Comment Élodie est devenue maman grâce à la bonté de son cœur…
Élodie rentrait chez elle, dans son immeuble paisible du centre de Lyon, lorsquelle aperçut devant la porte de son appartement un carton. Surprise, elle sen approcha et découvrit à lintérieur un petit chien et un chat blottis lun contre lautre. Ils la regardaient apeurés, tout tremblants.
Mais quest-ce que cest ? Qui êtes-vous ? demanda-t-elle à voix basse, comme si les deux pauvres bêtes pouvaient lui répondre.
La porte de lappartement voisin souvrit soudain, laissant apparaître Mme Renard, la vieille voisine du palier.
Ah, Élodie, bonsoir ma chérie. Tu vois, cest bien triste, mais Madame Lefèvre du deuxième étage est décédée, et sa nièce na pas su quoi faire de ses animaux
Elle a proposé à tout le monde, personne na voulu sen charger. Moi, tu sais, jai déjà un chat qui ne supporte pas la compagnie, et dautres sont allergiques Peut-être que vous pourriez les prendre, toi et Thomas ? Vous navez pas denfants, vous êtes jeunes et votre situation est confortable.
Mais on ne pensait pas du tout prendre des animaux, surtout deux dun coup répondit Élodie, un peu déconcertée.
Mieux vaut ne pas les séparer, ils sont inséparables ces deux-là, ils dormaient toujours ensemble. Madame Lefèvre promenait le chien, et le chat partait flâner dehors tout seul, ils sont très faciles à vivre.
Vous ne voulez pas les adopter ? insista Mme Renard dune voix suppliante.
Et si on ne les prend pas, quest-ce quils vont devenir ? senquit Élodie.
La nièce parlait de les faire piquer Ils nintéressent personne, la vente de lappartement est presque finalisée, les nouveaux propriétaires ne veulent pas danimaux. On a déjà préparé ce carton
À ce moment, un voisin entra dans limmeuble et lorgna la boîte à son tour. Il glissa à Élodie :
Vraiment, si vous cherchez des compagnons calmes, ils le sont. Ils mangent peu, sont déjà âgés et personne ne veut deux, cest triste. La vieille dame les adorait.
Bon daccord. Je ne supporterais pas de savoir quils partent à leuthanasie. Comment sappellent-ils ? On vient de sinstaller ici il y a deux ans, on ne connaissait pas grand monde dit Élodie. Lhomme afficha une mine soulagée et entra le carton dans lentrée de lappartement.
Le chien, cest Gustave, et le chat, cest Arsène. Merci beaucoup ajouta-t-il en déposant sur le meuble à chaussures un billet de cinquante euros et la laisse. Voilà, pour les premiers temps. Je vous remercie encore
Élodie referma la porte puis se changea. Elle saccroupit et commença à parler doucement à ses nouveaux locataires improvisés.
Alors, les amis ? Thomas ne va pas en revenir. Quelle surprise ! Jespère quil ne nous mettra pas tous dehors… Mais il a bon cœur, il acceptera sûrement ce duo de choc rassura-t-elle dun ton apaisant.
Ne craignez rien, je ne laisserai personne vous faire du mal. Les faire piquer, quelle horreur…
Comme sil lavait comprise, le chat Arsène sortit prudemment du carton pour explorer les lieux. Gustave, lui, resta assis quelques instants encore, observant silencieusement sa nouvelle maîtresse et son compagnon félin.
Élodie fila à la cuisine pour vérifier le frigo. Pas de nourriture pour animaux, évidemment ! Elle fit cuire du riz, y ajouta des lamelles de jambon, se disant que ce serait toujours ça pour leur première soirée.
À sa grande joie, le chat, après avoir inspecté tout lappartement, vint la rejoindre et manifesta de lintérêt pour la gamelle préparée. Élodie fit signe au chien de sapprocher.
Il hésita longtemps, mais, voyant Arsène engloutir le plat, Gustave finit par sapprocher à son tour et lança à Élodie un regard triste mais confiant.
Thomas, le mari dÉlodie, revint du travail. Très surpris, il fallut peu de temps au couple pour décider par prudence de chercher à placer les animaux dans de bonnes familles, idéalement à la campagne.
Mariés depuis quatre ans, Élodie et Thomas avaient acheté ce nouvel appartement il y a seulement deux ans. Ils saimaient profondément, menaient une vie paisible, seules labsence denfants venait parfois assombrir leur bonheur.
Tu es pourtant maniaque de la propreté, tu ne voulais pas danimaux ! sétonna Thomas.
Je croyais quon aurait un enfant Mais là, on parlait de les faire piquer je ne peux pas laccepter. Pardon répondit-elle, les larmes aux yeux.
Jaime les animaux aussi, tu sais. On va sen occuper. Demain, je demanderai aux collègues si lun deux veut les adopter, proposa Thomas en la prenant tendrement dans ses bras.
Dès lors, la petite famille changea de rythme. Gustave et Arsène prirent vite leurs repères : lappartement de leur ancienne maîtresse était situé juste au-dessus, le même plan, la même cour.
Vous êtes adorables, mes chéris, leur répétait Élodie, cest comme si vous aviez toujours été là.
Trois fois par jour, elle sortait Gustave promener, Arsène passait quant à lui par la fenêtre pour explorer le jardin et revenait de la même façon, ce qui arrangeait bien sa nouvelle maîtresse.
Mme Renard se réjouissait quÉlodie ait recueilli les animaux, et les aidait souvent, apportant des restes de pot-au-feu pour Gustave et de la semoule pour Arsène.
Le soir venu, Thomas et Élodie ne se lassaient pas de rire en voyant Arsène jouer avec ses nouveaux jouets, pendant que Gustave dormait profondément dans sa corbeille toute neuve.
Chat et chien dormaient toujours ensemble ; ils saimaient tant quil était évident quon ne pouvait les séparer.
Après quelques mois, Élodie et Thomas cessèrent toute recherche de nouveaux maîtres. Ils sétaient tellement attachés à leurs protégés que lidée dun départ devenait impensable.
Le week-end, la mère dÉlodie, habitant tout près, venait leur rendre visite. Elle aussi, finalement, sétait prise daffection pour ces deux compagnons, bien quau début la surprise fût grande.
Jaurais bien pris le chat, mais au troisième étage et sans jardin, ce ne serait pas pour lui disait-elle à Élodie.
Cette dernière refusait catégoriquement :
Non, maman, tu viendras simplement toccuper deux si jamais on part en vacances. Cela nous aidera beaucoup ! Tu arroseras les plantes, tu toccuperas des chats et du chien.
Lété arriva et le couple partit à la mer. Élodie téléphonait chaque jour à sa mère, sinquiétant à la fois pour elle et pour leurs amis à quatre pattes.
Tout va bien, ils mangent bien, dorment ensemble et je les promène chaque jour dans la cour. Profitez de vos vacances ! rassurait sa mère.
À leur retour, Élodie fut émue de la joie avec laquelle Gustave et Arsène les accueillirent. Le chien remuait la queue, bondissait, geignait de bonheur.
Quant au chat, après lexubérance du chien, il se frotta longuement contre les jambes de Thomas en ronronnant bruyamment.
Eh bien, on dirait que nos animaux nous aiment pour de bon ! plaisanta Thomas. Élodie caressa Gustave et se hâta de remplir les gamelles.
Désormais, elle se levait plus tôt pour promener Gustave au petit matin et nourrir tout le monde en rentrant.
Quelques mois plus tard, Élodie, toute bouleversée, annonça à Thomas quelle attendait enfin un bébé. Un immense bonheur inespéré.
La mère dÉlodie dit alors :
Je tavais bien dit que Gustave et Arsène tavaient été envoyés pour téprouver, pour voir si tu avais assez dempathie et de douceur, ma fille. Et tu as été récompensée. Prépare-toi à devenir maman !
Tu as probablement raison, maman. Même si je ne crois pas trop aux signes reprit sa fille, mais il faut reconnaître que soccuper de nos deux loulous, cétait déjà une belle école du maternage !
Eh oui, lattention, les soins, la tendresse Ils demandent tout, comme des enfants !
Tu veux que je les prenne chez moi quand le bébé sera là, pour te soulager un peu ? proposa sa mère.
Non maman, surtout pas ! On va sen sortir. Viens plutôt promener le bébé avec moi pendant quil dort, ou viens maider à la maison. Ce sera parfait.
Elles se serrèrent dans les bras lune de lautre.
Les mois de grossesse dÉlodie se déroulèrent paisiblement. Le jour venu, elle mit au monde un petit garçon. Thomas était fou de joie, tout comme Élodie et toute la famille.
Gustave, avec son grand âge et son tempérament calme, ne posait aucun problème, naboyant presque jamais.
Arsène non plus ne gênait jamais la famille, et dès quil faisait beau, il traînait dehors, sinstallait dans le parterre ou grimpait dans le vieux tilleul du jardin. Tout le monde vivait ainsi, comme une grande famille unie.
Et les vieilles dames du quartier, emmenées par Mme Renard, racontaient partout lhistoire de la gentillesse dÉlodie qui était devenue maman grâce à la bonté de son cœur.
Mme Renard en faisait même une histoire vraie, une preuve que lunivers répond toujours à nos gestes sincères
Et vous, croyez-vous que Mme Renard ait raison ? Partagez votre avis en commentaires, et nhésitez pas à mettre un jaime.