Eh, toi, le moustachu, tappartiens à qui ? Camille sétait figée devant la grande porte bleue de son immeuble à Paris, regardant un énorme chat roux assis bien tranquillement sur le paillasson.
Le chat, bien évidemment, ne répondit rien. Il sembla à peine remarquer la présence de Camille, à peine un frémissement de son oreille abîmée, comme pour lui dire : « Oui, ma vieille, j’entends, mais je nai aucune intention de te répondre. »
Bah, tes pas obligé ! lança Camille en haussant les épaules tout en fouillant dans son sac en cuir pour en sortir son trousseau.
Le chat, comprenant qu’elle allait ouvrir la porte, se poussa un tout petit peu, sans quitter son poste dobservateur très sérieux de la scène.
Les clés retrouvées (enfin !), Camille se mit à batailler avec la serrure, tout en ne lâchant pas le matou du regard.
Cet appartement, à Montreuil, elle et Paul, son mari, venaient de lacheter deux mois plus tôt. Deux pièces minuscules, mais cétait leur rêve devenu réalité. Les grincheux diraient quils auraient pu espérer mieux que ce pied-à-terre dans une vieille barre des années 60, quil fallait voir plus grand… Eh bien, ils en auraient rigolé, elle et Paul. Il ny a que six mois, ils squattaient encore la chambre du grand-père de Paul dans un vieil immeuble en colocation, et déjà, cette indépendance valait tout lor du monde pour eux.
Camille, tu fais attention avec les voisins, hein ? lui avait glissé la mère de Paul, Brigitte, en laidant à récurer la chambre avant le mariage. Ils sont gentils, mais un peu portés sur la bouteille.
Gentils de quelle façon, alors, sils passent leur temps à boire ? avait souri Camille, en tordant son chiffon tout en repoussant ses mèches rebelles.
Sa tignasse faisait craquer Paul, mais pour Camille, cétait juste une plaie, surtout pour le ménage. Elle avait beau tenter limpossible, ses bouclettes indomptables finissaient toujours par séchapper et déglinguer tout son brushing, la transformant en pissenlit hystérique.
Cest compliqué à expliquer, avait soupiré Brigitte. La vie ne les a pas ménagés, tu sais. Ils sen sont pris plein la figure.
Et ça, Camille comprenait. Orpheline passée par la famille daccueil, elle savait ce que cétait que davoir des adultes autour qui se croient martyrs et oublient que dautres dépendent deux.
Sa maman lavait laissée sur un banc de la gare de Lyon quand elle avait trois ans, avec un mot dans la poche de son manteau et un vieux lapin en peluche à loreille déchirée. Elle lui avait ordonné de ne pas bouger, et Camille était restée, serrant son pauvre Lapinou tout fatigué. Elle avait besoin daller aux toilettes, mais elle ne bougeait pas de peur de décevoir sa mère ou pire.
Sa mère nest jamais revenue. Cest un agent de la SNCF en uniforme qui a fini par lapprocher, lui parlant, sans réponse, jusquà ce quil touche Lapinou et demande :
Et lui, il a un nom, ce ptit loup-là ?
Et là, Camille sétait un peu réchauffée. Elle le lui répondit, tout bas :
Il sappelle Augustin…
Le monsieur avait alors caressé dabord le lapin, puis la tête de Camille.
Elle ta laissée ici depuis longtemps, ta maman ?
Cen fut trop, la digue céda et elle seffondra en larmes, faisant paniquer tout le hall. Pas un voyageur, pourtant, navait levé les yeux sur la petite gamine seule sur son banc pendant toutes ces heures.
Bien plus tard, Camille a su pourquoi sa mère avait agi ainsi. Juste avant le bac, une femme étrange la abordée devant le lycée, les bras tendus :
Ma fille ! Je tai retrouvée ! Viens dans les bras de ta maman ! Tu mas tellement manqué !
Camille avait alors déjà grandi dans sa famille daccueil, entourée de six autres enfants. Les parents faisaient ce quils pouvaient. Personne nétait mal nourri ni mal habillé. Les gamins avaient tous leur activité, leur routine… mais ils savaient aussi que, dès leurs dix-huit ans, la porte se refermerait : la vie dadulte commençait.
Pas de grande complicité ou de tendresse dans cette maison, leurs parents daccueil jugeaient lamour superflu par rapport au devoir. Donc, Camille ne sest pas jetée dans les bras de cette inconnue éplorée. Même si, au fond delle, elle en mourait denvie. Retrouver enfin ce truc quelle avait imaginé mille nuits : une maman, rien que pour elle, aimante comme dans les bouquins à la bibliothèque…
Mais à ce moment-là, Camille na pas cru aux larmes de cette femme. On lui avait souvent dit quelle ne pouvait pas se rappeler la gare, le banc, elle était trop petite… Mais elle, elle savait que la mémoire revient autrement, en sensations, en images floues. Elle avait été abandonnée, et ça, personne ne pourrait lui enlever.
Son ex-sœur daccueil, Manon, est intervenue quand Camille a esquivé la femme.
Camille, cest qui, elle ? sest-elle interposée, protectrice.
Je ne sais pas… Camille avait la tête qui tournait, les idées qui viraient en vrac.
Madame, vous faites erreur ! Laissez-la tranquille, cest ma sœur ! On rentre, viens, Camille. Je raconterai tout à maman, partez !
Camille, qui navait jamais vraiment accroché avec Manon, lui serra la main de gratitude et elles rentrèrent ainsi, main dans la main. À la mère daccueil étonnée, un simple haussement dépaules :
Quoi ?
Cest ce jour-là quelle sest trouvé une sœur, malgré tout.
Manon, elle, avait été abandonnée par son père. Elle aussi avait besoin dun bout de famille, même reconstituée.
Camille a finalement revu sa mère une semaine plus tard. Elle passait tous les jours devant son lycée, sans plus lassaillir :
Parle-moi, ma petite fille, sil te plaît !
Ce petit ma petite fille irritait Camille à un point… Mais Manon ne broncha même pas, se contenta dun :
Eh bah, quelle dise ce quelle veut, cest que des mots.
Cest Manon qui insista pour que Camille accepte au moins de lui parler :
Tu ne risques rien. Tu sauras pourquoi elle ta laissée. Demande ! Exige ! Peut-être que tu ne la reverras jamais, au moins tu seras fixée.
Comment tu sais que je culpabilise ?! s’était étonnée Camille.
Parce quon la toutes, tu crois quoi ? On se demande ce qui cloche chez nous pour avoir mérité ça…
Toi aussi ?
Evidemment…
Mais ten as jamais parlé.
Toi non plus ! Personne nen parle, on pleure la nuit en silence… Moi aussi je pleure, mais il va falloir arrêter. Faut grandir.
Sa conversation avec sa mère na rien changé de fondamental.
Tu mas abandonnée.
Pardonne-moi, ma petite fille !
Mappelle pas comme ça, jen peux plus.
Daccord, daccord… Ne ténerve pas !
Pourquoi tas fait ça ?
Jétais paumée, personne pour maider, ton père ma virée…
Pourquoi ?
Je lui ai dit que tétais pas de lui.
Cest vrai ?
Non.
Alors pourquoi ?
Jétais en colère, cétait la crise, on sest séparés…
Après ?
Je me suis disputée avec ma mère, je suis partie. Mais où aller avec une petite fille ? Je tai laissée, mais… Jai mis un mot, je savais quon soccuperait de toi, que je reviendrais…
Et tas pensé quun mot, cétait assez ? Tes sérieuse ?
Je sais que jai eu tort ! Tu me laisses une chance de réparer…
Réparer quoi ? Me rendre les années sans toi ? Franchement, tu rêves ! Et je veux plus te voir. Reviens pas !
Tu me pardonneras jamais ?
Je sais pas. Même si je te pardonnes, joublierai jamais ! Cest impossible !
Mais enfin, tétais toute petite, tu ne te souviens de rien !
Alors elle est partie. Ce jour-là, Camille sest juré que plus jamais personne ne déciderait pour elle de ce quelle ressent ou non.
Manon, elle, a compris :
Cest ton choix, regrette rien, et regarde devant toi !
Manon, comment tu fais pour être toujours aussi sage…
Je le suis pas encore, mais ça viendra, jespère. Jaimerais bien devenir psy, tu sais ? Comprendre comment la vie marche…
Elles en ont ri des années plus tard. Quand Manon serait mère, elle a dit un jour à Camille, en souriant sur le berceau de sa fille :
De toute façon, personne ne sait comment il faut vivre. Ni toi, ni moi, ni personne.
Et alors, comment on fait, Manon ?
On fait ce quon peut. On essaye de rendre heureux les siens, de leur apporter du calme, et déviter de faire jalouser les autres avec une vie de série télé.
Tes douée, toi.
Je fais de mon mieux ! lançait Manon, en bordant sa pitchoune.
À force de la voir faire, Camille finissait par relativiser ses soucis…
Après tout, cétait pas si mal, la chambre partagée. Au moins, cétait près du métro, du boulot… Avec un petit coup de pinceau, la vie était belle ! Brigitte avait eu raison : les voisins étaient honnêtes, même si la vie avait été cruelle. Il fallait savoir avoir du cœur, voilà tout.
Ça, Camille avait mis du temps à lintégrer. Personne ne lavait jamais plaint vraiment, à part Manon.
Brigitte et le grand-père de Paul ly ont aidée.
Brigitte, cétait une force de la nature, avec son franc-parler et son sourire. Elle a accueilli Camille comme sa propre fille. Manon appelait ça un exploit :
Nattends rien de miraculeux, Camille, la conseillait-elle alors que Camille allait rencontrer sa belle-famille. Tas aucune fortune, tes pas la gosse idéale, le logement social pour toi, cest pas gagné…
Mais jai fini par lobtenir ! Je suis même inscrite sur la liste dattente !
Oui et tu te rappelles ta place sur la liste ? Tattends pas à un miracle. Compte sur toi-même, et ne te vante pas auprès de ta belle-mère. Tu verras bien quand tu signeras le bail.
Pourquoi ?
Pour ne pas décevoir, tout simplement.
Et puis… Essaie de laisser une chance à Brigitte, tout en restant toi-même.
Me prends pas pour une idiote
Cest que je taime bien, voilà. Il faut du temps pour comprendre les gens. Prends ton temps avec elle. Elle nest pas obligée de taimer juste pour faire plaisir à Paul.
Ça, Camille le savait déjà.
Au début, Brigitte lintimidait pas mal, avec son énergie débordante, sa voix qui portait à trois pâtés de maisons, et son envie de donner à tous un peu plus de bonheur. Camille, peu habituée à être dorlotée, supportait mal tant de gentillesse… faire du bien, ça lui semblait suspect.
Camille, mon manteau tombe en lambeaux. Tu veux bien venir maider à en trouver un nouveau ?
Tu veux que je fasse quoi ?
Maccompagner aux Galeries. Jaurais bien demandé à Paul, mais il déteste faire du shopping. Lui, il attend, et moi, je prends nimporte quoi. En plus pour ma taille, cest jamais simple… Ten dis quoi ?
Camille acceptait du bout des lèvres, et elles revenaient toujours chargées de paquets, étonnamment remplis pour la plupart daffaires choisies par Brigitte pour Camille une veste, une sacoche, des bottines dont elle naurait jamais osé rêver…
Elle navait même pas besoin de choisir, Brigitte guettait ses envies, lentraînait, et imposait gentiment un cadeau :
Celle-là, elle tirait super bien, tu trouves pas ? Allez, on la prend !
Impossible de protester. Et le soir, Camille remerciait en silence cette dame étonnante.
Parce que, franchement, ils nont pas grand-chose en commun. Quest-ce quelle est, Camille, pour Brigitte ? Quasi rien… Dhabitude, les belles-mères adorent martyriser leur belle-fille… Mais là, Brigitte est presque tendre. Alors Camille reste sur la réserve, polie mais prudente.
Visiblement, Brigitte comprend, et respecte la distance, adoucissant son insistance, sans jamais cesser daider. Elle perçoit même le désir dindépendance de Camille, sans poser de questions.
Papy commence à fatiguer. Il aurait besoin daide au quotidien. Ce serait le moment den faire mon coloc. Paul, tu pourrais céder la chambre.
Et nous alors, maman ?
Vous, vous prendrez la sienne. Ça vous fera de lair, et papy sera pas loin.
Grand-père, lui, suivait tout dun air amusé. Le dimanche, il réveillait Brigitte de bonne heure, en râlant :
Debout ! Il est lheure daller se dégourdir au parc !
Brigitte soupirait, repliée dans son plaid, se levait pour laccompagner, puis lui préparait sa douche froide rituelle.
Dis, papa… Ten penses quoi, jai bien fait ?
Mais oui. Laisse-les voler de leurs ailes. Tant quils ne demandent rien, laisse-les se débrouiller.
Et Camille ? Elle est arrivée chez nous presque sans rien…
Là, tas fait ton devoir de mère. Mais latte pas trop elle est fière, la gamine. Faut pas en faire trop.
Brigitte écoutait toujours son père. Elle passait voir “les enfants” sur invitation, intervenait peu, se rappelant combien, jeune maman, elle était impressionnée par sa propre belle-mère au tout début.
Tu es une mère ! lui disait-on alors que ses mains tremblaient en langant Paul. Ne pleure pas, fais confiance à ton instinct. Tu sauras quoi faire. Sinon, je suis là.
Paul na jamais vraiment connu sa grand-mère ni son grand-père, décédés tôt. Mais Brigitte lui rappelait tout le temps combien il était aimé, combien son père rêvait de jouer au foot avec lui…
Mais alors, maman, pourquoi tout sest arrêté ? Papa conduisait super bien, tu las toujours dit…
Je ne sais pas, cétait un jour de brouillard. Il emmenait ta grand-mère voir sa sœur malade… On ne pouvait pas refuser daider la famille. Un camion… et voilà.
Tu tennuies de lui ?
Plus que tout, mon chéri…
Et tu sais quil taimait aussi ?
Bien sûr…
Comment on sait quon aime, maman, pas juste parce que cest commode, tu vois ?
Jen sais rien, Paul, mais je crois que vivre à deux, cest pas une question de partage de loyers, tu veux ? Cest autre chose… Un sentiment plus profond.
Je veux ça aussi, maman, moi. Etre aimé, aimer, et choisir quelquun pour la vie…
Il ny a pas de raison, mon fils. Attends, sois patient, ça arrivera.
Peut-être pour ça, le jour où Camille a débarqué chez eux, Brigitte na rien dit : son fils avait choisi, elle aussi devrait apprendre à aimer cette fille farouche…
Petit à petit, Camille a laissé tomber ses barrières. Brigitte sest faite amie, plus que belle-mère.
Quand le grand-père a proposé de vendre la chambre, Camille sest dabord inquiétée.
Tas lair contrariée, lança le vieux, en triant ses papiers avec elle.
On se débrouillera, tinquiète… On louera quelque chose, selon ce quon peut payer. Paul vient à peine de commencer son nouveau boulot, et mon salaire, cest pas la folie. Mais on économise, on a déjà un peu de côté. Manon me dit que même un tout petit coussin donne confiance. Elle a raison.
Vous êtes débrouillards. Jaime ça, sourit-il. Allez, mets leau à chauffer quon papote. Cest tout ce qui me reste, le thé et le bavardage.
Brigitte te fatigue ? risqua Camille, sur les nerfs.
Jamais ! répondit le vieux. Tinquiète, tu peux souffler. Et puis cest ta belle-mère, alors…
Et alors ?
Voyons, tout le monde dit que les belles-mères sont terribles, cest vrai ?
Nimporte quoi, la mienne me laisse tranquille. Même quelle me considère comme une fille.
Elle est sensible, laisse-la venir un peu plus près de ton cœur.
Jai pas besoin dêtre prise en pitié !
Ah bon ? Pourtant, cest pas mal, parfois, dêtre réconforté, tu sais ?
Cest bizarre, la pitié…
Ça dépend. Tu sais, autrefois, on disait : quelquun vous chérit. Cest plus beau que aimer. Ça englobe tout…
Tas peut-être raison…
Cest comme avec les animaux. Leur donner une saucisse dehors, ça sert pas à grand-chose. Si tu veux vraiment les aider, tu leur ouvres ta porte. Cest là que tu fais un vrai geste, et crois-moi, ça revient toujours.
Ce souvenir de discussion frappe Camille ce matin-là. Parce que sur le paillasson, ce chat roux trouvé là, cest bien la pitié qui lattendait, et pas la fausse, la vraie. Il se laisse caresser cette fois. Mais à linviter à entrer… il détale dans lescalier, laissant Camille un brin vexée.
On fait la difficile, hein… plaisanta Camille, prête à clore la porte, mais voilà que le matou réapparaît avec un chaton dans la gueule, minuscule copie de lui-même.
Ben ça alors…
Elle attrapa délicatement la petite boule rousse. Le chat, lui, remonta aussitôt, revint avec un deuxième, plus vif, et cette fois, la scène la fit éclater de rire. Le père galérait à transporter son turbulent rejeton, le lâchait, recommençait…
Eh bien, mon vieux, tes vraiment une mamie ! sexclama Camille, ouvrant grand la porte. Allez, viens, cest pour tout le monde, ou il y en a dautres ?
Le chat hésita, mais finit par entrer, surveillant attentivement ses petits réunis près de Camille.
Tinquiète, ici personne ne vous embêtera. Mais la mère, elle est où ?
Le chat, bien sûr, ne pipait mot, mais attrapa un chaton et sagitait dans lentrée.
Attends, jimprovise ! Camille chercha un plateau, y installa la marmaille, et regarda le matou apprendre à ses petits à aller à la litière.
Non mais, t’es vraiment une maman… gloussa-t-elle, en refermant vite la bouche pour ne pas effrayer les chatons, puis filant à la cuisine.
Le soir venu, grand conseil de famille.
Brigitte, si tu ne veux pas, je leur trouve une autre famille, mais dans la rue, jamais ! Ils sont trop petits. Jsais même pas si la mère est encore là bizarre, un papa qui soccupe, hein…
Mais tu ne dois pas me demander mon avis, Camille, répondit Brigitte tout en caressant un minou endormi. Cest votre chez-vous à vous deux ! Faut décider ensemble, cest tout. Bon, tu les as nourris comment ?
Avec du lait déjà, heureusement quils lappent.
Jen prends un quand il sera plus grand. Mais les autres…
Je trouverai à placer un chaton, mais le vieux roux, je crois quil restera. Jai des choses à apprendre de lui !
Quoi, donc ? demanda Brigitte, les sourcils en accent circonflexe, pendant que Paul souriait, lançant un regard complice à Camille en lui laissant annoncer la nouvelle quils gardaient secrète pour lanniversaire de Brigitte.
À devenir une sacrée bonne maman… Jaurai deux profs pour ça, maintenant. Vous, et ce nounou moustachu…
Et Camille caressa le chat, incapable de retenir ses larmes silencieuses, quand Brigitte lenlaça fort dans ses bras.