Mon mari m’a toujours dit que je n’étais pas assez « féminine ». Au début, il glissait ça en passant…

Mon mari ma toujours répété que je nétais pas assez féminine. Au début, il insinuait cela à la légère que si je mettais plus de maquillage, si je portais des robes, si je montrais davantage de douceur… Or, je nai jamais été ce genre de femme. Jai toujours été pragmatique, franche, peu soucieuse des apparences. Je travaille, je trouve des solutions, je fais ce quil faut faire. Il me connaissait telle que je suis. Je ne me suis jamais fait passer pour une autre.

Avec le temps, ses remarques sont devenues plus fréquentes. Il a commencé à me comparer à des femmes vues sur Instagram, aux épouses de nos amis, à ses collègues. Il disait que je ressemblais davantage à une copine quà une épouse. Jécoutais, parfois on se disputait, puis on passait à autre chose. Je nai jamais pensé que cétait grave. Je voyais ça comme de simples différences dans un couple.

Le jour où jai enterré mon père, tout cela a perdu sa banalité. Jétais en état de choc. Je ne dormais pas, je ne mangeais pas, je ne pensais quà tenir le coup lors de la cérémonie. Jai enfilé les premiers vêtements noirs que jai trouvés, pas de maquillage, jai à peine coiffé mes cheveux. Je navais plus la force de faire autre chose.

Avant de quitter lappartement à Paris, il ma regardée et a lancé :
« Tu vas vraiment y aller comme ça ? Tu ne veux pas au moins essayer de te préparer un peu ? »
Sur le coup, je nai pas compris. Je lui ai répondu que mon apparence mimportait peu, que je venais de perdre mon père. Il a rétorqué :
« Oui, mais tout de même Les gens vont parler. Tu as lair négligée. »

Jai ressenti comme un poids énorme dans ma poitrine, une douleur profonde, terrible.

À léglise, il était avec les autres, saluait, recevait les condoléances, arborait un air sérieux. Mais envers moi, il gardait ses distances. Il ne me prenait pas beaucoup dans ses bras. Il ne ma même pas demandé comment jallais. À un moment, en passant près dun miroir du salon, il ma chuchoté que je devrais « faire un effort », que mon père naurait pas voulu me voir dans un tel état.

Après lenterrement, rentrée chez nous, je lui ai demandé si, vraiment, cétait la seule chose quil avait remarquée ce jour-là. Sil navait pas vu que jétais effondrée. Il ma répondu que jexagérais, quil exprimait simplement son avis, quune femme ne devait jamais « se laisser aller, même dans ces moments-là ».

Depuis ce jour, mon regard a changé.

Pourtant, je narrive pas à le quitter.
Je me sens dépendante de lui.

La vie ma appris quil est primordial de saccepter tel que lon est et de ne pas laisser la vision des autres définir notre propre valeur. Même lamour ne doit pas coûter notre authenticité ou notre paix intérieure.

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