La trahison sous le masque de l’amitié

Trahison sous le masque de lamitié

Cet hiver à Paris sétait paré de toute sa splendeur : la neige avait tant recouvert les places et ruelles que le paysage en devenait presque irréel. Des nuées de flocons doux dansaient sans relâche, se déposant sur les toits haussmanniens et les trottoirs, tandis que le froid nappait lair dune pureté cristalline.

Chez moi, dans la rue des Martyrs, latmosphère était tout autre. La chaleur douce de lappartement, lombre dorée dune lampe de chevet, le ronronnement du chauffage : tout prêtait à la tranquillité. Dehors, derrière les fenêtres closes, la féérie blanche sétirait, mais à lintérieur, tout était enveloppé dans un cocon paisible.

Ma femme, Adélaïde, et moi, nous étions confortablement installés sur le canapé, emmitouflés dans un plaid moelleux. À la télé passait une vieille comédie familiale française simplement pour rire et se détendre après une longue semaine. Adélaïde suivait distraitement les gags, esquissant parfois un sourire énigmatique. Pour ma part, jalternais entre léclat du film et la beauté hypnotique de la neige qui tombait sur Montmartre, fasciné par la poésie silencieuse de la nuit parisienne.

Cest dans cette harmonie quun bruit mélodieux sinvita : mon portable vibra. Je ne réagis pas immédiatement, comme pour retarder linstant où la bulle de douceur éclaterait, mais lappel insista. Avec un soupir, je sortis mon téléphone de la poche de mon gilet, consultai lécran, soupirai encore :

Encore Baptiste qui appelle, dis-je à Adélaïde. Cest la troisième fois ce soir.

Adélaïde détourna un peu la tête, mais ses yeux restaient accrochés à la télévision.

Il veut sans doute quon vienne chez lui fêter son achat, répondit-elle dun ton tranquille. Ça ne lui arrive jamais dintégrer un non dans son vocabulaire, à Baptiste…

Jacceptai lappel, me forçant à adoucir ma voix.

Salut, Baptiste.

Aymeric ! Alors, vous venez quand ? Je tai dit : on inaugure la maison de campagne à Fontainebleau ! Tout est prêt : feu de cheminée, bonne charcuterie, le vin débouché, les copains réunis Allez, arrête de jouer les ermites et viens avec Adélaïde, on passera une grosse soirée !

Jhésitai, cherchant au fond de moi la bonne formule. Dun simple regard, Adélaïde secoua légèrement la tête tout était clair, pas besoin de mots : ni soirée arrosée, ni fête bruyante ne nous tentait. On voulait le calme, rien de plus.

Après une brève pause, la solution mapparut.

Baptiste, dis-je dun ton feutré, Adélaïde est partie chez sa mère à Lyon pour deux jours. Du coup, ça ne menchante pas trop de venir seul, tu me comprends Je préfère éviter les embrouilles, surtout quand je ne suis pas censé sortir. Ce sera pour une autre fois.

Un silence stupéfait précéda la réponse :

Ah bon ? Elle est partie maintenant ? Elle revient quand ?

Demain soir, affirmai-je avec la lassitude feinte du mari esseulé. On avait plein de projets, ciné, balade au parc Monceau, peut-être un tour à la patinoire devant lHôtel de Ville Mais bon, partie sur un coup de tête. Demain, je te redis.

Bon préviens-moi dès quelle rentre alors, lâcha Baptiste, dont la voix sonnait étrangement réjouie.

Bien sûr. À très vite, jespère.

Je raccrochai, posai le portable sur la table basse et me laissai aller à un réel soulagement.

Sauvé de justesse, murmurai-je en me tournant vers Adélaïde. Il est incorrigible : je lui ai dit des dizaines de fois que ces weekends « à la campagne » entre copains branchés, ce nest pas mon truc. Voir les copains séchauffer au vin rouge et refaire le monde jusquà laube très peu pour moi. Rien ne vaut ces soirées tranquilles avec toi.

Je la serrai contre moi, sentant les tensions de la journée fondre comme le sucre dans un café chaud. Le silence revenait, paisible, ponctué de la neige au carreau, et lécran continuait de diffuser notre film préféré, tout en douceur.

Adélaïde se blottit davantage, recueillant la chaleur de ma présence, les doigts entremêlés dans les miens. La pièce était baignée du halo de notre lampe, le film noir et blanc défilait mollement, le tic-tac de lhorloge semblait ralentir le temps. Ce refuge au cœur de la ville était notre bulle, hors du tumulte.

Moi aussi, souffla-t-elle dans le creux de mon cou. Restons là, rien quà regarder ce film, puis au lit. Je nai besoin de rien dautre ce soir.

Jacquiesçai dun sourire, resserrant mon étreinte. Jimaginais déjà notre soirée parfaite : lumière éteinte, lit douillet, la rumeur de la neige pour unique berceuse Quand soudain, à nouveau, le téléphone simposa. Encore Baptiste.

Je fronçai les sourcils, jetai un coup dœil à lécran et tendis la main, résigné.

Baptiste, jai déjà di…

Aymeric, minterrompit-il dune voix trouble et inhabituelle, je suis au club « Cristal » avec la bande. Et écoute bien, Adélaïde est là. Avec un autre mec. Ils boivent, elle le colle. Je voulais pas te mêler à ça, mais tu devrais savoir. Elle ta dit quelle était à Lyon ! Elle ta menti, vieux.

Je restai saisi. Mon regard glissa vers Adélaïde, puis vers la télé, nosant croire au piège grossier qui se tendait :

Quoi ? Tu es sûr ? Tu ne confonds pas? Je sais très bien où est ma femme, tu sais !

Parfaitement sûr, insista Baptiste, la voix dure. Elle est déjà bien éméchée et narrête pas de rigoler. Et devant moi, elle ne se cache pas ! Tu veux lui parler ?

Jinspirai profondément, songeant à une caméra cachée, mais jouai le jeu, prêt à relever labsurdité :

Passe-la-moi, lançai-je, mettant le haut-parleur.

Un brouhaha de sons amortis, des basses électroniques et des rires éclatèrent. Puis, la voix dune femme le double quasi parfait dAdélaïde sortit du tumulte.

Allô ? Cest qui là ?

Ma gorge se serra. Adélaïde, à mes côtés, blêmit, ses yeux écarquillés dincompréhension.

Adélaïde ? Cest Aymeric. Cest quoi cette histoire ?

Le rire du bout du fil était vaguement railleur.

Oh, Aymeric, tu me fatigues ! Moi, je veux mamuser un peu, ok ? Ras-le-bol de ta vie de pépère. Je vais profiter tant que jen ai envie !

Adélaïde se redressa dun bond, la main sur le cœur, cherchant son souffle.

Cest absurde ! commenta-t-elle à voix basse. Comment cette fille connaît-elle mon prénom et ta voix ? Qui joue à ça ? Quel est ce cirque ?

Où es-tu là, exactement ? lançai-je malgré tout.

Quest-ce que ça peut te faire ? Même en tant que ta femme, je ne suis pas tenue de tout te raconter. Je fais ce que je veux ! ricana le faux double.

Un éclat de rires, le cliquetis de verres, puis Baptiste intervint à nouveau :

Tas entendu ? Je tavais prévenu

Excédé, et sentant la douleur sourde dune trahison qui nétait pas la sienne, jabattis la sentence :

Ça suffit. On verra ça demain. Ne me rappelle plus.

Je jetai le téléphone au loin, fixant le plafond dans un silence assourdissant. Heureusement quAdélaïde était là, à côté de moi

Assise, atterrée, elle fixait lécran dun œil perdu : comment ce sosie pouvait-elle mimer si parfaitement sa voix et ses éclats de rire ? Et surtout, qui lavait coachée ?

Incroyable, murmura-t-elle, la gorge nouée. Cest qui cette personne ? Doù connaît-elle tout ça ?

Je hochai la tête, passant une main nerveuse dans mes cheveux.

Je ne sais pas, répondis-je, sans la regarder. Sa voix la même, le même ton. Ce nest pas une coïncidence.

Et Baptiste totalement certain que cétait moi Imagine si je navais pas été là : tu aurais cru à cette histoire, toi aussi.

Je me tournai vers elle, attendri malgré la colère.

Non, jamais. Je commence à te connaître. Jamais tu ne ferais ça. Tout ça doit être un jeu absurde, un canular Mais je vais découvrir qui tire les ficelles. Je peux tout à fait demander les caméras du club. On verra bien qui sy trouvait hier soir.

Adélaïde se réfugia contre moi, et je sentis quil était essentiel, là tout de suite, quelle ressente la sécurité dêtre ensemble. Je la gardai serrée dans mes bras, jusquà ce que le froid intérieur cède la place à la chaleur.

Oui, dit-elle à mi-voix, en relevant le visage. Ce nétait pas moi, cest certain. Mais pourquoi et dans quel but ?

Jhaussai les épaules, mais dans ma détermination, il ny avait plus dincertitude ; je saurai, coûte que coûte. Je pressai sa main dans la mienne, lui faisant comprendre que nous étions unis.

**************************

Le lendemain midi, Adélaïde était installée dans la cuisine, devant une tasse de thé fumant, occupée à trier ses mails professionnels. Le téléphone vibra. « Baptiste » safficha sur lécran. Elle hésita, mal à laise après la veille, mais la curiosité lemporta.

Salut, dit Baptiste dun ton prudent. Tu as discuté avec Aymeric, finalement ?

Elle resserra les doigts sur lappareil, décidée à pousser ce jeu jusquau bout.

Oui, répondit-elle, feignant la neutralité. On sest disputés. Il ma accusée de je ne sais quoi. Il croit que je mens.

Un silence se prolongea au téléphone. Puis, dans la voix de Baptiste, perça une satisfaction à peine déguisée.

Ainsi, il ta enfin montré son vrai visage Je lai toujours su, il ne te mérite pas, Aymeric. Il na jamais compris quelle femme tu es.

Elle sentit bouillonner une colère glaciale, mais parla dun ton calme.

Quest-ce que tu veux dire ?

Baptiste reprit, sa voix glissant vers un timbre presque confidentiel, trop doux, trop intime :

Que tu peux aspirer à mieux, Adélaïde. Ça fait longtemps que je voulais te le dire Je taime. Oui, vraiment. Je veux être à tes côtés, te protéger. Si tu veux quitter Aymeric Je suis là. Je le serai toujours.

Un instant, elle resta sans voix, sondant la sincérité de cette déclaration malsaine. Avait-il médité cela longtemps, ou son aveu nétait-il quun élan opportuniste, maintenant que la farce avait capoté ?

Elle reprit, glaciale, lucide, mais sans violence :

Baptiste, cest gênant. Je ne partage rien de tout ça. Jaime Aymeric, et on restera soudés, quoi quil arrive. Tu nas pas à te mêler de nos histoires.

Un instant, il perdit de sa superbe :

Désolé si je suis allé trop loin Je Je voulais juste que tu sois bien. Ce quAymeric ta fait est injuste, je trouve. Il cherche juste un prétexte pour te quitter, tu comprends ? Je veux que tu sois en sécurité.

Adélaïde serra le portable à en faire blanchir ses phalanges. Elle inspira lentement, domptant la colère.

Ecoute-moi bien, Baptiste, énonça-t-elle dune voix nette et tranchante : dabord, jétais chez moi. Ensuite, il ny a eu aucune dispute. Et enfin, jai compris que tu as tout manigancé. Maintenant je saisis le pourquoi.

Une pause glaçante sinstalla. Baptiste, pris au piège, tenta un dernier repli.

Quoi ? Quest-ce que tu veux dire ?

Que tu as embauché une fille à la voix ressemblant à la mienne, pour jouer la scène au téléphone, mimer ma voix, me prêter des propos indignes. Histoire de provoquer la rupture. Avoue, cest bien ça, non ?

Un silence pesant, puis éclat violent :

Oui, daccord, cest vrai ! ragea-t-il. Parce que je taime, Adélaïde ! Parce que je tai regardée souffrir à cause de lui, sans oser te le dire. Cest moi qui serait fait pour toi !

Un calme souverain la guidait, une force froide :

Le bonheur que tu me promets, cest une supercherie. Pour qui te prends-tu ? Tu nas jamais regardé que toi-même. Même seul au monde, tu naurais aucune chance avec moi. Compris ?

Baptiste battit en retraite, la voix étranglée, minuscule :

Je croyais que si vous vous sépariez, tu me verrais autrement Jai essayé doublier avec dautres, mais aucune ne te vaut Je te donnerais tout, moi. Choisis-moi !

En moi, je sentais la colère dAdélaïde froide, immuable :

Toi ? Jamais ! Tu as trahi notre amitié, piégé la confiance de deux personnes, tout ça pour ton ego. Va-ten, Baptiste. Plus jamais tu ne me contactes. Et oublie le numéro dAymeric, je lui ferai écouter tout ce quon vient de dire.

Elle raccrocha, posant soigneusement le téléphone, les nerfs tendus. Elle regarda la neige qui tombait, comme si le monde rêvait deffacer la vilenie humaine sous son voile blanc.

Aymeric entra à ce moment-là. Il lut tout sur son visage.

Alors ? demanda-t-il, inquiet.

Adélaïde tourna vers moi son regard où brillait lironie amère :

Eh bien, tout est clair. Il a avoué : il maime, il voulait que tu me quittes. Il avait tout prévu, il moffrait la lune, figure-toi Quelle bassesse.

Je pris place à côté delle, posai ma main sur la sienne, la pressant fermement, lui montrant que je serai toujours là, quoiquil arrive.

Il na jamais été un véritable ami, soufflai-je. Oublie-le. Tous ces signes avant-coureurs, je croyais que je me faisais des idées Maintenant, tout séclaire.

Oui, reprit-elle dun ton posé. Au moins, on sait à qui faire confiance.

Dehors, la neige persistait, la ville atténuait ses bruits pour nous laisser dans une quiétude bienfaisante.

Finalement, plaisanta-t-elle, cest peut-être pour le mieux. On aura enfin une excuse en béton pour éviter ses fêtes ennuyeuses plus besoin de se forcer.

Elle disait cela doucement, comme une boutade, mais la vérité sy nichait : il ny avait plus besoin de feindre, de sinventer mille raisons, de ménager les susceptibilités. Cétait clair : notre bulle, cest nous deux, tout le reste na plus dimportance.

Un rire sincère séchappa de moi, dissipa les derniers relents dinquiétude.

On regarde un film, on prend le thé et on reste là.

Sans jamais sortir, approuva-t-elle, tirant sur le plaid comme pour renforcer notre forteresse domestique.

Parfait, répondis-je en lenlaçant.

Sous la neige qui nen finissait pas de tomber et le doux halo de la lampe, notre petit monde redevenait indivisible et sûr. Dans cette pièce, où flottaient les parfums du bois et du thé, il ny avait plus de place pour les mensonges ou lamertume. Juste nous deux, sûrs que la confiance, la sérénité et la chaleur dun foyer suffiraient à bâtir tous nos lendemains.

**********************

Baptiste était resté seul à sa petite table de cuisine, la tête dans les mains, le regard perdu dans le vide dune tasse froide. Depuis combien de temps navait-il pas bu une gorgée ? Impossible de dire, tant la honte lui rongeait le cœur, ruminant linterdit Ne me rappelle plus. Jamais.

Pas de remords véritable, non. Seule une boule damertume gonflait sa poitrine, le poussant à frapper la table du poing, à râler entre ses dents.

Pourquoi tout a foiré ?! grommela-t-il en balayant rageusement quelques miettes de croissant, vestige dun petit-déj pénible.

Il se remémora, inlassablement, la scène de la veille. Son entrée dans le club, la complicité éphémère de Chloé rencontrée deux semaines plus tôt dans un bistrot. Même coupe, même timbre de voix quAdélaïde, la ressemblance était indéniable. Quand il lui soumit son plan, elle accepta avec un sourire sadique : Ce jeu me plaît.

Son excitation grandissait au fil du canular lorsquil la vit téléphoner, simuler Adélaïde ivre, lancer toutes les piques quil avait préparées. À ce moment, il se disait : Là, cest moi quelle va choisir. Là, la vérité éclate.

Le retour à la réalité fut brutal. Refus cinglant. Il navait plus rien, ni la femme aimée, ni même lami.

Ce nest pas moi le fautif !, se répéta-t-il, tordant le tabouret sous ses mains blanches. Ce sont eux. Il ne la mérite pas. Il ne la voit pas, la vraie Adélaïde Moi si!

Revenant à la fenêtre, il fixa la neige pâle sur les platanes du boulevard, la rue paisible. La vie paraissait si simple, de lautre côté des carreaux.

Pourquoi eux, tout et moi, rien ? Un murmure acide, chargé de rancune, monta de sa poitrine.

Son esprit se précipita vers le passé : les regards quil avait croisés entre Aymeric et Adélaïde, les rires partagés, mille petits gestes entendus. Il enrageait dimaginer quon pouvait lui préférer lautre. Il se persuadait que, lui, aurait su la rendre heureuse et, pour cela, il sétait perdu dans la pire solution.

Fixant le dehors cotonneux, il siffla presque, dans une sourde rancœur :

Tu crois avoir gagné, Adélaïde ? Tu crois tout savoir ? Mais tu ne vois que le confort de ton plaid et ton thé parfumé. Tu rates ce que javais à toffrir. Tu as choisi une illusion. Profite pour linstant.

Il ramassa la feuille où il avait inscrit, en fiévreux brouillon, les phrases à dire, les réparties à jouer. Dun geste rageur, il la déchiqueta, la jeta à la poubelle. Il ne voulait plus rien voir de son échec.

Dehors, la neige continuait de recouvrir tout, même ses regrets.

Et dans sa colère amère, il ruminait, obstiné :

Ça aurait dû être moi. Tout ça aurait dû être à moiMais dans le calme retrouvé de notre salon, alors que la ville semblait ensevelie sous le silence ouaté de la neige, jeus le sentiment rare dune parenthèse inviolable, arrachée au chaos du monde. Adélaïde souriait, retrouvant à chaque geste le naturel simple de sa tendresse un regard, une main dans mes cheveux, le froissement du plaid. Nos voix chantaient tout bas au rythme des souvenirs ordinaires, ces fils tissés dans les jours heureux que rien navait réussi à rompre.

Le dehors, en douceur, seffaçait derrière les vitres givrées et notre bulle navait plus dautre loi que celle dexister seulement pour nous-mêmes. Chaque éclat de rire, chaque gorgée de tisane brûlante étaient une victoire minuscule contre la méfiance et la manigance. Nous étions là, à aimer le peu, le vrai, sans promesses clinquantes ni grands drames et cela suffisait.

La nuit tomba, discrète et bleue, dessinant sur les murs les ombres paisibles des lampadaires. Nous allâmes nous coucher tôt, lun contre lautre, portés par la fatigue bienheureuse davoir résisté à la tempête venue du dehors. Quand jéteignis la lumière, Adélaïde murmura :

Que rien ne vienne plus jamais troubler ce nid.

Je posai un baiser dans ses cheveux promesse silencieuse et durable. Dehors, la neige recouvrait tout ce qui avait tenté de nous séparer, scellant au matin la certitude dêtre, finalement, à labri.

Car sous les masques, les trahisons et les leurres, il ne restait quune vérité solide, inébranlable : celle de deux cœurs qui avaient choisi de croire en lautre, envers et contre tout. Et ça, dans la blancheur retrouvée de Paris, cétait déjà un miracle.

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