Mon mari m’a quittée pour ma sœur. Il est parti vivre chez elle. Et trois ans plus tard, il l’a aban…

Cher journal,

Il y a des jours où je me demande si tout cela na été quun mauvais rêve, mais lévidence me rattrape toujours mon mari ma quittée pour ma sœur. Il est parti sinstaller chez elle. Trois ans plus tard, il la abandonnée elle aussi… pour la meilleure amie de ma sœur.

Nous avions été mariés pendant sept ans. Ce nétait pas un conte de fées, mais ce nétait pas mal non plus : une vie bien parisienne, nos habitudes, notre petit appartement dans le onzième arrondissement, nos dîners du dimanche en famille. Ma sœur Camille venait souvent à la maison. Elle faisait partie de notre quotidien. Jamais je nai soupçonné quoi que ce soit au contraire, je trouvais naturel quils sentendent bien. Parfois elle restait déjeuner, d’autres fois je l’appelais à la rescousse pour une course, car mon travail à la librairie me laissait peu de temps. Jamais je nai vu les signes.

Et puis, un jeudi qui semblait tout à fait ordinaire, il est parti tôt en prétendant aller au bureau. Le midi, il n’est pas rentré. Le soir non plus. Le lendemain, toujours rien. Le troisième jour, quand jai enfin réussi à lavoir au téléphone, il na pas cherché dexcuses ni dexplications. Juste ces mots, froids : « Je ne reviendrai pas. Jai besoin despace. » Jai pensé à une crise, à un séjour chez un ami. Mais, dès la même semaine, une cousine ma soufflé ce que personne nosait me dire : il vivait chez Camille.

Ce qui était dabord un murmure sest très vite confirmé. Mes parents ont compris, les oncles, les voisins aussi. Camille na plus répondu à mes appels. Lui ne traînait plus dans notre quartier. Une semaine après, alors que je nétais pas là, elle est venue récupérer ses affaires. Personne na voulu expliquer, on a simplement fait comme sil ny avait plus rien à dire.

Ils ont emménagé ensemble dans un autre arrondissement, puis, peu à peu, ont recommencé à venir aux repas de famille où je navais plus ma place. Camille répétait que « lamour ne se commande pas », que les événements lavaient dépassée. Lui disait quil nétait plus heureux avec moi. Je me retrouvais seule, envahie par la honte et la souffrance. Heureusement, il ny avait pas denfants pour amplifier la douleur.

Trois années ont passé. Jai fait au mieux pour reconstruire mon quotidien des promenades sur les quais, quelques escapades à Deauville, des apéros entre collègues. Ils semblaient toujours ensemble. jusquau jour où, par des échos, jai appris quils avaient rompu. Il était parti de chez Camille et nétait pas seul. Il avait trouvé refuge auprès de sa meilleure amie, Alice, celle qui traînait avec nous depuis toujours, qui connaissait chaque détail, qui avait écouté nos confidences et nos douleurs.

Camille était anéantie. Il avait encore changé dhistoire, changé de prétexte, cette fois-ci il accusait Camille dêtre trop perdue, trop confuse. Sauf que, désormais, plus personne ne le croyait.

Aujourdhui, notre famille reste brisée. Je nai aucun contact avec Camille. Elle non plus nadresse plus la parole à Alice. Quant à lui, il na jamais eu le moindre mot dexcuse. Jamais il na assumé la moindre faute.

Est-ce cela, la justice du destin ?

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