– Hé, le moustachu ! Tu es à qui ? Camille s’arrête, intriguée, devant le gros chat roux assis devant sa porte dentrée.
Le chat, fidèlement silencieux, ne lui répond pas. Il ne bouge même pas, gardant la même position, tandis que sa seule oreille déchirée tressaille. Il semble dire : « Oui, je tentends ! Mais désolé, je ne parlerai pas ! »
– Eh bien, cest pas grave ! Camille bougonne, vexée, tout en fouillant dans son sac à la recherche de ses clés.
Le chat, devinant peut-être ses intentions, se décale légèrement sur le paillasson mais ne part pas, continuant à scruter Camille du regard.
Enfin, elle retrouve ses clés et soccupe de la serrure, gardant toujours un œil sur linvité insolite.
Cet appartement, elle et son mari Julien lont acheté il y a à peine deux mois. Petit, deux pièces, mais parfaitement ce dont ils avaient toujours rêvé. Certains diraient quil ne faut pas se contenter dun appartement dans un vieil immeuble du 10ème arrondissement, quil faudrait viser plus grand. Tant pis ! Camille et Julien en riraient. Il y a six mois encore, ils nimaginaient même pas posséder leur propre chez-eux. Ils vivaient entassés dans la chambre du grand-père, dans un vieil immeuble partagé, et étaient déjà heureux davoir leur indépendance.
– Camille, surtout ne vous fâchez pas avec les voisins ! la belle-mère de Camille, Françoise, laidait à nettoyer la chambre juste avant le mariage. Ce sont de braves gens, même sils aiment bien lever le coude.
– Et en quoi cest bien, s’ils boivent ? Camille sourit, essorant sa serpillière et repoussant dune main ses boucles folles qui lui envahissent le visage.
Sa tignasse ravissait Julien, mais elle la supporte mal, surtout pour faire le ménage. Malgré tous ses efforts, ses boucles chahutées séchappent des barrettes, virevoltant devant son front façon pissenlit survolté.
– Cest difficile à expliquer, Françoise secoue la tête. La vie na pas été tendre avec eux et tout le monde ne sait pas sy prendre avec ses malheurs.
Ça, Camille peut le comprendre. Orpheline accueillie par une famille daccueil qui la laissée partir sitôt ses dix-huit ans atteints, elle sait combien les gens peuvent sapitoyer sur eux-mêmes en oubliant ceux qui dépendent deux.
Sa mère la abandonnée à peine âgée de trois ans, la déposant dans une gare, une lettre dans la poche de son manteau et un vieux lapin en peluche mutilé dans les mains. Camille est restée assise sur le banc comme sa mère lavait ordonné, attendant son retour, serrant fort son Lapinou à une oreille, retenant ses pleurs. Elle voulait aller aux toilettes, mais elle savait que si elle bougeait, sa mère allait la gronder, la punir peut-être. Alors elle restait là, cherchant sa mère des yeux.
Sa mère nest jamais revenue. À la place, un agent de la SNCF la approchée. Il lui a parlé ; Camille a secoué la tête, refusant de répondre. Elle navait plus la force de pleurer ; elle avait froid, elle était trempée, elle avait faim, et lhomme continuait ses questions incompréhensibles. Ce nest que lorsquil toucha loreille du lapin quil demanda :
– Et lui, comment il sappelle ?
Alors Camille sadoucit un peu, releva la tête et murmura :
– Lapinou
Lagent caressa doucement la peluche, puis passa sa main sur la tête de Camille et demanda :
– Ta maman est partie depuis longtemps ?
Cette fois, Camille ne tint plus. Elle éclata en sanglots, effrayant lagent et tous ceux qui attendaient leur train autour delle. La salle dattente regorgeait de voyageurs mais personne ne sétait soucié de la petite fille seule sur le banc pendant des heures.
Bien des années plus tard, Camille comprendra pourquoi sa mère lavait abandonnée. Une femme étrange vient à sa rencontre près du lycée, lui tendant les bras en larmes : « Ma fille, je tai retrouvée ! Embrasse ta maman ! Tu mas tellement manqué »
À cette époque, Camille vit chez ses parents daccueil, une grande famille de sept enfants, tous recueillis. Les parents soccupent deux sans laisser quelquun dans le besoin, mais sans réelle tendresse. Les enfants suivent des loisirs divers, obtiennent de bonnes notes à lécole et savent que le jour de leurs dix-huit ans, la place devra être laissée à dautres. Malgré labsence de liens chaleureux, Camille ne court pas vers la femme qui lappelle « maman ».
Pourtant, elle en rêve, la nuit, dans le silence, serrant Lapinou sous loreiller. Un enfant ne devrait pas navoir pour seule famille quun vieux jouet
Évidemment, Camille a longtemps espéré le retour de sa mère. Quelle vienne la chercher, laime enfin, comme elle le voit auprès de ses camarades.
Mais lorsque cette mère surgit, pleurant et lappelant, Camille ne croit pas un instant à ses larmes. On lui a souvent dit quelle était trop petite pour se souvenir de la gare et du banc glacé elle a fini par ne plus contredire les adultes, mais dans son for intérieur, elle se rappelle parfaitement le vacarme, la foule et la peur d’avoir été abandonnée
Son « presque-sœur » Pauline, recueillie dans la même classe, intervient quand Camille recule devant la femme inconnue.
– Camille, cest qui celle-là ? Pauline se dresse devant elle.
– Je ne sais pas Camille sent la tête lui tourner, les pensées sembrouillent.
– Madame, vous vous trompez ! Partez ! Ma sœur, cest Camille, et on ne vous connaît pas ! Pauline attrape la main de Camille et lemmène loin de lécole. Je le dirai à maman daccueil ! Laissez-nous !
Même si ses rapports avec Pauline sont en général tendus, Camille lui serre la main avec reconnaissance. Ce soir-là, bras dessus dessous, elles arrivent à la maison. Devant le regard interloqué de la mère daccueil, elles haussent les épaules :
– Quoi ?
Cest ce jour-là que Camille gagne une sœur.
Pauline, abandonnée elle par un père alcoolique, nourrit elle aussi un besoin profond davoir quelquun de proche, fût-ce une sœur de cœur.
Finalement, Camille consent à revoir sa mère une semaine plus tard. Elle sest installée devant lécole chaque jour, sans plus bondir vers sa fille, se contentant de demander :
– Parle-moi, ma petite !
Ce « ma petite » énerve Camille, mais Pauline hausse les épaules : « Laisse tomber, ce ne sont que des mots. » Cest elle qui conseille à Camille daller lui parler.
– Tas rien à perdre, et tu sauras pourquoi elle ta laissée. Demande-lui ! Exige des réponses ! Après, tu tourneras la page.
– Comment tu sais ce que je pense ? souffle Camille, interloquée.
– Tu parles ! On est toutes pareilles. On se demande ce quon a fait de mal pour être abandonnées
– Toi aussi ?
– Bien sûr. Mais on nen parle pas, tu vois ! On pleure. Mais il faut grandir.
La conversation avec sa mère napporte guère de réponses essentielles.
– Tu mas abandonnée.
– Pardonne-moi, ma fille !
– Ne mappelle pas comme ça ! Ça ménerve !
– Daccord, daccord ! Calme-toi !
– Pourquoi tu as fait ça ?
– Jétais dépassée, sans aide ni soutien. Ton père ma mise dehors.
– Pourquoi ?
– Jai dit que tu nétais pas de lui.
– Cest vrai ?
– Non.
– Alors pourquoi ?
– Jétais en colère. On se disputait tout le temps. On était jeunes et bêtes. On sest séparés Puis jai aussi eu une dispute avec ma propre mère, jai voulu partir. Mais où aller avec un enfant ? Alors je tai laissée, mais jétais sûre quon soccuperait bien de toi. Jai laissé une lettre, que je reviendrai
– Et tu pensais quun papier suffisait ? Cest incroyable
– Je suis coupable, je sais Si tu me laisses réparer…
– Tu comptes réparer quoi ? Me rendre ces années ? Désolée, mais je ne veux plus te voir ! Ne viens plus !
– Tu ne me pardonneras jamais ?
– Je ne sais pas. Mais même si je pardonne, je noublierai pas ! Tu comprends ? Impossible !
– Mais tu étais toute petite, tu ne te souviens de rien !
Après ça, Camille sen va. Et décide quà partir de maintenant, personne ne lui dira ce quelle doit sentir ou non.
Pauline la comprise.
– À toi de voir. Si tu trouves que cest juste ainsi, alors ny repense pas !
– Tes maligne, Pauline
– Jessaie ! Je veux faire des études, apprendre à vivre normalement.
– Tu veux faire quoi ?
– Psychologue. Peut-être que je saurai enfin comment bien vivre.
Elles en rigoleront des années plus tard, le jour où Pauline, devenue mère dune petite fille, annonce un jour à Camille :
– Personne ne sait ce qui est bien. Ni toi, ni moi, ni aucun adulte.
– Mais alors, comment vivre ?
– Bah joyeusement ! Pour que ceux quon aime se sentent bien, au chaud, sans envie de sinspirer des feuilletons télé !
– Tu y arrives toi.
– Jessaie ! rit Pauline, emmaillotant sa fille.
Avec Pauline, Camille prend elle aussi ses soucis autrement Avec plus de tolérance, peut-être.
Après tout, une chambre à partager ? Cest au centre et près du boulot ! Petit rafraîchissement réalisé à la main et la vie est presque belle ! Sa belle-mère avait raison finalement : les voisins sont corrects. Ils ont perdu leur fille et tentent déchapper à la réalité à coups de vin, mais ils ne font pas de fêtes, ni de scandales. Il faut savoir compatir.
Accepter cela, Camille en sera longtemps incapable. Elle na connu que la rudesse, sauf auprès de Pauline.
Cest sa belle-mère Françoise (et son grand-père) qui vont laider.
Françoise est une femme énergique, têtue mais d’une bonté rare. Accueillir Camille comme sa propre fille, Pauline appelle ça un exploit.
– Nattends rien de spécial, Camille, la met en garde Pauline, laidant à se préparer pour rencontrer la famille de Julien. Pour eux, tu nes pas une fille à marier idéale : orpheline, pas de biens… On ne ta jamais donné dappartement.
– Pourtant, je suis officiellement sur la liste ! Je vais bien finir par en avoir un !
– Tu connais ton numéro sur la liste ? Compte pas dessus. Quand ce sera ton tour, les poules auront des dents ! Je ne miserais pas dessus.
– Pourquoi, Pauline ? Cest mon droit !
– Et alors ? On sait comment ça marche ! Compte sur toi surtout, et ne parle pas de tes projets dappartement à ta belle-mère. Ce nest pas la peine.
– Pourquoi donc ?
– Quand ce sera fait, tu pourras te vanter. Pas avant.
– Je comprends.
– Et puis, nattends rien delle, mais ne montre pas non plus les dents.
– Tu me prends pour une idiote ?
– Non. Juste, il faut du temps pour connaître quelquun. Offre-lui une chance. Elle ne te doit rien, parce que tu es le choix de Julien.
Cela, Camille le comprend bien.
Au début, Françoise na rien pour plaire à Camille : voix tonitruante, grande stature, envie de changer le monde… Camille qui na jamais vraiment reçu de tendresse, accepte la bienveillance de Julien du bout des lèvres, mais Françoise, dans sa volonté généreuse d”infliger du bien”, lagace au plus haut point.
– Camille, tu voudrais maider pour mon manteau ? Je voudrais en choisir un neuf au centre commercial. Jaurais bien demandé à Julien, mais il déteste les boutiques. Et puis, pour ma taille, il faut du temps. Tu maccompagnes ?
Camille dit oui à contrecœur, mais repart chargée de sacs si bien que la plupart sont en fait pour elle : une nouvelle doudoune, des bottines, un sac Elle na pas eu à choisir : Françoise repère ce qui lui plaît et lembarque aussitôt.
Impossible de protester ! Camille rentre chez elle, reconnaissante de la générosité de cette femme étonnante.
Bizarre, elle ne doute pas que Françoise le soit. Après tout, qui est-elle ? Presque une bru. Mais en vrai, une étrangère introduite par son fils. Dans la vraie vie, la belle-mère naccueille pas la future belle-fille à bras ouverts. Les tentatives de proximité, Camille les accepte avec politesse, sans se livrer vraiment.
Visiblement, Françoise comprend. Elle ne force plus les confidences et accepte, sans rien dire, le souhait de Camille de vivre séparément.
– Le grand-père est fatigué, il a besoin de soins. On va tout réorganiser. Vous, les jeunes, prenez la chambre de grand-père. Cette indépendance, cest bien pour vous. Et lui, je men occuperai.
Le grand-père, témoin de ces changements, plaisante dans sa moustache et donne le tempo.
Après leur déménagement, il réveille sa fille le dimanche : « Allez, debout la marmotte, on court au parc ! »
Françoise soupire, enfile son manteau et accompagne son père faire ses ablutions glacées dans le jardin public.
– Papa, tu crois que jai fait ce quil fallait ?
– Oui ! Les jeunes doivent vivre seules leurs premières erreurs. Tant quils ne demandent rien, ninterviens pas !
– Et Camille alors ? Elle est arrivée chez nous presque sans rien.
– Cest différent, là tu as agi en mère. Mais nen fais pas trop non plus. Elle est fière, jai vu ça. Ne va pas trop loin.
Françoise écoute son père, visite les “jeunes” seulement à leur invitation, se rappelant son propre passé de jeune mère esseulée, dépendante de sa belle-mère. Elle transmet tout cela à Julien, son fils.
– Tu as été aimé, mon garçon ! Ta grand-mère tadorait. Ton père aussi, il ne rêvait que de jouer au ballon avec toi
– Maman, pourquoi ça sest passé comme ça ? Papa avait le permis, tu disais quil conduisait bien !
– Je ne sais pas, mon chéri. Ce jour-là, il y avait du brouillard, ta tante était malade, il a pris la voiture pour laider Il sest retrouvé face à un camion
– Tu regrettes, maman ?
– Bien sûr Si ce nétait ton grand-père et toi, je ne sais pas comment jaurais tenu. Jaimais tellement ton père.
– Mais comment tu savais quil taimait vraiment ?
– Écoute, la vie à deux, ce nest pas seulement partager le loyer ! Moi, je ne peux pas. Je veux lamour, le vrai.
– Cest mon rêve aussi, maman. Je veux une femme que jaime pour la vie, et qui maime.
– Tu trouveras, sois-en sûr !
Peut-être pour cela, quand Camille arrive dans le foyer, Françoise laccepte. Après des débuts difficiles, les barrières que Camille dresse depuis toujours tombent peu à peu.
Le projet de vendre la chambre du grand-père dabord lattriste.
– Tu crains pour votre logement ? Le grand-père trie ses papiers avec Camille.
– Non, on va se débrouiller, on est adultes ! On trouvera à louer, peut-être Avec les salaires pour linstant, rien de mieux. On commence à mettre un peu de côté, comme dit Pauline, chaque petit euro de côté donne confiance.
– Voilà qui est bien parlé ! Le grand-père sourit.
– Jai dit quelque chose de drôle ?
Il ne répond pas, la tapote sur la joue avant de lui demander de mettre la bouilloire en route.
– Ça y est, viens papoter autour dun thé ! Tu tentends bien avec Françoise ?
– Elle ne ma jamais blessée !
– Respire, voyons ! Tu vois, moi, jusquà maintenant, je croyais que tu me plaignais ! Or tu dis que cest mal ?
– Mais la pitié, cest mauvais, non ?
– Ça dépend. Autrefois, dans les campagnes françaises, la pitié voulait aussi dire aimer, soccuper. Quand on est malade, on a besoin quon soccupe de nous, pas seulement de tendres mots. Pitié avec discernement, tu comprends ?
– Oui, je crois.
– Par exemple, si tu gâtes ton mari alcoolique par pitié, tu lui rends service à personne. Mais savoir consoler, soutenir, cest essentiel.
– Je crois que je vous plains
– Je sais, et japprécie ! Parce que tu fais attention à moi parce que tu maimes bien, non parce que je suis vieux.
– Exactement.
– Et moi aussi, je te plains, Camille !
– Merci Mais qui doit-on vraiment plaindre ?
– Ceux que ton cœur désigne. Famille, amis, animaux même, mais avec intelligence. Donner à un chat un morceau de saucisson à la sortie du Franprix, ça naide personne vraiment. Mais accueillir un animal dans ta maison, là tu changes sa vie. Et un bienfait entraînant dautres.
Cest précisément cette conversation que Camille se remémore alors quelle observe le chat allongé sur le paillasson de leur appartement acheté grâce à laide de son grand-père et de Françoise. Le chat semble attendre quon soccupe de lui. Il accepte familement la caresse de Camille mais, invité à entrer, il s’élance soudain dans lescalier.
– Ce nest pas faute de tinviter ! ironise Camille, prête à rentrer, quand le moustachu réapparaît sur les marches.
Et il nest pas seul.
Un minuscule chaton roux, véritable copie miniature du grand chat, piaule dans la main de Camille, pendant que le chat repart déjà vers létage.
Le deuxième chaton, tout aussi roux, se débat. Le chat tente de lamener lui aussi, le laisse tomber deux fois Camille rit du spectacle et finit par prendre le relais.
– Eh bien dis donc, tu fais la maman à merveille ! lance-t-elle, ouvrant grand la porte. Entre, va ! Y en a encore dautres à ramener ?
Le chat pénètre chez eux, hésite, regarde Camille qui serre les chatons contre elle.
– Allez, viens, tu peux ! Ici, personne ne vous fera de mal ! Leur mère, elle est où ?
Le chat, toujours muet, prend un chaton par la peau du cou et va sinstaller dans lentrée.
– Minute ! Il te faut un coin ? Attends !
Camille revient avec un vieux plateau : le chat met le chaton dedans, tente de lui enseigner la litière.
– Vraiment, tes la maman du siècle ! Camille éclate de rire, puis se mord la main pour ne pas effrayer les petits truffes curieuses. Pardon ! Je vais voir ce que jai dans le frigo. Il faut bien vous nourrir maintenant !
Le chat semble adhérer à lidée : Camille file à la cuisine.
Le soir, Camille convoque le conseil de famille.
– Françoise, si tu refuses, je marrangerai pour leur trouver une famille. Je ne les remettrai pas dehors, ils sont trop jeunes Je comprends pas où est leur mère et pourquoi cest lui qui sen occupe.
– Camille, pourquoi me demander ? sourit Françoise, caressant un chaton ronronnant sur ses genoux. Cest ton appartement, à toi et Julien. Décidez ensemble. Tu as compris, cest très bien ! Alors raconte, tu leur as donné quoi à manger ?
– Du lait. Heureusement, ils savent déjà laper.
– Celui-là, je ladopte quand il sera sevré. Et les autres ?
– Je chercherai une famille, mais le chat, je crois que je le garde avec moi. Jai à apprendre de lui !
– Apprendre quoi, voyons ? Françoise hausse un sourcil.
Julien, tout sourire, laisse à Camille le soin dannoncer la nouvelle secrète prévue pour lanniversaire de Françoise.
– À devenir une bonne maman Bientôt, jaurai deux professeurs Toi, et ce nounou moustachu
Elle effleure la tête du chat sur ses genoux, et, quand Françoise la prend dans ses bras, Camille ne peut plus retenir ses larmes.