Lannée dernière, tu sais, mon amie denfance, Marie Dupuis, ma appelée et ma suppliée daccueillir ses meilleurs amis chez moi, à La Rochelle, pendant une semaine. Ils voulaient profiter de la mer sur notre côte, se détendre dans notre petit village. Franchement, cétait délicat de refuser, alors jai dit oui. Mais je leur ai tout de suite expliqué :
On est en pleine saison, donc impossible de vous offrir une chambre gratuitement. Mais dun autre côté, ça me met mal à laise de faire payer des amis, tu comprends.
Marie ma rassurée : Tinquiète, ils paieront. Ce nest pas une question dargent, ils ont juste peur de tomber sur des arnaqueurs : ceux qui demandent le paiement avant et qui laissent les touristes dehors ou les jettent au beau milieu des vacances.
Eh bien, je me suis laissée embarquer. Si javais su ce que cette semaine allait me coûter, jamais je naurais accepté !
Déjà, jétais un peu gênée, alors je leur ai fait une belle ristourne. Ils ont eu la chambre à moitié prix.
Le jour J arrive ! Mais à la place de la famille attendue, débarque une ado, Élodie Martin, avec son petit frère Paul, dix ans. Daccord, cest leurs amis, mais à trois dans cette petite chambre, cétait pas le top !
Tout sest bien passé au début. Jai préparé un bon dîner, puis je leur ai fait faire le tour du coin. Je leur ai souhaité une belle soirée et suis partie à mon boulot.
Le deuxième jour, catastrophe : Paul joue avec un pistolet à eau et arrose le téléviseur qui était allumé ! Les parents étaient là, mais bon Le téléviseur était fichu. Ils se sont excusés, ont promis de payer les réparations (dailleurs, il est toujours en attente). Jai dû leur donner la télévision de la chambre dà côté. Et le soir ? Ils voulaient regarder un film, évidemment.
Après, ils ont brûlé ma bouilloire, oubliée sur la plaque, lado navait pas mis deau À peine réparé, la chambre nallait plus : trop petite, selon eux, alors ils ont déplacé les meubles et cassé deux pieds, un de la table de nuit, lautre de la table. Ça les a fait rire : Oh, ce nest pas grave, tu as plein de meubles ! On va réparer ça avec du ruban adhésif et glisser quelque chose sous la table de nuit, ça ira.
Le bouquet final : une soirée bruyante qui a duré jusque deux heures du matin, cris, rires de fêtards. Quand jai demandé de baisser le volume dès 23h, on ma répondu : Cest bon, on paie assez cher, laisse-nous profiter ! Bon, ils ont baissé le son après ma deuxième remarque, mais franchement
Impossible de discuter avec des gens éméchés, alors jai attendu le lendemain. Jai eu une conversation franche avec le couple, leur expliquant que ce comportement ne pouvait pas continuer ils nétaient pas seuls ici, dautres vacanciers aussi. Jai insisté sur le respect des appareils.
Leurs réactions ? Levée dépaules, pas convaincus : On paie, non ? Franchement, jai craqué : Merci davoir été là grâce à Marie, autrement je ne vous aurais jamais accepté, cest clair !
Suite à ma remarque, ils sont devenus plus réservés, et il ny a plus eu de casse. Mais la relation, elle, sest arrêtée net.
Depuis, plus aucun contact. Mais avant de partir, ils ont pris les cadeaux et souvenirs que javais préparés pour eux et pour Marie, et en prime, deux grands draps de bain et un drap en coton ont disparu.
Je dois dire : ce sont vraiment les « meilleurs amis » de Marie. On était très proches au lycée, jusquà ce quelle se marie et parte à Bordeaux. Elle mavait décrit son cercle comme des gens bien élevés et adorables. Sils lavaient vraiment été, ils auraient pu revenir passer des vacances chaque été.
Cest comme ça Marie na rien dit pendant longtemps, puis un jour, elle ma confié : Ils nont pas aimé leurs vacances, ils disaient que tu les critiquais tout le temps et que tu gâchais lambiance, même sils avaient payé « une fortune » !
Sincèrement, avec ce quils ont payé, tu ne peux même pas acheter un téléviseur neuf, une bouilloire, une table, une table de nuit, du linge de maison et des serviettes ! En plus, mes nerfs et les plaintes des autres vacanciers ça joue sur la réputation et, lété prochain, les touristes pourraient bien aller ailleurs.
Mais franchement, jai appris. Maintenant, je sais : parfois, il vaut mieux juste dire non, tout simplement.