une paix fragile, auprès de ce grand-père bienveillant aux yeux si doux. À défaut de caresses, des histoires à écouter, une voix qui murmurait sous les pommiers.

À présent, il errait autour de la maison vide, orphelin dami, trop effrayé pour paraître au grand jour. Pourtant, lui aussi, aurait aimé réclamer sa place.

Le neuvième jour, alors que le village se rassemblait une dernière fois, Capucine tourna la tête et, entre deux tiges de glycine, crut apercevoir une ombre agile. Un chat, noir dencre.

Eh bien, te voilà donc, Chernois ! murmura-t-elle, ravie. Viens, approche, ne crains rien.

Mais Chernois fila, aussi vite que le mistral, disparu sous la haie.

Tu es farouche, je vois, plaisanta Capucine. Pourtant demain, je pars Viens, je ne te ferai pas de mal.

Depuis le chemin, Madame Martin entendit la voix douce de Capucine parler à une créature invisible. Elle jeta un œil derrière sa palissade, ne vit que Capucine accroupie entre les groseilliers. Un frisson la saisit.

« Maintenant, cest la jeune qui se met à parler à des ombres Les maladies se propageraient-elles par le vent ? » pensa-t-elle.

Après le déjeuner, des nuages dun bleu profond saccumulèrent au-dessus des toits, tordant la lumière, baignant le village dans une attente électrique. Le vent se leva, les poules saffolèrent, un tonnerre lointain gronda comme un avertissement.

Voilà la tempête qui arrive soupira Capucine.

La pluie ne se fit pas attendre. Les premières gouttes giflèrent les vitres. Elle appela encore le chat, ouvrit la porte, mais le jardin restait vide.

À ce moment-là, Chernois, flétri de peur, sétait recroquevillé derrière le bûcher, guettant avec effroi les éclairs au loin. La foudre, plus que les humains, glaçait son sang.

*****

La pluie battait la toiture, transformant les murs en rivière, sintensifiant puis faiblissant. La maison semplissait de lodeur de lorage. Allongée, Capucine tourna en tous sens, le sommeil la fuyant.

Puis, soudain, un éclair fracassa la pénombre : la chambre semplit de lumière blanche, des yeux phosphorescents apparurent à la lucarne !

Mon Dieu ! sécria Capucine, bondissant dans son lit.

Une silhouette noire surgit dans la pièce, trempée, se glissa sous le fauteuil, puis, nosant fuir, se dissimula sous le lit.

Capucine savança, scruta sous les draps : là, tremblait Chernois, tout mouillé.

Il lui fallut toute sa patience, toute sa douceur pour lattirer à elle. Elle lenveloppa dune serviette, le sécha, lemmena contre elle sous la couette, labrita du fracas et, alors que lorage se déchaînait, la jeune femme et le chat trouvèrent refuge lun contre lautre, unis par leur chaleur.

Et tout ce vacarme du ciel ne paraissait plus si terrible.

*****

Le matin, Capucine séveilla au bruit familier dun grattement contre la fenêtre. Bien sûr : Chernois voulait ressortir.

Dans une lumière dorée, le chat la dévisageait, comme pour sexcuser de sa frayeur de la veille.

Où vas-tu comme ça, mon petit ? Tu as faim avant de partir, jespère.

Meh fit Chernois, voix rauque.

Très bien, sers-toi. Après, ce sera à toi de choisir : rester ici, ou partir avec moi à Paris ? Je crois que Grand-père aurait voulu que tu viennes. Mais cest ton choix.

Après le petit-déjeuner, Capucine ouvrit la porte du jardin. Quelques heures plus tard, la valise à la main, elle retrouva Chernois, installé sur les marches de la maison.

Il se frotta contre ses jambes. Il avait pris sa décision : il voulait partir avec elle, quitter la campagne où il nétait que peur et fuyard, pour devenir son compagnon de route.

Je men doutais Tu as du flair, Chernois, sourit Capucine.

Quand elle rapporta les clés à Madame Martin, le chat dans les bras, la voisine ouvrit de grands yeux.

Cest lui ? Enfin ?

Cest lui, confirma Capucine. Tout va bien. Mon grand-père nétait pas si fou : cest juste un chat qui avait peur, peur des humains, mais encore plus des orages. Maintenant, il aura une maison.

Je garderai la maison, Capucine. Reviens quand tu veux.

Nous reviendrons, promit Capucine.

La voisine lui tendit un sachet de madeleines maison.

Tiens, pour le voyage. Merci pour tout, reprit Capucine.

Dans le car du retour vers Paris, Capucine regarda les nuages défiler là-haut. Un instant, dans le ciel, un nuage lui sembla dessiner le visage souriant de son grand-père, clignant de lœil. Et Chernois, installé sur ses genoux, leva lui aussi la tête vers le ciel.

Lombre disparut. Était-ce un rêve ? Ce nétait plus si important.

Lessentiel, cest quils savaient tous deux que le grand-père vivrait encore longtemps dans leur mémoire, niché dans leurs cœurs. Où quil soit, Jean Lefèvre devait être heureux : sa petite-fille et son mystérieux compagnon à moustaches sétaient enfin trouvés.

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