Je pense que mon frère n’a pas fait un très bon mariage. Au début, jai sincèrement essayé dentretenir des relations cordiales avec ma belle-sœur. Mon frère et sa femme ont vécu chez ma mère et moi pendant un certain temps. À partir de là, jai dû déménager dans une petite chambre, ma mère sest installée dans le salon, et nous avons laissé la chambre principale à mon frère et son épouse. Dès le départ, Camille a voulu nous faire sentir, par son attitude, quon ne jouait pas dans la même cour quelle. Elle était la fille dun professeur.
Ma belle-sœur, Camille, ne jugeait pas nécessaire de faire le ménage ou de cuisiner à la maison : elle estimait que ce nétait pas à elle de le faire. Quand elle est tombée enceinte, elle a affirmé quil lui fallait du calme absolu. Ma mère nest pas quelquun de conflictuel : elle a tout accepté en silence. Je navais même plus la possibilité dinviter mes amis, puisque, selon Camille, cétait aussi chez elle.
Elle exigeait des petits plats et du silence. Désormais, ma mère devait cuisiner pour elle séparément. À plusieurs reprises, jai essayé de discuter avec ma mère, pour quelle cesse de tout accepter et dessayer de plaire à cette belle-fille qui devenait chaque jour plus exigeante. À mesure que sa grossesse avançait, Camille annonça que son futur enfant devait avoir sa propre chambre. Elle souhaitait que je déménage dans le salon de ma mère. Cen était trop pour moi. Camille sest mise à pleurer, à crier, comme si on lui provoquait un accouchement prématuré.
Mon frère a pris la défense de sa femme et ma traité de gamin immature. Finalement, notre mère a demandé à mon frère de trouver une autre solution de logement. Ils ont fini par déménager. Je ne savais même pas quand leur fils est né, ni quand il a été baptisé. Ma belle-sœur sétait contentée de dire quil était inutile dapporter des cadeaux : il valait mieux donner de largent pour lenfant. Elle allait même jusquà annoncer le montant attendu en euros.
Ma mère lui a répondu quelle navait pas les moyens. Suite à cette réponse, on nous a interdit de voir lenfant. Ma mère en a été très attristée, mais par la suite ils ont eux-mêmes commencé à ramener le petit chez nous. Parfois, Camille laissait son fils chez ma mère ou avec moi, par exemple quand elle sortait prendre un café entre copines ou se faire faire les ongles. Mais elle récupérait toujours lenfant en trouvant à redire : il nétait pas habillé comme il fallait, ou on lavait mal nourri…
Lorsque lenfant a eu un an, mon frère et Camille sont revenus nous voir. Ils ont expliqué quil leur fallait trouver une solution pour le logement. Ne pouvant pas obtenir de prêt, ma belle-sœur avait décidé de chercher un travail, en me laissant leur fils en attendant.
Tu étudies à luniversité pour devenir professeur, tu pourras te faire un peu la main. Cest impossible de vivre uniquement sur le salaire de ton frère. Mais on ne peut pas te payer. Et les cours ? Tu pourrais passer en cours du soir, il faut bien quon sentraide, disait-elle.
Bien sûr, jai refusé. Je narrivais pas à faire comprendre à mon frère que leurs problèmes de logement ne me concernaient pas. Pourquoi sacrifier mes études pour régler la vie de quelquun dautre ? Et puis, il a fallu écouter les reproches de ma belle-sœur, qui me trouvait égoïste de ne pas moccuper de son enfant.
Camille nous a traités dégoïstes, jurant quelle et mon frère ne remettraient jamais les pieds chez nous. Pendant presque six mois, effectivement, ils ne sont plus venus. Un jour, pourtant, mon frère est rentré chez nous. Sa femme avait trouvé un emploi, où elle avait rencontré un autre homme. Elle a divorcé de mon frère et a demandé une pension alimentaire.
Elle menace maintenant mon frère avec leur fils : sil paie la pension, il pourra voir son enfant. Sinon, il naura plus daccès à lui. Sauf que lautre homme rencontré par Camille nest pas pressé de lépouser : il a déjà une femme, civilement mariée. Du coup, lex-femme de mon frère vit encore dans un appartement loué, payé, qui plus est, par mon frère.
Mon frère nous a demandé pardon. Il ma assuré que la prochaine fois, il choisirait une femme avec beaucoup plus de discernement.