Chaussettes
Oh, mon doux chéri ! Mon petit cœur ! Seigneur, mais pourquoi les enfants tout petits sont-ils aussi adorables ? sextasiait Dominique, la grand-mère, en berçant son petit-fils sous le regard ébloui de la caméra.
Les six mois du petit Antoine furent célébrés en grande pompe, avec des jongleurs, des guirlandes de ballons et un immense gâteau couvert de fraises. Papi et mamie sétaient surpassés. Camille, sa mère, nétait pas vraiment enthousiasmée par cette fête. Bien sûr, elle appréciait lintention de ses parents, ravis de gâter leur fille et leur unique petit-fils mais comme au temps de son enfance, le vacarme la fatiguait très vite. Dailleurs, Antoine semblait lui ressembler : à peine une demi-heure après le début, il sétait mis à pleurer de détresse, et Camille avait dû lemporter à lintérieur. Fenêtres closes, elle sétait assise dans le grand fauteuil, bébé dans les bras, et deux minutes plus tard, Antoine dormait déjà.
Tu es épuisé, ma petite étoile. Les grandes fêtes, cest trop tôt pour toi.
Dominique monta à létage, une boîte cadeau posée sur la table dans lentrée.
Il dort ?
Il sest fatigué. Maman, je tavais dit que cétait trop tôt pour ce genre dambiance.
Oh, ce nest rien ! Il finira par sy habituer. Ma chérie, nous pouvons nous permettre doffrir une fête à notre petit-fils bien-aimé. On la tellement attendu ! Regarde ce que je lui ai trouvé ! Nest-ce pas merveilleux ?
Le bruissement du papier réveilla un instant lenfant, qui gémit et se tortilla.
Maman, sil te plaît, plus tard, daccord ? Camille se leva, marchant dans la pièce en balançant le bébé dans ses bras.
Ah ! Jai mis du temps à choisir, réfléchi, et même pas curieuse ! Dominique posa la boîte sur la petite console avec dépit.
Mais si, maman, ça mintéresse ! Et je suis sûre que ton cadeau est très beau répondit Camille, cherchant lapaisement avec un sourire doux. Tu pourrais mapporter à boire ? Je meurs de soif…
Pose le petit et descend prendre un verre.
Il va se réveiller.
Ce nest pas bien grave ! Descends, profitons encore !
Sil se réveille maintenant, il va hurler, longtemps. Pas le meilleur moment, non ?
Camille, il faut éduquer les enfants dès le berceau. Un enfant bien élevé ne crie pas ! Ce nest pas compliqué !
Camille tressaillit, marqua un arrêt, puis reprit lentement sa balade rêveuse dans la chambre, comme une danse précautionneuse quelle semblait pratiquer depuis toujours. Les enfants bien élevés ne dérangent jamais les adultes. Les filles bien élevées sont parfaites en tout : dos droit, maintien, menton levé, première position, et pas dobjections.
Bon, je retourne auprès des invités. Rejoins-nous quand Antoine sera endormi, cest impoli de laisser les gens sans la maîtresse de maison.
Fais-le à ma place, maman…
Dominique sortit, laissant à Camille la solitude de sa fatigue et la chaleur de son bébé. Que de chemins elle avait dû parcourir avant davoir ce petit garçon !
Camille était née dans une famille très « convenable ». Son grand-père, membre de lAcadémie des Sciences, et sa grand-mère, chirurgienne renommée à lHôpital Pitié-Salpêtrière. Son père, suivant la tradition, était devenu médecin aussi. Camille na jamais compris comment un homme si brillant était devenu aussi docile entre les mains de Dominique, sa mère. Dominique, elle, était bien loin du monde des sciences. Avoir obtenu un diplôme elle lavait rangé tout de suite au fond dun tiroir, préférant se consacrer à « préparer » lavenir de Camille. Cest la grand-mère Jeanne qui choisit le futur mari de Dominique. Elle sen acquitta avec maestria. Les parents de Camille sétaient rencontrés lors du jubilé de Jeanne, et tout avait suivi le script traditionnel. La jolie Dominique avait très vite séduit Paul, et après un mariage éblouissant, le couple sinstalla dans un appartement cossu offert par les parents. Camille naquit deux ans plus tard, et fut aussitôt placée sous la tutelle exclusive de Jeanne, qui choisit soigneusement la nounou et les activités jugées dignes dune demoiselle : deux langues, école de danse et professeur particulier de piano.
Tout doit être magnifique chez lenfant !
Les fins de semaine, Camille visitait musées et théâtres, toujours escortée de sa grand-mère stricte. Elle voyait rarement ses parents : un père accaparé par son cabinet, une mère pressée de lembrasser en courant vers une soirée mondaine.
Les efforts de Jeanne finirent par payer : Camille entra au Conservatoire et ensuite dans une compagnie de ballet respectée. Sa carrière sannonçait solide lorsquelle rencontra son futur mari. Vincent, lui, ne plut à personne sauf au père de Camille.
Mon Dieu, quelle mésalliance ! gémissait Jeanne, allongée sur le canapé, doigts crispés sur les tempes. Ma petite, réfléchis ! Que vas-tu bien faire de ce trublion ? Il est incapable daligner deux phrases !
Grand-mère, à côté de toi, rares sont les gens qui arrivent à parler répliqua Camille, assise en tailleur dans le fauteuil, ce qui en dautres circonstances lui aurait valu une réprimande.
Que veux-tu dire ?
Que très peu de personnes peuvent prétendre égaler ton niveau intellectuel.
Jeanne fixa sa petite-fille, dubitative.
Et puis ce nest pas juste : jaime Vincent, grand-mère. Et tu ne diras pas que lamour nest pas au cœur de lart ?
Lamour, soit ! Mais comment vivras-tu avec lui ?
Longtemps. Et, si possible, heureuse.
Camille se battit pour son histoire, non sans peines et reproches incessants. Fixant Vincent dans les yeux, elle avait dit « oui » avec certitude, fermant la porte à toute contestation.
Pour Vincent, Camille devint lincarnation dune déesse descendue dans sa vie : fine, fragile, touchante, mais aussi habitée par une force discrète et une vulnérabilité infinie. Il voulait la protéger du monde entier.
Je ne peux pas toffrir grand-chose pour linstant. Mais je ferai tout pour que tu sois heureuse. Ce que je sais faire, cest taimer.
Cétait tout ce dont Camille avait besoin. Enfin, quelquun laimait simplement pour ce quelle était, sans attente, sans exigences, sans correspondre à un modèle.
Leurs débuts navaient rien de simple. Vincent navait ni réseau, ni héritage. Son père était mort depuis longtemps, il avait été élevé par sa mère, Hélène, institutrice puis directrice décole, adorée de ses élèves. Confiante dans les talents de son fils, elle lui permit dentrer à luniversité et lui offrit, en partant vivre dans un petit deux-pièces, la différence de prix pour son premier projet. Vincent avait du flair, et deux ans plus tard, sa petite société rapportait déjà, puis prospérait. Même Jeanne, la grand-mère intransigeante, dut sincliner lorsque naquit leur arrière-petit-fils.
Camille désirait un enfant ardemment. Elle ne voulait pas être prodigieuse, juste heureuse. Mais le destin la mettait à lépreuve : examens, deux opérations, rien ny faisait. Camille pleurait la nuit en silence, ne souhaitant pas faire de la peine à Vincent, pensant quil avait droit, lui, à être père. Camille avait pris la décision de le lui dire, mais Vincent avait ri.
Allons, ma petite ! sétait-il exclamé en létreignant alors quelle tentait de se dégager, cest seulement ma façon de réagir. Tu crois que ma vie, mon amour, tout se résume à perpétuer mon nom ? Tu es toute ma vie ! Il faut le comprendre enfin.
Ces paroles la soulagèrent. Concevoir quun enfant lui serait interdit fut facile, laccepter beaucoup moins. Elle tenta de se résigner, mais sans y parvenir : tantôt sa mère la relançait dallusions, regrettant avec un brin de coquetterie que toutes ses amies fussent grand-mères sauf elle ; tantôt ce furent les invitations aux anniversaires denfants, où elle se plaisait à choisir les cadeaux. Mais le temps apaisa sa peine. Camille cessa de fixer les enfants dans les squares, puis finit par ouvrir sa propre classe de danse classique.
Il me faut une occupation, sinon je deviens folle !
Vincent, un peu perplexe, fut aidé par Hélène.
Vincent, tu comprends la douleur de Camille ? Lui donner un enfant, cest pour elle le comble du bonheur. Soutiens-la, et laisse-la aller là où elle veut.
Jai compris, maman.
Il lui dénicha une salle splendide ; Camille, ravie, sy lança à corps perdu. Les premiers signes, elle les attribua à la fatigue. Les irrégularités étaient habituelles.
Camille, je vais te poser une question, tu réponds si tu veux. Hélène observait sa belle-fille lors dun rendez-vous. Tu attends un bébé ?
Camille se raidit, presque furibonde. Elle sait pourquoi demander ?
Ne sois pas vexée, insista Hélène. Jai eu comme une intuition…
Cest mal vu, ce genre de question grogna Camille, qui voulut s’éclipser mais vacilla, retombant presque dans le canapé du petit salon de thé quelles avaient adopté, non loin du studio. Elle narrivait même plus à regarder la pâtisserie sur la table.
Hélène commanda de leau.
Reste là.
Puis revint avec une petite boîte.
Inutile de douter, regarde.
Les serveurs lurent la bonne nouvelle sur leurs visages en les voyant ensuite danser bras dessus bras dessous, riant et pleurant tout à la fois. Le bonheur des deux femmes illumina la salle.
Antoine naquit bien portant, après avoir donné du fil à retordre à la maternité.
Ancienne danseuse ? demanda, presque étonnée, la sage-femme à Camille épuisée.
Oui, pourquoi ?
Quel joli garçon ! Dhabitude, on sattend à plus de difficultés, mais là, superbe bébé. Bravo, maman !
Camille ne se réveillait plus quavec la peur dêtre trop heureuse, comme si tant de bonheur ne pouvait être permis.
Mais tu nes pas seule, amour, on le partage à deux murmurait Vincent, contemplant le minuscule visage cerné de dentelle dans lécrin acheté par Dominique pour la sortie.
La sortie de la clinique fut pour Camille un cauchemar. Vincent eut beau tenter de limiter la cérémonie, Dominique imposa sa mise en scène : photographes, cris, foule, toasts et grands projets. Camille, debout, prise dans la douleur, rêvait deau chaude et de solitude.
Maman, pourquoi tout ça ?
Quelle question ! Il faut marquer le coup ! Un tel événement, ça se fête ! Je suis si heureuse !
Inutile de protester. Camille gravit lentement les marches jusquà leur appartement et découvrit, navrée, la trombe de proches supplémentaires.
Ma fille, ce sont nos intimes, voyons !
Camille croisa le regard dHélène, debout dans lentrée. Le flot dinvités ne tarissait pas.
Permettez-moi denlever la jeune maman et son fils pour quelques instants ? osa Hélène, entraînant Camille jusquà la chambre.
Allonge-toi. Je te prépare tout proposa Hélène. Tu as faim ? Je tapporte une soupe, du jus
Camille hocha la tête, observant Vincent déposer Antoine dans le berceau, mais déjà, elle angoissait :
Il faut retourner en bas
À qui le faut-il ? Hélène fronça les sourcils Ils sen sortiront sans toi pour dix minutes rituelles.
Soulagée, Camille sombra aussitôt dans un sommeil profond. Elle senroula dans le plaid, fixant Hélène qui veillait.
Tu veux dormir ? Hélène la couvrit Dors, je veille sur le petit.
Antoine murmura Camille, déjà lointaine. Antoine, le prénom du père de Vincent.
Dominique, découvrant sa fille endormie, explosa dindignation.
Et ça, ce nest pas convenable !
Cest une jeune maman qui allaite, elle a besoin de repos. Sinon, notre petit naura plus de lait ! objecta Hélène en retenant Dominique par le bras.
Oh, sil ratait une tétée ! Camille na pas été allaitée deux jours, et elle a grandi Dominique voulut entrer, mais Hélène insista.
Et si on célébrait en tête-à-tête notre nouveau statut ? On attendait ça depuis si longtemps, non ? Entre mamies, vous préférez « Grand-mère Dominique » ou votre prénom tout court ?
Vincent ferma la porte, remerciant sa mère en silence. Il avait du mal avec Dominique, qui profitait calmement de tous les avantages offerts par son gendre sans jamais prêter attention à ses avis. Avec son beau-père, Paul, lentente était cordiale.
Impossible de la changer, mais se battre, cest la guerre au foyer concluait Paul.
Quand Camille se réveilla, elle mit du temps à rassembler ses pensées. Antoine séveilla, et en entendant quelquun rire en bas, elle se souvint où elle était. Après avoir nourri le bébé, elle sassit près de la fenêtre, dégustant la soupe dHélène, posant mille questions sur les soins à apporter.
Je sais bien quà la maternité, ils expliquent, mais cest si peu. Jai peur !
Mange ! Et naie pas peur. Les enfants sont bien plus solides quon ne croit, et toi, tu es la maman. Suis ton instinct : tu sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. J’ai eu Vincent sans personne autour, j’ai appris, parfois avec des erreurs. Toi aussi. Essaie, et ça viendra.
Le temps donna raison à Hélène. Camille devint vite sûre delle, même si langoisse subsistait.
Six mois passèrent en un souffle. Hélène venait chaque semaine, finissant toujours devant une casserole ou une éponge. Camille râlait dabord, puis accepta.
Profite ! Ce temps, il file trop vite. Savoure chaque instant de ton fils. Je suis encore bonne à nettoyer et cuisiner si tu me laisses les moments précieux.
Dominique, elle, débarquait moins souvent, mais chaque visite était un spectacle.
Regarde la poussette moderne que jai trouvée !
Maman, la nôtre est très bien !
Rien à voir, allons la tester !
Dominique refusa longtemps de prononcer le prénom Antoine.
Doù sort ce prénom ? Impossible de choisir autre chose ? Cest basique !
Maman, cest un nom royal. Pourquoi tu ten plains ?
Le pauvre, à lécole, il en prendra plein la tête !
On le mettra dans une école normale, et cest à nous de choisir !
Non, cest la grand-mère qui choisit. Jaurais fait autrement pour toi !
Et bien moi, jai choisi seule, voilà.
Dominique boudait puis partait promener le bébé, fière et radieuse derrière la poussette, flattée quon la prenne pour la mère. Mais vite, tout le quartier comprit laffaire et elle cessa les promenades. Devenue « mamie-fête », elle déposait à chaque passage un jouet criard.
Chacun trouva son rôle, un certain calme revint.
Ce fut ce calme que la fête des six mois de petit Antoine menaça dinterrompre.
Camille sourit à son fils au réveil et ouvrit la boîte offerte par Dominique : une merveilleuse hoche en argent, qui la fit sexclamer :
Regarde, Antoine, comme cest joli !
Le bébé secouait la hoche, un rire aux lèvres et les premières dents en perle. Puis Camille ouvrit le paquet laissé par Hélène. Un ensemble blanc, tricoté par ses soins, si doux que Camille le frotta instinctivement contre sa joue.
Et les chaussettes ! Comme elles sont adorables ! Ta mamie est très douée, mon chéri !
Dominique entra, ravie :
Quelle merveille ! Un modèle unique de créateur ?
Non, cest Hélène qui la fait à la main.
Dominique fit la moue, tournant le pull entre les doigts.
Elle aurait pu trouver mieux ! Ce nest pas le moment de bricoler, cest la première vraie date dAntoine. On pouvait acheter quelque chose. La pingrerie, je ne la comprends pas.
Maman !
Bah, quoi ? Jai tort ?
Camille ne savait où se mettre, voyant sa belle-mère dans lembrasure de la porte, silencieuse, ayant tout entendu. Hélène posa calmement un verre de jus sur la commode et séclipsa discrètement. Camille sattarda, calmant Antoine, et quand elle descendit, Hélène était déjà partie.
Vincent ! Cest gênant, je me sens coupable !
Mais ce nest pas toi qui as parlé, pourquoi ten vouloir ?
Je nai pas réagi ! Cest grave…
Calme-toi. Ma mère est intelligente, elle aura compris.
Camille voulut réparer, mais Hélène escamota chaque tentative :
Ce nest rien, Camille, oublie, je ne suis pas froissée.
Mais Camille sentait ce quelque chose, fragile, sêtre brisé. Et elle cherchait à le réparer.
Elle tomba malade un après-midi, seule avec Antoine endormi à létage. Ravagée par la douleur, elle appela son mari. Messagerie. Paul, son père, devait être à lhôpital. Elle se résigna et appela Dominique, qui jacassait au téléphone :
Coucou ! Tout va bien chez toi ? Antoine ? Cétait une belle fête, tu ne trouves pas ? Quest-ce quon a bien fait de lorganiser ! Tout le monde a adoré !
Maman…
Ne me remercie pas ! Grand-mère, cest mon rôle ! Oh, excuse-moi, un autre appel ! Dominique raccrocha. Les tentatives de rappel tombèrent sur le répondeur.
La douleur montait. Camille, affolée, composa le 15, puis appela Hélène.
Camille ?…
Viens vite Antoine…
Hélène navait jamais couru ainsi. Elle avait bondi dans la rue, saisi un taxi.
Vous êtes folle ?! gronda le chauffeur, évitant de justesse la passagère décoiffée.
Sil vous plaît, cest urgent !
Montez !
Hélène saccrocha au siège pendant la course folle.
Pas dinquiétude ! Je conduis depuis trente ans. On arrivera.
Les pompiers arrivèrent à la grille en même temps que le taxi.
Par ici ! lança Hélène.
Camille revint à elle, désorientée.
On vous emmène, madame.
Où ? Pourquoi ?
Il le faut, Camille, naie pas peur ! Je moccupe dAntoine. Vincent arrive.
Lopération fut un succès, deux semaines dhospitalisation. Elle voulait rentrer, mais Paul insista.
Ce nest pas une plaisanterie, prends soin de toi pour ton fils !
De retour, elle serra Antoine, puis appela sa mère.
Maman, jaurai besoin de toi
Bien sûr, Camille, mais là jai réservé un séjour, impossible dannuler sans perdre largent, le départ est après-demain Jen rêvais tellement !
Camille ferma les yeux, puis en silence éteignit son portable. Il fallait sen sortir seule. Elle nourrit son fils, se coucha.
Elle séveilla brusquement : quelquun marchait près du berceau.
Oh pardon, je ne voulais pas te réveiller ! Hélène prit délicatement Antoine. Tu as faim ? Il reste ton velouté préféré, et du clafoutis tout frais ! Je dépose Antoine à Vincent et japporte tout. Repose-toi ! Si tu permets, je vais rester ici deux semaines.
Camille, les larmes aux yeux, se tourna vers Hélène.
Allons, ma petite, ne pleure pas. On va se concentrer sur le positif ! Regarde, ce quon va te montrer ! Hélène posa Antoine debout, prête à le lâcher.
Les larmes de Camille séchèrent dun coup en voyant son bébé avancer vers elle, bras ouverts. Elle souleva son fils, leva les yeux vers sa belle-mère.
Alors, cest des émotions positives, non ? Hélène éclata de rire Maintenant à table, il te faut des forces, car quand ce petit se mettra à courir partout, tu en auras besoin, ma chérie.