Enfants gâtés
Tu las complètement gâté ! Tu le laisses tout passer, et voilà quil te fait tourner en bourrique ! Camille, tu ne peux pas continuer comme ça ! Tu as totalement gâté ce garçon ! Comme moi, dailleurs, je tai bien gâtée à ton âge ! Personne nest innocent ! Moi-même, je nai pas été un flan ! Vous êtes des enfants gâtés ! Et ne me dis pas que tu es adulte ! Tu es restée une enfant, ma parole ! Tu réfléchis jamais avec ta tête, tu ne prends jamais les bonnes décisions ! sindigna Françoise, en claquant la porte du frigo. Elle sursauta quand le magnet en forme de tour Eiffel, avec la photo de la famille de Camille, tomba à terre.
La photo datait de lété dernier, prise lors de vacances sur la Côte dAzur où, bizarrement, on ne lavait pas invitée. Pendant des années, elle était partie avec « les enfants » en vacances. Elle aidait à garder les petits-enfants, profitait de la plage, et se faisait tout un réseau de « connaissances précieuses ». Mais plus cette fois-ci.
Les raisons invoquées pour lui refuser cette année lui parurent vraiment étranges.
Maman, cette année cest compliqué Nous partons juste nous quatre. Mais on toffre une petite semaine ailleurs, tu regardes et tu choisis ce qui te fait plaisir, daccord ?
Mais Camille ! Et les enfants alors ? Qui soccupera deux ?
Maman, Jules est grand, il pourra nous donner un coup de main. Et puis Maëlys sera avec moi. Cette année, fini le club vacances cinq étoiles Le budget ne suit plus. Donc, tant pis pour les animateurs, on va faire ça à laventure ! On prend un appart, une maisonnette, et on gérera sur place.
Et moi, évidemment, ya pas de place !
Pour Françoise, cétait la douche froide. Simaginer partir toute seule dans un centre thermal poussiéreux, avec pour unique ambiance le « bal musette du troisième âge » ? Hors de question ! La clientèle y laissait sérieusement à désirer, rien à voir avec les bons hôtels pleins « détrangers raffinés » et de « Français bien comme il faut » ! Avec son niveau détudes et ses langues étrangères, elle avait lembarras du choix. Enfin, sauf cette année
Ma petite maman tu comprends bien, non ? Les vacances, ce ne sont pas que le logement, cest aussi les billets de train, les repas, tout le tintouin.
Oh, comme si je vous ruinais ! senflamma Françoise.
Mais bon sang, maman ! Pourquoi faut toujours tout texpliquer ? On na pas les moyens, voilà tout ! Le toit de ton appart à refaire, mes soucis de santé, le prof de maths pour Jules On ne roule pas sur lor, je fais comme je peux. Tu veux que jannule tout ? Ou tu préfères que les enfants voient la mer ? Et je suis exténuée, tu las pourtant vu !
Oui ! Jai vu que tu es une mère débordée ! Tu nas jamais le temps pour tes enfants. Tout repose sur moi et sur Mireille, ta belle-mère. Emmener Maëlys à la danse, récupérer Jules au collège, donner à manger, faire la navette entre judo et poterie
Oh, maman, nexagère pas ! Jules va à la piscine tout seul, tu ne fais que la danse de Maëlys, et encore, pas tous les jours On pourrait très bien zapper, mais tu as insisté « Il faut que lenfant se développe », tu as dit, alors bon.
Et maintenant cest ma faute ? sétrangla Françoise, la main sur le cœur. Vous navez aucune reconnaissance, tous ! Je me tue pour vous, merci du cadeau !
Maman, sil te plaît Camille sentit ses jambes flageoler, se colla le front contre la fenêtre froide. Je te remercie pour tout, vraiment. Mais ne men veux pas de ne pas pouvoir temmener cette année, daccord ?
Françoise refusa découter. Digne, elle quitta la pièce, laissant traîner un sac avec un maillot de bain neuf, et boudait.
Il faut dire quelle excellait dans lart de la bouderie. Pas besoin de cris ou de scènes, tout le monde comprenait qui avait fauté. Elle ne décrochait plus le téléphone, ignorait les SMS de paix, et lorsquelle daignait enfin répondre à Camille, cétait pour soupirer et maugréer dune voix mourante :
Ma Camille dis-moi, tu crois que quand on sent le cœur sarrêter, puis à peine battre, cest grave ?
Et Camille lâchait tout pour foncer à la petite maison familiale en Bourgogne où sa mère sexilait « pour retrouver la paix de lâme » après chaque dispute. Elle en revenait lessivée ; elle balançait son trousseau sur la table, montait dans sa chambre, tombait sur le lit et pleurait, sans comprendre pourquoi Françoise lui faisait vivre ça.
Jules, son fils, ouvrait doucement et la bordait :
Maman, arrête. Ne va plus là-bas. Mamie va bouder un moment et reviendra vite toute seule.
Ah, mon pauvre Jules Jaimerais y croire
Camille connaissait la chanson. Depuis son enfance, elle avait vu sa mère ainsi : sensible, brillante, trilingue, férue de musique et de littérature, mais aussi terriblement susceptible. Françoise pouvait la sermonner en français, en anglais ou en italien, selon linspiration du moment. La pire sanction pour Camille petite, cétait dentendre un glacial :
Ma Camille, va réfléchir à ton comportement. Dans ta chambre, tout de suite !
Jamais, au grand jamais, Françoise nutilisait des diminutifs tendres si elle était de bonne humeur.
Hélas, les bons jours étaient rares. Pour Françoise, le verre était toujours à moitié vide. Elle râlait contre la terre entière, jugeant tout le monde « peu sérieux ». Les collègues, les amis, le mari, la famille, les voisins : tout le monde y passait.
Lépithète népargna Camille que jusquà ladolescence. Petite, elle était un concentré de charme et dintelligence. À trois ans, elle montrait déjà du doigt les lettres dans ses albums, et à quatre ans elle sinstallait devant le piano offert par sa mère :
Jentends la musique !
Françoise sen enorgueillissait. Sa fille, jusquà un moment, navait été que source de fierté. Obéissante, appliquée, elle ne doutait pas que sa mère savait tout mieux que tout le monde.
Mais tout bascula en sixième, quand Camille, élève modèle, ramena un zéro au contrôle de dictée. Françoise, ne comprenant rien, sénerva, mais nécouta pas les explications.
Ma fille, tu mas déçue ! Tu réalises ? Cest inouï ! File dans ta chambre !
Camille obéit sans un mot, incapable de raconter ce qui sétait passé. Cest sa grand-mère, tombant sur elle alors quelle pleurait dans la salle de bains en essayant de laver sa jupe, qui eut lexplication.
Camille ! Ma chérie ! Mais quest-ce qui tarrive ?
Et Camille expliqua quelle était tombée malade en classe, prise de panique sans comprendre la cause. Personne ne lui avait parlé de ce fameux « passage », sa mère ayant jugé ces informations inutiles. Elle neut pas lidée de demander conseil : à quoi bon, elle navait quasi pas damies. Les quelques camarades « convenables » choisies par Françoise nauraient jamais abordé ces sujets « Question déducation ».
Linterminable discussion entre Françoise et Mireille, la grand-mère, ne fit rien avancer, sinon offrir à Françoise une belle migraine et un souffle désabusé :
Camille, ces sujets se discutent exclusivement avec la mère !
Mais je ne savais pas
Eh bien la prochaine fois, réfléchis par toi-même ! La tête, cest fait pour ça !
Camille resta complètement perplexe.
Ce fut la première fissure dans sa vision du monde. Un petit voile qui allait sépaissir au fil des années, quand elle comprit que sa mère nétait pas une sainte. Et que toutes ces tirades sur le sacrifice maternel nétaient pas exactement une science exacte.
Les « désillusions » senchaînèrent. Françoise baissait moins les bras pour masquer son insatisfaction. Camille la voyait de plus en plus souvent porter son célèbre foulard en soie, serré autour du front, censé calmer ses migraines. Sitôt la mère flottait dans le couloir, effleurant des doigts la bandelette, Camille savait quune scène se profilait.
Pas de cris, jamais. Mais, assise dans son fauteuil préféré, les bras relevés et les doigts sur les tempes, elle lançait, glaciaire :
Camille, tu me détruis
La raison navait guère dimportance : il lui appartenait de deviner.
Par exemple, le crash eut lieu quand Camille décida de devenir médecin, alors que Françoise trouvait cela absurde.
Tu te rends pas compte ! Jai vécu avec ton père des années, je ne le voyais presque jamais. Une femme, chirurgien ? Et puis quoi encore ! Laisse tomber !
Mais Mamie disait que sauver des vies, cest la plus belle chose. Elle ma dit que Papa aussi rêvait dêtre chirurgien
Les belles paroles, cest mignon, mais regarde le résultat ! Je suis veuve, et toi tu as grandi sans père. Ton papa a laissé sa vie à lhôpital ! Il faut penser aux autres, Camille, pas quà soi-même !
Les débats furent sans fin, jusquà ce que Camille obtienne son bac et sinscrive en fac de médecine. Françoise lui fit la tête pendant près de six mois, ne parlant que pour dire « oui » ou « non » au petit-déjeuner.
Le choix du mari fut lépreuve suivante. Françoise naccepta jamais son gendre :
Je ne te comprends pas, ma fille ! Il ny avait vraiment personne de mieux ? Je ne parle pas dargent, mais il ne sait pas qui est Maupassant, il ne connaît même pas Carmen !
Olivier est un type bien et il maime, maman.
Lamour, ma pauvre, cest pas suffisant ! Tu comprendras un jour, mais il sera trop tard !
Le jour du mariage, Françoise promenait son mouchoir à fleur de joues, répétant à qui voulait lentendre :
Bien sûr, ce sera difficile. Ils sont jeunes, inexpérimentés Heureusement que je suis là pour aider ! Je serai toujours là !
Heureusement, à ce mariage, Françoise fit la connaissance de Bernard, le cousin dOlivier, colonel à la retraite, courtois, impeccablement tiré à quatre épingles et, comble de bonheur, parlant couramment français.
Mais quel délicieux accent ! minaudait Françoise, oubliant son mouchoir dans son sac.
Feu ma mère était la fille dun ambassadeur. Elle a grandi entre Paris et Rome
Superbe !
Bernard récitait du Ronsard, adorait lordre, le jardinage, possédait une belle villa en Touraine, où Françoise sépanouit, relâchant un peu la pression sur Camille.
Dans ce deuxième mariage, Françoise rayonna. Bernard était fou delle. Elle sadoucit visiblement. Lorsquarrivèrent Jules, puis Maëlys, elle accueillit ses petits-enfants à bras ouverts.
Camille, quels beaux enfants ! Jules, cest un petit Bernard ! Et Maëlys, adorable, cest mon portrait craché !
Difficile à contredire. Cette accalmie ravissait Camille.
Contre toute attente, le couple de Camille et Olivier savéra solide. Ce dernier, solide, réussit à instaurer une entente cordiale avec sa belle-mère. Malgré son veto sur lachat dun appartement (« Devenir propriétaire, mais quelle folie ! »), Olivier insista.
Ta mère gardera toujours son appartement, Camille. Nous, on veut avoir notre maison à nous.
Mais avec deux enfants, une maison, tu ny arriveras pas
Je me débrouille bien au travail. Camille veut reprendre lhôpital, et ma mère promet de donner un coup de main.
Les enfants, ce ne sont pas QUE ta mère, cest aussi MOI ! trancha fièrement Françoise.
Le rêve de Camille de retourner au bloc opératoire devint réalité. Les enfants grandissaient, nouveau départ, tout semblait saccorder jusquà ce que Bernard tombe gravement malade, et malgré les soins de Camille et des meilleurs hôpitaux, il séteignit, laissant Françoise anéantie.
Ah, Bernard ! Tu avais besoin de me laisser si vite ? À peine redevenue une femme comblée, il a fallu tout me retirer
À qui elle lançait ce reproche, nul ne le saura.
Dorénavant, elle achetait chaque semaine deux bouquets de muguets pour honorer la mémoire de ceux qui avaient égayé ses jours et devenait insupportable avec les vivants.
Camille faisait tout pour briser la solitude de sa mère. Vacances, week-ends, fêtes : Françoise était partout.
Et alors ? Cest la famille ! clamait-elle à ses amies, qui soupçonnaient Camille détouffer sous le contrôle maternel.
Quand Jules grandit, le contrôle du « matriarcat » commença à coincer. Il aimait sa grand-mère, mais ses remarques permanentes le hérissaient.
Jules ! Encore cette musique épouvantable ! Comment tu peux ? sexclamait Françoise en entrant sans frapper, le visage tordu.
Le foulard en soie refaisait surface, indifférent à Jules. Il préférait régler les conflits autrement.
Maëlys ! Viens, on chante, on danse !
Quand il fallait voir les deux danser sur du Indochine, Françoise frôlait la syncope.
Jules, tu fais ce que tu veux, mais PAS MAËLYS ! Non, cest trop, jappelle votre mère !
Tappelle plutôt papa, mamie ! Maman coupe son téléphone au bloc, tu le sais bien !
Olivier prenait cela avec flegme, ramenait Françoise chez elle ou la déposait à la campagne, puis rentrait pour reprendre les chansons avec Jules, rêvant dune tournée familiale.
Le talent de Jules pour la musique était évident et Camille décida de lui acheter une guitare.
Camille, nose pas ! Tu veux te débarrasser de moi, cest ça ?
Mais non, maman
Je ne le supporterai pas ! Il doit étudier, pas traîner derrière une guitare !
Mais Jules est bon élève, tu le sais ! Et tu disais que les enfants devaient senrichir de tout ! Tu changes davis ?
Tu joues sur les mots, Camille Oh la la. Tu recommences
La discussion dura plusieurs jours. Olivier, à 100 % derrière Camille, laissa Françoise sisoler. Cette fois, elle poussa la mauvaise porte : Camille laissa courir.
Elle ne veut plus nous voir ? Eh bien, soit !
En lavant ses verres un dimanche, Camille cassa la tasse que Jules lui avait peinte pour la fête des mères. Cest en observant les débris de porcelaine, façon mosaïque, quelle comprit : il fallait que lamour change, ou il la briserait elle aussi.
Jules ! lança-t-elle, la voix un peu plus ferme que dhabitude.
Je suis là ! Jules descendit quatre à quatre, redoutant une nouvelle crise.
Tu as choisi ta guitare ?
Tu permets ? répondit-il, les yeux pleins de lumière.
Jinsiste ! Dis-moi laquelle !
Une basse ! Maman, tes sûre ?
À 200 % ! Non, cest pas comme ça, tu dis ?
Bien vu ! Et mamie, elle va en penser quoi ?
Quon est des enfants gâtés, comme dhabitude ! Oublie un peu, prépare-toi, on va en ville !
Où ?
Où veux-tu ? Là où on vend les guitares ! On file avec Maëlys, elle aidera à choisir.
En voyant son fils entraîner sa petite sœur au magasin de musique, Camille se dit quil était le plus gentil du monde. Quel ado emmènerait une fillette pour dénicher SA guitare ?
La guitare fut achetée. La chambre de Jules devint un studio reconstitué pour répéter avec ses copains. Et lorsquils postèrent un clip où Maëlys chantait avec son frère, totalisant un nombre délirant de vues sur les réseaux sociaux, pas de doute : tout cela en valait la peine.
Camille fut soulagée : ses enfants sépanouissaient, Jules laissait tomber ses piques sarcastiques. Le soir, elle rentrait de lhôpital, les serrait dans ses bras, et se réjouissait de leur enthousiasme.
Quant à Françoise, elle attendait. Elle rangeait, cuisinait, espérant que Camille viendrait « demander pardon comme dhabitude ».
Une semaine deux Camille ne venait pas.
Au début, Françoise ne comprit pas, puis sirrita, puis douta. Était-ce si grave, une engueulade ? On va détruire des années damour pour une broutille ?
Elle finit par partir à la campagne, pensant y trouver la paix. Mais non. Elle marchait dans le jardin, le cœur serré, sans oser savouer quelle avait, elle aussi, sa part de responsabilité.
Lautomne arrivait. La révélation fut brutale : cette fois, personne ne viendrait.
Un jour pluvieux, elle était assise dans la cuisine avec son thé préféré, observant les gamins des voisins des universitaires bossant à Paris gambader en bottes dans les flaques, derrière la grille forgée refusée à lépoque par Bernard (« Bien plus beau quun mur ! »).
En voyant la joie sur le visage du petit voisin, Françoise réalisa que si elle ne bougeait pas, cest ses propres enfants et petits-enfants qui viendraient, un jour, lui déposer des brins de muguet.
La tasse tinta sur la soucoupe : quelques minutes plus tard, elle démarrait sa voiture, direction la maison de Camille.
Les rues du lotissement étaient calmes ce dimanche. Arrivée devant le portail, Françoise hésita, pour la première fois de sa vie : cétait à elle de faire le premier pas.
Mais ses belles résolutions disparurent sitôt la grille franchie. Sur le perron, elle entendit un vacarme denfer.
Une batterie, des guitares Camille dansait dans la cuisine, spatule à la main, chantant à tue-tête le refrain dune chanson parlant dune poupée et dun enchanteur.
Trop bien ! Maman, on filme un second clip ? sécria Maëlys en tapant dans ses mains.
Camille lâcha la spatule, remplit les verres de jus, tendit deux gobelets à Maëlys.
Tiens ! Tapportes ceux-là, jemmène les autres. Allons voir si les garçons ont soif.
Sur le pas de la porte, elle tomba nez à nez avec Françoise. Le temps sembla sourire en coin, curieux de ce que chacune dirait.
Maëlys hésita, bouche ouverte, mais Camille fut plus rapide.
Salut Maman ! Tu veux bien surveiller la cuisson ? On passe à table dans cinq minutes. Les garçons descendent dès que la répét est finie. Tu as faim ?
Françoise ôta son imper, opinant doucement.
Oui !
Parfait ! Maëlys, tu te souviens de ta mamie, au moins ?
Oui ! Mamie, jai arrêté la danse, Maman ma inscrite au conservatoire. Jules dit que je chante super bien !
Françoise sentit les larmes monter et, pour ne rien montrer, fila prendre les jus.
Je vais leur porter ! Il faut que je voie la fameuse guitare de Jules. Elle est belle ?
Canon ! Rouge ! Je lai choisie ! Viens, je te montrerai.
Maëlys monta lescalier en courant, Camille sourit :
Alors ? Quest-ce que tu attends ? Le plus dur est fait, Maman.
Et Françoise, ragaillardie, grimpa voir la « nouvelle » chambre. Jules, sérieux comme un pape, lui présenta sa basse.
Quelque chose changea.
Pas tout, bien sûr. On ne se refait pas dun claquement de doigts. Il y aurait encore débats, silences, soupirs et remarques. Camille secouerait la tête en entendant sa mère. Et Françoise se demanderait où elle avait failli.
Mais une chose était désormais claire dans cette famille : on nest entendu que si on apprend dabord à écouter. Là, sur la table, il y aurait encore quelques couverts de plus, pour un bout de fromage, une part de tarte et ce ne serait pas si mal, non ?