Dans un creux de neige, juste à côté de la nationale, des chiots nouveau-nés avaient été abandonnés. Leur vie ne tenait plus quà quelques heures.
Les petits cherchaient désespérément à survivre, blottis les uns contre les autres. Ce matin, la nouvelle sest répandue comme une traînée de poudre : des bébés chiens trouvés par hasard au bord de la route, allongés sur la neige, sans défense.
Minuscules, ils sétaient regroupés, tentant de conserver un peu de chaleur pour survivre au froid mordant. Même si le calendrier annonçait déjà larrivée du printemps, lhiver, lui, nétait pas prêt à s’effacer. À Lyon, le thermomètre affichait 7°C, mais au-dehors, sur lasphalte isolé, la température plongeait allègrement sous les 10°C. Combien de temps auraient-ils encore tenu dans cette cuvette enneigée ?
Le creux dans la neige mesurait à peine vingt centimètres de profondeur. Sous les corps des chiots, la neige avait légèrement fondu, tant ces pauvres âmes étaient restées là, cherchant à préserver la moindre chaleur corporelle. Mais le destin en décida autrement. Le propriétaire du garage, François, près duquel les chiots furent découverts, ne put se résoudre à les laisser mourir là ; il les prit dans ses bras, les installa à labri dans son atelier. Pris au dépourvu, il ne savait pas quoi faire ensuite, mais lessentiel était fait : ils nétaient plus seuls face au froid. On ne peut que remercier François du fond du cœur pour sa bienveillance.
Ce sont de tout petits chiots. Cinq vies à peine écloses. Trois mâles et deux femelles ou peut-être bien quatre petits garçons et une petite fille, difficile à dire à cet âge. François a aussitôt contacté plusieurs associations de protection animale. Mais personne ce jour-là navait la possibilité de recueillir les petits. Les emmener à la SPA nétait pas envisageable : ils navaient que deux ou trois semaines. Pas de vaccin possible, la primo-vaccination ne se fait quà partir de deux mois.
Les envoyer en refuge si jeunes, cest presque les condamner. Leur immunité fragile les exposerait à toutes les maladies et il y a déjà eu trop de cas malheureux. Quant aux familles daccueil spécialisées, elles étaient toutes prises : récemment, elles avaient accueilli Minette et Jazz, deux chiots remis dun sale virus.
Cette nuit-là, les chiots sont donc restés au chaud dans le bureau du garage. François raconta quaprès avoir consulté les images des caméras de surveillance, il avait vu une femme difficile pourtant dappeler cela une femme qui, dans la nuit, avait abandonné les chiots là, dans la neige, et était repartie.
Quelle détresse ont-ils pu ressentir, arrachés à leur mère comme des nourrissons, abandonnés au froid sans pitié ? On ne peut quespérer que la justice divine rattrape un jour celui ou celle qui a agi ainsi.
Nous mettrons tout en œuvre pour que ces petits trouvent enfin une famille, un vrai foyer, celui qui leur donnera lamour et la chaleur quils méritent. Ils ont droit, eux aussi, à la lumière, à la tendresse humaine, et à une vie heureuse.