Le destin se répète

Le destin qui se répète

Ce soir dhiver était tombé tôt sur Lyon déjà un peu avant dix-huit heures, le ciel sétait assombri, et les lampadaires diffusaient leur lumière jaune uniforme, dessinant de longues ombres sur les trottoirs humides. Dans mon appartement, la chaleur enveloppait tout : la lueur douce de la lampe baignait le salon dun halo doré, révélant les courbes familières du mobilier et jetant des ombres fantaisistes dans les recoins. Sur la table basse, à côté dun petit plat de biscuits, deux tasses de thé fumaient. Un parfum de menthe et de miel flottait dans lair, accentuant limpression dun cocon chaleureux. Dehors, de gros flocons de neige tombaient lentement, venant sécraser sur la vitre ou se poser délicatement sur le rebord qui sétait couvert dun coussin blanc et moelleux.

Je venais de finir de dresser la table javais choisi exprès mes tasses préférées, disposé les biscuits, même allumé une petite bougie parfumée pour rendre latmosphère encore plus accueillante. Cest à ce moment-là que la sonnette retentit. Je me suis précipité dans le couloir et jai ouvert : sur le palier se tenait mon ami Antoine, les cheveux en bataille et les joues rougies par le froid.

Je suis gelé comme un chien, marmonna-t-il en entrant, secouant vigoureusement la neige de son manteau. Son col était couvert de flocons, et sur ses sourcils et cils, les derniers cristaux fondaient. Le temps parfait pour rester chez soi, vraiment.

Ça tombe bien, cest ce quon fait, répondis-je avec un sourire, en prenant son manteau. Entre, on allait justement prendre le thé avec Clothilde. Je suppose que ça te fera du bien aussi.

Nous sommes passés au salon. Antoine sinstalla tout de suite dans le grand fauteuil, visiblement pressé de se réchauffer. Il saisit la tasse des deux mains pour sentir la chaleur, ferma brièvement les yeux, et je vis ses traits se détendre.

Alors, quest-ce qui tamène un vendredi soir ? Tu nétais pas censé accompagner ta femme et ton fils chez ta belle-mère ce soir ? demandai-je, avec un sourire moqueur et une touche de curiosité sincère. Il goûta prudemment son thé et acquiesça, satisfait : pile comme il laimait.

Je devais, mais je ny suis pas allé, répondit-il, avec un sourire tordu avant de boire une autre gorgée.

Je vois. Et Clothilde ? Et Matthieu ?

Il sarrêta un instant, cherchant ses mots, puis haussa les épaules dun geste las.

Ça va enfin, en apparence, lâcha-t-il, essayant dadopter un ton léger. Mais je sentais bien quil y avait autre chose sous ce « ça va ».

Antoine tournait la tasse vide entre ses doigts, tâtant le relief de la porcelaine, sattardant sur les motifs, comme si ce mouvement répétitif laidait à rassembler ses pensées. Il fuyait mon regard, son attention flottant entre la bibliothèque, la reproduction de Chagall au mur, le coin de la table.

Finalement, après une longue inspiration, il lâcha doucement :

Jai demandé le divorce.

Je suis resté figé. Ma tasse trembla doucement entre mes doigts et quelques vagues ridèrent la surface du thé. Jai fixé Antoine, à la recherche sur son visage dun démenti à ce que je venais dentendre.

Tu es sérieux ? Avec Clothilde ? dis-je, la voix un demi-ton plus haut.

Antoine acquiesça sans un mot, les yeux fixés sur la neige qui tourbillonnait dehors, comme sil cherchait là-bas une réponse ou un apaisement.

Oui, affirma-t-il après une pause, la voix un peu cassée. Jai rencontré une fille Camille. Avec elle, jai limpression de commencer vraiment à vivre. Elle cest comme une lumière dans la nuit. Tu comprends ?

Tu es certain que ce nest pas juste une amourette passagère ? tentai-je de dire calmement, même si jy sentais poindre de la colère. Vous avez un enfant, Antoine ! Matthieu na que deux ans ! Tu as oublié comment cétait, toi, lenfance sans père ?

Antoine releva brusquement la tête, une nouvelle détermination dans le regard, que je ne lui avais jamais vue. On sentait quil avait déjà tourné la question mille fois dans sa tête.

Jen suis sûr, répéta-t-il sans hésiter. Je ne peux plus rester là, à faire semblant chaque matin ! Ce nest pas une vie, juste une routine sans âme. Avec Camille cest différent ! Jai enfin envie de me lever, davancer, de rêver à nouveau ! Et pour Matthieu je ne labandonne pas, tu le sais bien. Je ne suis pas comme mon père.

Un silence sinstalla. Je revoyais, comme projeté dans le passé, la cour du collège, un matin dautomne. Nous étions assis sur le banc, Antoine adolescent jurait quil ne ferait jamais comme son père. « Il est parti sans jamais essayer de réparer quoi que ce soit. Moi, je ne pourrais jamais faire ça. Si je me marie, jamais je nabandonnerai ma famille. »

Ces mots avaient résonné longtemps en moi, et maintenant, cétait comme si lhistoire recommençait, mais avec des rôles échangés. Je lobservai attentivement, puis lui demandai presque à voix basse :

Tu te souviens que tu promettais, à lécole, de ne jamais refaire les erreurs de ton père ?

Antoine se tétanisa. Ses poings se crispèrent.

Évidemment que je men souviens. Et alors ? fit-il, sur la défensive.

Alors tu fais exactement la même chose, dis-je posément, sans détourner les yeux. Tu abandonnes ta femme, ton fils, à leur sort.

Antoine se leva dun bond, fit deux pas, puis se retourna, le regard enflammé dun mélange de colère et de détresse.

Ce nest pas pareil ! sécria-t-il dune voix forte, puis baissa dun ton. Mon père sest volatilisé sans un mot. Moi au moins je suis honnête, jexplique tout à Clothilde, on a parlé, on a tout mis à plat. Je nabandonne pas Matthieu ! Je le prendrai le week-end, je serai là. Ce nest pas le même abandon, tu comprends ? Je refuse dêtre comparé à lui !

Je restais calme. Je caressais le bord de la table, cherchant mes mots.

Tu es sûr ? repris-je, prenant soin de masquer ma tempête intérieure. Tu crois quun enfant sera moins blessé quand il verra que son père ne rentre plus le soir, ne raconte plus dhistoires, nest plus là pour jouer avec lui ? Ta sincérité ne réparera pas cette blessure, Antoine.

Il resta figé, comme bloqué par mes mots. Il baissa les yeux vers le tapis, cherchant la réponse au fond des fibres colorées.

Dans sa tête, des souvenirs douloureux jaillirent : à sept ans, assis sur un banc glacé devant lécole, attendant sa mère qui rentrait tard du travail, le regard guettant, les mains roidies par lattente. Plus tard, au collège, dos tourné à des camarades moqueurs : « Où est ton père ? Il vient jamais Ah oui, il vous a laissés ! » Il racontait parfois ce malaise dêtre toujours lenfant du père absent, marquant la distance par une attitude faussement détachée.

Un autre souvenir seize ans, dans sa chambre, la guitare bon marché laissée par son père comme un pardon maladroit. Le jour où il la jetée violemment contre le mur, cassant le bois. Antoine enviait la stabilité que javais eue mon père, calme et solide, toujours là, apprenant à réparer le vélo, présent aux réunions de parents, posant des questions, sintéressant. Je me souviens de ce quAntoine me disait, mi-envieux, mi-admiratif :

Ton père, cest un héros.

Et moi, sans marrêter de travailler sur ma maquette davion avec mon père :

Il maime, cest tout.

Ces paroles simples, Antoine ne les avait comprises quadulte.

Face à moi, il luttait avec ses émotions, comme perdu dans une tempête. Sa voix, tremblante, chercha des mots pour sexpliquer :

Je ne suis pas comme lui, murmura-t-il. Je ne fuis pas sans rien dire, je veux juste construire une nouvelle vie.

Je le fixai longuement, sans le juger, mais avec la franchise de ceux qui savent écouter.

Tu as essayé de sauver lancienne ? Tu tes vraiment battu, ou tu as préféré tourner la page ?

Antoine pâlit, la mâchoire serrée.

Jai essayé. Année après année. Mais rien ne bougeait. On a parlé, tenté de changer, mais toujours, cétait… le retour à la monotone routine. On était tous les deux coincés.

Je me penchai légèrement, plus insistant, mais sans jugement.

Et toi, tu as fait quoi ? Quand as-tu offert des fleurs à ta femme pour le plaisir, juste parce que tu en avais envie, pas pour un anniversaire ? Las-tu invitée au restaurant, fait des compliments ?

Arrête ! éclata-t-il, plus fort quil ne voulait. Facile pour toi, tu as eu une famille modèle, un père parfait ! Tu ne sais pas ce que cest, tout ça !

Ce nétait pas de la colère, mais une vieille amertume. Mais aussitôt, il sembla regretter son emportement.

Je restai de marbre, lair las mais compréhensif.

Il ne sagit pas dêtre parfait. Juste de ne pas répéter ce quon a toujours détesté.

Il bondit, crispé.

Mais tu ne peux pas comprendre ! Tu ne sais pas ce que cest de grandir avec cette absence, ce vide

Je me suis levé, posant les yeux sur lui, ouvert mais sans le heurter.

Et tu veux que ton fils ressente la même chose ? On dirait que tu es en train de faire à ton enfant ce que tu as tant souffert toi-même.

Antoine sarrêta à la porte, main sur la poignée, lair perdu.

Tu comprends pas murmura-t-il.

Non. Javoue, je ne comprends pas comment on peut quitter une femme et un petit garçon pour une passade, lançai-je en secouant la tête.

Garde tes leçons de morale ! lança-t-il, et la porte claqua violemment.

Le bruit se répercuta dans lappartement. Je suis resté debout un moment, fixant le fauteuil où mon ami nétait déjà plus. Jattendais presque quil revienne, quil marmonne « désolé, jai abusé » mais rien.

Je me laissai tomber sur le canapé. Une main repliée contre mon visage, tentant de reprendre mes esprits, mais tout semblait flou, embrouillé.

Quelques minutes plus tard, Clothilde entra. Elle portait son peignoir, une serviette sur lépaule, les cheveux encore mouillés. Inquiète, elle sagenouilla à côté de moi.

Quest-ce qui sest passé ? Jai entendu crier.

Je soupirai, cherchant comment expliquer linexplicable.

Antoine quitte sa famille, articulai-je enfin, les yeux dans le vide. Pour une autre femme. Il demande le divorce.

Clothilde eut un petit cri de surprise, la main sur le cœur.

Mais son fils na que deux ans ! Et Julie ils avaient lair si heureux, pourtant. On les voyait ensemble lors des anniversaires Cétait la belle entente.

Je le croyais aussi, murmurai-je en caressant laccoudoir du canapé. Et voilà quil reproduit exactement labandon quil a tant haï. Lhistoire se répète, sans quil sen rende compte.

Clothilde réfléchit, prenant le temps de peser ses mots.

Peut-être quil sest égaré. Les gens se perdent parfois ; il croit trouver une sortie, alors quen fait, il fuit juste.

Je secouai la tête, lair grave.

Se perdre, oui. Mais ne pas essayer de se retrouver Cest refuser de regarder ses propres blessures. Il disait toujours quil ne serait jamais comme son père et pourtant.

Clothilde posa doucement sa main sur mon épaule ; elle savait que ce nétait pas le moment des discours mais de la compassion silencieuse.

Dehors, la neige continuait de tomber sur Lyon. Lappartement était silencieux, seulement rythmé par le tic-tac de la vieille horloge le temps avançait, indifférent.

*************************

Une semaine plus tard, Clothilde et moi nous tenions devant la porte de lappartement de Julie. Le froid mordait, un vent sec agitait les branches. Clothilde tenait dans ses bras une tarte, soigneusement emballée. Je lançai un regard à ma femme et appuyai sur la sonnette. On entendit la douce mélodie à lintérieur. Julie ouvrit la porte, lair surpris.

André ? Clothilde ? Quest-ce que fit-elle, sarrêtant, hésitante.

On voulait juste prendre de tes nouvelles, dit Clothilde en tendant la boîte, dune voix chaleureuse, sans surjeu. On peut entrer ?

Julie hésita, puis sécarta pour nous laisser passer.

Lappartement paraissait inhabituelle silencieux. Dordinaire, il y avait les rires de Matthieu, les dessins animés, la vie. Cette fois, ce silence pesait, inhabituel. Clothilde jeta un coup dœil alentour, écoutant par réflexe.

Il est à la crèche, expliqua Julie, percevant sa recherche. Aujourdhui, ils ont un spectacle de marionnettes. Je le récupère plus tard.

On sinstalla dans la cuisine. Julie fit chauffer de leau, sortit les tasses, sappliquant à ces gestes automatiques comme pour se donner une contenance. Sa dextérité trahissait lhabitude, mais dans ses gestes, il y avait aussi de la lassitude.

Asseyez-vous, dit-elle, désignant les chaises.

Nous prîmes place. Clothilde déballa la tarte, Julie servit le thé, mais ne toucha presque pas à sa boisson, jouant avec la tasse dans ses mains pour en absorber la chaleur.

Comment tu ten sors ? demandai-je prudemment, dun ton soucieux mais doux.

Julie haussa les épaules, le regard fuyant, sattardant sur la nappe, comme si les motifs pouvaient lui apporter une réponse.

Javance. Le travail aide. Vaut mieux rester occupée que de penser Souffla-t-elle, puis reprenant : Matthieu ne comprend pas encore tout. Il demande parfois son père. Je lui dis quil travaille. Au moins, il ne pleure pas.

Sa voix se brisa, mais elle se composa immédiatement, tentant un sourire qui se voulait rassurant.

Clothilde lui effleura la main, un simple contact, mais qui voulait tout dire.

Si tu as besoin, pour Matthieu ou pour autre chose, nhésite pas. On est là, affirma Clothilde dun ton égal, solide, qui navait rien dune promesse vide.

Les yeux de Julie se remplirent de larmes plus de gratitude, finalement, que de tristesse pure. Elle laissa couler une larme, sans la cacher.

Merci vraiment. Je ne savais plus vers qui me tourner. Tout est tombé dun coup. Et autour, cest comme vide.

Après un temps, elle reprit, plus assurée :

Jai cru avoir plein de proches et puis, quand on en a vraiment besoin, il ny a personne à qui demander de laide.

Je mabaissai un peu, pour plonger mon regard dans le sien.

Tu peux toujours venir vers nous. Ce nest même pas à demander, on sera là.

Il ny avait ni effet, ni grand mot, juste la certitude discrète et tranquille dont elle avait besoin. Les larmes coulaient sans quelle essaie de les retenir à présent, mais ce nétait plus le désespoir : cétait comme si on avait enfin soulagé ses épaules dune partie du poids quelle gardait seule.

Clothilde étreignit sa main, puis ouvrit la boîte.

Bois un peu, Julie sinon le thé va refroidir. Et goûte la tarte je lai faite rien que pour toi. Elle est peut-être un peu trop cuite, mais jespère quelle est bonne.

La réplique banale, la douceur de la voix firent sourire Julie à travers ses larmes.

Oui tu as raison. Et la tarte sent déjà très bon.

Ce simple geste saisir une cuillère, la poser devant soi lui redonna un semblant déquilibre.

*************************

Trois années plus tard, par un dimanche de printemps à Villeurbanne, le parc municipal rayonnait. Matthias, maintenant cinq ans, courait sur la pelouse, tout à sa partie de ballon. Son rire cristallin attirait les regards amusés des promeneurs. Sur un banc, Clothilde berçait doucement la poussette où dormait notre fille. Le chapeau de dentelle tremblotait, auréolé par les reflets du soleil.

Jétais assis juste à côté, les yeux rivés sur le petit, plein dune affection presque paternelle à force de le voir grandir, je me sentais investi dun rôle et dun attachement particuliers.

Il devient grand, observa Clothilde dans un sourire. Et il ne sarrête jamais !

Oui, dis-je, observant Matthias réaliser une feinte imaginaire et marquer un « but » inexistant. Julie assure bien, on voit quelle se donne à fond pour lui.

Clothilde poussa un soupir, soudain grave.

Elle tient bon, mais cest dur. Surtout quand Antoine loupe lanniversaire de Matthias, ou reporte ses week-ends à la dernière minute. Hier encore, il devait venir chercher leur fils et à six heures du matin, un message pour dire « trop de boulot ».

Je baissai la tête, en colère contre Antoine que javais vu, trois ans durant, défiler puis repartir de la vie de son fils sans sancrer. Il passait en coup de vent, offrait un cadeau hors de prix, promettait une sortie pour lannuler ensuite. Ou alors il débarquait à limproviste, faisait un « entretien dhomme à homme », mais au bout de dix minutes, repartait, pressé par son portable.

Jai essayé de lui parler, avouai-je. Je lui ai rappelé que Matthias navait pas besoin de jouets, mais de présence, de stabilité, de la certitude dun père fidèle. Il répond juste « tu ne comprends pas, cest compliqué ».

Un « moment difficile » qui dure trois ans, soupira Clothilde, davantage triste quen colère. Et Matthias comprend tout. Hier, il a demandé à Julie : « Il ne maime plus, papa ? » Elle a failli pleurer.

Mes poings se contractèrent il me fallut respirer un grand coup pour ne pas laisser voir ce que je ressentais.

Parfois je pense quAntoine fuit la réalité. Il disait toujours quil ne ferait pas comme son père. Quil savait ce que cétait, dattendre en vain, les chocolats dans la main, le sourire du père absent. Et maintenant

Il devient exactement le même, termina doucement Clothilde. Il fuit ses responsabilités, se gave de prétextes.

À ce moment, Matthias arriva en courant, le visage illuminé.

Tonton André, regarde ce que je sais faire ! lança-t-il, acrobate avec la balle. Et déjà il repartait dans ses rêves de footballeur.

Clothilde le suivit dun regard doux.

Il a de la chance de tavoir. Il sent que tu es là, que tu ne disparaîtras pas. Tu es pour lui ladulte fiable, celui quon attend toujours et qui ne déçoit pas.

Je me contentai de hocher la tête, fixant le petit garçon, en moi lassurance grandissante que, si Antoine ne voulait pas être père, je ferais tout pour combler ce vide. Pas dhistoire qui se répète pas cette fois.

Sous le soleil qui réchauffait la pelouse, avec le rire de Matthias, la poussette qui oscillait doucement, je compris que parfois, il ne sagit pas dêtre parfait, mais dêtre simplement là. Les enfants nont pas besoin dun passé idéal : ils ont besoin d’un présent, d’adultes qui restent et tiennent parole. Voilà ce que jai appris.

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