Enfants gâtés
Tu las gâté, voilà tout ! À force de tout lui passer, il te mène par le bout du nez ! Camille, ce nest pas comme ça quon fait ! Tu as complètement gâté ce garçon ! Tout comme moi, je tai pourrie-pourrie à ton époque ! Personne à blâmer. Je suis la première coupable. Ah, vraiment, quelle famille denfants bien trop choyés ! Et ne viens pas me dire que tu es une adulte maintenant, ça ne prend pas avec moi. Tu restes une enfant, tu ne réfléchis jamais et tu ne sais vraiment pas prendre les bonnes décisions ! Madeleine Moreau, en plein élan, claque la porte du frigo et sursaute quand laimant à souvenir, avec la photo de famille de sa fille, sécrase mélancoliquement sur le carrelage.
La photo datait de lété passé aux Sables-dOlonne, où, pour une fois, on ne lavait pas invitée. Depuis des années, elle partait en vacances avec les enfants. Elle gardait les petits-enfants, goûtait au grand air, se constituait un petit carnet dadresses utiles. Mais là, nada.
Les raisons pour lesquelles elle avait été écartée du voyage lui semblaient tirées par les cheveux.
Maman, cest un peu compliqué cette année, tu vois ? Avec les enfants, on part tous les quatre. Plus tard, on toffrira un séjour rien que pour toi, tu pourras choisir lendroit qui te plaît. Daccord ?
Mais enfin, Camille ! Et les enfants, alors ? Qui va sen occuper ?
Mams, Paul est assez grand, il pourra jouer les nounous. Et Zoé restera collée à mes baskets. En plus, on ne peut pas se payer lhôtel sympa de dhabitude, alors tant pis, pas de club enfant et tutti quanti. Tu te souviens, les vacances en mode roots quand on était jeunes ? Ben voilà. On loue un appart ou une maison, puis cest système D.
Évidemment, il ny aura pas la place pour moi!
Madeleine avait le sentiment dêtre privée dun os à ronger. Aller seule en cure à Bagnères sans animation, à part la soirée loto intergénérationnelle et les conférences sur les rhumatismes ! Et puis quoi encore ? Rien à voir avec un bon hôtel où lon croise tout un tas de gens du bon monde, de jolis étrangers, et on discute de la pluie et du beau temps dans deux langues. Enfin, avec son niveau détudes, on la prend pour lattachée culturelle en chef du hall. Mais pas cette fois.
Mamounette, tu comprends Les vacances, ce nest pas que le toit. Cest lessence, les croissants, la glace à la plage et tout le reste.
Oh, nexagère pas, je ne vous mange pas tout le gigot ! Madeleine grimpa direct dans les tours.
Mais pourquoi il faut toujours que je te refasse le budget annuel ? On na pas assez, voilà. Jaurais adoré que tu viennes mais cest impossible. Il y a eu les travaux dans ton appartement, mon séjour à lhôpital lhiver dernier, les cours de math pour Paul Tout ça, ça chiffre ! Aujourdhui, on ne peut pas plus. Quest-ce que tu veux que je fasse ? Je laisse Paul et Zoé plantés à Paris tout lété ? Ou je mexile chez les voisins pour pleurer sous la douche ? Jai besoin dair, moi aussi, tu comprends ?
Et moi, je ne sers donc à rien ! Franchement, tu exagères ! Les enfants encore, cest moi et ta belle-mère Claire qui nous tapons tout ! Aller chercher Zoé à la maternelle, récupérer Paul après le collège, nourrir, abreuver, gérer les activités, les baskets, le kimono!
Maman, arrête ! Paul va seul à sa séance de foot, tu nemmènes que Zoé à la danse, et encore, la moitié du temps tu annules. Et franchement, elle pourrait rejoindre le groupe éveil corporel du périscolaire, mais tu as insisté pour que Zoé soit en avance sur son époque.
Donc cest encore de ma faute ? Madeleine monte dans les aigus et sagrippe aussitôt au cœur. Quelle bande dingrats ! On se plie en quatre, et cest jamais assez !
Sil te plaît, maman Camille pose son front contre la vitre. Je tassure que je te suis reconnaissante. Juste, ne ten sers pas comme dun bâton, ok ?
Madeleine nécoute pas. Elle claque la porte, laisse son sac avec son nouveau maillot de bain négligemment dans lentrée et boude.
La bouderie, cest son art. Madeleine a cette capacité, très française, de faire lourd sans une explosion, juste en changeant dintonation, ou en disparaissant un jour ou deux sans répondre au téléphone. Puis, lors dun grand retour, au bout du fil, répondre à la fille sur un ton asthmatique :
Camille, dis, si le cœur sarrête comme ça, tout doucement, ou alors il tape tout mou, ça veut dire quoi ?
Ni une, ni deux, Camille file comme une flèche en banlieue, sur la petite maison de Madeleine, où celle-ci va méditer après chaque dispute pour donner la paix à son âme. Après chaque expédition, Camille revient lessivée, planque les clés de sa voiture sur la commode, file dans sa chambre et fond en larmes, sans jamais comprendre pourquoi mère agit ainsi.
Paul sapproche, la couvre dun plaid tout doux et pose la main sur son épaule :
Mman, ne va pas là-bas Laisse mamie bouder et elle reviendra delle-même.
Ah Paul, si seulement jen étais sûre
Depuis toute petite, Camille connaît sa mère comme ça. Raffinée, sensible, polyglotte, capable de parler plus vite quune annonce SNCF, excellente en musique, mais très (très !) susceptible. Elle pouvait te reprocher quelque chose aussi bien en français, anglais, quen italien. Petite, rien ne lui faisait plus peur que le chuchotement glacé : Camillou, va réfléchir à ce que tu viens de faire. Va donc dans ta chambre, ma chérie.
Jamais un ma chérie na été aussi venimeux, sauf quand maman était contrariée.
Bon, Madeleine, il faut dire, na jamais eu le verre à moitié plein. Pour elle, il manquait toujours quelque chose, et tous les autres étaient insuffisants. Collègues ? Insuffisantes. Copines, mari, voisins, la terre entière. Et la liste continue.
Au début, Camille échappait à cette malédiction. Petite, elle était la fierté incarnée : bébé qui feuillette Le Petit Prince à trois ans, appuie sur les touches du piano à quatre en disant solennellement : Maman, jentends la musique.
À cette époque, Madeleine paradait avec des mines dambassadrice.
Le rêve a pris leau au collège. Camille, première de la classe, mauvaise note en dictée, drame ! Le verdict de Madeleine était sans appel.
Tu me déçois énormément, ma pauvre fille ! Rentre dans ta chambre, cest impensable !
Bien entendu, Camille na jamais eu le droit dexpliquer. Cest la grand-mère, Suzanne, qui découvrit la scène tragique. En la trouvant blottie en larmes au-dessus de lévier, en train dessayer de faire disparaître une sacrée tache sur la jupe.
Camille, ma puce, que se passe-t-il ?
Là, Camille avoue avoir eu un terrible mal de ventre pendant le contrôle, avoir eu peur, ne rien avoir compris Elle navait jamais eu The Talk. Selon Madeleine, ces sujets ne concernent pas les enfants bien élevés, et comme Camille navait aucune copine, les discussions entre filles nexistaient pas. Éducation, éducation
La discussion de Madeleine et Suzanne na rien donné, à part une migraine et un classique :
Camille, ces questions-là, cest à ta mère dy répondre !
Mais je savais pas
Désormais, réfléchis avec ta tête ! Tu las justement pour ça.
Sur ce, Camille ne sut jamais ce quelle avait raté.
Ce fut la première fissure dans son univers ordonné. Ce doute minuscule deviendra, bien plus tard, le déclic pour comprendre que sa mère nétait pas la Sainte Mère du foyer, et que sacrifier sa vie pour ses enfants, euh cétait, selon le moment, un mythe.
Sen suivent les déceptions à la chaîne. Madeleine commence à arborer le fameux bandeau de soie sur le front, contre la migraine. Camille sait, en entendant ce froufrou dans le couloir, quun orage se prépare.
Mais jamais de dispute tonitruante, oh non. Madeleine sassoit en majesté dans son fauteuil, accent breton aussi froid que les huîtres de Cancale :
Camille, tu machèves
Comment, pourquoi ? Camille doit le deviner. Peuvent causer du scandale : vouloir devenir médecin (hérésie !), alors quil faudrait suivre lexemple maternel
Tu ne comprends pas ! Ton père était chirurgien, on ne se voyait jamais ! Être chirurgien, ce nest pas une vie pour une femme ! Regarde ta grand-mère, elle disait que sauver des vies, cest noble, mais voilà : résultat, je suis veuve et tu es orpheline de père. Il est mort à la tâche ! Réfléchis, ma pauvre enfant ! À lintérêt commun, pas seulement aux caprices !
La joute verbale a duré longtemps, mais Camille a réussi et filé en fac de médecine. Madeleine boudait, ne disant guère plus que oui ou non lors du café du matin, pendant près de six mois.
Quand Camille a choisi son mari, la tension est montée dun cran. Étienne, jeune prof sympa, nétait pas du tout assez brillant
Franchement ! Tu nas trouvé personne de mieux ? Et ne me parle pas dargent ! Il ne connaît pas Maupassant, il na jamais écouté une note de Verdi ! Enfin, tu as de drôles de goûts, Camille !
Étienne est quelquun de bien, maman, tente Camille, sans grande conviction. Et il maime, cest lessentiel.
Cest lamour ! On nélève pas une famille sur trois mots doux ! Tu comprendras, mais trop tard !
Au mariage, Madeleine pleurait devant tout le monde : Cest dur, mais bon, je resterai près deux, je suis la mère après tout, cest mon rôle !.
À cette même noce, elle a rencontré son second mari, Robert, le cousin dÉtienne, retraité de la gendarmerie, galant et polyglotte. Charmée par son accent parfait (Ma mère était attachée à lambassade en France), Madeleine en a oublié le mouchoir cérémonieusement rangé dans son sac Dior.
Robert connaît les poèmes de Villon, range sa maison au carré, fait pousser des pivoines dans sa grande maison de banlieue. Madeleine sy épanouit enfin et laisse un peu de répit à Camille.
Leur mariage est heureux, Madeleine adoucit son ton, surtout quand arrivent les petits-enfants.
Ces enfants sont si jolis, Camille ! Paul est tout le portrait de son grand-père, et Zoé, regarde-moi ce nez ! Elle sera superbe !
Camille ne proteste pas enfin, la paix ! Et, surprise, son couple avec Étienne est solide. Il a su établir de cordiales relations avec Madeleine : on ne sengueule jamais, mais chacun reste sur ses positions, club du dialogue de sourds. Étienne bosse comme un fou, Madeleine admet que le zéphyr de gendre nest finalement pas si mal. Même lachat dune maison, quelle trouvait absurde, finit par la convaincre.
Ce sera mieux pour tout le monde. Ta mère a son chez-elle, nous aussi, tranche Étienne. Laisse Camille reprendre le travail si ça lui plaît, ma mère gardera les enfants.
Il y a deux grand-mères, je te rappelle ! lance fièrement Madeleine, toisant Étienne, chose rare ces derniers temps. Je participe !
Camille retourne un peu au bloc, les enfants poussent, beau petit ménage, jusquau jour où Robert tombe malade, et quitte Madeleine pour rejoindre les poètes dans le ciel. Il ny eut pas de plus grand drame pour elle.
Ah, mon cher Robert sanglote-t-elle à la mémoire de son Robert adoré. Je touchais enfin au bonheur !
Et qui blâmer cette fois ? Mystère.
Désormais, Madeleine achète deux petits bouquets dœillets pour ceux qui ont embelli son quotidien, et devient intransigeante avec les vivants. Camille compense comme elle peut : week-ends, vacances, Noël Madeleine est de toutes les photos de famille.
Et quoi ? Cest normal, je suis de la tribu déclare-t-elle à ses amies.
Dis donc, Madeleine, peut-être que Camille voudrait passer du temps juste avec son homme et ses petits, non ?
Quelle idée ridicule ! Je ne contrôle rien du tout ! Je rends service, et puis cest tout ! Comment ferait-elle sans moi ?
La guerre arrive en douce, quand Paul grandit. La surveillance rapprochée de sa grand-mère ne lui plaît plus vraiment. Il aime sa mamie, bien sûr, mais ses critiques lexaspèrent.
Paul ! Tu remets ce bruit infernal à fond ? Ce nest pas possible ! Comment peut-on écouter des choses pareilles ? Madeleine entre sans frapper, grimace et ressort son bandeau en soie, même si ce coup-ci, Paul sen fiche éperdument.
Zoé ! Viens, on va chanter !
Les deux, frère et sœur, dansent dans la chambre sur du rock bizarre, Madeleine réalise quelle est larguée.
Paul, toi, à la limite, mais Zoé ! Non ! Cest insensé ! Je vais prévenir votre mère !
Tu ferais mieux dappeler papa, Mamie. Maman est en salle dop, tu le sais très bien !
Étienne prend ça zen et, le soir, se met à chanter avec Paul à tue-tête en imitant Freddie Mercury, tandis que Camille rêve dentendre ses enfants exprimer un beau jour leur art à Bercy.
Comme Paul se découvre un vrai talent de guitariste, Camille décide de lui offrir une basse à Noël.
Non Camille ! Vous voulez me mettre à la porte, cest ça ?!
Oh maman, arrête !
Je ne supporterai pas ça Il doit étudier, pas perdre son temps !
Il travaille à fond, tu le sais ! Et puis, tu nas jamais dit que cétait bien de souvrir à lart, davoir mille passions ? Tu changes davis ?
Ce nest pas ce genre de passion que javais en tête ! Oh, Camille, tu recommences
Les sujets dengueulade ne manquaient pas. Étienne, bien entendu, soutenait Camille. Madeleine, vexée, arrête de répondre au téléphone, et verrouille sa porte à double tour. Quand Camille débarque vérifier que tout va bien, rien à faire : la clé prétendument perdue par Madeleine avait déjà changé de poche.
Sauf que là, Camille craque. Sature. Son week-end, elle le passe à astiquer la cuisine, et lorsque sa tasse préférée (cadeau de Paul Super Bonne Fête Maman) explose en mille morceaux sur le sol, elle sent la coupe pleine.
Cette ridicule collection de tessons colorés est la goutte qui fait déborder le vase dune vie entière de duels maternels. Camille aime sa mère, mais décide soudain que cet amour doit évoluer, sinon il nen restera que des blessures.
Paul ! Son cri monte jusquau premier, le garçon arrive, intrigué par cette urgence (très rare).
Je suis là !
Tu tes décidé sur la guitare ?
Je peux ? ses yeux pétillent à faire éclater les lampadaires.
Oui, tu choisis ! Cest la moindre des choses, non ?
Une basse ! Tes sûre, maman ?
À cent pour cent ! Nest-ce pas ton expression ?
Oui ! Et quest-ce que va dire mamie ?
Elle dira que nous sommes des enfants gâtés Mais toi, tu ten fiches. Allez, viens, on file en boutique !
Où ça ?
Tu ne sais pas où on vend les guitares ? On va chercher ensemble !
Jappelle Zoé, elle va vouloir maider à choisir !
En les voyant tous les deux filer, Camille se dit que son fils est le plus gentil du monde : quel ado embarque sa petite sœur de 6 ans pour laider à choisir une basse ?
La basse fut achetée. Très vite, la chambre de Paul devient studio dado, ateliers denregistrement de boys band artisanal, et quand la vidéo de Zoé chantant avec son frère cartonne sur les réseaux sociaux, tout séclaire : ils sont dans leur élément.
Camille retrouve le moral : ses enfants séclatent, Paul ne grogne plus tout le temps. Le soir, elle rentre, lessivée après une garde, et cest leffusion de projets, de discussions, de rires. Tout roule.
Madeleine, elle, attend. Elle range, cuisine, se persuade que, comme dhabitude, sa fille viendra demander pardon.
Mais la semaine passe. Puis une autre. Rien.
Dabord, elle ne comprend pas, puis elle bouillonne, jure quelle exigera plus quun simple désolée, puis doute. Cest bien la première fois quon lui résiste vraiment, quon lui fait sentir que tout ne gravite pas autour de ses désirs. Nimporte quel autre, elle laurait rayé de sa vie sans état dâme. Mais pas Camille. Malgré tout, elle laime à sa manière.
Les mois passent
Petit à petit, la lumière se fait : elle a beau avoir tout donné à sa fille et ses petits-enfants, elle se rend compte que son mot de la fin nest pas toujours le bon. En vieillissant, elle sent le vide, sa colère faiblit. Se retrouver seule à jouer la statue dans sa cuisine, ça lasse.
Un matin de bruine automnale, alors quelle observe, dun air maussade, les gamins dà côté sauter dans les flaques, elle comprend : le temps passe, laigreur ne remplit pas le vide, et bientôt, cest elle, Madeleine, quon ira fleurir au cimetière. Où est lintérêt ?
La tasse claque sur la soucoupe. Deux minutes plus tard, elle démarre sa voiture.
Ce dimanche-là, Paris désert, elle arrive rapidement au lotissement où vit Camille. Lorsquelle se gare dans lallée, panique : cest elle qui va faire le premier pas. Inédit. Elle hésite, respire, sentraîne à un dialogue dambassadeurs.
Évidemment, tout sécroule quand elle pousse le portail et quelle entend, venant de la cuisine, un boucan infernal. Camille danse, spatule en main, chante à tue-tête une chanson idiote, Zoé tape des mains au rythme.
Trop bien, Maman, on enregistre un TikTok, allez !
Camille rit, sert du jus, distribue des verres.
Tiens, Zoé, tu prépares la tournée pour tout le monde. Les garçons auront soif en descendant du studio.
Elle se retourne et découvre Madeleine sur le pas de la porte.
Silence. Même le temps semble retenir son souffle.
Zoé reste bouche ouverte, mais cest Camille qui prend la parole :
Coucou maman ! Tu veux bien surveiller la viande pendant quon finit de mettre la table ? On mange bientôt. Tu as faim ?
Madeleine acquiesce, retire son imper.
Oui!
Super ! Zoé, tu as oublié comment ta grand-mère ressemble ou quoi ? Viens lavertir
Zoé sourit, hoche la tête.
Je me rappelle ! Mamie, jai arrêté la danse, tu sais ! Maintenant, maman ma inscrite au cours de chant. Paul dit que je chante super bien !
Madeleine sent les larmes, se ressaisit, chipote les verres.
Allez, montre-moi cette fameuse guitare Elle est belle ?
Trop ! Rouge vif ! Viens voir, Mamie !
Les deux montent à létage, Camille invite dun clin dœil :
Allez, maman, cest le plus difficile, ce premier pas. Viens !
Et Madeleine de gravir les marches, tandis que Paul, sérieux comme jamais, lui montre sa basse.
Quelque chose change.
Pas tout, bien sûr. Ce nest pas en un jour quon refait une famille.
On sécharpera encore un peu, on boudra encore dans les coins, Camille soupirera, Madeleine se fera du souci mais désormais, tout le monde saura quil faut sécouter avant dexiger dêtre entendu. Ainsi va la vie, dans une famille Et finalement, est-ce quil y a mieux ?