Maman Chérie

Maman

Eh, toi, le moustachu ! Tu appartiens à qui ? Élodie se figea en découvrant le grand chat roux installé devant sa porte.

Bien entendu, le chat ne répondit pas. Il ne daigna même pas changer de position à larrivée dÉlodie. Seule son oreille en lambeaux frémit, comme pour souffler : « Je tentends bien, mais nattends rien de plus. »

Comme tu veux ! maugréa Élodie, vexée, en fouillant dans son sac à la recherche de ses clés.

Sur le paillasson, le chat, comprenant sans doute ce quelle faisait, daigna se décaler un peu mais ne bougea pas davantage, continuant dobserver Élodie.

Après quelques instants, elle retrouva enfin ses clés et sactiva sur la serrure, jetant des regards au visiteur non invité.

Ce deux-pièces, tout juste acquis avec son mari Antoine, représentait leur rêve devenu réalité. Minuscule, mais à eux. Certains diraient quil ne faut pas se contenter dun appartement au quatrième étage dun vieil immeuble et viser plus haut. Soit. Élodie et Antoine en riraient. Il y a six mois à peine, simaginer propriétaires leur paraissait inconcevable. Ils vivaient entassés dans la chambre du grand-père dAntoine, dans une vieille colocation du centre de Dijon, heureux davoir enfin leur espace.

Élodie, faites attention avec les voisins ! lançait Colette, la mère dAntoine, venue les aider à lessiver la chambre avant leur mariage. Ils sont gentils, même s’ils boivent un peu trop.

En quoi sont-ils donc gentils, sils boivent ? répondit Élodie, en essorant son chiffon.

Sa crinière de boucles, qui enchantaient Antoine, se montrait redoutable, plus encore pendant le ménage. Quelle que soit la barrette, les mèches sen échappaient et lui tombaient sur le front, la transformant en pissenlit indompté.

Cest difficile à expliquer soupira Colette. Le sort ne les a pas épargnés, et tout le monde ne sait pas bien composer avec sa propre vie.

Élodie comprenait cela. Orpheline, trimballée de famille daccueil en foyer, chassée à ses dix-huit ans, elle savait combien l’homme sapitoie sur lui-même, oubliant ceux qui dépendent de lui.

Sa mère lavait abandonnée alors quelle navait pas trois ans. Laissant sa petite sur un banc de la gare de Lyon, avec un mot dans la poche et un lapin en peluche à une oreille. Élodie sétait assise, comme maman lavait demandé, guettant son retour, serrant fort Gros-Louis contre son cœur. L’envie daller aux toilettes, mais la peur de le faire : quitter le banc, cétait sattirer la colère de maman peut-être des gifles.

Maman nest jamais revenue. Mais un grand monsieur en uniforme est arrivé. Il a parlé à Élodie, qui secouait la tête sans vouloir répondre, frigorifiée, affamée. Puis le monsieur a tripoté loreille du lapin en demandant :

Et lui, comment il sappelle ?

Élodie, un peu rassurée, murmura : Louis…

Le monsieur caressa dabord le lapin, puis Élodie : Ça fait longtemps que maman est partie ?

Élodie éclata alors en sanglots, faisant paniquer le policier, qui appela sa collègue par radio et alertant tout le hall dattente, plein de gens qui, jusque-là, navaient pas remarqué la petite fille seule sur son banc des heures durant.

Bien plus tard, Élodie comprit pourquoi sa mère lavait abandonnée. Une femme étrange laborda près du lycée, à quelques jours du bac. Ma fille ! Je t’ai retrouvée ! Viens dans les bras de ta maman, jai tellement souffert sans toi !

Mais à dix-huit ans, Élodie vivait déjà dans une autre famille daccueil, avec six enfants aux âges variés. Les parents soccupaient deux à leur façon : personne ne manquait de rien, chacun avait son activité, mais tous savaient que, le jour de leur majorité, ils devaient laisser la place à dautres.

Il ny avait ni chaleur ni tendresse, car ses parents daccueil estimaient que lamour était superflu quand le devoir et les soins étaient là. Alors, Élodie ne se précipita pas vers cette femme qui lappelait.

Et pourtant Il lui avait tant manqué, ce rêve dune mère à soi Les soirs, le silence, Gros-Louis entre les bras, malmené mais fidèle. Mais non, on ne devrait pas avoir un lapin pour seul parent…

Elle avait espéré, toujours. Quun jour maman la retrouve, la serre, la ramène à la maison, et laime Comment, elle ne savait pas, mais elle voyait les autres.

Mais quand sa mère est vraiment revenue en pleurs, Élodie na pas cru une seconde à ses larmes. Tant de fois on lui a répété quelle était trop jeune pour se souvenir ni la gare ni la banquette. Elle a cessé de contredire les adultes, mais ses souvenirs ne se sont jamais dissipés. Pas précis, à peine des sensations, mais elle savait : la gare, la foule, la peur On ly avait vraiment laissée.

Une des « sœurs » dÉlodie, Chantal, élève dans la même classe, intervint le jour où Élodie recula devant la femme tentant de lembrasser.

Dis, Élodie, cest qui celle-là ? Chantal se plaça entre elles.

Je ne sais pas… Le monde tourbillonnait. Vertige, confusion.

Madame, vous faites erreur ! Partez ! Cest ma sœur, on ne vous connaît pas ! lança Chantal, entraînant Élodie loin du portail. Je le dirai à maman ! Partez !

Élodie, qui sentendait pourtant mal avec Chantal, serra fort sa main. Ce soir, elles rentrèrent main dans la main, lancèrent à leur mère dun air innocent :

Quoi ?

Ce fut le début dune vraie fraternité.

Chantal aussi avait son histoire : une mère partie pour fuir un père ivrogne. Elle rêvait, comme Élodie, davoir quelquun de proche, même sans lien de sang.

Élodie revit sa mère la semaine suivante, au portail chaque jour. Mais la femme ne tentait plus de l’embrasser, juste de la supplier :

Parle-moi, ma fille !

Ce « ma fille » lagaçait. Chantal haussait les épaules :

Elle dit comme elle peut. Ce ne sont que des mots.

Cest encore Chantal qui lencouragea :

Au moins, tu sauras pourquoi. Tu nas rien à perdre. Pose-lui tes questions. Peut-être que tu arrêteras de te croire coupable.

Comment tu sais que jy pense ?

Mais on pense tous ça Pourquoi nous ? Quest-ce quon a fait ?

Et toi aussi ?

Bien sûr. On nen parle pas, Élodie, on pleure tout bas. Bientôt, il faudra être adultes.

La fameuse entrevue napporta rien dessentiel.

Tu mas laissée.

Pardonne-moi, ma fille !

Ne mappelle pas comme ça ! Ça magace !

Bien Ne te fâche pas…

Pourquoi mavoir abandonnée ?

Cétait trop dur Personne ne maidait, ton père ma renvoyée.

Pourquoi ?

Jai dit que tu nétais pas de lui

Cétait vrai ?

Non.

Alors pourquoi ?

Jétais en colère. On se disputait tout le temps. On sest quittés

Et après ?

Jai voulu partir, mais où aller avec une enfant ? Jai laissé un mot, je savais quon prendrait soin de toi, jai promis de revenir

Et tu as cru que ça suffisait ? Franchement ! Tu crois pouvoir effacer toutes ces années ? Désolée, je ne veux plus te voir. Ninsiste pas !

Tu ne me pardonneras jamais ?

Je ne sais pas. Peut-être, mais oublier, non. Impossible.

Mais tu ne te souviens pas ! Tu étais toute petite !

Élodie se leva et partit. Ce jour-là, elle décida de ne plus laisser quiconque choisir à sa place.

Chantal comprit.

Cest ton choix. Si tu penses que cest mieux comme ça, ne regrette rien ! Avance !

Chantal, tu es trop sage

Pas encore, mais japprends ! Je veux faire des études !

Et tu veux devenir quoi ?

Psychologue. Peut-être qualors, je comprendrai enfin comment bien vivre

Elles en riaient, plus tard, lorsque Chantal, mariée, eut sa première fille.

Tu sais, tout ça, cest des bêtises. Personne ne sait comment il faut vivre. Ni toi, ni moi, ni personne.

Alors, comment faire, Chantal ?

Ben Il faut vivre avec joie. Faire en sorte que les tiens soient bien, au chaud. Les autres, quils naient pas envie de regarder ta vie à la télé.

Tu ten sors bien.

Jessaie ! riait Chantal en emmaillotant son bébé.

En voyant Chantal, Élodie relativisait, se montrait plus tolérante envers ses propres soucis.

Une chambre de bonne ? Bof. Elle était au centre, proche du travail. Petite, mais rénovée de leurs mains, cétait presque parfait. La belle-mère avait raison : les voisins nétaient pas si mal. Ils avaient perdu leur fille et noyaient leur chagrin dans le vin, mais pas de vacarme, ni de visites douteuses. Et il faut apprendre à avoir de la compassion.

Chose que, longtemps, Élodie ne sut faire : seule Chantal lavait jamais vraiment comprise.

Colette et le grand-père ly aidèrent.

Colette, femme énergique et têtue mais au grand cœur, accueillit Élodie comme sa propre fille. Ce fut Chantal qui le qualifia de “héroïsme”.

Tattends rien de leur part, hein, Élodie, la prévint Chantal en la préparant à rencontrer les parents dAntoine. Tes pas le parti rêvé. Orpheline, sans patrimoine. Et puis, on ta jamais donné dappart.

Mais je suis inscrite sur la liste ! sindigna Élodie.

Tu sais dans combien de temps viendra ton tour ? Espère pas trop ! Et nen parle pas à ta belle-mère. Quand tu lauras, tu pourras le dire, mais pas avant.

Tu me prends vraiment pour une gourde ?

Non, juste, il faut du temps pour comprendre les gens. Donne-lui le temps de shabituer à toi. Elle nest pas obligée de taimer juste parce que tu es le choix dAntoine.

Et là-dessus, Élodie était lucide : Colette lui avait dabord déplu avec ses excès voix, présence, volonté de rendre la vie de tous plus douce. Elle qui navait jamais reçu de soins, acceptait dAntoine sa tendresse mais se crispait devant les attentions “forcées” de Colette.

Élodie, mon manteau est défraîchi tu viens avec moi en chercher un neuf ? Antoine déteste, il choisit nimporte quoi Puis je suis grande, les vêtements, cest compliqué pour moi. Tu maides ?

Élodie disait oui à contre-cœur, mais, mystérieusement, elles revenaient chargées de sacs, où Colette navait que deux ou trois vêtements, le reste étant pour Élodie : doudoune, bottines, sacs. Elle repérait ce qui plaisait à sa belle-fille et forçait gentiment la main. Protester devenait inutile.

Sa générosité la troublait. Après tout, que lui était-elle vraiment ? Bientôt bru, en théorie, mais en réalité, la fille dun inconnu. Qui reçoit ainsi une étrangère chez soi ? Seul dans les contes de fées Elle restait donc polie, remerciant sans sépancher.

Colette semblait le comprendre, ralentissant sur les confidences. Elle comprit même le besoin dindépendance dÉlodie sans quelle ait à le dire.

Le grand-père est trop âgé. Il faut quil vienne vivre chez moi. Antoine, tu vas libérer la chambre.

Et nous, maman ?

Dans la sienne ! Échangez. Vous jeunes, vous devez vivre seuls. Quant au papi, il a besoin dêtre entouré.

Le grand-père, complice, opinait de ses longues moustaches, puis, chaque dimanche, réveillait sa fille : Debout ! Il est lheure daller courir !

Colette soupirait, lui obéissait, puis laccompagnait à ses ablutions glacées dans le parc.

Dis papa, tu crois que jai bien fait ?

Bien sûr. Les jeunes, il faut les laisser apprendre. Tant quils ne demandent pas daide, on ne sen mêle pas !

Mais Élodie ? Elle est arrivée à nous presque pieds nus

Là, cest différent. Là, tu as tes droits de maman. Mais vas-y doucement. Cest une fière, elle.

Ce conseil, Colette lécouta. Elle ne venait chez les “enfants” que sur invitation, se souvenant combien elle-même avait été jeune et maladroite, et combien elle sétait heurtée à sa propre belle-mère, jusquà la naissance dAntoine. À ce moment-là, la grand-mère sétait adoucie et lavait assistée.

Tu es une mère ! lançait la grand-mère à Colette, voyant trembler ses mains au-dessus du bébé. Pourquoi tu tangoisses ?

Et sil lui arrivait quelque chose ? Il est si minuscule

Arrête de pleurer ! Personne ne sait soccuper dun bébé avant davoir le sien. On apprend tous, même les plus instruites ! Premier conseil : une maman ne peut pas faire de mal à son enfant ! Écoute-toi et tout ira bien. Et sinon, je serai là. Il ny a pas de honte à demander.

Colette fut touchée, tout comme autrefois sa belle-mère avait été soutenue.

Antoine, lui, navait presque pas connu son père ni sa grand-mère, partis trop tôt. Mais Colette lui répétait sans relâche combien il avait été choyé.

Tu étais la lumière de leur vie, tu sais, mon chéri. Il tattendait, ton père ; il achetait déjà des ballons de foot chaque semaine.

Maman, pourquoi cest arrivé ? Papa conduisait bien

Il y avait du brouillard. En ramenant ta grand-mère, ils nont pas vu le camion arriver

Maman, tu penses toujours à lui ?

Tous les jours, mon grand.

Et lui, il taimait ?

Jen suis certaine.

Comment tu le sais ?

Pour moi, vivre avec quelquun, ce nest pas juste partager les courses au supermarché ! Tu ne vois pas la vie comme ça, j’espère ?

Non, maman. Je veux aimer, comme toi avec papa pas darrangements, juste lamour.

Tu le trouveras. Jen suis sûre.

Sans doute est-ce pour cela que, le jour où Élodie entra dans leur vie, Colette na rien dit. Après tout, si Antoine avait choisi cette fille, il fallait laccepter.

Finalement, Élodie se dépliait petit à petit, moins piquante, acceptant Colette presque comme une amie.

La proposition du grand-père de vendre la chambre bouleversa Élodie.

Triste, Élodie ? Le grand-père triait ses papiers, Élodie laidait.

Non On se débrouillera. On louera sûrement quelque chose, Antoine commence juste un nouveau boulot. Moi, je pourrais à peine payer une chambre comme la vôtre.

Et alors ?

Si javais eu les moyens, je vous aurais même proposé de la racheter ! Mais bon On économise, cest long, mais au moins, on a un but. Chantal dit que même une toute petite réserve dargent, ça rend lavenir moins effrayant. Elle a sans doute raison !

Eh bien, vous êtes courageux. Et réfléchis bien, lavenir te surprendra, tu verras.

Il ne répondit pas à sa question, mais lui ébouriffa la joue. Allez, mets la bouilloire ! Viens boire le thé avec un vieux papy, cest tout ce qui me reste !

Colette tembête, hein ?

Tu plaisantes ! Elle ne ma jamais blessée !

Ah bon ? Rassure-toi, tu deviens toute rouge ! Colette te considère comme sa fille, tu sais ? Donne-lui une chance de sapprocher. Elle est pleine de compassion.

Je nai pas besoin quon me prenne en pitié ! Je peux bien consoler les autres, moi !

Tant mieux ! Mais pourquoi tu refuses quon te plaigne ?

Cest mauvais, non ?

Tout dépend ce quil y a derrière ce mot. Tu sais, avant, on disait “prendre en pitié” pour dire “aimer profondément”. Quand quelquun souffre, ce quil attend, cest de la compassion, pas des grands discours.

Cest vrai

Voilà ! Mais il faut du bon sens. Prendre quelquun en pitié, sans limites, cest inutile, parfois nuisible. Mais la vraie compassion, cest précieux.

Je vous aime bien, vous savez

Moi aussi ! Et cest réciproque !

Faut-il aimer tout le monde ?

Ceux que ton cœur désigne. Famille, amis, bêtes Mais pas bêtement. Donner une saucisse à un chat dans la rue, cest se donner bonne conscience, ce nest pas aider vraiment. Accueille-le, offre-lui un foyer, là tu feras quelque chose de beau et la vie te le rendra.

Pourquoi ?

Parce que le bien attire le bien, quand il vient du cœur.

Et cest ce souvenir qui revenait à Élodie alors quelle retrouvait le chat sur le paillasson de leur petit deux-pièces, acheté grâce à laide du grand-père et de Colette. Sans broncher, le chat accepta ses caresses ; mais, invité à entrer, il senfuit soudain dans lescalier, laissant Élodie perplexe.

Fallait-il encore quil accepte ! Élodie maugréa, prête à rentrer, quand le chat réapparut, traînant maintenant un minuscule chaton dans sa gueule.

Eh bien dis donc ! Élodie recueillit dans ses mains la boule de poils miaulante, tandis que le mâle repartait chercher un autre chaton.

Celui-ci, aussi roux et mille fois plus remuant, donnait du fil à retordre. Le père le faisait tomber, recommençait, têtu, sous lœil amusé dÉlodie.

Sacrée maman que voilà ! ria-t-elle, ouvrant sa porte toute grande. Allez, entrez ! Tous au complet ?

Le chat observa longuement Élodie, étreignant les chatons. Entre, allez ! Personne ne vous fera de mal. Et la maman, où est-elle ?

Le chat ne répondit pas, pris dactivités fébriles en déposant les chatons sur un plateau que venait de fournir Élodie. Et il entreprit de leur montrer la litière improvisée.

Tu es vraiment une maman exemplaire ! murmura Élodie, pouffant mais la main devant la bouche. Les petits nen menaient pas large. Désolée ! Je vais voir ce qu’il y a dans le frigo. Vous avez faim, non ?

Le chat lui indiqua clairement que la proposition était bienvenue ; Élodie fila à la cuisine.

Le soir venu, elle convoqua un conseil de famille.

Colette, si vous nêtes pas daccord, je chercherai à les placer Pas question de les remettre dehors, ces chatons Pourquoi le père sen occupe, cest étrange, non ?

Mais pourquoi tu me demandes mon avis, Élodie ? Colette caressa le chaton sur ses genoux. Cest ton appartement, à toi et Antoine. À vous de décider qui y entre. Tout à fait normal. Raconte-moi plutôt : comment tu les as nourris ?

Du lait. Heureusement, ils savent déjà laper.

Celui-là, je le prends quand il aura grandi. Et les autres

Je trouverai preneur pour les chatons, mais le mâle, je crois bien que je vais le garder. Il a beaucoup à mapprendre.

Comme quoi ? Colette écarquilla les sourcils.

Antoine, sourire aux lèvres, fit signe à sa femme quelle pouvait annoncer la nouvelle qu’ils gardaient secrète pour l’anniversaire de Colette.

Sur comment devenir une bonne maman Maintenant, jaurai deux maîtres à ce poste. Toi, et ce nounou moustachu.

Élodie caressa le chat, et fondit en larmes quand Colette la prit dans ses bras.

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