Le Bijou de Famille
Non ! Ne me supplie pas, maman ! Je le ferai quand même !
Clémence, pourquoi ? Explique-moi donc, pourquoi as-tu tant besoin de faire ça ?
Parce quil entre toujours dans la salle une minute avant moi ! Parce que je nose même plus regarder mon reflet ! Je narriverai jamais à faire ma vie, maman ! Jamais je naurai de mari, ni denfants ! Mais enfin, maman ! Tu ne comprends donc pas ?! Clémence fondit en larmes et lança sa brosse à cheveux au pauvre Arsène, qui sétait attardé.
Le coussin que le chat malmenait de ses griffes, tout en suivant la dispute du haut de larmoire, avait été brodé avec amour par Clémence. Prévu en cadeau pour sa grand-mère, la grande mésentente familiale, qui avait divisé la maison en deux clans irréconciliables, empêcha denvoyer son ouvrage à sa destinataire. Les roses brodées sur le velours servaient désormais à Clémence et étaient parfois malmenées lors des assauts barbares dArsène, le chat capricieux du foyer de la famille Renault.
Cest par Clémence quArsène était arrivé dans la maison. Elle considérait désormais comme son devoir déduquer cette créature indocile, quelle avait autrefois sauvé des mains de garnements du quartier. Ceux-ci, layant trouvé sans collier, lavaient déjà condamné à son triste sort. La jeune fille, douce, qui sétait approchée calmement pour leur demander ce quils faisaient, navait pas éveillé plus de respect quun passant.
Ils ont sous-estimé Clémence. Aussi douce soit-elle, la fille à la pochette de partitions cachait une vraie force. Son père, lui, avait voulu quelle sache se défendre. Ainsi, Clémence arborait sans complexe sa ceinture noire de karaté et une ribambelle de coupes, entassées sur létagère, au grand dam de la jeune fille, mitigée à chaque ménage. Mettre de lordre Elle détestait ça et la poussière sur ses « grands exploits » la désespérait. Sa mère refusait toutefois denlever les trophées, estimant justement que cela lui donnait confiance.
Ses talents sportifs avaient porté leurs fruits ce jour-là : la bande de voyous, matée, a filé droit, humiliée, et Clémence sétait retrouvée propriétaire dun petit animal famélique, au vilain bout de queue nu. Que la nature avait vite réparé, transformant la malheureuse créature en un superbe chat, impertinent et convaincu que Clémence lui appartenait, donc que tout souci était superflu. Il vivait selon son bon plaisir, ne ménageant comme marque de gratitude à sa maîtresse que la permission de lui gratter la tête à loccasion.
Le jour où Arsène devint membre officiel de la famille, Clémence revenait du conservatoire, de fort mauvaise humeur. Sa préparation pour un concours ne se passait pas bien. Ses doigts, habituellement dociles au piano, lui obéissaient à peine lorsquentrait son camarade Cédric.
Cédric, elle le connaissait presque depuis toujours ; ils avaient fait lécole, puis le conservatoire ensemble. Mais pendant les vacances dété, il était parti dans sa famille, et elle lavait soudain trouvé étranger, lointain, presque irréel, à son retour. Quand il lavait prise dans ses bras, à la hâte, pour raconter une anecdote à des camarades, Clémence était restée tétanisée dun bonheur étrange, délicieux et éprouvant. Un autre jour, elle laurait envoyé promener, mais là, elle navait pas voulu rompre ce moment. Sentir sa grande main sur son épaule, elle aurait voulu que ça dure toujours.
Bien sûr, lorsque Cédric sest précipité en classe, ses partitions froissées à la main, sexclamant bruyamment, Clémence sen était voulu. Quelle bêtise Imaginer une chose pareille !
Mais ce sentiment vécu un jour ne voulait plus la quitter. Elle suivait des yeux la silhouette ébouriffée de son « prince », baissant aussitôt le regard dès quil tournait la tête.
Cétait douloureux et beau tout à la fois. Dun côté, Clémence mourait denvie de sexpliquer avec lui, de lautre, lidée seule la paralysait à tel point quelle en perdait sa souplesse.
Clémence souffrait, en silence.
En parler à quelquun ? Impossible. Sa mère ne comprendrait pas, du moins le croyait-elle, mais cela navait pas dimportance : confier à sa mère son premier émoi amoureux, Clémence nen était pas capable.
Les rapports avec elle étaient complexes. Elles saimaient à la folie, et pourtant Chacune savait combien lautre avait du caractère. Il fallait savoir se retenir, ne pas blesser lautre quon aime. Ce nétait pas tâche aisée. Lorsquune dispute éclatait, ce nétait pas un drame bruyant, mais des portes qui se ferment doucement et un silence pesant sinstallait.
Un anéantissement culturel mutuel, disait la grand-mère Geneviève, avant la brouille générale, puis elle ajoutait : Une bêtise phénoménale !
Clémence était daccord avec elle, mais incapable de rompre la tradition. Généralement, cétait elle qui, la première, décidait de tendre la main, afin de préserver la paix fragile du foyer.
Elle savait que sa mère laimait plus que tout. Pour Albane Renault, rien nétait plus précieux que sa fille. Son amour allait probablement jusquà lexcès. Elle allait jusquà isoler Clémence, sous prétexte de la protéger du monde : pas de colonies de vacances, peu de fréquentations en dehors de l’école, de rares sorties dans la campagne ou en vacances familiales. Les seuls « amis » de Clémence étaient les enfants des amies de sa mère, approuvés davance, mais tous étrangers en vérité. Avec eux, elle ne voulait pas être amie. Ce nétait pas de la méchanceté de sa part : Laurette ne cessait de lui inventer des surnoms blessants, et Simon, dès leur première rencontre, avait arraché la tête de son ours en peluche préféré :
Cest bien fait pour lui !
Ce « bien fait » et ce « pourquoi », Clémence ne les comprit jamais ; elle pleurait de rage dès que Simon franchissait le seuil de sa chambre.
Dommage que les enfants ne sentendent pas ! Quelle belle paire ils auraient formé ! soupirait la mère de Simon en voulant consoler Clémence, qui discernait la fausseté de son ton.
Albane ! Ne casse pas cet enfant ! grondait Geneviève, la grand-mère, Clémence serrée contre elle. Laisse-lui le choix ! Si tu la prives de cette liberté, elle le regrettera toute sa vie.
Geneviève, ne mencombre pas ! Clémence est encore bien trop jeune ! Cest à moi de choisir pour elle, tant que jen suis responsable.
À condition que cela nempêche pas de la voir comme une personne à part entière, de la respecter
Ce dialogue, resté gravé chez Clémence, surgissait à chaque fois que sa mère montrait de linsistance :
Maman, je ne suis pas ta chose !
Ce qui avait le don dexaspérer Albane.
Arrête donc tes répétitions ! Réfléchis par toi-même !
Mais jy pense justement ! piquait Clémence, et le silence retombait à la maison.
Clémence avait aussi dû couper les ponts avec Geneviève après le fameux « grand scandale ». Qui était en faute ? Clémence préférait ne pas se prononcer.
Tous responsables !
Geneviève avait eu des mots durs pour Albane sans comprendre la situation : On prend soin de ses nerfs quand on attend un enfant ! Lorganisation psychologique balivernes ! Il faut penser aux autres ! Savoir ses faiblesses, cest penser aussi au bien dautrui !
Et Albane, qui, enceinte une seconde fois, épuisait la maisonnée de ses crises et caprices, pouvait soulever tout Paris en pleine nuit, sanglotant par terre : Vous êtes insupportables ! Navez-vous donc aucune compassion ?! Cest inhumain !
De quelle compassion parlait-elle ? Que fallait-il donc faire ? Clémence et son père étaient perdus, marchaient sur des œufs, cela ne suffisait pas. Lenfant fut perdu tardivement, presque à terme. Il ne servait à rien de ressasser une erreur médicale. Personne nen parlait. Albane en voulait à tout le monde, sauf à Geneviève, qui avait osé dire la vérité :
Si tu tentes encore, fais-toi bien suivre ! Pourquoi ne mas-tu rien dit ? Par fierté ? Ou par orgueil ? Voilà où ça mène ! Triste ! Moi aussi jai perdu un petit-fils Ce nest pas la peine de taccabler, tu continueras à faire à ta tête. Mais entends-moi, prends un spécialiste, retrouve la forme, et cesse de tourmenter ta famille ! Celle qui est mère, cest toi, alors sois-le ! Tu as déjà une fille, et peut-être un jour encore un fils.
Ce discours coûta à Geneviève une visite à lhôpital, terrassée par une tension trop forte. Albane ne le lui avait jamais pardonné.
Le père de Clémence tenta au début de ramener la paix, mais il comprit que laffaire nétait pas de son ressort : deux volcans, cela ne sapaise pas en parlant.
Le temps passa. Clémence languissait de sa grand-mère, mais ne défiait pas sa mère qui, brisée par le drame, saccrochait à elle, nayant plus quen sa fille une raison de vivre.
Maman, pourquoi navez-vous jamais réessayé ? Tu voulais tant un fils.
Une seule fois, Clémence osa cette question. Sans réponse, Albane larrêta dun regard, suffisant à lui faire sentir que ce terrain était trop dangereux. Il valait mieux ne jamais laborder, sous peine de tout voir sécrouler.
Geneviève aurait pu être la seule à qui Clémence aurait confié son secret, mais elle nétait plus là. Sa grand-mère, voulant alléger le fardeau du fils, avait vendu son appartement et sétait installée à Nice.
Ce sera mieux ainsi, mon garçon, plus paisible pour tous.
Depuis, Clémence savait que son père allait voir sa mère deux fois lan, ce quAlbane acceptait sans mot dire, refusant pourtant de laisser sa fille laccompagner.
Je ne veux pas quon la monte contre moi !
Cela contrariait beaucoup Clémence, mais elle avait pitié de sa mère, aimait son père et faisait tout pour ne pas interférer dans le fragile bonheur parental.
Elle conservait une photo de Geneviève dans son roman préféré, la sortant parfois, à labri du regard maternel.
Lart du photographe limpressionnait. Comment pouvait-on ainsi capturer la dignité, tout en la rendant si discrète que, face au miroir, Clémence était au bord des larmes ?
Son nez. De famille. Imposant, et « outrageusement magnifique »
De tout cela, elle ne retenait que « imposant ». Rien de séduisant, selon elle, dans ce trait distinctif.
Il est immense ! sétait exclamée Laurette, quelle navait pas vue depuis une décennie, allongeant la main pour toucher du bout dun ongle le nez de Clémence. Pardon, mais cest tellement drôle ! Un vrai Cyrano ! Et ça ne gêne pas pour embrasser ? Oh ! Clémence, tu me dis que tu nas jamais? Incroyable ! À ton âge, pas de petit-ami ? Mais cest fou !
Comment elle sétait retenue ce jour-là ? Clémence ne le sut jamais. Elle mourait denvie de tirer à elle les boucles soignées de Laurette, den arracher la moitié.
Quelle importance avait-elle donc pour juger Clémence ainsi ? Amie ? Non. Même pas une proche connaissance : partie vivre en Espagne avec ses parents, elle ne revenait en France que lété. Pourquoi sa mère avait-elle tenu à organiser cette rencontre, sans prévenir Clémence, juste avant le départ de Laurette ?
Ma chérie, il le fallait ! Vous vous êtes tant manquées !
Et jaurais pu men passer dix années de plus ! Pourquoi, maman ?
Clémence ! Parce que cest nécessaire.
Pour qui ?
Dabord pour toi ! Ne pose pas de questions bêtes. Tu finiras par me remercier !
Quil y a eu de remerciements intérieurs, plus ou moins élégants Mais au cœur de cette conversation toxique, Clémence avait pris, pour la première fois, seule, une vraie décision adulte et réfléchie.
Je vais me faire refaire le nez !
Non ! Albane, atterrée, fixait sa fille. Je ne le tolérerai pas ! Pourquoi ?
Cest inutile de men dissuader, maman. Papa est daccord. Jen ai besoin, cest décidé.
Tu noseras pas le souffle si discret que Clémence en perçut à peine le son.
La scène se solda par les larmes dAlbane, partie senfermer dans sa chambre, cherchant une issue. La solution simposa à elle près de minuit, simple et foudroyante. Elle se précipita vers son mari, réclamant de toute urgence le numéro de Geneviève.
Le lendemain, Clémence prenait lavion pour Nice.
Albane laccompagna jusquà laéroport, et en la serrant sur le départ, lui glissa à loreille :
On fait tant derreurs dans la vie, ma chérie On perd parfois ce qui aurait pu devenir un trésor Ne fais pas les mêmes bêtises que moi. Rappelle-toi : je tattends et je taime plus que ma propre vie, plus que tout lunivers, même si parfois tu en doutes.
Clémence neut dautre choix que de hocher la tête, de lembrasser fort et de monter à bord. Sa grand-mère lattendait, et cétait pour elle tout ce qui comptait.
Geneviève laccueillit avec tant de ferveur que la vraie discussion neut lieu que deux jours plus tard, lorsquémotion et tension sestompèrent enfin, laissant place à des phrases chargées de sens.
Clémence, dis-moi, quest-ce qui a rendu ta mère assez sage pour devenir une vraie femme ?
Je ne sais pas Peut-être le fait que je veux me tailler le nez.
Pourquoi faire ? Tu es superbe ainsi ! Un peu de maquillage en plus et voilà tout.
Mamie, pas toi ! Je ressemble à Cyrano !
Et qui ta mis pareille sottise dans la tête ?
Des gens qui
Clémence mordit sa lèvre, refoulant ses larmes, en pensant à la Laurette toujours si parfaite, sans nul souci avec les garçons. Une fille dont tous rêvaient, qui navait quà choisir.
Ceux qui se plaisent à juger ou moquer lapparence dautrui ne sont pas vraiment des gens, ma chérie. Ce ne sont que des malentendus que Dieu aurait oublié de corriger. Il ny a pas didéal, Clémence. Encore moins pour une femme. Tu me trouves une seule fille satisfaite de son physique ? On pourrait supprimer le livre des records ! Ça nexiste pas.
Je devrais my inscrire ? Pour le plus grand nez, par exemple ! Je suis sûre dêtre la championne !
Attends ! Geneviève se leva de son fauteuil, majestueuse, et se dirigea vers la chambre voisine.
Elle revint, tenant un gros album bleu de velours.
Voilà.
Quest-ce que cest ?
Ce sont les gens à qui le bijou familial na jamais empêché dêtre heureux, ma petite. Tes ancêtres. Pas tous, bien sûr. Certaines photos ont disparu. Tu ne trouveras pas celles de mes tantes mortes pendant lOccupation, à Lyon. Lune a sauvé sa fille en confiant ses bijoux à une voisine, qui la cachée, puis lui a rendu presque tout, expliquant quil fallait garder un lien avec ses racines. Tu te souviens de tante Fanny ? Cette petite miraculeusement sauvée était devenue un grand chirurgien ! Avant chaque opération, elle demandait un masque spécial, pour ne pas être gênée par son nez. La voilà, regarde !
Grande, en maillot une pièce, riant sous les embruns, tenant son chapeau dune main, à côté dun homme superbe.
Cest oncle Michel ?
Cest lui ! Jeune, beau, plein de vie. Fanny fut heureuse avec lui. Il tomba malade et elle le soigna jusquau bout, le nourrit, le veilla, heureuse quil vive. Elle partit le rejoindre quelques mois après, refusant de vivre sans lui
Quelle tragédie
Oui, mais Fanny nest quun exemple. Les femmes de notre famille ont gardé leur nom en se mariant, pour ne jamais oublier nos origines. Cest de là que nous vient ce fameux nez. Personne na jamais mal vécu avec. Toutes ont été aimées, ont eu des enfants et des petits-enfants Ce nest pas rien.
Geneviève se leva encore et prit dans le tiroir du buffet une petite boîte de bois ouvragée.
Il est temps, sans doute. Prends ce que Fanny a voulu laisser à la prochaine. Chacune de nous a reçu un souvenir de celles qui nous ont précédées.
Les boucles doreilles que Clémence découvrit la laissèrent sans souffle.
Cest louvrage de ton arrière-grand-oncle, un orfèvre. Il voyait la beauté là où on ne limaginait pas. Il adorait la nature et cela transparaît dans ses bijoux.
Ce sont des lys ? demanda la jeune fille, fascinée par les pétales ornées de minuscules pierres.
Oui, sa femme sappelait Lily. Il les a créées pour elle, et elles ont passé de mère en fille jusquà toi.
Mamie ! Cest un vrai bijou de famille !
Comme ton nez, ma chérie. Imagine que je décide maintenant que ce chef-dœuvre est vieux jeu, quil faudrait le faire fondre pour en faire une babiole moderne, sans âme, ni histoire ? Ce serait une erreur.
Clémence serra le poing, gardant précieusement les boucles.
Ce ne serait pas juste.
Alors, ne blasphème pas, ne va pas dire à Dieu quIl sest trompé en te façonnant. Tout est parfait ainsi. Maintenant, raconte-moi ce garçon qui trouble tant ton cœur. Qui est-il, quel est son milieu ?
Mamie ! Comment sais-tu ?! Clémence rougit jusquaux oreilles.
Secret de grand-mère, répondit Geneviève en riant. Tu crois que je nai jamais été jeune ?
La soirée sétira tard dans la nuit. Clémence parlait, et surtout, elle sentait vraiment quelle pouvait inspirer, partir à lassaut du concours, affronter lavenir sans cette peur qui létouffait. Elle avait enfin quelquun à qui confier son secret.
Au matin, Clémence trouva Geneviève préparant une valise.
Tu pars où ?
Il est temps de réparer nos erreurs, Clémence. Je ne peux plus vivre avec le regret davoir laissé briser ce qui ne devait pas lêtre. Mon devoir est de voir ta mère.
Geneviève était déterminée ; Clémence nosa sopposer. Elle laida en silence à faire la valise et appela un taxi pour laéroport.
Plus tard, blottie contre Arsène, Clémence prêtait loreille aux voix à la cuisine. Elle aurait voulu entrer, sasseoir à côté de sa grand-mère, prendre la main de sa mère, leur demander si elles arrivaient à sentendre Mais il valait mieux rester en retrait, pour ne pas effaroucher ce bonheur fragile, à peine entrevu. Car le casser serait si facile alors quil faut tant dadresse pour le construire. Un vrai travail dorfèvre.
Un an plus tard, Albane, la main sur son ventre arrondi, se leva péniblement alors que la maquilleuse terminait. Du bout du doigt, elle effleura le lys de la boucle à loreille de sa fille, ajusta le voile, glissa une dernière épingle dans la coiffure de Clémence et demanda doucement :
Alors, tu es prête ?
Oui ! Je vais juste poudrer un peu le bijou de famille ! lança Clémence en se tournant vers le miroir.
Se regardant, elle sourit, songea à la première fois où elle avait demandé à Cédric sil trouvait son apparence à son goût.
Tu es parfaite, Clémence ! Pourquoi cette question ?
Stupéfait, il la regardait et Clémence ferma les yeux de bonheur.
Petit sourire, étincelle sous ses cils, et ses bras fins enlacèrent la nuque de son grand musicien échevelé, lauréat dun concours international.
Pour rien, mon amour. Simplement pour rien.