Je ne te déteste pas
Eh bien, finalement, rien na changé
Violette triturait nerveusement le bord de sa manche en regardant par la fenêtre du taxi. Le décor défilait : ces rues familières du centre de Lyon, où elle avait autrefois gambadé bras dessus bras dessous avec Raphaël, riant et refaisant cent fois lavenir. Sept ans Cela faisait sept longues années quelle nétait pas revenue.
On y est, lança le chauffeur, tranchant ses pensées dun ton paisible.
La voiture sarrêta mollement devant la vieille résidence années 60 de sa mère. Violette vérifia machinalement la présence de son portable, sortit quelques billets, régla la note en euros puis sortit, valise à la main. Elle resta debout un instant, inspirant à pleins poumons cet air lyonnais, ni aussi pollué ni aussi pressé que celui de Paris. Ici, le moindre parfum de croissant beurré, de pelouse fraîche du parc du coin, ou dun vague rappel de lessive semblait réveiller en elle tout un bazar démotions. Lodeur de la boulangerie sur langle, ce bruit de cloche de tramway, ce chat qui regardait passer les pigeons tout lui disait la même chose : bienvenue à la maison, même si ça fait mal.
Elle nétait là que pour quelques jours. Officiellement, histoire de rendre visite à sa mère, régler une montagne de paperasse administrative qui saccumulait depuis un bail. Et puis, évidemment, marcher dans les pas de son enfance, vérifier si ses refuges dadolescente étaient toujours là. Mais en vrai, la raison principale se cachait bien plus profondément : elle brûlait denvie de retrouver Raphaël ! Dans le fond, un bout delle espérait encore à un bouleversement digne dun film français sur Arte : tout pourrait-il basculer ?
Elle savait quil habitait pas loin. Ce nest pas quelle ait mené lenquête elle sen défendait farouchement mais les copines, quand elles se retrouvaient pour un apéro FaceTime ou en vrai, laissaient parfois échapper un Tiens, Raphaël bosse maintenant dans une grosse boîte, ou Il sest acheté un appart, ou bien encore Il a rapatrié sa mère chez lui ! Bref, les anecdotes distillées lui faisaient toujours le même effet : minute émotion, et puis vite, on referme, pour ne pas tout saccager à lintérieur.
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Le lendemain matin, Violette décida de traîner dans le centre-ville. Pas de plan, pas de circuit gastronomique prévu elle voulait humer lair du quartier sous la grisaille douce, voir si les murs racontaient encore ses histoires. Elle flâna, rêvant devant les vitrines, esquissa un sourire en tombant nez à nez avec certaines madeleines de Proust : le kiosque à journaux où elle achetait Le Journal de Mickey, le banc où elle débriefait avec les copines après cours, ce vieux troquet où elle avait bu un cappuccino pour la première fois (et failli tacher sa blouse neuve)
Et soudain, elle le vit.
Raphaël marchait de lautre côté de la rue, lair absorbé, tête penchée, lesprit visiblement bien plus occupé que ses pas. Violette en eut le souffle coupé, la scène bascula en slow motion. Il navait pas changé : toujours aussi grand, la même démarche nonchalante, boucles brunes rebelles. Silhouette quasi identique, et même, par miracle, la même coupe de cheveux (au secours).
Sans réfléchir, elle se lança sur le passage piéton, le feu clignotait déjà mais tant pis, le cœur battant comme une fanfare place Bellecour.
Raphaël ! appela-t-elle, essoufflée, une fois à sa hauteur devant une supérette.
Sa voix trembla elle ne sétait pas crue aussi fébrile. Il se retourna et rien. Ni sourire, ni colère, pas même une étincelle de surprise.
Violette ? articula-t-il, dun ton égal, limite administratif.
Ce ton là, plat comme une crêpe sous anesthésie, la frappa plus fort quune gifle. Sept ans démotions compressées explosèrent dun coup : yeux humides, mots qui sortent en pagaille.
Raphaël Je suis désolée, murmura-t-elle, luttant contre ses sanglots. Je sais, je nai aucun droit de venir te voir mais elle renonça à sessuyer les larmes je taime. Toujours. Excuse-moi. Je ten supplie.
Elle débitait tout ça vite, désordonnée, comme si chaque seconde était une porte qui risquait de se fermer. Il ny avait plus rien à retenir : cétait le cœur brut, sans vernis ni fard, déballé à la va-vite.
Elle le serra contre elle, tentant de retrouver cette sensation de refuge dautrefois. La ville tournait au second plan : elle, ses bras autour de Raphaël, la folle envie que, peut-être, il serrait aussi fort.
Il ne la repoussa pas immédiatement. Il y eut cette fraction dhésitation : ses épaules se détendirent, ses bras tressautèrent vers elle, comme sil hésitait à létreindre à son tour. Lueur insensée despoir ! Mais le miracle fondit plus vite quun sorbet fraise-chocolat en juillet.
Il la repoussa, gentiment mais fermement, posant ses mains sur ses épaules, le visage impassible, presque froid. Dans son regard, plus de ce garçon qui riait avec elle sous la pluie. Devant elle, un homme endurci qui avait verrouillé son cœur à triple tour.
Dégage, souffla-t-il à son oreille.
Cétait sec, glacial, comme si elle nétait quune silhouette anonyme dans la foule.
Je te déteste, ajouta-t-il, et soudain, elle lut un mépris franc dans son regard.
Il se détourna aussitôt, repartant sans jamais se retourner. Violette resta plantée là, percluse, déconnectée du tumulte des passants, des bus qui klaxonnaient et des mômes qui se chamaillaient plus loin. Qui sait ce que les badauds pensaient en voyant cette jeune femme immobile, visage livré à la pluie de ses larmes ? Elle, elle nentendait que le bruit des pas de Raphaël seffaçant dans la ville, et son propre souffle, sec et douloureux.
La fin, cest maintenant. Cette phrase tourna dans sa tête jusquà la labyrinthite.
Elle rentra chez sa mère, mécanique, chaque pas pesant comme un sac de patates acheté rue de la République. Aucune explication, pas même un coucou je suis rentrée. Elle fonça droit dans la cuisine, sécroula sur une chaise et fixa le ciel gris en attendant que le monde recommence à tourner. Sa mère passa la tête, constata le désastre et, sans rien dire, remit la bouilloire à chauffer. Le rituel du thé, le bruit de leau qui frémit, tout cela lui paraissait dun quotidien insolent face à ce cataclysme intérieur. Mais cest justement ce cocon de normalité qui laida à ne pas chavirer complètement.
Il ne ma pas pardonnée, souffla Violette en serrant la tasse brûlante. La vapeur lui chatouillait le nez, mais elle fixait vaguement la lumière jaune qui tremblait dans le liquide.
Sa mère sassit en silence, lui frotta délicatement lépaule du même geste quautrefois, quand la chute en vélo se terminait en sanglots et mercurochrome. Aussitôt, Violette se sentit aussi vulnérable quune fillette chez le médecin.
Tu ten doutais, non ? dit sa mère, douce et sans rancune.
Évidemment, répondit Violette, son ton posé mais lessivé. Mais jespérais Cest crétin, hein ?
Ce nest pas crétin Juste tu connaissais la musique. Tu as fait beaucoup de mal à Raphaël, il a mis des années à sen remettre Il ma toujours rappelé ce pauvre Kay dans le conte dAndersen : un cœur devenu glaçon quaucun sourire ne fait fondre.
Violette soupira profondément, laissa tomber la tasse, senfonça dans sa chaise. Elle revit le film sept années en arrière.
À 22 ans, elle croyait tout simple, tout évident. Raphaël, lui, travaillait sur des chantiers et poursuivait laborieusement une licence à distance, tout en rêvant douvrir sa brasserie bio. Ce nétait pas un poète mais il avait le don dêtre fiable, toujours présent, sans bruit ni vague.
Mais voilà, tout cela manquait follement de glamour. Un CDI chez son oncle à Paris, la promesse dun salaire correct, dun studio avec baignoire, et la stabilité sonnait comme la panacée. Elle navait jamais voulu dun prince, non, juste dune vie sans trous dans la chaussette et sans fin de mois angoissés à consulter son compte en banque Banque Populaire.
Et puis, en débarquant à Paris, il y avait eu ce fameux Étienne. Âgé, cravaté, solide carnet dadresses et la certitude de faire fortune à chaque buffet mondain. Ils se rencontrèrent à une soirée RH : Violette, toute impressionnée dafficher son nouveau porte-monnaie, Étienne, gourmet des conquêtes. Les bouquets, plus raffinés que des gerbes de roses, les invitations là où le menu ressemble à une dissertation, la petite voiture avec chauffeur, la virée chez Hermès ou le foulard coûte presque un SMIC Il avait lart doffrir le grand jeu sans jamais parler damour : que de tu mérites mieux, il ne faut pas se restreindre, laisse la vie te gâter.
Au départ, elle résistait, jurait que ce nétait pas son truc. Mais, peu à peu, ce confort devint grisant. Plus de stress à lidée de payer la caution, plus de casse-tête devant les étiquettes il suffisait de choisir. La magie du Paris confortable, aucun effort, tout semblait gagné davance. Et Violette sy laissa glisser sans même penser à ce pauvre Raphaël, fini la nostalgie, place aux soirées chics et aux colis-cadeaux. À force, elle se surprit à mépriser ceux qui navaient pas gravi léchelle sociale, Raphaël compris.
Un jour, elle revint à Lyon. Pas pour renouer, encore moins pour sexcuser. Juste pour parader, montrer à lex tout ce quelle était devenue : apparence léchée, robe hors de prix offerte par Étienne, une bague clinquante à un doigt, un sac griffé dans lautre. Elle sinstalla dans le bar préféré de Raphaël, parfaitement sapée, préparée comme pour un reportage. Quand il entra, elle sarrangea pour croiser son regard et rit (faussement trop fort) à une blague dun pseudo-ami. Dans les yeux de Raphaël, elle crut lire la confusion, la déception, la douleur même et elle tint le choc. Pour elle, à cet instant, cétait gagné : elle avait prouvé (se prouvait surtout à elle-même) quelle avait raison. Et pourtant, en voyant la porte claquer derrière lui, sa victoire laissa place à un malaise glacial. Triompher pour réaliser que tout ça ne veut rien dire, cest rude.
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La victoire avait un goût dhuître avariée, Violette ne sen rendit compte que bien plus tard. Étienne, une fois le jouet flambant neuf dompté, se mit à disparaître : dabord quelques remarques piquantes (Tu pourrais aller chez le coiffeur non ?), puis des cadeaux distillés (Va tacheter le pull dont tu rêvais, mais prends-le vite, jai réunion), puis carrément des absences. Rien, pas un texto pendant des jours, des semaines de solitude à déambuler dans son grand deux-pièces, une télé dernier cri pour toute compagnie. Tout ce quÉtienne daignait répondre à ses sollicitations devenait lapidaire :
Tu as eu ce que tu voulais. Faut pas trop en demander.
Violette, bien sûr, se trouva toutes les excuses du monde. Il bosse trop, il mérite du repos, puis Au fond, je dois être trop exigeante, cest la rançon du succès Mais elle savait, au fond : elle nétait quun accessoire de plus dans larsenal du cadre supérieur. Le vernis sétait écaillé, il ne restait quun miroir cruel de ses propres choix.
La déprime sinstalla peu à peu, impossible à masquer. Les robes coûtant le PIB du Luxembourg traînaient tristement sur les cintres, les bijoux perdaient leur éclat en silence dans un coffret oublié, même les restaurants hype du Marais lui donnaient la nausée. Les parfums autrefois synonymes de nouvelle vie étaient maintenant entêtants, presque écœurants.
Elle passait ses soirées à épier la rue, à se demander Et si jétais restée ? sans jamais oser pousser la réflexion trop loin. Car derrière la question obsédante il y avait la réalité de lavenir.
Souvent, la nuit, dans la pénombre cossue de son appart, Violette se mettait à compter ce quelle avait perdu avec sa sécurité chèrement acquise. Que vaut une stabilité sans bras autour de soi pour la savourer ? Elle revoyait alors Raphaël, ses mains rêches mais rassurantes, sa façon maladroite dexpliquer ses plans pour lavenir, sa confiance paisible qui lui donnait limpression quensemble ils pouvaient tout surmonter. Et elle se disait : Voilà, cétait là le vrai luxe.
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Au troisième jour, elle décida daller au parc de la Tête dOr, leur repère à lépoque du lycée. Le banc sous le grand érable y était toujours, comme un talisman. Elle repensa à ce jour où Raphaël, regardant tomber les feuilles, avait dit : Un jour, on aura notre chez-nous. Avec des fenêtres immenses et du soleil le matin. Elle sétait contentée de sourire, mais aujourdhui, ces mots prenaient une gravité nouvelle.
Alors quelle contemplait ce passé révolu, une voix familière linterpella :
Violette ?
Cétait Antoine, un de leurs amis communs. Souriant, lair presque heureux de la revoir.
Je ne pensais pas te croiser ici, fit-il en haussant les sourcils. Comment tu vas ?
Violette hésita, avalant sa tristesse. Elle tenta un sourire à peu près crédible :
Ça va, je suis là pour voir maman et vérifier que les statues des canuts nont pas bougé.
Antoine ne posa pas de questions indiscrètes, il proposa plutôt un détour par un banc à lombre.
Ils sinstallèrent, Antoine détaillant les misères et exploits récents de la ville. Latmosphère légère lui fit du bien. Tout à coup, il demanda, presque sans y toucher :
Tu as revu Raphaël ?
Violette baissa immédiatement les yeux. Limage de la veille, son visage glacial, les mots durs, tout revint au galop.
Oui, hier, finit-elle par souffler.
Et alors ? questionna-t-il doucement.
Il il veut plus rien savoir de moi, avoua-t-elle, ravalant une bouffée de honte. Il me déteste.
Antoine soupira, sadossa et regarda la perspective de lallée dorée. Il prit son temps avant de parler.
Tu sais, tu es partie du jour au lendemain. Pas un message, pas un coup de fil : pour lui, ça a été comme un tsunami. Et ta parade, quand tu es revenue jai cru quil allait devenir alcoolique pour de bon.
Violette hocha la tête. Elle avait toujours su, mais le reconnaître tout haut, ça piquait.
Jétais persuadée de faire le bon choix. Je voulais juste me sentir en sécurité.
Il ne jugea pas, il attendit simplement quelle termine.
Il ma dit quil avait essayé de passer à autre chose, confia Antoine. Il a tenté de rencontrer des filles, mais rien à faire. Pour lui, tu resteras unique, même pour le pire. Tu aurais vu les dégâts après ta démonstration bling-bling
Sa voix se perdit dans la brise du parc. Violette sentit ses mains se crisper, ravalant des larmes impossibles à contenir.
Je ne demande pas à être pardonnée, haleta-t-elle. Je voulais juste quil sache que je regrette. Tous les jours Je refais le film en boucle.
Antoine secoua la tête tristement.
Tu sais, il na pas besoin de lentendre. Pas maintenant, pas comme ça. Laisse-le tranquille, vraiment. Il avait mis tant dannées à recoller les morceaux, et là, en deux jours tout se fissure à nouveau. Hier il ma appelé : il était complètement bourré. Sil te plaît, Violette, nen rajoute pas.
Elle se mordit la lèvre, cette fois sans protester. Elle comprenait enfin : en voulant expier, elle avait rallumé la douleur chez Raphaël. Le meilleur service à rendre était, paradoxalement, loubli.
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Le soir, accoudée à la fenêtre, Violette observait les lumières de Lyon gagner la ville, façon guirlande électrique. Mais la féérie urbaine lui paraissait lointaine. Car ce film qui repassait en elle, cétait celui de la vie qui aurait pu être : les débuts modestes mais joyeux, les galères à deux, les rires, tout ce quil aurait fallu vivre et tout ce quelle avait gâché.
Le lendemain, elle replia ses affaires sans hâte. Sa mère la regardait faire, pleine dune tendresse fataliste.
Prends soin de toi, souffla-t-elle avant quelle ne claque la porte.
Un baiser, un soupir, puis direction la gare. Elle acheta un billet pour Paris au dernier moment, espérant que les heures de TGV laideraient à trier un peu ce fatras démotions.
Tandis que le train filait entre les banlieues, elle observait les collines, les bâtiments couleur crème, les passants sur les quais, tout un monde dont elle ne ferait plus jamais vraiment partie. Quelque part là, dans ce dédale, vivait lhomme quelle avait aimé plus que tout et quelle avait laissé sans une vraie explication. Plus jamais elle ne le reverrait, elle en eut la certitude soudaine.
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Six mois plus tard. Violette reprenait le métro parisien, bossait, retrouvait des copines à Pigalle, tapait la discussion sur WhatsApp. Extérieurement, la routine avait repris ses droits ; intérieurement, plus rien nétait pareil. Elle ne fuyait plus ce qui lavait rongée, elle acceptait la réalité, la faute, la peine. Elle ne sinfligeait plus des demain tout changera ou il faut passer à autre chose : elle apprenait simplement à respirer, à reprendre pied, en toute lucidité.
Un soir, alors quelle préparait distraitement des pâtes, son téléphone vibra. Numéro inconnu. Un texto, une seule phrase :
Je ne te déteste pas. Mais je ne peux pas te pardonner.
Violette resta figée, téléphone serré fort contre sa poitrine. Son cœur rata un battement, puis repartit au triple galop. Elle sassit à même le sol, écrasée par lémotion, comme si à travers cet écran, Raphaël lui transmettait encore un bout de son âme.
Que voulait-il dire ? Était-ce un minuscule pas vers lavant, ou le dernier point final ? Peut-être un peu des deux. Mais pour la première fois depuis longtemps, elle se sentit reliée à lui par un fil à peine perceptible, fragile, déjà prêt à casser, mais bien réel. Quelquun, là-bas, à Lyon, pensait à elle, avait trouvé la force décrire malgré la plaie béante. Il navait pas définitivement fermé la porte.
Violette sourit à travers ses larmes. Une esquisse de sourire, maladroite mais vraie. Peut-être que ce nétait pas tout à fait la fin. Peut-être quun jour, ils se reparleraient tranquillement, sans larmes ni rancune ni regret. Quun jour, ils mettraient des mots justes sur leur histoire et pourraient avancer, séparément ou ensemble.
Mais pour linstant il lui suffisait de savoir quil navait pas oublié. Quà quelques centaines de kilomètres, quelquun gardait delle, non pas juste un souvenir amer, mais une trace indélébile de ce quils avaient été.
Et, pour aujourdhui, ça lui suffisait.