Aujourd’hui, j’ai décidé de commencer ce journal. Maman nous a révélé un secret : elle a acheté un appartement.
Cet appartement se trouve tout près de Lyon. Elle nous a seulement demandé de garder ladresse pour nous, afin déviter des visites inattendues surtout de la part des parents de ma femme, qui ont malheureusement des problèmes avec lalcool.
Au début, je ne savais pas comment réagir. Devais-je être vexé ou soulagé ? Personne ne ma vraiment consulté. Comme des voleurs, tôt le matin, nous avons déménagé toutes nos affaires en cachette dans notre nouveau chez-nous. Il me fallait trouver rapidement du travail dans ce quartier, tandis que ma femme, Éloïse, essayait de shabituer à ce nouvel environnement. Tous les deux, nous étions tendus. Nous avions peur quun jour, les parents dÉloïse retrouvent notre adresse et débarquent à limproviste.
Jai finalement décroché un poste dopérateur dascenseur dans un immeuble moderne. Le lendemain, il a fallu intervenir avec un collègue pour secourir une femme restée bloquée entre deux étages dans la cabine.
Nous avons réussi à ouvrir la porte et à la sortir de là. Elle nous a remerciés avec une sincère reconnaissance, tellement elle était terrifiée. Je lui ai adressé des mots apaisants pour la rassurer. Il m’était évident qu’elle n’était pas comme les autres. Je ne voulais pas la quitter.
Ce jour-là, jai compris ce quon appelle le coup de foudre. Je lai raccompagnée chez elle, la soutenant alors quelle marchait péniblement, ébranlée par cette mésaventure. Des larmes brillaient dans ses yeux, elle tremblait. J’avais envie de lui murmurer des mots doux, de la tenir contre moi. Elle est entrée chez elle et la porte sest refermée.
Ce soir-là, pendant que je bordais Maëlle, ma fille, et quÉloïse se rendait à la salle de bain, je repensais à cette journée avec émotion et un sentiment de tristesse. Cette femme me hantait lesprit. Impossible de faire abstraction elle était dune beauté fragile, attendrissante, profondément touchante.
Le lendemain, après mon service, je suis retourné devant sa porte. Jai raconté à une voisine que je venais dun village près de Chambéry et que jétais une connaissance lointaine. En dix minutes, jai appris que son mari buvait trop et passait ses journées à ne rien faire. Ils avaient deux enfants.
Cette révélation ma soulagé. Je pouvais rentrer chez moi, retrouver ma femme et ma fille, le cœur tranquille. Je nai pas besoin des problèmes des autres ni des histoires des enfants des autres cest ma propre famille que je veux protéger, mon propre foyer que je veux construire.
Jai ressenti un profond apaisement.