« Faut prévenir, je n’ai rien préparé ! Vous savez combien ça coûte de recevoir des invités ?! » cri…

Il faudrait prévenir, je nai rien préparé ! Vous savez combien ça coûte de recevoir des invités ? sexclamait ma belle-mère, Monique.

Je suis la belle-fille : une Française ordinaire, je travaille, je nai pas la grosse tête. Avec Paul, mon mari, nous habitons notre propre appartement à Lyon. On se débrouille comme on peut : le prêt immobilier, les factures, le boulot du matin au soir.

Ma belle-mère vit dans un village près de Dijon, tout comme la belle-sœur, Élodie. Ça irait encore si elles ne sétaient pas mis en tête que notre appartement était leur maison de campagne pour le week-end. Au début, ça sonnait gentiment :

On passe chez vous samedi !

Juste pour un petit moment.

On est de la famille !

Bien sûr Petit moment, ça voulait dire dormir sur place ; on passe, cétait arriver avec des sacs, des casseroles vides et une expression dattente devant une table bien garnie.

Tous les week-ends, cétait la même histoire : après la semaine de travail, je fonce au supermarché, je cuisine, je nettoie, je dresse la table, je fais bonne figure. Puis, je termine la soirée à laver la montagne de vaisselle et à remettre lappart en ordre. Monique, assise, commentait :

Pourquoi le taboulé sans maïs ?

Moi, jaime la ratatouille plus mijotée.

Chez nous, à la campagne, on ne fait pas comme ça.

Élodie ajoutait toujours :

Oh, jai tellement trimé sur la route

Il ny a pas de dessert ?

Et jamais un merci, jamais tu veux de laide ?

Un soir, à bout de nerfs, je dis à Paul :

Je ne suis pas leur domestique. Je nai aucune envie dêtre lhôtesse de ta famille chaque fin de semaine.

Tu as raison, il faudrait vraiment faire quelque chose.

Et là, une idée ma traversé lesprit.

La fois suivante, Monique a appelé :

On vient samedi !

Justement, on a des projets pour le week-end, ai-je répondu calmement.

Quels projets ?

Les nôtres.

Et devinez ? Nous sommes vraiment partis non pas dans des projets, mais chez Monique. Samedi matin, Paul et moi, debout devant sa porte de maison bourguignonne. Elle a ouvert, stupéfaite.

Quest-ce que cest ?!

Cest nous, on vient chez vous. Juste pour un petit moment.

Il faut prévenir, je nai rien préparé ! Vous savez combien ça coûte de recevoir des invités ?!

Je lai regardée, le sourire tranquille :

Vous voyez ? Cest ma vie tous les week-ends.

Tu veux me donner une leçon ? Insolente !

Les voisins se demandaient ce qui se passait, le ton montait On est vite rentrés.

Et vous savez le plus drôle ? Depuis, plus dinvités spontanés. Fini les on passe juste et les samedis à rôtir dans ma cuisine. Parfois, pour se faire entendre, il suffit dinverser les rôles.

Quen pensez-vous ? Est-ce que jai eu raison ? Vous auriez fait pareil à ma place ?

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