COMMENT VADIM A PRÉSENTÉ SA PETITE AMIE À SA MAMAN…

COMMENT BENOÎT PRÉSENTA SA PETITE AMIE À SA MAMAN

Maman, je te présente ma copine Capucine lança Benoît en essayant de faire passer ça comme une simple formalité, mais son ton trahissait son angoisse. Et nous aimerions enfin tu sais euh bon voilà quoi
Oui, bon Tes désirs, je les connais par cœur La mère détaillait déjà la prétendante de son fils sous toutes les coutures. Mais est-ce que Capucine, elle, partage tes envies ? Capucine, tu connais bien mon Benoît ?
Je le connais comme ma poche, répondit Capucine, complètement décontractée.
Comme tu dis ? La mère, surprise, passa au vouvoiement par réflexe. Cest vraiment une façon de parler pour une jeune fille, ça ?
Quoi, ça ? Cest une expression bien française, “connaître quelquun comme sa poche”. Mais arrêtons de parler de Benoît, cest toi que je veux découvrir ! Peu importe sil y a match, on va devoir cohabiter les soirs où on tattendra, toutes les deux, à minuit passé, pendant ses grandes sorties et avec son ronflement qui fait vibrer les murs.
Excuse-moi Capucine, mais je vois pas le rapport ! Vous allez dormir chacune de votre côté, non ? Enfin jespère
Oh, mais tu sais bien que toutes les mères du pays veillent sous la porte, à écouter le moindre bruit suspect.
Non mais franchement, je rêve sindigna Benoît, un sourcil relevé détonnement. Vous parlez de quoi, là, au juste ?
Chut ! crièrent Capucine et la mère en chœur.
Dailleurs, Françoise, jaimerais éclaircir un point : tu nes pas du genre à lever la main sur les gens, hein ? Benoît refuse de répondre.
Quoi, lever la main ? soffusqua la mère, les yeux comme des soucoupes. Mais enfin, tu crois vraiment que les femmes se battent ?
Je ten prie ricana Capucine. Jen connais qui cognent leur mari à la moindre contrariété, cest sport à la maison, tu peux pas savoir.
Oh la la la mère se couvrit la figure de ses mains. Mais enfin, quelles façons de sexprimer quelle énergie
Allez, ne fais pas ta mijaurée Capucine lança un regard complice à Françoise. Tavoueras quune fois ou deux tas eu envie den coller une à ton mari ? Ou à ton fiston ?
Euh La mère hésita, presque tentée davouer, mais se reprit vite. Absolument pas. Jamais de la vie.
Jadmire ton côté grande dame, sourit Capucine, narquoise. Mais qui pourrait croire quon élève un enfant aussi remuant que Benoît sans jamais avoir levé le petit doigt ? Et avoue : une petite claque sur les fesses, dans sa jeunesse ?
Oh non ! Jamais ! Cette fois, Françoise fut catégorique.
Eh essaya Benoît, mais on lui coupa la parole :
Chut.
Taurais dû être plus sévère, Françoise Capucine tapota la hanche de Benoît. Ce genre de fessier, cest en quête permanente daventures, il faut le dresser, tu vois ? Mais bon, ton fiston est adorable. On peut encore lui montrer la bonne direction. Au fait, Françoise, tu partages une tasse de thé ? Autour du thé, les conversations sont bien plus sincères. Jai même rapporté un gâteau, tiens
Le soir venu, quand le père rentra de la mairie, Françoise lui annonça fièrement devant son fils :
Chéri ! Notre Benoît va enfin se marier !
Mais ce nest pas vrai ! sexclama le père en sautant presque au plafond.
Doucement, je réfléchis encore, tempéra Benoît.
Ah non mon grand, rétorqua sa mère dun ton qui ne laissait pas place au débat. Cette fois, tu passes la bague au doigt à Capucine. Et si tu changes davis, jadopte Capucine.
Maman, elle a déjà des parents, hein, plaisanta Benoît.
Eh ben tant pis, décréta la mère. Au pire, je retourne à la maternité, et je dis quon ma refilé le bébé du voisin Papa sera daccord avec moi.
Si faut le certifier, je signe, acquiesça le père, brandissant son poing dun air complice.

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