J’ai traversé les frontières pour retrouver mon ex-fiancé trois mois après notre rupture : avec en p…

Journal intime

Il y a trois ans, jai pris un train pour quitter Paris et traverser la frontière jusquà Genève, animée par une idée que beaucoup qualifieraient de folle. Je voulais revoir mon ancien fiancé, trois mois après notre rupture douloureuse. Je nécoutais pas ma tête cétait mon cœur qui me poussait. Javais glissé dans ma valise la bague quil mavait offerte, nos photos dans mon téléphone, et une stupide espérance que, face à moi, il regretterait.

Je savais très précisément où il travaillait. Il était médecin à lhôpital cantonal. Jy suis allée seule, mon petit bagage en main et les nerfs en pelote. Je me suis installée dans le hall, feignant dattendre de pouvoir renseigner quelquun sur un patient. Lorsquil est apparu dans le couloir, jai senti tout lair quitter mes poumons. Il était le même que dans mes souvenirs blouse blanche, regard lointain, allure pressée.

Je me suis approchée, je lui ai demandé quon discute. Il avait lair surpris. Nous avons parcouru le corridor côte à côte. Jai tenté de garder une voix assurée. Je lui ai expliqué être venue parce que je ne voulais pas que tout se termine ainsi, que je laimais toujours et quil y avait peut-être encore quelque chose à sauver entre nous.

Il na pas hésité une seconde. Son visage est resté fermé alors quil me répondait quil avait tourné la page, que sa vie était désormais dédiée à son travail et quil fallait que je continue la mienne. Sa voix na jamais tremblé, froide, presque mécanique.

Jai serré les dents pour ne pas pleurer devant lui. Jai hoché la tête, sorti la bague de mon porte-monnaie, la lui ai rendue, puis pris congé rapidement. Dehors, je me suis assise sur un banc de pierre, juste devant l’entrée de lhôpital, et soudain, jai craqué. Jai caché mon visage entre mes mains et pleuré comme je navais pas pleuré depuis des mois. Mes larmes coulaient pour le voyage, pour lillusion, pour ce nouveau rejet, pour cet amour à sens unique.

Je navais pas remarqué quun autre médecin était assis, lui aussi, sur un banc de lautre côté de lallée, en pause. Il ma entendue sangloter pendant un moment. Quand mes larmes se sont enfin apaisées, il sest approché et, tout doucement, ma demandé :
Excusez-moi de vous interrompre mais si vous avez besoin de quelque chose, je suis là. Vous allez bien ?

Jai baissé la tête, réussi à murmurer :
Non On ma brisé le cœur pour la deuxième fois par la même personne.

Il ma regardée avec cette vraie compassion quon rencontre rarement. Il ma proposé de sasseoir près de moi. Nous avons eu une conversation étrange, inattendue, mais profondément humaine. Il ma tendu une petite bouteille deau, sest enquis de savoir si javais de la famille ou des amis à Genève, si jétais seule. Je lui ai tout raconté que javais fait le voyage pour cet homme, que nous avions prévu de nous marier, que tout sétait interrompu trois mois plus tôt et que je narrivais pas à my faire.

Il ne ma jamais jugée. Simplement écoutée, avec une voix calme et apaisante. Il ma dit que je ne devais pas mendier lamour, que la douleur était normale, mais que je ne devais pas rester prisonnière de ma tristesse. Il ne cherchait pas à me séduire simplement à offrir du réconfort à une inconnue égarée sur un banc devant lhôpital.

Petit à petit, on sest mis à parler plus longuement puis à sécrire des messages. Je lui ai confié ne pas vouloir mattarder à Genève, que jaspirais juste à rentrer. Il ma demandé quand serait mon vol retour. Je lui ai avoué navoir rien réservé, espérant quune réconciliation me retiendrait plus longtemps. Alors, il ma suggéré :
Reste quelques jours. Viens avec moi et mes amis. Ne tenferme pas seule à lhôtel pour pleurer.

Jai accepté. On a dîné ensemble, flâné dans les rues, je me suis présentée à ses collègues du CHU. Jétais pourtant totalement dévastée, incapable de sourire autrement que timidement. Il ne sest rien passé entre nous. Pas de baiser, pas de flirt. Juste de longues discussions et des rires hésitants qui, doucement, me faisaient oublier la douleur.

Une semaine après, je suis revenue à Paris. Je pensais que tout sarrêterait là. Mais on a continué à sécrire. Chaque jour. Six mois. De longues conversations, tard dans la nuit, des messages vocaux, de petites anecdotes du quotidien. Sans vraiment sen rendre compte, on sest rapprochés.

Un jour, sans prévenir, il ma envoyé un message :
Je suis là. Il faut quon se voie.

Il mattendait à la Gare de Lyon, valise à la main. Je lai rejoins, et en le voyant, je ne comprenais rien à ce qui marrivait. Il ma prit dans ses bras et, sans détour, ma dit :
Je suis tombé amoureux de toi. Je ne veux plus que nos échanges passent uniquement par nos téléphones. Je suis venu te voir en face, pour comprendre si tu ressens la même chose.

Jai pleuré. Mais cette fois, pas de tristesse. De la peur, de lémotion, de létonnement, tout à la fois. Je lui ai dit « oui » que, moi aussi, sans men apercevoir, jétais tombée amoureuse. À partir de ce jour, nous avons commencé notre histoire.

Aujourdhui, cela fait trois ans que nous sommes ensemble. Nous sommes fiancés. Nous nous sommes mariés en août. Les invitations sont déjà envoyées. Parfois, je me dis que, sans ce voyage insensé, à traquer un homme qui ne maimait plus jamais je naurais rencontré celui qui est devenu mon mari.

Et même si tout a commencé par des larmes sur un banc gris devant un hôpital suisse cest devenu la plus inattendue et la plus belle histoire damour de ma vie.

Rating
( 1 assessment, average 4 from 5 )
Like this post? Please share to your friends: