Jai donné tout pour son rêve, mais je suis devenu un simple figurant à la fête de sa réussite
Il arrive quon bâtisse des palais pour ceux qui nhésiteront pas à nous mettre dehors dès que les dernières finitions sont posées. Lhistoire de Fabien en est un rappel cruel: lamour et les affaires font un mélange explosif, surtout quand lun aime et lautre manipule.
Scène 1 : Le bout du chemin
Un quartier chic de Lyon, devanture reluisante et senteur enivrante de peinture fraîche. Fabien, un homme dune trentaine dannées en tenue de travailleur, astique minutieusement la porte vitrée dune nouvelle boutique. Sur son visage, une fatigue fière et satisfaite. Il nest pas un simple ouvrier ; il a sacrifié chaque centime pour que ce rêve prenne vie.
Sapprochent Éléonore élégante, en soie précieuse et sa mère, au regard aussi glacial quune tempête de Mistral.
Scène 2 : Le mirage du bonheur
Fabien se tourne vers celle quil aime, avec des yeux lumineux :
«Tout est prêt, ma belle. Chaque détail correspond à ce dont tu rêvais. Demain, louverture, enfin!»
Scène 3 : Douches froides
La mère dÉléonore savance, détaillant Fabien avec un profond mépris.
«Nous? Arrête ton cinéma,» lance-t-elle dun ton sec. «Tu nes quun prestataire, ton rôle est terminé. Ramasse tes outils et file avant larrivée des véritables invités.»
Scène 4 : Le coup bas
Fabien reste pétrifié. Son regard se tourne vers Éléonore, espérant quelle sopposera à sa mère.
«Cest sérieux? Éléonore, jai mis toutes mes économies là-dedans! Pour nous!»
Mais Éléonore détourne les yeux, puis, dune voix coupante et lointaine :
«Sois réaliste, Fabien. Tu ne colles pas avec limage de notre marque. Maman a raison, il est temps pour toi de tourner la page.»
Scène 5 : Le point de non-retour
Lunivers de Fabien vacille, mais cest une étrange sérénité qui lenvahit. Il glisse la main dans sa poche et en sort une télécommande sophistiquée.
«Vous oubliez que cest moi qui ai installé toute la domotique et lélectricité ici,» souffle-t-il, son pouce posé sur un gros bouton rouge.
FIN DE LHISTOIRE :
La mère dÉléonore ricane : «Tu vas éteindre la lumière? On appellera un électricien, tout sera rétabli en une heure.»
Fabien la fixe droit dans les yeux :
«Non. Je nai pas seulement installé le système. Jen suis linventeur déclaré. Cette boutique est un «bâtiment intelligent» ; tout le code appartient à mon entreprise. Et sans contrat de cession, vous utilisez mes droits sans paiement»
Il appuie fermement sur le bouton.
Un puissant claquement résonne. Dépaisses grilles métalliques descendent, bloquant vitrines et issues. La lumière saute. Le silence nest troublé que par les loquets électroniques qui condamnent le lieu, transformant la boutique en bunker.
«Quest-ce que tu fais?!» sécrie Éléonore, paniquée devant la porte verrouillée. «Les investisseurs arrivent pour le cocktail douverture dans une heure! Remets tout en marche!»
Dun geste tranquille, Fabien range la télécommande, ramasse sa boîte à outils.
«Puisque je ne colle pas à votre «image», mes technologies non plus. Demain, mon avocat réclamera votre dû pour usage illicite de ma propriété intellectuelle. Dici là profitez de lobscurité. Il ny aura pas de fête.»
Il quitte les lieux, insensible aux cris derrière lui. Dehors, les invités en costume commencent à samasser, intrigués devant cette «cage» qui était, quelques instants plus tôt, le rêve dÉléonore.
Morale : Ne méprisez jamais celui qui a posé les fondations de votre réussite. Sans lui, même le plus luxueux édifice nest quun amas onéreux de ruines.
Et vous, quauriez-vous fait à la place de Fabien ? Partagez votre avis !