On est arrivées! Allez, on descend! Le chauffeur a arrêté le camion devant la vieille clôture en bois, puis a coupé le moteur.
Élodie a doucement secoué Capucine, profondément endormie contre son épaule.
Ma chérie, on est arrivées. Allez, ouvre les yeux.
À moitié réveillée, Capucine se frotta les yeux du poing et chercha à apercevoir la maison.
Maman, cest ici quon va vivre maintenant?
Oui, ma puce. Allez, viens, on doit décharger les affaires et jeter un œil à tout ça.
Élodie sauta du marchepied, prit sa fille dans les bras. Son ex-mari, Antoine, qui avait suivi en voiture, arriva dans leur direction.
Tout va bien?
Oui. Tu as les clés?
Tiens répondit-il en tendant le trousseau. Les papiers de la maison sont sur la table, tu les trouveras. Je viens chercher Capucine samedi, comme convenu.
Daccord.
Je te file un coup de main pour les cartons, puis je file. Jai du boulot.
Élodie acquiesça dun air absent. Elle essayait de garder la tête haute, même si langoisse lui nouait lestomac. Mais il fallait avancer, pas le choix. Pas de place pour les lamentations.
Elle avait vécu cinq ans avec Antoine. Un mois plus tôt, elle avait appris quil avait rencontré quelquun dautre. Pas une aventure dun soir cétait du sérieux, il voulait refaire sa vie. Au début, Élodie avait eu limpression de basculer dans un mauvais rêve. Tout devenait brumeux autour delle. Hier encore, elle croyait avoir une vie posée, un mari stable, du solide. Dun coup, tout sest envolé et avec, sa confiance envers les autres. Si même la personne la plus proche pouvait la trahir sans scrupule, alors, que dire des autres? Ils ne se disputaient presque jamais avec Antoine, tout semblait normal, alors elle était passée à côté de tout.
Pour elle, la nouvelle nétait pas quun choc, elle lavait complètement brisée.
Élodie avait continué en pilote automatique: soccuper de Capucine, cuisiner, ranger, bosser, mais prévoir lavenir, même à court terme, lui semblait impossible.
Lappartement où ils vivaient appartenait aux parents dAntoine.
De son côté, Élodie navait que sa vieille tante Lucette, dans une petite ville voisine. Sa seule famille. Lucette avait du mal à se déplacer, alors Élodie avait embauché la voisine pour faire ses courses, prendre des médicaments, veiller sur elle. Lappartement hérité de ses parents, Élodie le louait à lannée, partageant les loyers moitié pour elle, moitié sur le compte créé pour tante Lucette. Elle avait proposé à plusieurs reprises déchanger la maison de Lucette contre un appartement plus proche, mais sa tante refusait toujours.
Antoine nétait pas surpris que la réaction dÉlodie soit silencieuse. Cétait son caractère. Aucun drame, aucune scène. Quand elle a su car « des amis bien intentionnés » étaient venus lui raconter il sest décidé à tout lui avouer, un soir, dans la cuisine, après que Capucine se soit endormie.
Je sais que tu es au courant. Je ne vais pas me justifier. Ça sest fait comme ça. On a Capucine, il faut quon fasse en sorte quelle ne souffre pas. Tu comptes faire quoi, maintenant?
Je sais pas Élodie serra sa tasse, regard planté dans la table.
La tempête faisait rage à lintérieur, la question du « pourquoi? », du « pour quoi? », ne cessait de tourner. Extérieurement, pas un mouvement. Elle ne voulait pas quil voit la blessure. Mais il avait raison sur un point: il fallait penser à leur fille.
Il va falloir rendre lappart aux locataires alors.
Ce nest pas la peine. Jassume, pour toi et pour Capucine aussi. Jen ai parlé avec mes parents et Élodie, tu accepterais de déménager?
Où ça? Élodie leva les yeux sur son encore mari.
Tu sais que ma mère a hérité de la maison de ses parents dans la petite ville où habite ta tante. Elle est un peu vieille, faut prévoir quelques travaux, mais elle est saine et chaleureuse. Et ta tante Lucette habite à deux pas, non? Ma mère voudrait te la céder, pour toi et Capucine. Tu en penses quoi?
Tu me payes pour que je parte? Élodie eut un sourire amer, mais réfléchit aussitôt.
Cétait sans doute la meilleure solution. Croiser Antoine et sa nouvelle compagne laurait fait souffrir à chaque fois. Et puis, tout ici était source de souvenirs cuisants. Se promener au parc, voir des couples, ça lui rappelait tout ce quelle avait perdu.
Il fallait regarder devant. Pour elle et surtout pour Capucine.
Quest-ce quelle perdait, finalement? La bourgade était petite, mais il y avait tout: école, médecin, commerces à deux pas. Tante Lucette aussi, la seule à qui elle pouvait demander de laide. Capucine était encore petite, demandait de lattention, et Antoine ne sen occuperait plus comme avant. Il faudrait trouver du travail
Élodie prit une grande inspiration.
Daccord. Je suis partante.
Parfait! Antoine se hâta de se lever. Demain, tu vois avec maman pour le notaire, elle tappelle. Je te laisse.
À la porte, il sarrêta un instant et marmonna sans la regarder:
Pardonne-moi Jaurais pas voulu tout ça.
Élodie ne répondit pas. Elle ferma la porte, se laissa glisser contre le mur et, mordant sa manche pour ne pas réveiller Capucine, étouffa un sanglot.
Ce nétait pas des larmes, cétait un hurlement. Toute sa souffrance sortait. Elle revoyait un reportage, gamine, sur les loups cette nuit-là, cétait une louve blessée qui gémissait dans la nuit.
Après avoir pleuré longtemps, Élodie sentit que sa colère sétait presque évaporée avec ses larmes. Il ne restait quun vide au fond delle, brûlant. Il fallait remplir ce trou, sinon elle allait sombrer dans le désespoir, et elle ne voulait pas sy perdre.
Les semaines suivantes, Élodie sest concentrée sur le déménagement et rien dautre.
Et là, la voilà, devant cette clôture bancale, à regarder le vieux jardin en friche, si touffu quon aperçoit à peine la maison. Seul un morceau de toit et un coin de véranda dépassaient à travers les branches.
Capucine tira sur sa manche:
Bah alors, maman, tu viens?
Elles ont pris le sentier, passé un vieux pommier tordu et découvert la maison.
Non, pas la maison, songea Élodie. UNE maison, à lancienne, solide malgré les années, avec un petit étage mansardé, une grande véranda aux vitres colorées. Au milieu de ce jardin dautomne, la maison semblait réclamer une photo. Élodie attrapa son appareil et fit quelques clichés. À cet instant, elle a réalisé combien elle se sentait bien ici, que la remise en état était exactement ce dont elle avait besoin en ce moment. Capucine, bouche bée, suçait son doigt. Élodie, riant à moitié, tira sur le pompon de son bonnet.
Sors ton doigt, chipie! Elle timpressionne, cette maison?
Maman, elle est trop jolie!
On est daccord. Allez, on va voir dedans où tu dormiras.
Ouais, viens vite!
Montant les escaliers, elles sont passées par la véranda. Le couloir débouchait sur la cuisine et plusieurs pièces. Élodie y circulait en réfléchissant à comment organiser les meubles.
La maison était modeste: cuisine, deux petites chambres au rez-de-chaussée, une autre mansardée, et un agréable séjour avec une grande table ronde, sous un vieux lampadaire recouvert dun châle tricoté. Cétait un peu humide sans doute parce que personne navait chauffé depuis un bail mais, curieusement, Élodie sy sentait déjà bien.
Élodie! On a tout déchargé, jai réglé le camion, Antoine passa la tête par la porte. Viens, je te montre comment allumer le chauffage et la chaudière.
Après un tour du propriétaire, il prit congé.
Élodie rejoignit la cuisine.
Elle mit leau à bouillir, sortit des boîtes de repas préparé pour nourrir Capucine puis commença à nettoyer la table. La cuisine, petite, donnait sur le jardin par deux grandes fenêtres. Près de lune, la table attendait quÉlodie la débarasse. Capucine, déjà sur sa chaise, tapait dans le vide avec ses pieds, explorant chaque placard du regard.
Soudain, un bruit sourd frappa la fenêtre. Capucine sursauta. Élodie leva la tête: sur le rebord, se tenait un énorme chat roux.
Eh bien bravo, tu nous as fait peur! soupira Élodie. Capucine, regarde ce beau matou.
Le chat fixait Élodie sans ciller.
Alors, tu attends quoi? Viens, entre, tauras bien droit à une récompense.
Le chat bondit du rebord et disparut.
Il fait son difficile, Élodie sourit. Capucine, va vite te laver les mains! On va déjeuner.
En se retournant, elle sursauta. Le chat était assis sur le seuil.
Mais comment tes entré, toi? Jai pourtant fermé la porte.
Le chat ne bougea pas dune moustache et continuait de les observer de ses yeux dambre, tout à fait à laise. Un peu amusée, Élodie coupa du poulet, en mit un morceau sur une vieille assiette.
Allez, viens, régale-toi.
Le chat, digne et tranquille, sapprocha de lassiette et se mit à manger, posément.
En vérifiant la porte, Élodie remarqua une petite chatière, bricolée il y a bien longtemps. Voilà le secret, ce chat connaissait la maison.
De retour, elle trouva Capucine assise par terre à lui chuchoter des histoires. Élodie éclata de rire pour la première fois depuis longtemps:
Les grands bavards!
Fille et chat tournèrent la tête ensemble et, lespace dun instant, Élodie jura que le matou haussa les épaules, tout comme Capucine. Les voir ainsi la fit rire de nouveau.
On sonna à la porte. Élodie fit promettre à Capucine de ne pas bouger et alla ouvrir.
Bonjour! Je suis votre voisine, Paulette Giraud. Tu peux mappeler «tatie Paulette». Tiens, elle tendit un grand bocal de lait ça vient de ma chèvre. Cest tout frais!
Merci, cest adorable! Je mappelle Élodie, heureuse de vous rencontrer. Oh, il est encore chaud! Venez donc un peu à lintérieur, je vous en prie.
Tatie Paulette entra sans se faire prier.
Élodie posa le bocal sur la table près de la cuisinière. Capucine se retourna poliment vers la voisine.
Bonjour madame, moi cest Capucine.
Bonjour ma petite. Et ce chat, vous savez à qui il appartient?
Qui ça? Mais bien sûr! Cest mon voyou. Il sappelle Gustave. Sil abuse de la pitance, chasse-le dehors: chez moi il ne manque pas de repas, sinon Môssieur va finir fainéant et ne plus attraper de souris.
Il y a des souris ici? Capucine écarquilla les yeux.
Toujours, ma belle. On en a tous dans les vieilles maisons. Et là, à lautomne, elles rentrent au chaud. Alors
Maman, alors il nous FAUT Gustave! Enfin un chat!
Élodie sourit:
On verra, Capucine! Tatie Paulette, vous savez si quelquun du coin cherche du boulot? Je vais avoir besoin daide pour tout nettoyer, tailler, bricoler Jai pas les bras quil faut.
Oh oui, va demander à Monsieur Michel. Trois maisons plus loin, portail vert. Un chic type, adore bricoler, il te fera tout propre à petit prix.
Merci! Oh, et jai même pas pensé à vous offrir un thé! Cest modeste, mais jai de quoi grignoter.
Je veux bien, accepta Paulette en souriant.
Autour dun thé, tatie Paulette raconta la vie du coin, sa famille, puis soudain demanda :
Dis donc, Élodie, comment tes arrivée ici?
Cest un héritage Élodie essaya de cacher son trouble, sans sétendre. Elle navait aucune envie de raconter sa vie.
Tu sais, cette maison est restée vide au moins vingt ans. Les jeunes lont oubliée, mais les anciens se rappellent que cest une maison pas vraiment chanceuse.
Oh là là, vous allez me faire peur! Quest-ce quil sest passé?
Rien vraiment grave, rassure-toi! Mais personne na jamais réussi à y rester très longtemps. Au bout de deux ou trois ans: maladie, deuil, malchance À lorigine, cest un notaire du coin qui la construite pour sa fiancée et elle est morte lannée daprès dune mauvaise fièvre. Il est parti, a vendu, et puis cest devenu la maison qui ne porte pas bonheur. Centenaire, retouchée mainte fois, mais personne ny reste jamais.
Élodie fit tourner la petite cuillère entre ses doigts.
Bah, on verra bien! De toute façon, cest ici quon est, pas ailleurs. Pas question de se laisser intimider, pas vrai, Capucine? Nous, on na pas froid aux yeux! On verra bien qui fait partir lautre.
Plusieurs mois ont passé.
Élodie a pris ses marques. Capucine est entrée à la maternelle et Élodie bosse au labo photo du village et arrondit ses fins de mois avec des shootings de fêtes. La photo, cétait dabord un hobby mais, enceinte de Capucine, elle avait suivi des stages, et aujourdhui, ça lui servait vraiment.
Petit à petit, Élodie remet la maison et le jardin daplomb. Laide ne manque pas.
Le fameux Michel, recommandé par Paulette, sest présenté simplement :
Appelle-moi Michel, tout le monde fait comme ça.
Il écoute ce quÉlodie souhaite, puis se met au travail.
Avec lui, le jardin, envahi de ronces, révèle des arbres fruitiers et des groseilliers. Clairement, Capucine aurait des fruits en abondance sils les bichonnaient. Ensuite, Michel restaure la toiture, la véranda, le perron. Cest long, mais ça vaut le coup.
La maison paraît reprendre vie. Chaque matin, Élodie sort sur la terrasse avec son thé, caresse la rambarde en bois toute neuve et se dit quelle est enfin à sa place chez elle.
Elle prend soin de tante Lucette, et chaque soir, passe la voir après lécole avant de rentrer à la maison. Finalement, ce déménagement fut une bénédiction. Elle sapaise, la colère envers Antoine sestompe.
Il vient souvent, voir Capucine, et ça a adouci un peu Élodie. Il na pas tiré un trait sur leur fille, il soccupe delle Leur couple na pas survécu, tant pis. Elle non plus nétait pas parfaite. Elle sest rendu compte aussi quà force de tout miser sur sa fille, elle avait parfois négligé son mari. Autant ne pas ressasser. Limportant cest que Capucine grandisse entourée damour, même si papa et maman nhabitent plus ensemble.
Tante Lucette la encouragée:
Voilà, ma belle. Faut pas garder ça sur le cœur. Sinon, à force, ça finit par tétouffer. Pense au bon: regarde cette merveille de petite-fille! Cest ça, le vrai miracle. Le reste, laisse couler, lâche la rancune! ça ne te profite jamais, et ta fille a besoin de toi lumineuse, pas tourmentée! Tu sais, les enfants voient tout. On pense quils ne captent rien, mais cest tout le contraire Pense à la lumière que tu donnes autour de toi, et tu verras, tout ira bien.
Élodie a hoché la tête, touchée.
Peu à peu, elle a fait connaissance avec tout le voisinage. Certains sont devenus proches, et Capucine a trouvé des amis avec les enfants du quartier. Les plus âgés venaient parfois papoter ou donner un coup de main.
Ainsi, Élodie est devenue amie avec Simone, une voisine qui lui a appris à faire le pain. Capucine en raffolait, et ne râlait plus pour boire son lait: une belle croûte de pain chaud faisait toujours passer le verre. Élodie riait devant son petit museau couvert de mousse.
Peu après, elle devint complice avec Monsieur Henri, un autre voisin, qui débarqua un soir avec une énorme bassine de fraises.
Cest des gariguettes. Quand tu voudras, je texplique comment en planter.
Après avoir remis la véranda à neuf avec Michel, Élodie y installa une grande table, frotta vitres colorées et parquet jusquà ce que tout brille. Un fauteuil à bascule trônait dans le coin, adoré par Capucine. Chaque soir, elle sy blottissait avec le roux Gustave, qui avait, dès le premier jour, décidé de vivre à moitié ici, à moitié chez Paulette. Maintenant, Élodie surveillait quand elle sortait: le matin, Gustave alignait des souris sur la marche du perron, preuve quil méritait bien sa double pension même si, pour Capucine, cétait son vrai héros.
La seule voisine dont Élodie nappréciait pas la compagnie était Madame Zina, une femme plus âgée, très bavarde, voire franchement commère. Dabord, Élodie navait pas compris à qui elle avait affaire. Puis, elle a pris lhabitude décourter les conversations pour éviter dentendre des ragots sur tout le monde.
Paulette, comment je peux la tenir à distance? Cest un vrai moulin à paroles, elle sarrête jamais.
Élodie, tu ne peux rien y faire. Si tu la laisses pas rentrer, elle va colporter des horreurs sur toi, même si tout le quartier te connaît à présent. Moi, je lai tenue à lécart
Comment?
Oh, tout simple. Jai des chats, et elle est allergique.
Ça me donne une idée. Il me faut un chat, ou un chien
Élodie y songea sérieusement.
Zina avait vite compris quÉlodie ne savait pas envoyer balader les gens. Et donc, elle oubliait rarement la route de la maison.
Élodie lui servait du thé en soupirant, se réfugiant dans ses pensées pour ne pas écouter tout ce que Zina débitait. Elle navait de toute façon pas besoin de réponse: elle meublait lair.
Puis Élodie remarqua quelque chose détrange. Chaque fois que Zina venait, il lui arrivait une bricole.
La première fois, elle a déchiré sa jupe neuve sur un clou, sorti de nulle part Élodie en aurait juré, Michel venait de finir le perron, tout avait été poncé au millimètre!
Zina était repartie sans piper mot.
La suivante, elle sest retrouvée à côté de sa chaise au moment où elle voulait sasseoir chose impossible vu la configuration.
Ce fut suffisant, ou alors elle avait trouvé une oreille plus attentive ailleurs, mais Zina se fit plus rare.
Un matin, alors quelle taillait les rosiers devant la maison, Élodie a surpris une conversation entre Zina et Paulette:
Paulette, tu remarques pas? Elle vit seule avec une gamine, pas dhomme? Jy crois pas. Sa baraque, son jardin: nickel. Ya forcément quelquun qui passe la voir.
Arrête tes commérages, Zina! Cest Michel qui la aidée, elle la payé, un point cest tout.
Mouais Et la maison?
Quoi, la maison?
Bah, tout le monde sait, cest la «maison maudite»! Elle devrait déjà sêtre sauvée en courant, mais elle saccroche. Et les gens laiment bien! Pourquoi? Chez moi, personne ne vient, chez elle ça défile. Pourquoi donc?
Parce que ce nest pas la maison qui fait la personne, mais la personne qui fait la maison! Élodie est quelquun de bien. Les gens le sentent, ils viennent pour ça. Allez, file, Zina, mon lait déborde!
Élodie séloigna en souriant. Il en fallait, des gens comme ça
Maman! Où tes? Capucine lappelait du perron.
Je suis là! Tes réveillée? Tes lavée?
Pas encore, mais attends, regarde!
Élodie suivit la main de sa fille. Depuis le fond du jardin, Gustave savançait dun pas décidé, portant dans sa gueule un chaton roux copie conforme. Arrivé tout près, il lança un drôle de regard à Élodie. Elle tendit les mains: Gustave y déposa son fardeau, qui se mit à protester bruyamment.
Merci, Gustave! Tu penses quil nous faut un chaton?
Le gros matou émit un miaulement autoritaire, puis fila vers chez Paulette, sa mission terminée.
Dis donc Capucine, je crois que Gustave a raison. Comment on va lappeler?
Gustave Junior!
Élodie leva le chaton devant ses yeux:
Bienvenue, Monsieur Gustave Gustave. Allez, en route, les enfants! Petit-déjeuner!
Capucine éclata de rire, poussa la porte de la véranda, et un souffle de chaleur vint les accueillir dans leur nouveau chez-eux.