La Fée

La Fée

Quand je serai grande, je deviendrai une fée !

Clémentine, pourquoi une fée ?

Parce que cest mon souhait !

Clémentine sauta des bras de sa mère, où elle recevait les félicitations pour ses cinq ans, et fit tournoyer sa jupe bouffante comme un cyclamen de soie.

Maman, les fées sont toutes belles et intelligentes, tu le sais ? Et puis, elles savent tout faire ! Moi aussi, je pourrai tout faire !

Bien sûr que tu le pourras ! répondit Marianne en tentant de la reprendre dans ses bras, mais la petite séchappa dun bond léger.

Et le gâteau ?

Ça vient, ça vient ! Va jouer un peu avec les enfants, et je tappelle dès quon coupe le gâteau, daccord ?

Daccord !

En voyant les boucles blondes de sa fille rebondir sur ses épaules, faites avec peine dès laube, Marianne eut un sourire attendri :

Elle est tellement déterminée, cette petite ! Et si raisonnable ! Quel autre enfant formule ses pensées ainsi à cet âge ? Franchement, cest rare ! Elle dit : « Je pourrai tout faire ! »

Le tout, cest de préserver cette confiance en elle, souffla Pauline, la meilleure amie de Marianne. Certains parents cassent tout à vouloir raisonner les enfants. Il faut y croire pour eux : cest tout. Je le sais, avec ma petite Camille Le jour où elle est entrée à son premier cours de danse

Oui, Camille, elle est vraiment adorable ! Bon, les filles, vous maidez ? Cest le moment du gâteau. Marianne pivota gracieusement sur ses talons et fila vers la cuisine.

La maison chantait, débordant des voix claires des enfants. Au sol, de la poussière de confettis multicolores et des éclats de ballons oubliés. Un bouquet flétri de tulipes avait été jeté sans soin dans un coin et Marianne, en passant, fronça les sourcils. Cétaient les fleurs que sa mère, Véronique, avait commandées spécialement pour lanniversaire de sa petite-fille. À présent, elle vivait avec eux, mais avant, elle restait rarement pour de longues visites, préférant garder Clémentine chez elle.

Je suis mal à laise ici, ma fille. Jai toujours peur de casser quelque chose. Cest trop chic pour moi.

Oh, maman, arrête ! sagaçait Marianne. Ce nest pas trop chic, cest juste à notre portée ! Paul travaille sans relâche, moi aussi. On a le droit de se faire plaisir.

Nempêche, je me sens mieux chez moi.

Ce que tu veux, tant que Clémentine est heureuse.

Depuis la naissance de Clémentine, Véronique lentourait de soins attentifs.

Je nai pas le temps, maman ! murmurait Marianne, tentant de finir son maquillage avant de partir au bureau. Si je marrête, tout sécroule. Et ce nest pas seulement mon salaire Cest aussi le sort de tous ceux que jemploie ! Mais avant tout, je dois penser à lavenir de Clémentine.

Nest-ce pas plus important quelle ait sa mère près delle, tant quelle est si petite ?

Maman, pas ce discours ! Je sais ce que je fais ! Qui dautre soccupera delle sinon moi ?

Et Paul ?

Maman, enfin ! Oui, il soccuperait mais cest un homme. Un jour il est là, le lendemain il peut partir. Et alors ?

Quelle drôle didée Il en a une autre ?

Jen sais rien ! Tu crois que j’ai le temps de men soucier ? Peut-être Mais peu mimporte. Avec la grossesse, jai été coupée du monde. Il faut que je rattrape mon retard, maman. Tu vas maider, nest-ce pas ?

Oui, bien sûr Véronique contemplait le berceau. Si petite Toi, tu étais plus costaud.

Et alors ? Elle va grandir.

Clémentine était fragile, tout le temps enrhumée. Véronique avait arrêté de paniquer, appelant rapidement son pédiatre préféré. Marianne, débordée, expédiait :

Son état nest pas grave, maman, soigne-la. Jai réunion, je ne peux pas parler.

Clémentine, blottie contre le cou brûlant de sa grand-mère, pleurait doucement.

Ça va passer, ma puce. Viens, on va faire une citronnade, tu dormiras un peu et tout ira mieux. Tu veux une histoire ?

Sur la fée ?

Même sur la fée, si tu veux.

Oui !

Le joli livre coloré avait été rapporté par son père dEdimbourg.

Paul, cest en anglais ! rouspétait Véronique.

Et alors ? Il faut quelle apprenne une autre langue, non ? Après toutes tes années duniversité tu pourras bien la lui lire.

Je pourrai, mais il va falloir commencer plus tôt que prévu

Les heures passées avec sa petite-fille emplissaient Véronique dun nouveau sens, dune joie oubliée.

Car depuis que Marianne avait fini ses études et sétait mariée, Véronique sétait sentie glisser dans un flou gris, avec de rares visites de sa fille, toujours trop occupée. Finissant par ne plus rien exiger, elle sétait retrouvée à regretter les après-midis où Marianne, lycéenne ou étudiante, sasseyait en tailleur sur le canapé de la cuisine, racontant en sirotant son thé à la menthe.

Elle avait eu Marianne très jeune, à dix-neuf ans, dun mariage précipité qui navait pas duré. Rapidement, la mère de Véronique était tombée malade, et douze années dabnégation sétaient enchaînées : une maman alitée, un enfant Pas le temps de penser à soi. Véronique navait jamais été jolie, mais dans la netteté de ses traits il y avait quelque chose qui frappait.

Ce qui nétait chez elle quune ébauche était, chez Marianne, devenu véritable beauté. Véronique gardait le sourire, repoussant lémotion : quelle réussite ! Il fallait que cette beauté mène quelque part. Elle emmenait sa fille à la danse, au conservatoire, lui faisait travailler langlais et le français. Quand Marianne acheva le lycée, Véronique pouvait se vanter davoir transmis ce quelle avait de mieux à sa fille. Mais elle restait rigide et exigeante, nacceptant jamais la moindre impolitesse.

Maman, il me faut ces escarpins pour mon premier entretien, je ne peux pas y aller avec ce que jai. Je dois être impeccable, cest crucial !

Véronique donnait ses économies de vacances. Tant pis pour la mer, limportant cétait que Marianne sen sorte.

Le mariage avec Paul fut le point dorgue. Véronique pleurait de bonheur, voyant sa fille traverser la salle du plus beau restaurant de Lyon au bras de son mari. Mais Paul, elle navait jamais su laimer. Et elle se rassurait par les mots de sa fille :

Ce mariage, maman, cest aussi un contrat. Pas seulement des sentiments. Un partenariat, dès le début.

Vraiment ?

Oui ! Je nhérite pas de ses avoirs davant, mais je dois lui donner un fils, cest tout.

Et ensuite ?

Ensuite, le contrat sera à mon avantage

Cest étrange

Mais raisonnable, et moderne, maman. Les temps changent.

Moi, je veux surtout que tu sois heureuse.

Je le serai !

Marianne sétait éloignée, prise par son entreprise montée grâce à Paul et à sa lutte pour concevoir un héritier.

Larrivée de Clémentine fut une surprise.

Voilà ce que donnent les tests à la mode ! Trois fois on ma dit garçon, regarde Elle a lair dun garçon ?

Mais une fille, cest bien aussi, non ?

Oh, maman, cest pas ça ! Mais ce nest pas ce à quoi je mattendais. Et puis le temps passe

Tu auras un fils, Marianne, un jour. Jen suis sûre.

Mais rien ny faisait. Marianne consultait cliniques et médecins, sans résultat :

Je nen peux plus, maman. Jai tout essayé.

Peut-être devrais-tu veiller sur lenfant que tu as ?

Maman !

Tu sais, Clémentine va sur ses cinq ans, elle est merveilleuse. On peut aimer aussi une fille. Pourquoi retenir ce contrat ?

Marianne réfléchit. Peut-être, au fond, sa mère avait raison.

Dans ce cas, il faut que Clémentine vive avec moi.

Marianne

Ce nest pas discutable. Elle passe trop de temps chez toi.

Mais elle est habituée

Et qui a dit quelle devrait sen déshabituer ? Marianne feuilletait les dessins de sa fille. Elle dessine pas mal. Il faudra linscrire aux Beaux-Arts.

Mais elle prend déjà des cours ! près des larmes, Véronique insistait.

Maman, pas de drame. Tu restes avec elle. Je nembaucherai pas de nounou absurde quand jai une vraie grand-mère à la maison. Peut-être même pourrais-tu tinstaller définitivement ici ?

Oh non, non Ce nest pas la meilleure option. Mais je veux la voir aussi souvent.

La vie sadapta. Dès la première fièvre de Clémentine, Véronique la rejoignit dans la maison familiale.

Tu vois, ici, tout est fait pour elle, et tu las sous les yeux.

Véronique regarda la chambre lumineuse et céda, à contrecœur.

Oui Elle est juste là

Elle soccupait de sa petite-fille, détournant les yeux des dissensions de sa fille et son gendre deux adultes trop préoccupés pour remarquer la fillette vive qui courait entre les vastes pièces.

Mamie, on a plus de place quà la maison ! chantait Clémentine dans le salon. Je peux avoir un chien, alors ?

Je ne sais pas, mon cœur. Ce nest pas à moi quil faut demander.

Pourquoi ? Ce nest pas un peu ta maison aussi ?

Non, ma chérie, ici cest chez tes parents. Moi jai mon propre appartement, où je décide. Ici non.

Tu ne peux rien interdire ici ?

Si, si tu renverses ton bol au petit-déjeuner ! Mais un chien, non.

Jai compris !

Clémentine sassit sur le sol, pensive. Véronique reconnut la même moue obstinée que Marianne avait jadis. Rien, décidément, narrêtait leurs désirs.

Jen parlerai à papa ! Et, assurée, elle se leva.

Le soir venu, elle entra dans le bureau de Paul :

Dis, tu maimes ?

Un peu désarçonné, il se redressa, nayant guère lhabitude de discussions avec sa fille, leurs échanges se limitant à « Coucou, ma puce ».

Évidemment, tous les parents aiment leurs enfants.

Oui mais moi, je veux que TOI tu maimes.

Tu veux quoi ? Un jouet ?

Non ! Un chien !

Un chien-robot ?

Les yeux de Clémentine sarrondirent :

Un vrai chien !

Paul retira ses lunettes, soupira :

Un gros ?

Petit ou grand juste quil soit gentil.

Tu choisis, tu me dis. Tu lauras.

Marianne, elle, protesta longtemps le soir, sans savoir que Clémentine écoutait derrière la porte.

Ce nest pas un jouet ! Un animal, on doit sen occuper.

Ta mère peut aider. Il y a la femme de ménage aussi. Ce nest pas la mer à boire.

Et le vétérinaire ? Et tout le reste ?

Il doit bien y avoir des vétérinaires à Lyon ! Et prends un bâtard, pas besoin dexpo Que veux-tu que je dise ? Cest rien, de vouloir un chien.

Cest de la responsabilité. Et du caprice !

Et alors ? Pourquoi refuser à notre fille ce plaisir ?

Clémentine sut, ce soir-là, quelle aurait son chien. Le reste ne la concernait plus.

Un spitz miniature lui fut offert. Deux mois après, à peine une semaine après son anniversaire, elles quittèrent la grande maison pour lappartement de Véronique.

Marianne, renfermée, buvait son café sans mot dire.

Mamie, pourquoi on déménage ? Cest pour deux jours ?

Non, ma chérie Je crois que ce sera long

Même Véronique navait rien compris au départ. Un soir, Marianne entra dans sa chambre, sortit une valise et dit, dune voix lasse :

Prépare-toi, maman. On sen va. Prépare aussi les affaires de Clémentine. Je nai pas le temps.

Véronique, désemparée, ne posa pas de questions les yeux de sa fille suffisaient.

Le soir, elle apporta une tasse de thé à Marianne, tentant dattraper son regard.

Ne demande rien, maman. On divorce.

Véronique avala sa salive, les yeux perdus dans la porte fermée.

Il en a une autre. Et un fils

Marianne, la tête sur les genoux, se cacha le visage, puis éclata dun rire sec qui arrêta net Véronique.

Je croyais que tu allais pleurer

Même pas ! Voilà, maman. Raté pour moi

Pourquoi Paul avait choisi une autre famille resta mystérieux. Mais il resta correct, le divorce se passa sans heurts. Six mois plus tard, Marianne acheta un grand appartement à côté, et la vie reprit une routine, plus étroite, moins droite peut-être, mais compréhensible.

Clémentine grandissait, brillante à lécole, dune volonté rare. Rien ne lui résistait. Marianne cédait à (presque) tous ses désirs.

Marianne, ce nest pas raisonnable.

Mais maman, on vit dans un monde où il faut savoir simposer, prendre ce quon veut sans demander pardon.

Cela me fait peur, pour Clémentine.

Moi, non. Si javais pensé à moi dabord, je serais peut-être encore avec Paul mais jai voulu lui faire plaisir.

Cest bien, penser aux autres ! Elle a aussi besoin dune mère !

Elle ta, toi.

Et heureusement ! Mais si tu pouvais être là aussi

À quoi bon, elle ne mécoute pas.

Parce que je peux dire non ! Toi jamais.

Je veux quelle sache quon peut tout obtenir. Plutôt amie que cerbère, non ?

Véronique levait les bras, impuissante. Si Clémentine ne voulait pas dun refus, qui donc pouvait len empêcher ?

Marianne, absorbée, ne passait plus que rarement du temps avec sa fille. Juste quelques courses.

Il faut être présentable. Même si tu nas pas hérité de la beauté du siècle, avec de beaux habits et du maquillage, tu es parfaite. Prends exemple sur moi.

Sur ce point, Clémentine écoutait sa mère. Le goût de Marianne était irréprochable. Les copines enviaient la trousse à maquillage de Clémentine, et sinterrogeaient.

Ta peau, cest précieux. Pas question de lui infliger nimporte quoi. Marianne jetait le mascara bas de gamme offert par une camarade.

Un cadeau, maman.

Un cadeau, ça se remercie, puis ça se jette. Il faut saimer, Clémentine.

Véronique regardait tout cela sans intervenir, sentant linutilité de la chose. Clémentine entra à la fac, choisit la même filière que mère et grand-mère. Sa vie devint fiévreuse, insaisissable. Véronique napprit les changements quaprès tout le monde.

Tu te maries ?! Avec qui ? La tasse favorite de Véronique lui échappa des doigts.

Pierre Lefèvre Clémentine chantonnait, recroquevillée sur le canapé. Il est prof à la fac !

Il est

Non, mamie, pas vieux. Plutôt mignon même.

Que Pierre soit déjà marié, Véronique ne lapprit que par Marianne.

Et ça ne tinquiète pas ?

Ce qui mimporte, cest Clémentine. Elle aime cet homme.

Où ai-je raté ça, bon sang pensa Véronique, étourdie.

Le mariage fut morne. Les parents de Pierre ne vinrent pas. Paul, installé ailleurs, se contenta dun appartement neuf en guise de cadeau. Marianne meublait tout sans rien demander.

Maman, regarde cette robe ! Je la veux ! chantait Clémentine devant la glace.

Elle sappelle « la Fée », annonça la vendeuse, sortant le voile. Elle avait compris qui choisirait.

Un signe, Clémentine ! Tu voulais être fée, enfant ?

Oui ! Et maintenant, je le serai ! Ma vie sera magique !

Tout sera murmura Marianne, froissant le tissu du bout des doigts.

Véronique, épuisée, fila, prétextant un malaise.

En montant dans le taxi, elle se retourna. Clémentine dansait près de son mari, tenant une colombe. Véronique frissonna ; sa petite-fille semblait ne faire quun avec loiseau affolé, cherchant à séchapper du poing qui le serrait trop fort.

Seigneur, que faire encore ? Donne-moi la force

Clémentine quitta Pierre moins dun an plus tard, après la naissance de leur fille. La nouvelle compagne de Pierre était une camarade de fac. Clémentine, enceinte, survint à la fac, ouvrit la bonne porte, vit son mari avec la jeune femme. Elle recula, claqua la porte si fort que les vitres tremblèrent.

Quest-ce quil y a ?

Désinfecter, ce serait pas mal Lança Clémentine, sortant. Des cafards vivent là-dedans.

Elle récupéra ses papiers et appela Paul.

Tu pars, tu baisses la tête ?

Tu nas jamais pensé à le remettre en place ?

À quoi bon, maman ? Je pensais avoir toujours ce que je voulais. Mais je nai jamais cherché à savoir ce que voulaient les autres

Tu veux dire quoi ?

Quil y avait quelquun avant moi qui voulait, elle, un mari, un père Une faiseuse de miracles est passée, moi, jai détruit ce rêve. Et maintenant une autre vient détruire le mien. Voilà le vrai miracle, maman

Tu dis nimporte quoi, ma fille. Je ne taurais jamais crue si faible.

Non maman. Je ne suis plus un enfant, cest tout. La fée a trop grandi Plus de vol.

Marianne parlait encore, mais Clémentine nécoutait déjà plus. Il fallait choisir une nouvelle vie.

Véronique, rangeant les affaires, séchait ses larmes et veillait la petite.

Ça ira, mon trésor. Ta maman est forte. On y arrivera

Marianne resta. Véronique lui laissa les clés, mais renonça à ses plantes :

Prends soin de toi, cest le principal.

Des années plus tard, dans lallée gelée dun vieux parc, marchait une jeune femme. La fillette devant elle, sautillant et lui tenant la main, lui ressemblait tant que cen était troublant.

Regarde ce quon a fait à lécole ! La petite fouilla dans son sac à dos, sortit une baguette collée à une étoile froissée en papier alu. Oh, elle est abîmée

Quest-ce que cest, Inès ?

Une baguette magique ! Comme la fée du conte. Sauf quelle est cabossée.

Et alors, ce nest pas grave ! Clémentine redressa létoile et agita la baguette. Tu vois ? Elle marche ! Donc tout va bien !

Mais, tu en es sûre ? Quas-tu souhaité ?

Que tout aille bien et que tout le monde soit en bonne santé !

Ça na pas marché Inès baissa la tête. Mamie est à lhôpital.

Mais plus maintenant. Elle est rentrée.

Cest vrai ? Inès se mit à sautiller.

Oui. On va rentrer, elle sera là.

Donne ! Moi aussi ! Elle prit la baguette, murmura une formule.

Quas-tu souhaité ?

Je ne dis pas ! Jen ai trop Bon, un seul : quon soit toujours ensemble

Clémentine sagenouilla, émue.

Pour mamie ?

La fillette acquiesça.

Je ne peux pas te promettre ça. Je ne suis pas vraiment une fée. Peut-être un petit peu Mais on pourra saimer toujours, même loin. Quand tu pars à lécole ou que je pars au travail, tu sais quon pense lune à lautre, pas vrai ?

Inès hocha la tête et leva à nouveau la baguette.

Alors, je souhaite autre chose : que mamie soit vraiment guérie et quon puisse rester ensemble très longtemps. Tu crois, maman ?

Clémentine se releva, lissa sa jupe et répondit très sérieusement :

Cest le bon vœu, ma chérie. Et maintenant, allons montrer ta baguette magique à mamie. Elle aussi a peut-être un souhait. Cest la vraie fée, tu sais.

Cest vrai ?

Bien sûr. La meilleure fée du monde.

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