Il a Loué une Montagne pour Élever 30 Cochons, puis l’a Abandonnée pendant 5 Ans – Un Jour, il Revient et Reste Bouleversé par ce qu’il Découvre…

En 2018, Fabrice Dubois, un Parisien de 34 ans lassé de jongler avec des factures interminables, rêvait de fuir la grisaille urbaine en se lançant dans lélevage de porcs. Il loua un bout de montagne abandonné près du village de Saint-Étienne-de-Baïgorry, dans le Pays Basque, bien décidé à y construire sa petite porcherie.

Il y mit toutes ses économies, sendetta même auprès du Crédit Agricole, fit bâtir des enclos en tôle ondulée, creusa un puits profond, et acheta trente porcelets bien joufflus chez le fermier du coin.

Lorsquil monta ses premiers cochons sur la montagne, il fanfaronna auprès de son épouse, Clémence (31 ans, pure Parisienne avec un faible pour les pains au chocolat) :
Tu vas voir, chérie, dans un an on aura notre maison, et peut-être même une terrasse pour les apéros !

Bien sûr, il avait cru naïvement aux miracles martelés dans les reportages de la télé française : lélevage facile, le bonheur simple, et la promesse de finir millionnaire en euros.

Mais à peine trois mois plus tard, la fièvre porcine africaine débarqua comme un touriste malpoli à Biarritz. Les élevages du coin tombèrent un par un, si bien que la montagne semblait sous un nuage de fumée tant les voisins brûlaient leurs baraquements pour éviter la contagion.

Clémence, peu emballée à lidée de devenir Madame Piggy, commença à paniquer :
On ferait mieux de les vendre tant quils rognent encore !

Mais Fabrice, fidèle à sa réputation de têtu chez les Dubois, répondit :
Ça va passer, faut juste serrer les dents un peu.

À force dinquiétude et de nuits blanches à fixer le plafond de la porcherie en tôle, il finit par craquer. Une hospitalisation express à Bayonne cause épuisement et crise de stress, suivie dun mois à végéter chez la belle-famille.

Quand il remit enfin les pieds sur la montagne, la moitié des cochons sétait volatilisée. Le prix de laliment avait doublé, le banquier commençait sérieusement à le poursuivre pour ses remboursements.

Chaque soir, sous le martèlement de la pluie sur son toit rouillé, il avait la nette impression que tout ce quil avait bâti seffondrait comme un soufflé oublié au four.

Jusquau soir où, après un énième coup de fil menaçant dun créancier, il atterrit sur le carrelage et murmura, défait :
Cest la fin.

Le lendemain matin, il boucla la porcherie, tendit les clés à Monsieur Dubost, le propriétaire basque du terrain, et descendit la montagne sans se retourner. Tout ce à quoi il avait cru, il le voyait déjà englouti, digéré par le sol basque.

Pendant cinq ans, il ne remit jamais les pieds dans la montagne.

Avec Clémence, ils déménagèrent à Bordeaux. Ouvriers dans une usine de macarons, leur vie était simple, pas bien riche mais calme. À chaque discussion sur les cochons, Fabrice faisait un sourire fataliste :
Jai nourri la montagne avec mes économies, cest tout.

Mais un matin, début 2023, il reçut un appel de Monsieur Dubost. La voix tremblait :
Fabrice Faut que tu montes. Il sest passé un truc avec ton ancienne porcherie.

Le lendemain, Fabrice grimpa les quarante kilomètres de route sinueuse, désormais avalée par les herbes et les fougères comme si personne nétait passé depuis dix ans.

Langoisse lui nouait lestomac.

Les enclos avaient-ils disparu ? Le site était-il méconnaissable ?

Au détour du dernier virage, Fabrice sarrêta net.

Lendroit quil avait laissé à labandon semblait vivant.

Lancienne porcherie était camouflée sous un manteau de lierre et de ronces épaisses. Les enclos boueux sétaient fondus dans un sous-bois dense. Les arbres voisins avaient doublé de taille, et le sentier daccès sétait effacé.

Mais ce nest pas ça qui le scotcha.

Des bruits. Une ribambelle de grouik-grouiks joyeux.

Fabrice sapprocha, le cœur battant, près de la clôture à moitié enfouie sous la broussaille. Il se pencha par-dessus et recula dun bond.

Des cochons. Pas un, ni deux, mais une véritable armée.

Des mastodontes aux flancs charnus, et une ribambelle de porcelets qui cavalcadaient allègrement partout.

Ses trente porcelets dil y a cinq ans sétaient mués en une horde digne dAstérix !

Non, cest pas vrai balbutia-t-il.

Monsieur Dubost arriva derrière lui, tapotant son béret dun air ravi.

Tu vois, quest-ce que je te disais ? Ils nont pas disparu, ils se sont débrouillés !

Mais comment ils ont survécu ? bredouilla Fabrice, sous le choc.

Dubost sinstalla sur une pierre.
Quand tes parti, y en avait quelques-uns restés dans lenclos. Ils ont fait sauter la clôture, et ils se sont débrouillés. Je pensais quils allaient filer ad patres dans la forêt. Mais non, ils se sont adaptés.

Fabrice balaya autour du regard. Un maigre ruisseau serpentait derrière la porcherie. Des bananiers et des patates douces (expatriées dans le Sud-Ouest !), des noisetiers et des touffes de pissenlits sétaient installés.

Ils ont appris à vivre en montagne, expliqua Dubost. Et ils ont proliféré, ces gaillards.

Fabrice observa la troupe. Quelques cochons levaient la tête dans sa direction, comme sils avaient reconnu la main qui les avait nourris au début.

Lun deux, immense, sapprocha de la barrière. Sa robe rousse portait une entaille distinctive à loreille la première cochonne achetée jadis.

Elle cétait ma toute première, murmura Fabrice.

Un pincement au cœur.

Tout ce quil croyait avoir perdu était encore là.

Pas seulement vivant, mais multiplié.

Tu vas faire quoi, alors ? demanda Dubost avec un sourire en coin.

Fabrice resta silencieux.

Il regarda cette montagne, ces enclos envahis, cette armée rougeoyante de cochons détendus comme des touristes en vacances, insensibles au passage du temps.

Enfin, Fabrice sourit un vrai sourire, comme on nen fait plus depuis longtemps.

Peut-être que mon rêve nest pas mort, souffla-t-il.

Et, là, il comprit une chose quil avait oubliée.

Parfois, même quand on laisse filer ses rêves
ils restent là, en embuscade, attendant patiemment quon ait envie de recroquer la vie et la montagne, à pleines dents.

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