Ce n’est pas pour rien qu’on dit : « Dieu donne un enfant, et c’est encore Lui qui accorde un enfant ».

Je suis moi-même issu dun foyer daccueil mes parents sont décédés lorsque jétais enfant, je navais aucune famille proche, alors on ma placé à lorphelinat municipal de Lyon. Le jour de mes dix-huit ans, jai quitté linstitution sans hésitation et jai tout de suite cherché du travail. Mes économies étaient inexistantes, je navais pas de quoi me payer des études. Je nai jamais eu peur de la tâche, jai toujours été travailleur et jai accepté tous les petits boulots quon moffrait.

Cest à cette période que jai rencontré Solène. Nous sommes vite tombés amoureux et nous avons décidé demménager ensemble à Grenoble. Notre relation était harmonieuse, sans dispute majeure. On se soutenait mutuellement, on formait une équipe.

Mais Solène na jamais voulu officialiser les choses, et de mon côté, jaspirais à construire une vraie famille, ce que je navais jamais eu. Après quatre années de vie commune, Solène est tombée enceinte. En lapprenant, elle a cédé à la panique et ma quitté sans prévenir, ne laissant derrière elle quun mot disant quelle nétait pas prête à avoir un enfant et que ses parents menverraient de largent pour que « je règle le problème ».

Oui, ils ont envoyé largent, mais il était hors de question pour moi dabandonner mon fils. Peu importe la difficulté, jétais prêt à me battre pour lui offrir une vie décente.

Un après-midi, ma voisine, Madame Durand, ma croisé dans lescalier alors que mon ventre commençait à sarrondir. Elle ma lancé, sur un ton bien sentencieux :

Je te lavais dit, on ne vit pas avec une femme hors mariage. Et maintenant, que vas-tu faire ? Te voilà père célibataire !

Ses remarques mont blessé, et elle na pas manqué de les répéter maintes fois.

Les mois suivants ont été rudes je travaillais encore plus que dhabitude. Heureusement, mon patron a compris ma situation et ma accordé une petite prime, ce qui ma aidé. Mais je naurais jamais imaginé que des inconnus puissent être aussi solidaires.

Un soir, alors que je rentrais du travail, on a sonné à ma porte. Cétait la concierge, Madame Lefèvre, tenant un grand sac. Elle ma expliqué que ma voisine avait parlé de ma situation et quon avait organisé une petite collecte dans limmeuble. Des mamans du quartier mapportaient des vêtements pour enfants, des jouets, tout ce dont mon garçon aurait besoin. Plus étonnant encore, Monsieur Martin, le retraité qui balayait la cour chaque matin, ma discrètement proposé une aide financière régulière.

Je naurais jamais cru que, dans un moment aussi difficile, ce seraient des personnes étrangères qui viendraient à ma rescousse. Même ma propriétaire, Madame Benoit, a consenti à baisser mon loyer quelques mois.

Grâce à lélan de solidarité de tous ces gens, jai pu accueillir mon fils dans de bonnes conditions et lélever dignement. Il a littéralement été choyé par toute la résidence.

Des années ont passé. Aujourdhui, la mère de mon fils souhaite soudainement le rencontrer. Elle na jamais vraiment reconstruit sa vie même ses parents senquièrent désormais de leur petit-fils. Je me demande encore si je dois vraiment leur laisser cette chance après tant de silence et dabsence.

Mais avec le recul, jai compris quil ne faut jamais sous-estimer la bonté chez les autres, même chez ceux quon connaît à peine. Ce sont parfois les gestes les plus inattendus qui changent une vie.

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