La nuit, une femme, un chat et un réfrigérateur
Ne me regarde pas comme ça !
Clémence jeta un regard sévère à son chat, tentant dintimider la bête autant que possible. Elle leva un sourcil, geste que sa mère lui avait toujours interdit, trouvant, durant son enfance, que les sourcils épais et rapprochés de Clémence faisaient trop redoutables. Elle aurait préféré ressembler à sa mère, dont les sourcils fins, parfois à peine visibles, donnaient à son visage une douceur paisible. Clémence avait fini, au fil des années, par dompter ces sourcils à la mode parisienne, et puis, il faut bien le dire, elle nétait plus une enfant.
Le chat savait tout cela très bien aussi et, blotti sur le rebord de la fenêtre, il ne manifestait aucune peur face à la mine autoritaire de Clémence. Il lobservait avec une once de mépris, ses yeux verts luisant dun éclat mystérieux quand la lumière du vieux lampadaire du couloir venait caresser le carrelage gris de la cuisine. La porte, tirée juste assez par Clémence pour quelle puisse simaginer le luxe dune fuite, claquait doucement avec le courant dair, refusant pourtant de se fermer tout à fait et de la couper du monde réel. Ce qui irritait Clémence : elle aurait préféré que tout soit simple, que tout s’achève et quelle puisse enfin ouvrir lautre porte, celle du réfrigérateur
Assise à même le sol contre le mur depuis plus d’une heure, Clémence restait là, hypnotisée par ce meuble blanc, grande armoire à secrets, contenant les trésors quelle avait, la veille, rangés elle-même méthodiquement. Elle connaissait son contenu jusquà la dernière tranche de saucisson. Après tout, cétait Clémence qui soccupait des courses, ce qui, dans la famille, était souvent devenu sujet de plaisanterie.
Clémence, pourquoi tu as acheté des câpres ? Tu penses vraiment quon va les manger ? lui lançait son mari en agitant le petit pot sous son nez. Tu comptes les utiliser comment ?
Mais cest délicieux, voyons.
Eh bien, trouve une recette, alors ! Et fais attention à ne pas te tuer à la tâche
Clémence improvisait. Elle inventait des plats sortis tout droit de son imagination, car suivre les recettes, ce nétait vraiment pas son fort. Les membres de la famille observaient dabord son œuvre avec une méfiance amusée, puis tout disparaissait en un clin dœil, chacun redemandant une part.
Tout le monde, sauf Clémence.
Elle, elle narrivait pas à manger ce quelle cuisait. Jamais.
La préparation la captait toute entière, lui offrant un précaire bonheur, mais dès le plat terminé, linspiration séteignait pour laisser place à autre chose comme une présence sourde, une voix lointaine de grand-mère jamais connue, qui chuchotait, grommelait en grinçant des dents, plissant les yeux malicieusement avant de sévanouir, la laissant vide, incapable de toucher à son propre ouvrage.
Clémence souffrait de cette étrange malédiction et se consolait le plus souvent avec des choses toutes simples à déguster sans préparation : un bon morceau de saucisson, du fromage bien affiné, une brioche, quelques bonbons ou des gaufrettes quelle chipait parfois même à son petit garçon. Elle trouvait alors que les biscuits pour enfants étaient les seuls dignes dêtre appelés sains, allégeant un peu sa mauvaise conscience. Elle se répétait quil fallait préserver sa santé.
Et la santé, ce nétait pas le fort de Clémence.
Elle nétait pas grosse, loin de là, tout ce quelle avalait semblait se consumer dans linépuisable ronde des responsabilités. Trois enfants, un mari, un chat et la maison, tout cela demandait un dévouement constant. Sans compter le travail, quelle admirait et parfois aimait, selon ses humeurs, pourvu quil la laisse chérir les siens.
De toute façon, elle avait appris à ne pas se plaindre, dès lenfance, grâce à une formule magique martelée par sa mère :
Ça passera tout seul !
Cest ce que répétait sans relâche Madame Bernard à sa fille lorsque celle-ci évoquait le moindre malaise.
Ma petite Clémence, tu exagères ! Tu nas pas de fièvre ! Ah, tu as pris ta température Parfait ! Va donc te faire une tisane à la framboise, et couche-toi ! Ça ira mieux demain !
Cette phrase de maman a collé à Clémence comme une seconde peau, et elle en vint à croire que tout finissait par passer, sans effort, sans souci.
Cest pourquoi, malgré sa formation médicale et la pleine connaissance que ces maximes maternelles navaient rien de scientifique, Clémence ignorait parfois trop longtemps les signes que son corps lui envoyait. Bah ! Pas le temps ! Ça passera
Avec son deuxième enfant, ce fut bien plus pénible. Elle se trainait hors du lit, épuisée par les appels pressants du bébé, mais elle préférait se taire devant son mari. Quelle sorte de mère serait-elle si elle narrivait même pas à soccuper deux ?
Pierre, son mari, comprenait sans quelle ait besoin de mots.
Allons, Clémence, laisse-moi faire ! disait-il en berçant leur fils et raccompagnant laîné. Prends donc un peu de repos, tu en as besoin !
Clémence sombrait alors pour des heures dans un sommeil sans rêves, pour se réveiller plus fatiguée, écrasée par la culpabilité de ne pas être à la hauteur.
Quétait-elle donc, si inutile et impuissante ?
Si seulement elle sétait interrogée plus tôt sur ses complexes, elle aurait compris que, grandir sous la bannière du « tu nes pas vraiment comme il faut », cela isole et mine lassurance.
Cette devise, en fait, venait de sa mère et de sa grand-mère.
Tiens-toi droite, Clémence, pas repliée sur toi-même ! redressait sans cesse sa grand-mère, Madame Lefèvre, en joignant ses mains manucurées. Anne ! Fais donc attention, avec la petite, elle aura des problèmes sinon !
Maman, crois-tu que jignore tout cela ? Mais elle nen fait quà sa tête ! Tous les enfants sont normaux, sauf Clémence ! Et elle grignote sans cesse ! Je finis même par cacher la nourriture, cest insensé ! Ni les discussions, ni les punitions nont deffet !
Clémence, fillette fluette telle un chaton, ravalait ses larmes au fond de son assiette et rentrait ses épaules, nosant plus lever les yeux.
Elles avaient raison, sans doute Elle était différente.
Il fallut attendre ladolescence et la découverte danciens albums photos pour comprendre le fond de cette histoire. Ce jour-là, en découvrant le visage pulpeux et tacheté de la jeune femme que fut sa mère, dans une robe étriquée, une fissure laissa entrer la lumière.
Pourquoi la blâmait-on, elle ? Pourquoi tant de reproches sur chaque petit écart ? Sa mère nétait-elle pas la même, autrefois ?
Et la réponse vint, brutale.
Tu ne comprends rien, vraiment ? Regarde-toi dans la glace ! Qui voudrait tépouser ? Moi, au moins, jai pris ma vie en main ! Maman ma sauvée ! Jai même cessé de cuisiner pour ton père, de peur de trop le tenter. Toute la famille était au régime.
Dis, maman, quand papi a-t-il quitté mamie ?
Tu exagères avec tes questions ! Cela na rien à voir ! Tes grands-parents étaient incompatibles, cest tout. Comme ton père et moi. Ce sont des choses qui arrivent.
Mais alors, comment peut-on ne plus comprendre quelquun quon a tant aimé ?
Clémence, tu vas mécouter, maintenant ? Va faire un tour !
Le message était clair. Clémence chaussait donc ses baskets usées et partait courir, ou plutôt, sasseyait sur le banc sous le vieux tilleul du stade vide, à regarder les ombres et le ciel. Quand la nuit tombait et que le terrain redevenait silencieux, elle saccordait deux ou trois tours de piste, pestant contre sa lenteur.
Ses heures de réflexion finirent par porter leurs fruits. Si la beauté ne la couronnerait jamais, mieux valait se rendre utile, acquérir la reconnaissance par laction, être précieuse pour les autres, unique en son genre.
Maman, je veux être médecin.
Mais tu as perdu la tête ? Toi ? Avec tes capacités…
Pourquoi ? Ce nest pas une affaire de beauté et je travaille bien.
Enfin Cest comme tu veux. Cest honorable, la médecine.
Évidemment ! Clémence tentait de contenir son enthousiasme, craignant que sa mère ne change davis.
Elle devint médecin. Un excellent, même : la solitude aidant, elle sinvestit pleinement dans ses études. Sa mère, lassée de soupirer, finit par la laisser en paix, absorbée par la santé déclinante de Madame Lefèvre, requérant tous les soins.
Mais pas pour longtemps.
Elle ne trouvera jamais personne seule ! Toujours le nez dans ses livres Il faut lui donner un coup de main !
Cest ainsi, par lentremise dune marieuse, quapparut le premier prétendant.
Ce soir-là, Clémence faillit éclater de rire en voyant lhomme timide, petit et désarticulé, mal à laise et les joues rouges. Elle fit pourtant bonne figure, par égard pour sa famille.
Le goûter organisé par sa mère fut convenable. Premier rendez-vous pris, mais Clémence, retenue à la faculté, arriva très en retard. Elle chercha en vain le prétendant dans le café ; il était parti, laissant à lintention de lattendre un mot bref : « Ne me cherche pas ! »
Clémence laissa échapper un petit rire :
À vrai dire, je nen avais aucune envie !
Cest alors que le serveur, un beau brun nommé Pierre, sapprocha.
Mademoiselle, vous êtes Clémence ? Votre ami est parti, mais vous a laissé ce mot. Il était nerveux même cassé un verre ! Puis est reparti.
Le jeune homme lui sourit. Et, sans réfléchir, Clémence lui demanda :
Comment vous appelez-vous ?
Pierre.
Pierre, vous ne me prenez pas en pitié, au moins ?
Non, bien sûr que non, répondit-il sombrement, mais sincère.
Alors retrouvez-moi ce soir, à lentrée du square près de la fac
Daccord, jy serai, répondit Pierre, rayonnant.
Ce premier rendez-vous, Clémence sen souvint longtemps, en tous détails. Cela devint vite une évidence ; amateurs de jazz, rétifs à la faisselle, lenvie partagée davoir un chat mais pas un chien, les mêmes rêves de foyer et de service rendu. Ils saccordaient presque à la perfection, comme si le destin les avait enfin réunis après de longs détours.
Ils sortirent ensemble plus dun an.
La mère de Clémence, elle, continuait à maugréer.
Ce nest pas un bon parti pour toi !
Pourquoi pas, maman ?
Mais enfin il est serveur !
Tu sais bien quil ne fait que des extras, il poursuit ses études ! Dailleurs, quy a-t-il de mal à ça ?
Il a une mère malade et une sœur à charge de cinq ans ! Pourquoi endosser un tel fardeau ?
Tu ne penses pas que cest plutôt la preuve quil est un bon garçon, maman ? Capable de soccuper des siens… Il soccupera aussi de moi, sil le faut.
Clémence ! Ce nest pas raisonnable ! Pense à toi, tout de même !
Crois-moi, jy travaille ! Tu voulais que je me marie, non ? Eh bien, Pierre ma demandée en mariage. Quespères-tu de plus ?
Je te veux heureuse, cest tout.
La noce fut reportée.
Je ne sais pas comment je vais faire si ma mère sen va confia un soir Pierre.
Eh bien, on soccupera dIrène, voyons !
Tu crois que je pourrai ?
Et as-tu vraiment le choix ?
Clémence aida Pierre à veiller sa mère, remuant ciel et terre pour la soulager, en vain. Lorsquil fut clair quil ne restait plus de temps, ils allèrent déposer un dossier à la mairie, en cachette, et épousèrent, pour tout témoin, la petite Irène.
Alors, maintenant on est une famille ? demanda sérieusement la fillette à la sortie du bureau.
Oui.
Et moi ?
Tu fais partie de la famille, toi aussi.
Alors tant mieux.
La mère de Pierre en fut très touchée.
Merci, ma fille. Merci aussi pour Irène et pour Pierre Excuse-moi de te laisser un tel fardeau. Jaurais tant voulu rester
Ne pensez plus à cela ! On va guérir, non ? Ou alors sourire ensemble ?
Merci, Clémence
Elle partit un mois après leur mariage. Clémence fut digne, épaula Irène, et organisa tout.
Elle ne souffre plus, maman ? demanda Irène, le soir même.
Non, ma chérie. Ça, cest fini.
Clémence aurait volontiers pleuré autant que lenfant. En quelques mois, la mère de Pierre, aussi douce et lumineuse que lui, était devenue la sienne, et la perte nen serait que plus cruelle.
La mère de Clémence, apprenant la nouvelle par hasard, soffusqua longtemps.
Tu tes mariée ? Sans rien me dire ? Même pas un repas de famille ! Cest pour ça que je tai élevée ?
Tu comprends, maman, avec cette tristesse, on navait pas la tête à faire la fête
Je ne veux rien comprendre ! Ma seule fille se marie et ne me prévient pas ! Voilà ce que je retiens
Clémence tenta de sexpliquer, darranger les choses, sans succès. Elle laissa le temps passer.
Elle continuait malgré tout à venir aider sa mère, gérant les rendez-vous médicaux dun ton distant, presque administratif, comme si deux étrangères se rencontraient. Tous ses efforts pour renouer le dialogue furent vains.
Jusquau jour où, ny tenant plus, Clémence demanda simplement :
Maman, tu nas pas dautres enfants, nest-ce pas ?
Quelle question ! Bien sûr que non !
Alors, pourquoi prendre le risque de nous perdre, toi et moi ?
Cette fois, sa mère craqua, pleura même, à la grande stupeur de Clémence qui navait jamais vu sa mère ainsi.
Ma petite Clémence, je taime Je ne sais juste pas comment le montrer. Ma mère disait quil ne fallait pas gâter les enfants, juste leur dire la vérité, les traiter en adultes Jai tout suivi à la lettre, et voilà. Tu as grandi sans moi, ou presque Je ne voulais pas, mais chaque mot semblait se perdre Parfois je crains de tappeler, de crier, et que tu ne mentendes plus Ça me terrifie.
Clémence consola sa mère du mieux quelle put, mais ses paroles la hantèrent longtemps. Plus que tout, Clémence craignait de reproduire la même erreur, de ne pas donner assez damour à ses enfants. Mais comment savoir combien il en faut ? Cette mesure restait un mystère, toujours inaccessible.
Pierre constatait bien les tourments de sa femme et voulait en parler, mais Clémence se convainquait quelle seule pourrait démêler ce nœud. Ce nétait pas faute de confiance, mais elle croyait devoir y arriver par elle-même.
Cest pour cela, sans doute, quelle passait parfois des heures la nuit sur le carrelage froid, face au frigo. La compagnie du chat et du vieil appareil, bourré de douceurs taboues, lui convenait.
Elle repensait à sa vie, à linfluence de sa mère et de sa grand-mère, et regrettait de navoir jamais osé dire ce quelle ressentait. Peut-être aurait-elle gagné davantage en assurance en étant un peu moins « sage fille », quitte à décevoir les attentes
Dun côté, cette prise de conscience la soulageait, de lautre, lui faisait regretter tant dannées perdues à comprendre lévidence.
Un soir, Pierre ouvrit la porte, sans regarder ni sa femme ni le chat. Il sortit du fromage, des tomates et un peu de persil, puis sassit à côté delle, lattirant contre son épaule, et lui tendit une tartine.
Croque donc !
Pierre, si je continue à grignoter ainsi la nuit, je ne rentrerai plus dans une seule jupe !
Mange, cest un ordre ! Il montra lexemple, fit un clin dœil au chat. Tu en veux ?
Le chat, bien sûr, nopposa pas de résistance, sauta sur les genoux de Clémence pour sa part de fromage, puis se lova, tout heureux.
Je taime comme tu es Pierre la regardait manger en souriant. Même si tu pesais cent kilos, je men ficherais ! Et tu le sais. Clémence, je peux te poser une question ? Quest-ce qui ne va pas ?
Clémence finit sa bouchée, cala son menton dans lépaule connue par cœur de son mari, caressa le chat.
Tout va bien Vraiment. Mais pas cent kilos, Pierre. Avec un bon quarante-six, pour mon âge, ça ira.
Parfait ! Je nai jamais vu plus belle femme.
Dis-le-moi encore, tu veux ?
Mais tu arrêteras de hanter le frigo la nuit ?
Pierre !
Jai dit quelque chose ? Allez, viens te coucher, femme !
Clémence lui donna la main avec une reconnaissance silencieuse, le remerciant dun regard pour avoir compris sans quelle ne sache sexpliquer. Et elle se promit de tout lui raconter, un jour.
Clémence ?
Oui ?
On attend un heureux événement ?
Comment as-tu deviné ? Clémence lui lança un regard étonné.
Oh, ma belle ! Tu crois que je ne te connais pas ! Ces veillées nocturnes, je men souviens À combien en es-tu ?
Trois semaines.
Formidable ! Pierre serra Clémence contre lui, qui lembrassa pour le faire taire.
Chut, les enfants dorment !
Le chat les accompagna jusquà la porte de la chambre, puis retourna de lui-même à la cuisine, retrouvant son perchoir sur le rebord, les yeux mi-clos.
Quimporte. Bientôt, la nuit apportera dautres soucis, et le chat délaissera la cuisine pour la chambre des enfants, préférant dormir près du berceau qui sent déjà le lait et lenfance, plutôt que sur le froid du rebord de la fenêtreDans le silence, la cuisine retrouva peu à peu la paix dun terrain conquis. La porte du réfrigérateur, légèrement entrebâillée, laissait filtrer un mince rayon de lumière sur les carreaux usés. Les ombres du chat sétiraient sur le lino, bienveillantes sentinelles, tandis que le souffle doux de la nuit murmurait par la fenêtre entrouverte.
Clémence, allongée contre Pierre, sentit grandir en elle un apaisement nouveau. Jamais elle naurait cru savourer ainsi un instant si simple, le poids des regrets dissipé par la chaleur dune main, le ronronnement discret dun chat, et la perspective dune vie qui continue, malgré tout. Peu importait maintenant le modèle maternel, les non-dits, les exigences inatteignables. Sa propre famille, celle quelle avait choisie, valait toutes les reconstructions. À son rythme, elle apprendrait à aimer mieux, à se laisser aimer aussi, dans les silences partagés, les tartines nocturnes, et les fous rires impromptus.
Avant déteindre la lumière, Clémence retourna timidement vers le frigo, ouvrit la porte tout grand. Elle y trouva les fameuses câpres, intactes, petits grains verts en attente dun projet. Le chat leva la tête, curieux, et Clémence éclata de rire sous le regard surpris de Pierre.
Quest-ce qui tamuse ?
Rien, juste une envie de bruschetta et cette fois, je la mangerai avec toi.
Et cest ainsi, sous le sourire complice des étoiles, que Clémence trouva enfin le goût simple du bonheur : un peu de pain croustillant, un chat gourmand, un amour patient, et la promesse, dans le froid tendre dune nuit ordinaire, que tout peut encore recommencer.