Quand je suis parti à la retraite, jhabitais seul dans un grand appartement de deux pièces à Lyon. Comme beaucoup de retraités de notre immeuble, je me retrouvais avec bien plus despace que nécessaire. Lorsque les enfants sont petits et que la famille est réunie, un grand logement est tout à fait justifié. Mais une fois que chacun a pris son envol, tout cet espace libre met étrangement laccent sur le silence et la solitude. Cest loin dêtre lidéal : on pense aux travaux qu’il faudrait faire, à l’appartement à rafraîchir, mais honnêtement, ni lénergie ni la retraite ny suffisent.
Rien que payer les charges me coûtait presque la moitié de ma pension, alors que je ne profitais même plus de la moitié des mètres carrés. Le ménage devenait un casse-tête laver les vitres, faire les sols, astiquer dans toutes les pièces… Jétais fatiguée rien quà lidée.
Je savais bien quil fallait que je déménage, mais j’ai reporté la décision des années durant. On sattache à son appartement, à son quartier ; tous mes souvenirs, mes amis, ma vie étaient concentrés ici Javais énormément de doutes à lidée de tout quitter. Mais un jour, jai dû me rendre à lévidence : entre la fatigue et le budget, je navais plus les moyens dentretenir un appartement aussi grand.
Heureusement, ma fille, Camille, et mon gendre, Christophe, mont beaucoup soutenue et se sont occupés de presque tout. Ils mont trouvé un joli studio dans le quartier de la Croix-Rousse, pas très loin de chez eux, et ont pris en charge les petites rénovations. Malgré la superficie réduite, franchement, je nai jamais une seule seconde regretté ce choix.
Pour une retraitée seule, un T1, cest vraiment lidéal ! Je paye beaucoup moins de charges, je fais le ménage de fond en comble en une heure, et ensuite, un petit coup de chiffon quotidien suffit cest réglé en dix minutes.
Je me sens à laise, tout ce dont jai besoin tient facilement mes meubles, mes appareils, mes souvenirs Il y a même de la place. Les anciens propriétaires mont laissé un grand placard qui remplace parfaitement la cave. Et puis les objets inutilisés et la vaisselle que jentassais depuis des années, je les ai donnés ou jetés. Dans ce nouveau cocon, jai gardé lessentiel, fini les accumulations.
Beaucoup simaginent que dans un studio, on manque forcément despace. Bien sûr, cest vrai que si tu veux héberger du monde, ce nest pas simple. Mais franchement, je nai jamais eu dinvités qui dorment ici. Ce nest ni pratique ni souhaité ; à mon âge, jai mes habitudes, mes petits rituels. Un étranger pour la nuit, je ne pourrais pas. Personne ne ma jamais demandé dailleurs.
Ma fille habite tout près. Quand elle, Christophe, ou mes petits-enfants passent, ils restent quelques heures mais repartent toujours chez eux après. Idem pour mes amies : elles passent prendre un café, papotent un moment, puis rentrent dormir chez elles. Je crois quaucune ne ma jamais demandé à rester dormir. Je préfère avoir mon espace rien quà moi.
Chacun fait comme il lentend avec sa retraite : certains tiennent à rester dans leur ancien appartement, même trop grand, dautres, comme moi, nont pas de souci à passer à plus petit. Je nai jamais ressenti le besoin de conserver un grand appartement à mon âge. Bien sûr, si la santé et le porte-monnaie suivaient, pourquoi pas, mais, honnêtement, mon petit studio me suffit amplement.
Si tu dois choisir, le tout, ce nest pas que la surface ! Cest surtout la localisation avoir une pharmacie, la boulangerie, le cabinet du docteur à proximité Être pas trop loin de chez les enfants, pour quils puissent passer sans que ça prenne une heure, et puis, pas très loin non plus dun petit parc ou du marché pour sortir prendre lair. Cest ça, le vrai confort !