Dans un trou de neige, près dune route nationale en dehors de Lyon, gisaient des chiots nouveau-nés, abandonnés à leur triste sort. Il ne leur restait que quelques heures à vivre.
Les petits chiots luttaient de toutes leurs forces, serrés les uns contre les autres, cherchant à conserver un peu de chaleur dans ce froid mordant. Ce matin, la nouvelle sest répandue à vitesse grand V sur Internet : des chiots avaient été découverts, déposés directement sur la neige, au bord de la route.
Les pauvres boules de poils sétaient entassées, tentant de survivre malgré la morsure de lhiver. Même si le calendrier laissait espérer larrivée du printemps, lhiver navait pas dit son dernier mot. Le thermomètre affichait 7°C en ville, et bien au-delà, sur la route, la température plongeait à 10°C, voire moins. Combien dheures auraient-ils tenu enfouis dans leur trou de neige?
La cavité dans la neige faisait environ une vingtaine de centimètres de profondeur. Sous les corps minuscules des chiots, la neige avait fondu, signe quils y étaient depuis longtemps, réchauffant ce petit espace avec leur chaleur fragile. Mais le destin en a voulu autrement. Cest Luc, le patron du garage voisin, qui les a trouvés et na pas su rester indifférent. Il les a ramassés et ramenés à lintérieur. Perplexe, il ne savait pas quelle démarche entamer, mais le plus important, cest quil ne les a pas laissés mourir dehors. On peut vraiment remercier Luc pour sa bienveillance.
Les chiots étaient vraiment minuscules.
Cinq vies à sauver. Trois petits mâles et deux femelles. Ou alors peut-être quatre garçons et une fille difficile à dire à leur âge. Luc a contacté plusieurs associations, mais aucune ne pouvait accueillir ces chiots. Impossible de les emmener dans un refuge : ils navaient que deux à trois semaines. On ne vaccine pas les chiots avant deux mois.
Les confier à un refuge à un âge si fragile reviendrait à les condamner. Ils tomberaient forcément malades et ny survivraient pas, et nous avons déjà connu cette douleur. Même les familles daccueil spécialisées avec un suivi médical étaient complètes, car deux chiots, Maïa et Jules, eux-mêmes rescapés dune maladie, y séjournaient encore.
Cette nuit-là, les petits sont restés au chaud dans le garage de Luc. En regardant les images des caméras de surveillance, il a découvert quune femme, difficile de trouver une autre façon de la nommer, était venue au milieu de la nuit pour les abandonner dans la neige, sans le moindre remords.
Que peuvent bien éprouver ces petites créatures, arrachées à leur mère comme des nourrissons, puis laissées à la merci du froid ? Que dire, sinon que seul le bon Dieu jugera cet acte abominable
Nous mettrons tout en œuvre pour que ces chiots connaissent enfin un vrai foyer et des maîtres aimants. Ils méritent tous une chance de vivre, de connaître la chaleur celle du corps et celle du cœur humain.