Léo, je vis encore : une histoire d’amour et d’espoir sur la côte atlantique

Louis, je suis encore là : histoire damour et despoir sur la Côte dAzur

Louis, tu vois, je suis toujours vivante. Elle a avancé lentement dans leau tiède. Promets-moi de ne pas me pleurer avant lheure, daccord ?

Louis, regarde comme cest magnifique ! sest exclamée Élodie, son teint doré resplendissant sous le soleil du sud, ses yeux pétillants de vie. Elle a ouvert les bras, comme si elle voulait enlacer toute la Méditerranée.

Ses cheveux châtains, légèrement éclaircis par le soleil, dansaient au rythme du vent. Jte lavais dit ! Ce mois-ci sera le plus beau de notre vie, tu verras !

À côté delle, Louis, debout sur le sable blanc aux abords de Nice, a rajusté son chapeau de paille, esquissant un sourire. Mais à lintérieur, cétait la tempête : langoisse ne le quittait pas. Il se disait que ces vacances étaient peut-être la dernière chance de retrouver leur bonheur dantan.

Oui, Élodie, ce mois sera vraiment exceptionnel, lui a-t-il soufflé, tâchant de donner le ton léger que sa compagne adorait. Tas toujours raison de toute façon.

Mais il noubliait pas ce que le médecin avait lâché deux mois plus tôt : « cancer, stade avancé, deux ou trois mois tout au plus ». Le choc était là, mais Élodie avait choisi de se battre, et cest pour ça quils étaient venus ici, au bord de la mer.

Tu viens te baigner ? Élodie, les yeux brillants, lui a attrapé la main. Allez, Louis, fais pas cette tête ! Tu te rappelles quand, gamins, on plongeait dans la rivière chez ma grand-mère ? Tavais peur de perdre ton maillot dans le courant !

Louis a rigolé, et un instant, la douleur sest effacée. Cétait ça, le talent dÉlodie : ranimer la joie, même dans la tempête.

Javais pas peur, jétais prudent, nuance ! a-t-il plaisanté. Bon, allons-y ! Mais si un requin me bouffe, ce sera ta faute.

En rigolant comme des ados, ils ont couru vers les vagues. Élodie séclaboussait, Louis la regardait, émerveillé. Son amour pour elle le remplissait de chaleur et lui tordait le cœur à la fois. Lidée de la perdre, cétait impensable… et terrifiant.

« Lamour te donne toujours la force despérer, même quand le temps joue contre toi »

Leur histoire a commencé en seconde, dans un petit lycée du Var, où tout le monde connaissait tout le monde. Élodie était arrivée comme une étoile filante nouvelle, un sourire électrique et dinterminables cheveux châtains capables de faire fondre la glace.

Sa famille venait demménager depuis Cannes, et elle était vite devenue la coqueluche du bahut. Louis, grand, maladroit, le nez dans ses bouquins, naurait jamais cru pouvoir lintéresser. Mais un soir, à la boum du lycée, il sest lancé, la invitée à danser

Tes pas comme les autres, toi, lui avait-elle soufflé, les yeux plongés dans les siens. Toi, tu fais pas semblant.

Et toi, tas pas peur que je te marche sur les pieds ? il a osé, un sourire en coin. Elle avait éclaté de rire, et dès ce soir-là, ils étaient devenus inséparables.

Après le bac, Louis était parti à Paris pour des études dingé, Élodie à Lyon pour la fac de lettres. Ils sécrivaient des pavés, pressés de se retrouver à chaque vacances. La distance navait pas émoussé leurs sentiments au contraire.

À vingt-deux ans, fraîchement diplômés, ils sétaient mariés à la mairie de leur village, la salle des fêtes décorée de bouquets factices. En fond, des chansons de Michel Sardou. Ils étaient heureux, les petites choses importaient peu.

La vraie vie avait ensuite frappé. Location dun petit appart, boulot acharné, rêves sur la maison idéale et, un jour peut-être, leur propre salon de thé. Les tensions et disputes banales étaient arrivées : la vaisselle non faite, la facture oubliée. Un jour, en colère, Louis a claqué la porte :

Peut-être quon se plante, quon devrait sarrêter là !

Élodie sest posé sur le canapé, en silence, puis a murmuré :

Louis, je taime trop pour tout gâcher. Et si on essayait autrement ?

Ils ont donc décidé de se réserver un jour par semaine, sans téléphone ni souci, juste ensemble. Balades, tasses de thé sur le balcon, souvenirs denfance. Doucement, leur amour a refleurit, comme au printemps.

Cinq ans après, ils ont acheté un petit mas avec un jardin et ouvert leur salon de thé. Puis sont arrivées les jumelles, Lise et Camille, qui ont mis du tumulte et de la joie dans la maison. Élodie était une maman pleine de douceur, Louis se disait souvent : « Jai vraiment tiré le gros lot »

Le temps a passé. Les filles sont parties faire leurs études, laissant une maison un peu vide. Le couple sest remis à fond dans le travail, lançant une deuxième adresse ; les nuits sans repos. Puis, en plein service, Élodie sest décomposée et sest effondrée.

Élodie, Élodie, on se réveille ! Louis la secouait, angoissé, jusquà larrivée des secours. À lhôpital, cétait soi-disant « surmenage », Élodie a balayé ses inquiétudes : tinquiète, Louis, juste un coup de fatigue.

Le lendemain, elle est retombée dans les pommes. Le vrai diagnostic est tombé, implacable : cancer incurable, deux mois à vivre.

De retour à la maison, Élodie a demandé calmement :

Louis, ne fais pas venir les filles. Je veux pas quelles me voient comme ça. Je préfère partir voir la mer avec toi, tu te souviens ? Tu me las promis : la plage, les cocktails, danser sous les étoiles Faisons-le, maintenant.

Louis na pas discuté. Si cétait sa dernière volonté, il la réaliserait.

Louis, tu planes ou quoi ? a éclaboussé Élodie en riant, le ramenant à la réalité. Je te vois dans la lune, là !

Je suis là, il a souri, tentant de masquer ses larmes, plongeant sous leau. Je pensais juste à ta victoire aux cartes hier, sacrée coquine !

Rêve pas ! elle a ri de bon cœur. Ce soir, on sort ? Jveux danser jusquà tomber !

Tu crois que tauras la pêche ? Peut-être quon devrait rester tranquilles a balbutié Louis sans trop de conviction ; Élodie détestait quon lui parle de sa maladie.

Louis, je suis vivante, et je veux le rester ! a-t-elle lancé dun ton ferme. Promets-moi, pas de deuil avant lheure. Promets-le.

Je te le promets, a dit Louis, et ils se sont étreints dans leau douce, comme si leurs bras pouvaient arrêter le temps.

Moment clé : Lamour et lespoir peuvent bouleverser même la pire des fatalités.

Ce mois sur la Côte dAzur a ressemblé à un rêve éveillé : balades sur la Promenade des Anglais, glaces, danse sous le ciel dété avec lorchestre local. Élodie reprenait des couleurs, ses yeux pétillaient. Louis en venait presque à se demander si les médecins sétaient trompés. Un miracle ?

Un soir, sur le balcon de leur hôtel, Élodie a soufflé :

Louis, je nai plus peur. Même si cest la fin, jai été heureuse. Jai eu toi, nos filles, ce coucher de soleil. Cétait une belle vie.

Ne parle pas comme ça, murmura Louis, la voix tremblante. Tu danseras encore au mariage de nos petites-filles.

Élodie a souri en serrant fort sa main.

De retour à la maison, elle a insisté pour refaire les examens. Louis en redoutait les résultats comme la peste.

Et pourtant, le médecin, les yeux écarquillés devant les analyses, a fini par dire :

Cest extraordinaire. Après vérifications, la tumeur a quasiment disparu. Cest rarissime. Votre corps est un vrai exemple de combativité, Élodie.

Louis les a regardés, elle et le médecin, lair halluciné. Élodie pleurait, cette fois de joie. Ils se sont serrés lun contre lautre, et le médecin, gêné, leur a laissé lintimité.

Cest la mer, Louis, a chuchoté Élodie. Notre amour nous a sauvés.

Cest toi qui mas sauvé, a-t-il soufflé, ému. Tu mas toujours sauvé.

Leur quotidien a repris : le salon de thé, les amis, les nouveaux projets. Élodie a encore suivi un mois de traitement et la maladie a reculé. Quand les filles ont su la vérité, elles sont rappliquées : dun coup, la maison résonnait de nouveau des rires.

En la contemplant, Louis se disait : « Comment ai-je pu être aussi aveugle, gamin ? » Comme si elle lisait dans ses pensées, Élodie lui a lancé un clin dœil :

Louis, fais pas cette tête, va ! Fais donc tes crêpes, jen ai pas mangé depuis des lustres !

Il sest exécuté, et, tous les deux, ont dégusté les crêpes sur la terrasse en admirant le soleil qui se couchait sur les oliviers. Ils le savaient : tant quils étaient ensemble, rien ne pourrait vraiment les briser.

Cette histoire damour, despoir et de renaissance prouve quil y a toujours une place pour les miracles, même au plus noir dune épreuve. Élodie et Louis lont prouvé : avec la foi et lamour, tout devient possible.

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