Depuis que mon nouveau mari a emménagé chez nous, mon fils de 15 ans s’est renfermé sur lui-même – il ne veut même plus s’asseoir à table avec nous, puis un jour, il a soudainement déclaré :

Depuis que mon nouveau compagnon s’est installé chez nous, ma fille de quinze ans, Amélie, s’est complètement refermée sur elle-même. Elle ne sassied même plus à table avec nous, et un jour elle ma dit, soudainement : « Maman, jai peur de lui. Je ne peux pas vivre avec lui sous le même toit, parce quil »

Laurent a passé sa première nuit chez nous un vendredi. Ce matin-là, lodeur du café fraîchement préparé ma réveillée. Dans la cuisine, il faisait frire des œufs avec calme, comme sil avait toujours habité ici. Il ma souri, ma embrassée sur la joue et ma dit quil avait simplement lhabitude de se lever tôt. Tout paraissait naturel.

Amélie est sortie de sa chambre quelques minutes plus tard. Elle a vu Laurent, a hoché la tête, sest servie un verre de jus dorange et la bu debout près de la fenêtre. Elle nest pas venue sasseoir à table. Je me suis dit que cétait un comportement typique dado. A quinze ans, rares sont ceux qui sourient de bon matin.

Jai quarante-quatre ans. Je suis divorcée depuis longtemps et je travaille comme comptable. Laurent a quarante-neuf ans, il enseigne lhistoire en collège, lui aussi divorcé. Nous nous sommes rencontrés par des amis communs, après de longs échanges, nous avons commencé à sortir ensemble. Il était calme, posé, sans mauvaises habitudes. Après huit ans seule, auprès de lui, je me sentais à nouveau femme, pas seulement mère.

Au début, il ne venait que quand Amélie nétait pas là. Puis jai décidé que je navais rien à cacher. Après tout, ma fille est grande, elle doit comprendre que sa mère a une vie privée. Je leur ai fait les présentations. Tout sest passé poliment, sans éclats. Jai cru que tout allait bien.

Mais petit à petit, jai commencé à remarquer des petits détails, que je me suis obstinée à ne pas relier entre eux.

Amélie a arrêté de prendre le petit déjeuner si Laurent avait dormi à la maison. Elle disait quelle navait pas faim. Elle passait plus de temps à la danse, et chaque week-end elle allait chez sa grand-mère. Jétais presque rassurée de la savoir investie dans une activité et au contact de la famille. Tout cela me paraissait anodin.

Quatre mois après, Laurent dormait de plus en plus souvent chez nous. Je commençais à envisager quil sinstalle pour de bon. Un soir, il est resté en semaine. Le matin, Amélie est entrée dans la cuisine, a aperçu Laurent, puis sest figée sur le pas de la porte. Elle a aussitôt fait demi-tour et est repartie dans sa chambre.

Je lai suivie. Elle était assise sur son lit, fixant le vide.

Je lui ai demandé ce quil y avait, et elle ma répondu tout doucement :

Maman, jai peur de lui. Je ne peux pas vivre dans la même maison.

Mon cœur sest serré. Jai demandé ce qui se passait, pourquoi elle disait ça.

Elle a relevant les yeux et avoué :

Depuis que mon nouveau compagnon habite avec nous, ma fille de quinze ans sest fermée ; elle ne sassoit plus à table, puis un jour elle ma lancé : « Maman, il me fait peur. Je ne peux pas vivre ici avec lui parce quil »

Maman, il faut choisir. Cest lui ou moi.

Ce que jai découvert sur Laurent ma bouleversée. Je lai fait partir le jour même.

Cest là que jai compris que javais trop regardé mon propre bonheur, sans mattarder sur les inquiétudes de ma fille.

Il a dit quil allait bientôt emménager définitivement ici, a-t-elle murmuré.

Et alors ? jai essayé de garder mon calme.

Il a affirmé quil faudrait mettre de lordre. Vraiment de lordre.

Je nai pas tout de suite saisi ce quelle sous-entendait.

Quel ordre ?

Celui où je ne gênerai plus, a-t-elle tenté un sourire, mais ses yeux étaient tristes. Il ma dit quil ne pouvait y avoir quun homme à la maison. Que tout allait changer.

Un frisson ma parcourue.

Il ta dit ça comme ça ?

Oui. Et que je devrais my habituer. Que vous construisez une famille, et que jétais assez grande désormais. Il a même ajouté elle hésita.

Quoi donc ?

Que peut-être je serais mieux chez Mamie, si quelque chose ne me plaisait pas.

Le soir, jai attendu le retour de Laurent.

Tu as dit à ma fille quelle devrait shabituer ? lui ai-je demandé sans détour.

Il a soupiré.

Jai seulement posé des limites. Si je minstalle ici, tout doit être pour de bon, comme une vraie famille.

Et Amélie, cest qui pour toi ?

Elle est presque adulte. Un jour ou lautre, elle partira. Nous devons penser à lavenir. Un enfant à nous, par exemple.

En lécoutant, jai compris quil disait cela sans animosité, simplement, froidement.

Donc, tu me demandes de choisir ?

Il haussa les épaules :

Je veux juste que tu saches ce que tu veux.

Je nai pas dormi de la nuit. Le matin, je suis allée voir ma fille, je me suis assise près delle.

Jai déjà choisi, ai-je dit. Tu ne seras jamais de trop chez toi.

Le même jour, Laurent a rassemblé ses affaires et est parti.

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